L’ONG Merlin nie avoir hébergé des rwandais à Kirumba

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« L’ONG MERLIN Kirumba dément son implication dans l’hébergement du contingent des Rwandais aperçu à Kirumba !

Nous avons été surpris et étonné de nous cité dans l’article intitulé : « Ou est passé le premier contingent aperçu à Kirumba » ? Que ces retournés dits Hutu Nande ont été hébergé dans notre enclos et celui de l’ONG ADRA ! 

En effet, nous ne reconnaissons pas avoir hébergé ces gents dans notre enclos, et considérons ces informations comme une atteinte, et une accusation gratuite conte tenue des enjeux dans la province du Nord Kivu. Ces genres d’information sont incendiaires !  

L’ONG Merlin n’a jamais intervenu dans le domaine de retournés, mais plutôt dans le domaine médicale pour les déplacés internes et non pas pour les RETOURNES.  

Kirumba

Responsables MERLIN” (26 Novembre 2010)

 

Beni-Lubero Online s’acquitte de son devoir de publier le démenti ci-haut de l’ONG Merlin sur l’hébergement du premier contingent des rwandais aperçus à Kirumba au Sud du Territoire de Lubero entre  le 17 et le 21 novembre dernier. Comme il était dit dans la dépêche de Beni-Lubero Online (https://benilubero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2244:ou-est-passe-le-premier-contingent-des-rwandais-apercus-a-kirumba-&catid=1:dches&Itemid=98) l’ONG britannique Merlin ainsi que l’ONG australienne ADRA sont très appréciées pour leur prestation au service des déplacés internes du Sud Lubero. L’ONG Merlin dans la couverture médicale et l’ONG ADRA dans la reconstruction des maisons incendiées. Cette appréciation de la population du Sud de Lubero a toujours été véhiculée par Beni-Lubero Online.

Mais depuis l’annonce de l’arrivée imminente dans la région des refugiés congolais revenant du Rwanda dits aussi Retournés du Rwanda, les beniluberois qui n’ont jamais vu certains de ses membres se réfugier au Rwanda à part quelques familles à compter au bout du doigt, sont devenus suspicieux vis-à-vis du HCR, de la Monusco, et des ONG internationales oeuvrant au Nord-Kivu. La difficulté qu’éprouvent les beniluberois qui ne sont pas opposés au retour de ces quelques familles connues de tous est que la demande des chefs coutumiers du Nord-Kivu n’ait pas été respectée par les organismes chargés de ce retour. Cette demande consistait en ceci : Permettre aux chefs coutumiers qui connaissent bien leurs sujets d’aller dans les camps des refugiés au Rwanda pour identifier ceux qu’ils reconnaissent comme ayant réellement vécus dans leurs chefferies respectives et procéder de commun accord et dans l’ordre à leur rapatriement. Le refus non expliqué d’accéder à cette noble demande est à la base de toutes les suspicions.

A cela il s’est ajouté l’apparition sur scène au mois de septembre dernier d’une ethnie jusque-là inexistante en R.D.Congo, notamment, les HUTU-NANDE originaires du Sud de Lubero. Une centaine des familles de cette nouvelle ethnie seraient subitement venues d’elles-mêmes de Masisi pour assiéger le gouvernorat du Nord-Kivu, demandant d’être rapatrier au Sud de Lubero (https://benilubero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2187:alerte-retrait-des-militaires-cndp-de-leurs-positions-du-sud-lubero&catid=1:dches&Itemid=98).

Pendant que les beniluberois pensaient avoir négocié le retour pacifique des quelques retournés du Rwanda, l’apparition ex nihilo de cette nouvelle ethnie HUTU-NANDE qui n’a jamais existée a rajouté à la suspicion d’une arnaque derrière l’opération dite de retour des refugiés congolais vivant au Rwanda. Dans l’opinion beniluberoise, la création ex nihilo de l’ethnie HUTU-NANDE en provenance du Masisi, le territoire qui est considéré aujourd’hui comme échappant complètement au gouvernement central et qui jouit depuis un temps d’une frontière passoire avec le Rwanda, serait une stratégie de présenter comme Hutu les refugiés congolais qu’on disait être au Rwanda mais qui n’ont pas voulu y être identifiés comme tels par des chefs coutumiers du Nord-Kivu avant leur retour. Le fait que les Hutu-Nande proviennent de MASISI entièrement sous contrôle du CNDP est à l’origine de la grande suspicion des congolais. D’où la grande curiosité des congolais qui veulent voir par quel chemin cette tribu crée ex nihilo ferait son entrée à Beni-Lubero.

Quand l’ONG Merlin dit qu’elle ne s’occupe que des déplacés internes (en Anglais : Internally Displaced Persons= IDPs) et pas des « retournés » tout court, elle risque de prêter de nouveau à confusion. En effet, le terme «  retournés » s’applique non seulement aux refugiés mais aussi aux déplacés. Pour plusieurs personnes la différence entre refugiés et déplacés n’est pas toujours clairement établie.

– Un réfugié – au sens de la Convention relative au statut des réfugiés et des apatrides – est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de ladite crainte (http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fugi%C3%A9)

Un déplacé est une personne qui a été forcé de fuir ou de quitter sa maison ou lieu habituel de résidence pour éviter de subir les effets des conflits armés, les violations des droits humains, ou des catastrophes naturelles mais n’a pas franchi les frontières internationalement reconnues de son pays d’origine. Contrairement au réfugié qui est privé de la protection de son pays d’origine, le déplacé reste juridiquement sous la protection des autorités nationales de son pays d’origine et où il a sa résidence habituelle (cfr.http://www.internal-displacement.org/8025708F004D404D/(httpPages)/CC32D8C34EF93C88802570F800517610)

Selon les éléments de définition ci-dessus, la responsabilité de réinstaller un déplacé incombe en premier lieu au pouvoir local, ce qui justifie la demande des chefs coutumiers du Nord-Kivu. Pour le cas des refugiés, le HCR à qui l’ONU attribue la compétence du rapatriement, devrait sans tergiverser fournir à la partie congolaise toute la documentation requise à l’identification des refugiés congolais vivant au Rwanda : Quand est-ce ces derniers ont été accueillis par le HCR au Rwanda, d’où venaient-ils ? Leurs dossiers et leurs cartes de refugiés ? Pour le cas des refugiés congolais du Rwanda, le HCR n’a pas encore convaincu l’opinion congolaise de la véracité de tous les préalables ci-haut cités. Le fait que ces refugiés viennent d’un pays qui depuis 14 ans a déjà tenté plusieurs fois d’occuper l’Est de la R.D.Congo, rajoute à la suspicion des bons offices du HCR. 

La question qu’on peut poser à l’ONG Merlin/Kirumba est de savoir si entre le 17 et le 21 novembre dernier elle avait accueilli dans son enclos des retournés internes ou déplacés internes en phase de réinstallation au Sud de Lubero. Si oui, on peut comprendre alors l’origine de l’amalgame créé par les sources locales de Beni-Lubero Online entre les retournés du Rwanda et les retournés internes.

Beni-Lubero Online remercie l’ONG Merlin de Kirumba pour sa réaction à notre dépêche afin de dissiper tout malentendu. Comme l’opération du retour des refugiés congolais du Rwanda et des déplacés internes est entourée de plusieurs zones d’ombre, seule une franche collaboration entre tous les partenaires impliqués dans cette opération, le pouvoir local, les chefs coutumiers, et les populations congolaises locales aidera à établir la vérité nécessaire pour que le retour des réfugiés et des déplacés reconnus comme tels soit mené dans la transparence pour la paix au Nord-Kivu. Mais si l’opacité continue d’entourer l’opération de retour des refugiés et des déplacés congolais, on serait entrain de faire du Nord-Kivu une poudrière qui embrasera toute la sous-région avec ce que cela comporte comme conséquences.  

©Beni-Lubero Online

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