Kimya I et II : des crimes contre nos populations

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Essai de relecture du rapport de Global Witness ( par J.P. Mbelu)
 
O. Mise en route
 
Occupant presque seuls l’espace public congolais local, Lambert Mende et Joseph Kabila croient qu’ils peuvent en user et en abuser à leur gré. Mais les médias congolais alternatifs ne l’entendent pas de cette oreille. Contre vents et marrées, ils se battent pour que la majorité des Congolais(es) ne tombe pas dans une sorte d’amnésie collective. Ils n’oublient pas vite notre histoire immédiate.
 
Dans Les 7 péchés d’Hugo Chavez, au chapitre 4 intitulé Comment sont-ils devenus si pauvres ?, Michel Collon pose cette question à ses congénères : « Pourquoi sommes-nous amnésiques ? ». Sa réponse à cette question est plus que claire : « Zappant un phénomène essentiel, notre éducation a fabriqué des amnésiques ». Et quel est ce phénomène essentiel : « la richesse d’ici (en Occident) provient du vol gigantesque commis là-bas (au Sud du monde) ». Le rappel de ce phénomène essentiel implique, chez lui, un engagement responsable, celui de la reconstitution de l’histoire. A ce sujet, il note : « Il nous faut reconstituer une Histoire que notre éducation a soigneusement occultée. Une histoire qui n’a pas commencé avec le pétrole, mais quatre siècles plus tôt ». De quoi cette histoire est-elle faite ? « Guerres, esclavage et génocide ont ruiné les peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Asie, écrit Michel Collon. Ces peuples n’ont jamais été remboursés ou dédommagés. Au contraire, on a profité de leur affaiblissement pour les piller davantage, et aujourd’hui encore, le pillage continue, mais mieux dissimulé ». (M. COLLON, Les 7 péchés d’Hugo Chavez, Bruxelles, Investig’action, 2009, p.56. Nous soulignons)
 
Commencer un article sur la RD Congo en citant un livre écrit sur Hugo Chavez peut paraître mal indiqué. Mais à voir les choses de plus prêt, les questions face auxquelles le Sud est en proie depuis plus de quatre siècles sont, à quelque nuance près, les mêmes. Et la question que Michel Collon pose à ses congénères peut être posée à ces franges importantes de nos populations qui, surfant sur Internet, semblent n’avoir aucun sens de l’occultation de notre histoire par l’éducation reçue à l’école et à l’université, par le séjour ensorcelant en Occident, par la pensée dominante et les médiamensonges qui lui servent de relais.
 
En effet, nous pouvons nous poser cette question : « Pourquoi sommes-nous si amnésiques ? » Pourquoi oublions-nous si vite aujourd’hui ce qu’il y a eu hier ? Il est possible que le mariage entre la tradition orale et la tradition écrite n’ait pas encore eu lieu dans le chef de franges importantes de nos populations. Elles préfèrent le colportage, les bobards, les rumeurs, les lectures rapides de petits commentaires faits sur Internet sur les discours des « Maîtres du monde » à un travail exigeant d’une lecture posée des sources inspirées de l’histoire du Sud en général et du Congo en particulier.
 
La saturation de l’espace public congolais par le pouvoir kabiliste, l’autocensure des médias congolais et le trop peu d’attention accordée aux choses de l’esprit participent de la falsification de notre histoire et de l’occultation de la part importante qu’y prennent les « Maîtres du monde » et les élites locales vassalisées. Prenons l’exemple de Lambert Mende et de Joseph Kabila en relisant le dernier rapport de Global Witness.
 
De prime abord, avouons que ce rapport de 115 pages (PDF) est, dans une certaine mesure a-historique. S’il fait allusion aux autres rapports rédigés par les experts de l’ONU sur le pillage des richesses du Congo, il n’établit aucun lien entre ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays et la logique capitaliste millénaire qui le sous-tend. Il décrit la contribution des multinationales dans la militarisation du pillage de nos matières premières sans une remise en cause sérieuse du modus operandi classique des cosmocrates. Pour dire les choses simplement, c’est depuis plus de quatre siècles que l’Occident capitaliste tue pour voler. Pour arriver à cette fin, il recourt à l’instrumentalisation et/ou la vassalisation des élites locales.
 
1. Revenons à Joseph Kabila et Lambert Mende
 
Dans sa livraison de ce jeudi (2 3 juillet 2009), le journal Le Potentiel livre la réaction de Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias sur « un certain nombre de sujets d’importance nationale » dont le rapport de Global Witness. Que dit Lambert Mende ? « Pour nous gouvernement, le rapport Global Witness part sur des prémisses qui sont vraies. Car nous avons toujours dit que la guerre congolaise est économique… Ce rapport vient confirmer toutes les analyses que le gouvernement ne cesse de faire du fait que les motivations de cette guerre sont celles de prédation ». 
 
A la lecture de cette réponse, plusieurs questions viennent à l’esprit : « Le ministre Mende a-t-il lu tout ce rapport ? Les analyses faites par le gouvernement ont-ils servi dans la quête de la paix dans notre pays ? Ont-elles été partagées avec nos populations ? Comment Mende peut-il justifier la coopération entre le gouvernement congolais et les criminels économiques agressant le Congo pour des motifs de prédation ? Comment le gouvernement auquel participe Lambert Mende pourrait-il justifier le combat mené contre l’ex-président de l’Assemblée nationale ayant osé dire son étonnement face à cette coopération contre-nature ? Pourquoi l’Assemblée nationale n’est-elle plus jamais revenue sur cette question ?»
 
Si les analyses du gouvernement avaient indiqué que les motifs de la guerre d’agression menée à partir du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi sont celles de la prédation, en 2004, Joseph Kabila, lui, était allé plus loin en qualifiant, dans une déclaration publique, d’aventure criminelle l’incursion des forces armées rwandaises sur le territoire congolais (Lire C. ONANA, Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise, Paris, Duboiris, 2009, p.162). Cependant, toutes ces analyses et qualifications n’ont pas été suivies d’actions conséquentes. Les différentes rencontres initiées pour que le Congo retrouve la paix sont passées à côté de l’essentiel. Le rapport de Global Witness est clair là-dessus quand il note : « Les différentes séries de pourparlers de paix et de dialogues bilatéraux menés avec les gouvernements de la région des Grands Lacs n’ont pas pris en compte cet aspect de manière explicite. Aucune des deux principales initiatives lancées fin 2007 et début 2008 – le communiqué de Nairobi de novembre 2007 et le Programme Amani découlant de l’accord de Goma de janvier 2008– ne comportait d’actions concrètes visant à mettre un terme à l’implication des parties belligérantes dans le commerce des ressources naturelles. Cette question a été soulevée lors de plusieurs discussions menées dans le cadre du Programme Amani, et les parties ont toutes reconnu qu’il fallait s’attaquer à ce problème, mais elles en sont restées à des déclarations d’intention générales ». Quand Lambert Mende critique Global Witness de se limiter à la dénonciation au lieu de mener des actions de solidarité avec le Congo, cela étonne. Jusqu’à ce jour, en dehors des « déclarations d’intention générales », le gouvernement auquel participe Mende et que téléguide Joseph Kabila n’a jamais intenté une action en justice contre le Rwanda pour ses « aventures criminelles » à répétition au Congo. Au contraire, il nous a servi l’opération umoja wetu qui peut être interprétée, à partir du rapport de Global Witness et de toutes les autres analystes de l’élite résistante congolaise comme étant une entreprise criminelle créant l’unité entre les réseaux mafieux du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi et du Congo sous la supervision des acteurs pléniers, les multinationales occidentales et certaines de leurs gouvernements. Cette unité dans la perpétuation du crime contre nos populations civiles s’opère avec la participation active de tous les hommes en uniforme : les FARDC, le CNDP, les FDLR (les vrais et les faux), etc.
 
Ces aventures criminelles à répétition réussissent en entretenant les jeux de coulisse abusivement dénommés « secret d’état ». Tel est le cas de l’intégration de Bosco Ntaganda dans l’armée congolaise. A ce sujet, le rapport note : « Les ententes conclues en coulisse à l’approche des événements de janvier 2009 ont également engendré certains développements choquants : suite à un clivage interne au CNDP, Bosco Ntaganda a remplacé Laurent Nkunda en tant que chef militaire et annoncé que le CNDP se joindrait à l’armée congolaise pour combattre les FDLR. Ntaganda est ainsi devenu de fait un interlocuteur clé lors des tentatives de résolution du conflit, et ce, bien qu’il soit recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre commis en Ituri (Province Orientale) ». Répondant à l’aspect choquant de l’intégration d’un criminel de guerre dans l’armée, Lambert Mende et Joseph Kabila diront qu’ils privilégient la paix et la sécurité, renvoyant ainsi la justice aux calendes grecques. Pour Global Witness, ce fut un coup dur porté contre la justice. Il le souligne sans ambages : « Autre coup dur pour la quête de justice, des hautes autorités congolaises, dont le Président Joseph Kabila en personne et le ministre de l’Information Lambert Mende, ont fait savoir publiquement qu’il était peu probable qu’elles remettent Ntaganda à la CPI dans un avenir proche, préférant accorder la priorité « à la sécurité et à la paix » plutôt qu’à la justice ». Cette façon de procéder participe de toute une culture de l’impunité entretenue par « les libérateurs du 17 mai 1997 » et même avant eux avec tout ce que cela entraîne comme abus dans le piège infernal où nos populations sont prises. Le rapport de Global Witnesse est encore très clair là-dessus. « Cette position renforce, affirme-t-il, la culture d’impunité qui règne en RDC, récompensant les auteurs de certaines des plus graves atteintes aux droits de l’homme qui soient et en encourageant d’autres à les imiter. Comme le démontrent largement les événements qui se déroulent dans l’est de la RDC depuis 1996, l’impunité a gravement compromis les efforts de paix et contribué à prolonger le conflit, tout en privant les victimes de la perspective que justice soit faite ou que leur préjudice soit réparé. En avril 2009, il a été signalé que Ntaganda devait jouer un rôle clé dans de nouvelles opérations montées par les FARDC contre les FDLR ». (Nous soulignons.)
 
Des criminels de guerre qui coopèrent pour alimenter les entreprises multinationales en matières premières stratégiques sont faussement présentés comme étant en guerre les uns contre les autres. Le comble est que tous font le commerce avec ou via les pays agresseurs.Le rapport indique que « parmi les groupes armés qui profitent du commerce avec ou via le Rwanda figurent non seulement ceux qui sont activement soutenus par ce pays, notamment le CNDP, mais également les FDLR, l’ennemi redoutable du Rwanda ». Quel bon ennemi redoutable ?
 
2. Les FDLR : un prétexte ; Kimya I et II : des crimes contre nos populations
 
Depuis le début de la guerre d’agression dans notre pays en 1996, les morts se comptent par millions dans le camp de nos populations. Il n’en est pas de même dans ceux des FDLR et des autres forces dites négatives.
 
S’il y a des acquis à mettre à l’actif du dernier rapport de Global Witness, il y a le rappel du prétexte de la chasse aux FDLR. Ce prétexte sert toutes les parties impliquées dans le pillage de nos ressources naturelles. Et pourtant, sur terrain, il leur arrive de coopérer et de feindre la guerre pour couvrir ce vol.
 
Les FDLR (vrais ou faux) coopèrent avec les FARDC. Ces dernières ont intégré les militaires du CNDP dans leurs rangs. Donc, le CNDP, ne fût-ce qu’une partie des militaires issues de ses rangs, coopère avec les FDLR. Tous font leur commerce avec ou en passant par le Rwanda (avec ou sans la permission des autorités Rwandaises). Les hauts responsables des FARDC jouissant de l’impunité auprès du gouvernement central de Kinshasa sont parmi les grands bénéficiaires de cette aventure criminelle.
 
Au mois de janvier 2009, à travers l’opération umoja wetu tenue secrète jusqu’à sa concrétisation, Joseph Kabila et son gouvernement ont participé, de près ou de loin, à cette aventure criminelle. Menée en marge de toute quête de justice juste, elle fait payer à nos populations le prix le plus dur à travers des opérations organisées des massacres, viols, vols, incendies des maisons et villages. Que ces opérations soient dénommées épervier, umoja wetu, Kimya I, Kimya II ou machin, elles perpétuent les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et bien d’autres crimes imprescriptibles. Bref, jusqu’à ce jour, au cœur de la tragédie congolaise, il y a des tueurs tutsi, hutu et congolais téléguidés par des multinationales sous-tendue par la pathologie rivilitaire de la concurrence niant toute humanité aux filles et fils de nos populations. Si le rapport de Global Witness part des prémisses vraies comme l’avoue Lambert Mende, les organisateurs des opérations susmentionnées et ceux qui les défendent sont tous des criminels passibles de peines de prison à perpétuité. Ils ont menti à nos populations en organisant son extermination et en feignant de se faire la guerre alors qu’ils sont tous, à des degrés divers, au service du capitalisme du désastre. (A ce point nommé, nous ne partageons pas certaines recommandations de Global Witness. Nous y reviendrons)
 
Comment faire pour mettre ce réseau criminel hors d’état d’agir ?En attendant l’avènement d’une justice juste, l’une des actions possibles est d’alerter l’opinion publique du Sud et du Nord en envoyant un rapport comme celui du Global Witness dans un maximum de sites Internet du Nord et au Sud. L’envoyer aux organisations de la Société Civile de la RD Congo pour qu’elles le traduisent en nos langues vernaculaires et aident nos populations à le lire. Les églises pourraient faire la même chose dans les communautés ecclésiales vivantes de base et entreprendre des actions concrètes pour desserrer l’étau…Les vampires ont peur de la lumière du soleil… (à suivre)
 
République démocratique du Congo. La dérive autoritaire du régime ( J.P. Mbelu)
 
Tel est le titre du rapport de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’homme rendu publique ce jeudi 24 juillet 2009 à Kinshasa à l’hôtel Memling et ce vendredi 25 juillet à Bruxelles au cours d’une conférence de presse animée par Benoît Van der Meershen, auteur du rapport et président de la fédération belge francophone des droits de l’Homme. Le régime dont il est question est celui issu des élections de 2006. Ce régime kabiliste est caractérisé par une violation systématique des droits de l’homme, par un affaiblissement permanent du pouvoir judiciaire et par un manque d’une quelconque volonté politique nécessaire à l’éclosion d’un Etat de droit digne de ce nom.
 
« Basé à la fois sur des faits et des témoignages précis et circonstanciés des victimes », ce rapport se penche sur « les derniers cas de répression contre les défenseurs des droits de l’homme ». Attention ! Si ce rapport traite des derniers cas, cela ne signifie pas que la répression date d’hier. « La répression a débuté dès les premiers mois du mandat de Joseph Kabila. Si son principal rival, Jean-Pierre Bemba et ses partisans étaient les premiers visés au départ, la répression vise aujourd’hui quiconque prend position contre les positions présidentielles et celles de sa famille politique». (p.3) Elle sert comme arme pour faire taire toute voix dissidente ou discordante. Les journalistes, l’opposition politique, les responsables des ONG de défense des droits de l’homme et toute la société civile sont constamment dans le collimateur du régime autoritaire kabiliste. Tous les services de sécurité sont mis à profit et n’obéissent qu’aux diktats du « raïs ». Ils constituent une police politique capable de menacer au téléphone et de promettre la mort aux récidivistes, d’arrêter qui elle veut, où elle veut et arbitrairement.
 
Dans quels cachots vont nos compatriotes arrêtés arbitrairement ?  
 
Entre autres à Kin Mazière. Là, il y a trois cellules : « Memling »- qui est le nom d’un hôtel de luxe à Kinshasa-« Afrique » et « Zaïre ». Dans le cachot « Memling », les conditions étaient plus ou moins acceptables : il y avait quelques mousses pour dormir, des toilettes, une baignoire et de l’éclairage. Dans la cachot « Afrique », il n’y avait ni toilettes, ni lumière, les détenus dormaient sur les tables en plastique. Le cachot « Zaïre » était le pire : il n’y avait ni toilettes, ni lumière. Les détenus faisaient leurs besoins dans des bouteilles ou des gobelets en plastique. Ils dormaient à même le sol. Il n’y avait pas de nourriture. Les familles pouvaient apporter à manger, mais pour cela elles devaient payer ». Ces conditions inhumaines sont créées expressément pour intimider et punir les détenus présumés innocents !
 
Nos compatriotes sont aussi détenus au cachot du Parquet de Kinshasa Gombe et le CPRK caractérisés par une surpopulation carcéral et des conditions de vie infrahumaines.
 
Les raisons souvent avancées pour justifier cette banalisation de l’animalisation de nos compatriotes sont fallacieuses. La constitution est souvent évoquée théoriquement et son application laisse trop à désirer : elle est simplement foulée au pied. Il n’y a qu’une seule volonté qui compte, celle de Joseph Kabila aidé par Darwezi, le colonel Mukalay et les autres escadrons de la mort. En effet, « si les autorités congolaises se défendent de cette situation en invoquant à la fois un contexte conjugué de post conflits persistants à l’Est du pays qui rend ardue toute tentative de réforme, nos organisations, affirme Benoît Van der Meershen, concluent que ce discours masque surtout une absence de volonté politique d’agir concrètement en faveur des droits de l’homme. Pourtant, poursuit-il, la RDC a signé et ratifié quasiment tous les instruments internationaux en matière de protection des droits de l’homme. Les Congolais ont des droits, exigibles ici et maintenant, et n’ont pas à subir les conséquences de choix politiques qui visent à en reporter continuellement leur bénéfice plein et entier ».
 
Un rapport en plus ? Et alors quoi ? Il n’est pas exclu que les victimes de cette répression barbare se fassent accompagner par la FIDH aux fins de traduire leur bourreaux et ses acolytes devant la Cour Pénale Internationale dont le Congo a signé les statuts. Un Charles Taylor Congolais est vite pris dans les filets de la CPI.
 
De toutes les façons, il n’y aura plus un deuxième Mobutu en RD Congo. (Nous reviendrons sur ce rapport dans deux ou trois articles. Il peut être téléchargé sur Congoone.net ou sur le site Internet de la FIDH).
J.-P. Mbelu
 
Suite à la mise en garde de la FIDH du 24 juillet (version intégrale ci-dessous), qui confirme ce que d’autres ONG et personnalités renseignent au sujet de la "dérive autoritaire" de Kabila (si ce n’est en fait de l’instauration d’une sanglante dictature depuis des mois), ne convient-il pas de :
–   se rappeler que la double mission de Louis Michel au Congo, en tant que Commissaire Européen au Développement, était la pacification et l’instauration de la démocratie – raisons pour lesquelles des dizaines, des centaines de millions € provenant des Fonds Publics ont été dépensés,
–   mettre cette information en perspective en se rappelant tout ce qui suit.
Au regard de tout ceci, ne faut-il pas maintenant se poser la question : « quel est le bilan de l’action de Mr Louis Michel » ?
 


 
* 27/05/2008 :  « Dans un Etat de droit, on ne peut pas lancer des accusations sans fournir de preuves »  – Louis Michel  (http://www.dhnet.be/infos/monde/article/209404/louis-michel-on-ne-peut-pas-accuser-sans-preuve.html )
* 24/07/2009 :  La FIDH dénonce la « dérive autoritaire » de Kabila – AFP ( http://rtbf.be/info/rdc-la-fidh-denonce-la-derive-autoritaire-du-regime-kabila-a-mi-mandat-127942 )
* 25/07/2009 : Katanga, deux militants des droits de l’Homme détenus  ( http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=4722)
 


 
*  c’est Louis Michel qui est l’instigateur de la visite officielle de Joseph Kabila devant les deux chambres belges en février 2004 ( http://www.diplobel.fgov.be/fr/press/homedetails.asp?TEXTID=14695 )
*  c’est Louis Michel qui est l’instigateur de la visite de Barroso à Kinshasa en juin 2005 pour l’adoption de la nouvelle constitution (http://www.congo-actualites.net/spip.php?article320 )
*  c’est Louis Michel qui est le parrain attitré du processus 1+4 et qui a été l’organisateur principal des élections « démocratiques » de 2006 (http://www.dhnet.be/infos/monde/article/209404/louis-michel-on-ne-peut-pas-accuser-sans-preuve.html)
*  c’est Louis Michel qui a déclaré en juin 2006 juste avant le 1er tour des élections au Congo : « Joseph Kabila représente l’espoir pour le peuple congolais » (http://realisance.afrikblog.com/archives/2006/06/23/2157605.html)
*  c’est Kabila qui a agressé à deux reprises en 2006 et 2007 au mortier lourd à Kinshasa son challenger Bemba (  http://fr.wikipedia.org/wiki/Tensions_Kabila-Bemba_en_2006_et_2007 )
*  c’est la garde de Kabila qui est accusée par Amnesty International et le rapporteur spécial de l’ONU de se livrer impunément à des exécutions arbitraires, viols et tortures à l’encontre de civils ( http://www.amnestyinternational.be/doc/article11987.html)
*  c’est la garde rapprochée de Kabila qui a massacré la population du Bas-Congo ( http://www.congoindependant.com/jketlesang.htm)
*  c’est Louis Michel qui s’est dit « déçu du Congo! » ( http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=3265 )
*  c’est un des proches de George Forrest, Michel Chevalier, qui a été mis en inculpation pour corruption et faux en écriture pour des faits remontants à 5 ans dans des dossiers concernant les matières premières congolaises (Mr Chevalier a été l’avocat de Georges Forrest & il siège au conseil du groupe) et qui a démissionné en mai 2008 de son poste de représentant de la Belgique auprès de l’ONU  ( http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=953)
*  ce sont Forrest et Kabila qui sont accusés de pillage du Congo ( http://congomania.afrikblog.com/archives/2006/02/23/1417219.html)
*  c’est Louis Michel qui a apporté un soutien inconditionnel à Joseph Kabila ( http://www.dhnet.be/infos/monde/article/209404/louis-michel-on-ne-peut-pas-accuser-sans-preuve.html )
*  c’est Louis Michel qui a contacté Bernard Kouchner durant une réunion des ministres européens des Affaires Etrangères pour s’opposer à une intervention militaire à l’Est du Congo alors que les troupes de Nkunda massacraient la population et poussaient 1 million de civils vers Goma ( http://www.lalibre.be/actu/international/article/467330/comment-louis-michel-a-double-karel-de-gucht.html)


 
24/07/2009 :  « La FIDH dénonce la « dérive autoritaire » de Kabila »
Torture systématique, opposition muselée, justice malade : la fédération internationale des droits de l’Homme a dénoncé la « dérive autoritaire » du régime de Joseph Kabila en République démocratique du Congo, qui rappelle les heures sombres du « mobutisme ».
« La politique menée par le pouvoir en place depuis quelques mois est dénuée d’ambiguïté », explique la FIDH dans ce rapport sur la RDC intitulé « La dérive autoritaire du régime ».
« Il s’agit -en violation de toutes les libertés fondamentales garanties par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par la RDC- de mettre au pas tous les contre-pouvoirs et plus généralement ceux qui osent encore dénoncer et/ou s’opposer aux dérives du régime, qu’ils soient parlementaires, magistrats, militants politiques, défenseurs des droits de l’Homme, journalistes, étudiants ou simple citoyen », estime-t-elle.
 
« Les nombreuses comparaisons faites par les interlocuteurs de la FIDH entre les méthodes utilisées par le pouvoir en place pour faire taire les voix dissidentes et celles utilisées au temps du maréchal Mobutu font froid dans le dos », ajoute le rapport.
 
« Nous arrivons à une société muselée (…) un parfum de mobutisme commence à refleurir à Kinshasa et nous en sommes très inquiets », a commenté lors d’une conférence de presse Benoît Van der Meershen, auteur du rapport et président de la fédération belge francophone des droits de l’Homme. » On a l’impression d’être dans une société de barbouzes, pas dans un véritable Etat de droit », a-t-il ajouté., a-t-il ajouté.
 
Le rapport montre du doigt la « répression systématique » de la société civile et de la presse et dénonce en la matière une « police politique dotée des pleins pouvoirs ».
Selon la FIDH, qui se base notamment sur les témoignages de victimes, « la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants (…) continuent à être pratiqués à large échelle par les forces de sécurité ».
 
« Au vu des conditions de détention en RDC, le simple fait d’être détenu constitue un traitement inhumain et dégradant », ajoute le document.
Quant à la justice, où la corruption est très répandue, « elle est malade et maltraitée » par un pouvoir exécutif « de plus en plus fort », a ajouté M. Van der Meershen. 
AFP
Le Cas Kin Kiey Mulumba prouve qu’en RDC, que vous ayez le sang de ses compatriotes sur ses mains ou pas, vous pouvez toujours compter sur la tribu qui va vous vous voter !
 
La Prospérité, 15/07/2009:
Le PA, le Parti pour l’Action de l’Honorable Tryphon Kin-Kiey Mulumba qui, à peine né, prend de plus en plus racine tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du Pays. Les districts de Kwilu et de Kwango viennent de tomber sous le contrôle intégral du Parti du Crabe où son Président y séjourne dans le cadre de ses vacances parlementaires. L’accueil du ‘‘Roi de Masi’’ a été inaccoutumé. Compacte et difficile à maîtriser, la foule a adressé un mot d’ordre et d’encouragement au Président national du PA avant même qu’il ne prenne parole : «Pensez, avancez davantage, ne reculez jamais, nous sommes tous derrière».
 
Qui va nous faire parvenir cet article au Bandundu ou l’ignorance et la paupérisation des masses sont exploitées?
 
Il y a 9 ans, Tryphon Kin-Kiey Mulumba a co-entérré les femmes Congolaises – supposées être ses compatriotes – vivantes!
 
Il les a, par la suite, accusées de sorcellerie! Incroyable!
Du passage éphémère au ministère de l’information puis dans la "rébellion".
 
En tant que dernier porte-parole du gouvernement de Mobutu, Kin kiey était chargé de rédiger des communiqués soporifiques censés entretenir la bonne image d’un maréchal mourant, lâché par tous ses protecteurs occidentaux.
 
Il passait ainsi de son rôle de conseiller occulte à celui de dernier porte voix officiel de la mouvance présidentielle(F.D.U.) Nous avons le souvenir pathétique du dernier compte rendu d’un conseil de ministre, lu à la radio(OZRT) par un Kin kiey sans conviction pendant que Mobutu lui-même avait déjà quitté Kinshasa. Puis vint l’heure de l’exil pour le dernier carré de tous les Mobutistes, et Kin kiey quitta également le pays pour intégrer plu tard la rébellion militaire du RCD, il en fut même l’une des grandes figures à une époque.
Devenu conseiller spécial de Kagame chargé des affaires congolaises, il installe les bureux de son journal le Soft à Kigali.
 
Comme Ludo Martens, l’ecrivain Belge nous rappelle dans son article du 7 mars 200, intitulé «Caches d’armes et mutinerie à Bukavu, danger d’une troisième guerre au Congo», Kin-Kiey Mulumba se fait le porte-parole des capitaux américains et rwandais qui veulent "faire éclater les frontières" pour que "le monde devienne un vaste marché pour quiconque sait vendre et sait acheter"…
 
Voici comment ce digne mobutiste-kagamiste s’est exprimé le 26 février 2004:
 
«A Bukavu, le gouverneur RCD Chiribanya Chirimwami est brutalement limogé par le gouvernement dont l’ex-mouvement rebelle étatisé est partie prenante sans qu’il ne cherche à broncher. La crise qui couvait depuis juin 2003, a atteint sa phase terminale. Hutu et Tutsi, tous Banyarwanda, tous frères et sœurs, ennemis jurés hier jusqu’à s’entre-tuer massivement, ont enterré machettes et lances, et fait chorus. Ensemble, ils vont défendre leurs terres, en premier, leur gouverneur hutu Eugène Serufuli Ngayabaseka. La question n’est plus l’entrée en ébullition, la question est de savoir quand. À l’heure où les frontières éclatent, où le monde devient vaste marché pour quiconque sait vendre et sait acheter, il n’y a que dans l’ex-Zaïre où, faute de leadership, l’habitant n’a rien compris. Le Kivu lui veut vivre, se produire et se reproduire. Il se tente et se laisse tenter par une culture moderne, loin des incuries et qui marche. Qui lui en fera le reproche ?" (Tryphon Kin-Kiey Mulumba, Le Soft, 26 février, n° 782;
lesoftonline.net 04/03/2004).
 
«Kin-Kiey Mulumba, comme Tshisekedi et Katebe Katoto, est parmi les politiciens qui jouent à fond la carte des Américains et de leur libéralisme outrancier qui fait sauter les frontières. Kagame possède une armée puissante qui s’insère délibérément dans la stratégie politico-militaire des EU pour la domination du continent. Son armée est très présente au Kivu où elle se fait passer comme faisant partie des rwandophones congolais… Cette présence politico-militaire au Kivu, jointe à une pénétration économique, permettra à l’alliance Etats-Unis-Rwanda kagamiste de dominer le Kivu sans l’annexer formellement.
 
«C’est à cette lumière qu’on peut interpréter les dires de Kin-Kiey Mulumba. « Paul Kagame éprouve des nouveaux besoins : il veut reconstruire son pays; il veut tisser des nouveaux liens dans le monde basés sur la compétitivité et la bonne gouvernance; il veut tourner le dos à la guerre et être vraiment ce nouvel homme que son pays et la région attendent. (Récemment,) il a fait fermer la frontière entre Bukavu et Cyangungu. Là aussi un même message adressé aux Congolais: ‘Si vous vous battez, c’est bien entre vous. Les Rwandais n’ont rien à y faire’. »
 
Quelque temps plu tard il va quitter le RCD, n’ayant certainement pas trouvé sa place dans un mouvement téléguidé par le Rwanda. Et à la faveur des accords de Sun city, il retourne à Kinshasa pour y retrouver sa place de courtisans. Faute de n’avoir pas su faire décoller sa carrière politique, il excelle dans l’art de l’intrigue dans les milieux politiques kinois tout en s’appuyant exclusivement sur un mouvement politique composé essentiellement de ses proches. Et pour entretenir son image, il n’hésite à bouffer à tous les râteliers à l’instar de tous les journalistes griots de Kinshasa.
 
Devenu membre à part entière de l’AMP, maintenant nous apprenons que le député Kin Kiey Mulumba, rassemblant une poignée des Congolais de son lieu de naissance, vient de lancer un nouveau parti politique dénommé Parti pour l’Action (P.A.) – pour eroder l’electorat de Gizenga au Bandundu? Mais ce sont les actions passées de Kin Kiey Mulumba qui comptent.

En fait, cette année, c’est le 9e anniversaire des viols et des violences sexuelles contre les femmes de Mwenga (1999-2008) comme nous le rappelle de Dr Shungu Tundanonga! De femmes congolaises de cette localité, située dans le Sud Kivu, aux confins du Parc de Kahuzi-Biega, furent violées en public, lynchées et enterrées vivantes, après les viols, leurs bourreaux les avaient violées avec de morceaux de bois, de branches d’arbres et de barres de fer et mis de bâtons dans leurs organes génitaux (vagins).
 
Ensuite, ce fut du sel et du piment qu’ils mirent dans leurs vagins avec des objets contendants. Finalement, les moins malheureuses furent immediatement enterrées vivantes dans les trous que leurs maris, frères, pères et fils avaient été forcés de creuser, et, les plus malheureuses durent passer toute une nuit dans de fossés creusés par les mâles de Mwenga sous la menace des armes. Ces fossés étaient remplis d’eau salée, qui atteignaient les plus grandes jusqu’au cou (les plus petites furent noyées), le lendemain elles furent retirées de ces fossés, reviolées et massacrés l’une après l’autre.
 
Ces évenements ont été documentés par les ONG congolaises de droits de l’homme (COJESKI fut la première), vérifiés et confirmés par la Monuc et autres ONG internationales de droits de l’homme dont HRW.
 
Voici comment Ki-Kiey Mulumba, un sadique à la solde des Tutsi, a reagi à ces crimes indescrptibles contre l’humanité! Jugez-en l’homme vous-mêmes!
 
Goma, 19 mai 2000
 
1. A la suite de diverses accusations portant sur des violations des droits de l’homme qui auraient été perpétrées dans la province du Sud-Kivu plus particulièrement l’affaire de «quinze femmes enterrées vivantes» qui se serait produite dans la localité de Mwenga, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD demande de manière pressante à l’Organisation des Nations Unies d’envoyer au Sud-Kivu une mission d’enquête internationale indépendante en vue d’établir la véracité sur ces allégations.
 
2. Le RCD s’engage à mettre tout en œuvre en vue de faciliter le travail des enquêteurs en leur assurant notamment toute la sécurité nécessaire lors de leur mission dans la région concernée.
 
3. Selon tous les rapports en possession du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, la tragédie de Mwenga s’est produite lorsque trois femmes accusées de sorcellerie par la population locale ont subi des sévices corporels, selon la coutume locale.
 
4. Selon ces rapports, aucun soldat, aucun commandant de l’Armée Nationale Congolaise-RCD n’a été mêlé dans cette tragique affaire.
 
5. Si à l’issue de cette enquête, une responsabilité quelconque était établie mettant en cause un élément ou des éléments de l’ANC-RCD, le Mouvement s’engage à prendre toutes ses responsabilités conformément aux textes de loi en vigueur dans le territoire libéré et en temps de guerre.
 
6. Le Mouvement rappelle que récemment encore, la Cour martiale a condamné à la peine capitale un policier qui, à Goma, au Nord-Kivu, avait ouvert le feu sur une compatriote.
 
7. Le RCD qui lutte, de toutes ses forces, pour l’instauration de la Démocratie et l’Etat de droit dans notre pays ne saurait en aucun cas tolérer des pratiques qu’il condamne.
 
8. Lors de la rencontre avec la délégation des Ambassadeurs des Nations Unies conduite par l’Ambassadeur américain Richard Holbrooke, les autorités du RCD avaient déjà, répondant à une question de l’Ambassadeur des Pays Bas, demandé l’envoi de cette mission à Mwenga.
 
9. Le RCD espère ardemment que cette mission d’enquête internationale indépendante pourrait se rendre au Congo et au Sud-Kivu aussi vite que possible.
 
Signé Prof Kin-kiey Mulumba
Chef de Département de la Communication et de la Culture du RCD.
Porte-parole
Par Antoine Lokongo
Londres.
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