L’empire du Général MBUYI va-t-il enfin s’écrouler à Butembo ?

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Une des caractéristiques d’une armée républicaine c’est la discipline et le respect de l’hiérarchie. Mais dans le Congo de Joseph Kabila où le clientélisme politique est le maître-mot, la discipline militaire souffre, de fois elle est quasi inexistante. Avec la pléthore des commandants comme des présidents, on ne sait pas qui dépend de qui. Quand on rencontre un militaire dans la rue, quelle que soit son grade, on ne sait pas de quel corps de l’armée il dépend réellement. Mais le dicton du clientélisme est bien connu au Congo: « Dis-moi qui t’a pistonné à tel poste, je te dirai qui est ton patron ». En fin de compte, l’armée congolaise se révèle être un amalgame des réseaux militaires maffieux, chaque réseau au service de son maître qui peut ne pas être son autorité hiérarchique immédiate. Ses différents réseaux sont régis par la loi de la non-ingérence dans les magouilles d’un autre réseau. C’est pourquoi, si un service de l’armée arrête un bandit à la solde d’un autre réseau, ce dernier exigera la libération de son bandit le lendemain ou mieux acceptera son incarcération en échange avec un autre cas plus juteux dans le réseau adverse et tutti quanti. On se croirait devant les réseaux de Gangs de Harlem à New York ou de Miami en Floride.

Le bras de fer entre le Général Mbuyi Musamu et le Major Akulema est une belle illustration de ce clientélisme politique qui infecte l’armée congolaise. Le Major AKULEMA est pris en sandwiche par trois réseaux maffieux, à savoir, le RCD-Goma, le PPRD et le RCD-K-ML, qui chacun cherche à poster son homme de confiance à Butembo pendant les prochaines élections générales. A plus de ces trois réseaux maffieux identifiés aux partis politiques, il y a aussi localement des réseaux personnels parallèles aux réseaux des partis politiques. C’est le cas de celui du Général Mbuyi Musamu, qui était entrain de construire son empire maffieux à Butembo. En apprenant la nouvelle de la permutation de son homme de confiance, à savoir, le Major Dieudonné Muhima, Mbuyi est sorti de sa réserve pour proférer des menaces non à l’encontre de l’autorité qui a pris la décision mais à l ‘encontre du Major Akulema qui n’a fait qu’obéir. La loi du fair-play entre les réseaux aidant, le Major Akulema attend que les violons s’harmonisent dans les différentes écuries militaro-politiques oeuvrant au Grand Nord pour prendre possession de son règne à Butembo, une ville qu’il connaît bien et où il a commencé sa carrière militaire en 2001.

Les observateurs de la situation sécuritaire au Grand Nord voyaient venir la déstabilisation du Général Mbuyi. En effet, c’est depuis un an que, le Général Mbuyi dont les opérateurs économiques du Grand Nord disent de s’être trompé de métier car il paraît plus commerçant que militaire, plus dans les magasins qu’au front, était visiblement occupé à monter son petit empire de pillage à Butembo. C’est lui qui filtrait toutes les affectations militaires à Butembo sous condition de renflouer chaque jour ses poches par l’argent volé de commerçants et de paisibles citoyens en utilisant toute sorte de méthode et de nomenclature. Voyant son empire s’écrouler à la suite de la décision du Général Amisi Tango Fort, le Général Mbuyi a failli provoqué une débandade dans la ville de Butembo le mercredi 5 et le jeudi 6 mars dernier quand des militaires du 892 bataillon sous le commandement de Dieudonné Muhima, protégé du Général Mbuyi ont voulu en découdre avec ceux qui se réjouissaient du retour du Major Akulema à Butembo. A l’heure actuelle, personne ne sait ce qui va se passer. Le Major Akulema n’est toujours pas à Butembo. Le numéro un des Fardc au Nord-Kivu va-t-il retirer son ordre de permutation ? Le Major Dieudonné Muhima va-t-il rester à Butembo où tout le monde sait pour qui il roule ?

Le Congo est encore loin d’être un état de droit. Les élections à elles seules ne changeront pas cette situation et personne ne changera cette situation catastrophique à la place des congolais. Les congolais doivent s’approprier le processus de pacification du Congo en s’organisant localement sous la houlette des chefs charismatiques des villages, des cités, des territoires, et en acceptant que des hommes et des femmes qu’il faut dans la gestion du bien commun.

Kakule Mathe

Butembo

BLO

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