Kyavinyonge: Le Cpt Kanyinda arr

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Le capitaine Kanyinda des Forces Navales de la RDC qui gérait depuis quelques temps la localité-pêcherie de Kyavinyonge comme un seigneur de guerre avec droit de vie et de mort sur les populations civiles, a finalement été arrêté sur ordre du Gouverneur du Nord-Kivu, Son Excellence Julien Paluku Kahongya, lors de sa visite dans ce coin du Territoire de Beni.
 
                               Le Gouverneur Julien Paluku à Kyavinyonge
Comme dans tout cas d’insécurité, le Cpt Kanyinda n’était pas seul à sévir contre la population de Kyavinyonge. En effet, dans la bande à Kanyinda on a trouvé deux Inspecteurs de la Police Nationale Congolaise, à savoir celui de la cité de Kyavinyonge et celui de la cité de Kyondo.  Tous ses deux collabos ont été aussi arrêtés sur ordre du Gouverneur et transférés à l’auditorat militaire de Butembo pour appréciation des charges à leur encontre.
 
La population de Kyavinyonge qui venait d’adresser un mémorandum de protestation au Gouverneur de Province pour lui demander le départ du capitaine Kanyinda de Kyavinyonge,  se dit soulagée par son arrestation et espère qu’il ne reviendra plus à son poste de Kyavinyonge où ses troupes s’étaient distingués par les assassinats, les viols des femmes, les enlèvements, les vols, les extorsions des biens, les intimidations de toutes sortes, etc.
 
Mais qu’adviendra-t-il après le retour du Gouverneur dans son palais de Goma ? Peut-on faire confiance à l’auditorat militaire de Butembo pour rendre justice à la population de Kyavinyonge ?  On se rappelle que le Gouverneur lui-même avait pointé du doigt l’auditorat militaire de Butembo comme n’étant pas idoine dans l’insécurité qu’entretiennent les militaires dans la ville de Butembo et ses environs. Comme il n’y a pas eu changement d’hommes dans cette instance judiciaire, peut-on espérer à un changement dans la façon de rendre la justice militaire ?
 
Rien n’est sûr ! Depuis que le Gouverneur a levé son camp de l’Hôtel Auberge de Butembo, on a enregistré déjà deux cas de vols à mains armées selon les mêmes méthodes et par les acteurs semblables, c’est-à-dire les hommes en armes et uniforme militaire, dans la ville de Butembo.
Le premier cas a eu lieu au Quartier Kalemire, Commune de Bulengera. Un pasteur d’une église de réveil ainsi que ses amis qui lui rendaient visite se sont vus dépouiller de leurs téléphones portables, argent, et autres biens de valeur, toujours aux heures de 19h00. Ayant ravi la clé de la voiture du pasteur, les malfrats voulaient se sauvé dans sa voiture mais ils n’avaient pas réussi à la démarrer. Après avoir essayé pendant longtemps de la démarrer mais sans succès, ils ont pris la fuite dans le noir.
 
 Le deuxième cas, plus meurtrier que le premier, a eu lieu au Quartier Kimbulu (route Muchanga), toujours en Commune de Bulengera, le dimanche 3 Janvier 2010, toujours aux heures du soir. Un jeune homme du nom de Kakule âgé d’une vingtaine d’années a échappé de justesse à la mort. Les hommes en armes s’étaient pointés à son alimentation avant de la piller de tout ce qu’ils voulaient et de toutes les recettes du jour, soit une rondelette somme de 400 US $. Comme d’habitude après le pillage et avant de s’enfuir, ils ont voulu ôter la vie à Kakule en tirant deux balles dans sa direction. La première balle l’a touché à la tête, emportant quelques cheveux. La deuxième balle qui visait son thorax a percé sa chemise du côté gauche. Comme Kakule était tombé par terre, les malfrats se sont enfuis le croyant mort. Mais Kakule n’était pas mort ! Il doit sa survie à l’intervention divine. Ce n’était pas son jour, disent ses parents et ses amis. D’autres disent qu’il doit être un Mai-Mai pour survivre à pareille attaque. Mais pour combien de temps survivra-t-il à ces genres d’attaques dont les assaillants ne sont pas du tout inquiétés ?
 
Si l’insécurité se poursuit selon la même intensité,  les mêmes méthodes, et par les acteurs qui se ressemblent, en dépit de vociférations et de quelques arrestations faites par le Gouverneur, on pourrait dire que l’armée et les forces de la police échappent toujours au Gouverneur ainsi qu’aux autres autorités politiques et administratives de la province, et que les assaillants participent à autre chose qu’une simple insécurité des éléments incontrôlés et impayés comme le prétend l’hiérarchie militaire du pays !
 
 Pour venir à bout de cette insécurité qui est tout sauf un cas isolé de banditisme, le gouverneur de province, doit agir à travers l’Assemblée Provinciale pour exiger le remplacement des commandants de l’Armée et de la Police Nationale Congolaise qui seront trouvés coupables d’entretenir l’insécurité dans la Province du Nord-Kivu.
 
Il est aussi anormal et naïf que le gouvernement central s’accommode de la gestion militaire de la Province de Nord-Kivu par ceux-là mêmes qui l’ont endeuillé, pillé comme rebelles et agresseurs.
 
Le peuple congolais ne doit pas non plus attendre que sa securité advienne sans sa contribution. Sans organisation de patrouilles permanentes mixtes entre la police et les civils dans chaque quartier de nos villes, cités, et villages, il ne faut pas penser que les malfrats s’avoueront vaincus s’ils ne se sentent pas acculés et surveillés.
A cela, il faut aussi ajouter la prudence et la vigilance individuelles. Les nombreux assassinats commis par les malfrats entre 19h et 20h du soir devraient pousser la population de chaque quartier ou de chaque cellule à adopter des stratégies communes pour assurer sa propre securité ! La légendaire solidarité Nande doit être mise en pratique pour la prévention des assassinats et des vols et pas seulement pendant les deuils des victimes. La grandeur d’un peuple se mesure par sa capacité de protéger et de promouvoir la vie et non par la solennité des enterrements !   
 
 Les chefs coutumiers, les chefs des cellules ou nyumba kumi, les bourgmestres, les maires de ville, etc. doivent s’impliquer et travailler la main dans la main avec les forces vives. Le chantier numéro un du Nord-Kivu n’est pas l’asphaltage des routes vers les mines d’or et de coltan mais assurer la sécurité des congolais et de leurs biens.  
 
©Beni-Lubero Online
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