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L’hiérarchie de l’Eglise Catholique pouvait empêcher le hold-up électoral dixit Abbé José Mpundu

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L’entretien avec l’Abbé José Mpundu que Beni-Lubero Online publie ci-dessous revient sur la demande des congolais épris de vérité et de paix. Comme l’hiérarchie de l’Eglise Catholique, notamment la CENO, avait déployé 30 000 observateurs lors des élections du 28 novembre 2011, la majorité du peuple congolais aurait voulu qu’elle publie les résultats des bureaux de vote où ses observateurs étaient déployés pour offrir une troisième voie de vérification de la véracité des résultats de la CENI et de ceux de l’opposition politique. Les autres observateurs devraient se livrer au même exercice. Mais pour l’hiérarchie d’une église qui se veut apolitique, neutre, et témoin de la vérité, c’est un devoir moral. Il est vrai que les 23% des bureaux de vote couverts par les observateurs catholiques ne peuvent donner qu’une tendance et non un résultat définitif. Une raison de plus pour l’hiérarchie de l’Eglise Catholique de ne pas avoir peur de publier ses résultats partiels. Aussi, on ose penser que l’Eglise Catholique avec 30 000 observateurs était au moins présent dans chacun de 169 centres de compilation. Le fait de ne pas publier avant l’annonce du gagnant les résultats partiels récoltés par les 30 000 observateurs catholiques mettrait l’hiérarchie de l’Eglise Catholique à la même enseigne que l’abbé Malu Malu et le Pasteur Mulunda. Quelle opportunité gaspillée pour renforcer la démocratie en R.D.Congo ? Réduire 30 000 observateurs catholiques au silence n’aide pas à pacifier la RDC à l’heure d’une crise postélectorale. (BLO)

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Hold up électoral: L’abbé José Mpundu réaffirme la mission prophétique de l’Eglise du Christ mise à mal par le tripatouillage de Daniel Ngoyi Mulunda !

Par Hippolyte Kimbalanga, mercredi 7 décembre 2011 à 13:50 :: liens :: #1920 :: rss   

L’abbé José Mpundu est le curé de la paroisse Saint-Alphonse de Mateté à Kinshasa. Il est une figure de prou et emblématique des organisateurs de la marche des Chrétiens du 16 février 1992 contre la dictature mobutienne pour la réouverture sans condition de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Photo Réveil-FM, archives  

Rôle prophétique de l’Eglise catholique romaine  

La plupart des rapports que nous entendons sur les élections du 28 novembre 2011 en RDC, qu’ils viennent des missions d’observations tant internationales que nationales, disent pratiquement la même chose. En résumé, ils disent ceci : « Les élections, d’une manière générale, se sont bien déroulées selon les normes universelles, hormis quelques irrégularités observées par ci par là et des cas de violence avec mort d’hommes, irrégularités qui ne peuvent pas influencer les résultats des urnes ». Ces irrégularités, expliquent les uns et les autres, sont à mettre dans le compte d’une mauvaise préparation ou d’une négligence ou encore d’un manque de professionnalisme de la part des agents de la CENI. Presque tous terminent par inviter les candidats et le peuple à accepter le verdict des urnes qui aurait pu être connu le 6 décembre à l’occasion de la proclamation des résultats provisoires par le Président de la CENI.  

Ces rapports sont manifestement idéologiquement orientés. Derrière ces rapports officiels obéissant à une certaine idéologie se cache la vraie réalité de nos élections.  

Pour moi, cette vérité du scrutin du 28 novembre pourrait se résumer en ces termes : des élections bâclées avec une volonté délibérée de tricher dans un climat de violence organisée. Elections bâclées Durant les cinq années de la législature qui s’achève, nous n’avons pas vu dans le budget de l’Etat une rubrique concernant la préparation des échéances électorales prévues par la constitution du pays. Bien plus, la mise en place de la CENI qui devait remplacer la CEI s’est faite tardivement et on dirait dans la précipitation et sous une certaine pression tant interne qu’externe.  

La loi organique portant organisation et fonctionnement de la dite CENI porte en elle les germes du débâcle électoral que nous sommes en train de vivre. En effet, comment espérer avoir une commission nationale électorale indépendante lorsque celle-ci est composée par les politiciens qui vont concourir aux élections et que la majorité au pouvoir soit aussi majoritaire dans le bureau de cette institution?   

Comment avoir confiance en une institution qui n’a d’indépendance que le nom ? Le calendrier établi et annoncé par la CENI n’a pas été respecté.  

En effet, à part la date du 28 novembre qui a été maintenue à tout prix, les autres opérations ont toutes connues un grand retard qui normalement devait amener à repousser la date de la tenue du scrutin.  

Par conséquent, les élections se sont tenues malgré le fait que le matériel électoral n’ait pas été déployé dans tous les centres de vote. Tout s’est passé dans un climat de précipitation comme si les élections étaient un but en soi et qu’il fallait les tenir même dans le désordre.  

Volonté délibérée de tricher Cette volonté de tricher ou de manipuler le processus électoral en faveur d’un candidat a commencé avec la révision cavalière de la constitution en réduisant le nombre de tour du scrutin à un seul tour.  

Une révision constitutionnelle qui n’a pas fait l’objet d’un référendum populaire et qui a été réalisée dans un climat de corruption avérée. La révision du fichier électoral a été aussi réalisée dans le même climat de laisser-aller.  

On a parlé des doublons, des omissions, de la remise des cartes d’électeurs à des enfants, à des policiers et militaires ainsi qu’à des étrangers.   

La résistance opposée par la CENI à la demande d’un audit du fichier électoral s’inscrit dans le même cadre d’une volonté de tricher. Durant le déroulement du scrutin, la présence des bulletins de vote déjà cochés en faveur d’un candidat est une preuve de cette volonté de tricher. 

On ne peut pas parler ici d’une simple irrégularité. Comment ces bulletins se sont-ils retrouvés entre les mains de ces particuliers ? Qui les leur a donnés ? L’exclusion ou la mise à l’écart de certains témoins des bureaux de vote ainsi que l’enlèvement de certaines urnes par des éléments armés pour des destinations inconnues sont aussi autant des preuves de fraude électorale. 

Elections dans un climat de violence organisée Déjà dans la période préélectorale, avant même la campagne électorale, nous avons observé des scènes de violence de la part de deux camps : la majorité et l’opposition. 

Nous noterons par exemple la destruction méchante voire l’incendie des sièges des partis ou des chaînes de télévision… des morts d’homme…  

Pendant la campagne et surtout le dernier jour de la campagne à Kinshasa, nous avons assisté à des scènes de grande violence. Le jour même de la tenue du scrutin, on a enregistré des morts d’homme dans différents coins de la capitale et du pays.  

Et cela de la part de la population et de la part des éléments armés sous contrôle du pouvoir finissant. Tous ces éléments que nous venons d’évoquer montre clairement, nous n’avons pas eu de vraies élections. 

Comme en 2006, nous nous sommes retrouvés dans une mascarade d’élections n’ayant pour seul objectif de donner une légitimité interne à celui qui a déjà été choisi par les « faiseurs de rois » dans nos pays du Tiers du monde et particulièrement en Afrique. D’où la manipulation non seulement des résultats mais aussi de l’opinion tant nationale qu’internationale pour l’acceptation du « verdict » des urnes.  

Un verdict que nous savons à l’avance truqué et trafiqué en faveur d’un candidat. Avec comme conséquence, comme en Côte d’Ivoire, la guerre civile. Que devrait être le rôle de l’Eglise dans cette situation ? L’Eglise qui a participé activement à ce processus en s’investissant d’abord dans un grand travail d’éducation civique et électorale et ensuite dans l’observation des opérations du scrutin en déployant 30.000 observateurs à travers tout le territoire national, a le devoir de veiller à la proclamation de vrais résultats des élections.  

Au regard de ce qui se prépare, nous pouvons dire qu’il n’y a que la hiérarchie de l’Eglise catholique qui peut éviter au pays un second hold-up électoral et un coup d’état organisé qui pourrait déboucher à un bain de sang. Aussi, nous croyons que notre Eglise pourrait s’inspirer de ce qui s’était passé aux Philippines à l’époque du président Marcos. En effet, après avoir triché aux élections, le président Marcos s’est proclamé vainqueur aux élections qui l’opposait à Madame Cori Aquino. C’est le Cardinal Sin, d’heureuse mémoire, qui a pris son courage prophétique à deux mains pour proclamer, à partir de la Radio Veritas , les vrais résultats des élections. A la suite de cette proclamation, les américains ont envoyé un hélicoptère pour prendre Marcos et l’ont amené aux USA où il est allé en exil. Les évêques de la CENCO auront-ils ce même courage prophétique qui a animé le Cardinal Sin ? C’est le souhait et l’attente de tout le peuple congolais. 

Abbé José MPUNDU   

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa  

Tél. : +243997030932 ou +243818133765  

Fait à Kinshasa, le 3 décembre 2011  

Source: Blogs des Congolais/Internet 

©Beni-Lubero Online

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