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L’U.DE.C.F dénonce le meurtre du Curé de Kanyabayonga

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Les jours passent et le sort des populations du Kivu, abandonnées à elles-mêmes il y a belles lurettes, ne fait que s’empirer. Meurtres, tueries, déplacements, viols et sévices de tout genre sont le lot quotidien dans cette partie de la République, sans que l’autorité ne s’en émeuve outre mesure.

Monsieur l’Abbé Christian Mbusa Bakulene, Curé de la Paroisse de Kanyabayonga, grande cité du Nord-Kivu bien connue pour les incendies de maisons et autres exactions qu’elle subit depuis plus de douze années, a été froidement abattu par un homme en uniforme, à son retour d’une course nécessitée par ses fonctions pastorales. Un prélat de plus sur la longue liste des hommes de Dieu abattus au Kivu dans l’exercice de leur tâche d’encadrement et de moralisation !

Pour l’histoire, lundi 8 novembre dernier, l’Abbé devait récupérer à Kirumba, autre cité-martyr, un colis contenant essentiellement des bibles en provenance de la ville de Butembo, dans l’extrême nord de la province. Ayant chargé ses bibles sur un véhicule qui le précédait, il s’est attardait quelque peu pour d’autres courses avant de s’embarquer sur une moto, selon les habitudes en usage dans la contrée.

Arrivés au tournant routier de la localité de Kinyondo, sur la nationale Kayna-Kanyabayonga, ils ont été arrêtés par un homme en uniforme qui avait barré la route. Cet endroit est généralement gardé par des militaires FARDC que l’on peut d’ailleurs apercevoir au passage et dont le camp se trouve à une centaine de mètres. Le militaire exige de l’argent au conducteur de la moto qui s’était empressé d’aller négocier son passage. Celui-ci lui remet cinq mille francs tout en précisant que son passager resté auprès de la moto ne portait plus que son téléphone sur lui.

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Une barrière des Fardc sur la route Kaina-Kanyabayonga non loin du lieu du crime

Photo Obède Bahati de BLO

Mais alors, le prêtre constatant que les pourparlers traînaient en longueur, se décide de les rejoindre et c’est à ce moment précis qu’il reçoit une balle fatale dans l’abdomen tirée par l’homme en uniforme qui, en plus, demande au conducteur de la moto de rouler au plutôt sans se retourner. Bien sûr, après lui avoir ravi le téléphone et en prenant soin de récupérer celui du curé qu’il venait d’abattre.

Pour plus de précision, le prêtre venait de passer deux années dans la paroisse et était à son deuxième mois comme curé. Il était âgé de 42 ans.

Au-delà de cet acte ignoble que l’Union des Démocrates Chrétiens Fédéralistes, U.DE.C.F en sigle, dénonce et reprouve totalement, nous nous posons la profonde question du bien-fondé de cette impunité persistante qui règne à l’Est de la République de la part des hommes en uniformes, qui n’hésitent même plus à s’attaquer aux symboles que tout le monde tenait avec révérence, comme la considération envers les Chefs traditionnels, la crainte envers les lieux sacrés comme les couvents et les églises, le respect dû à la femme et au vieillard, la protection du droit des enfants,…Quelle nouvelles valeurs voudrait-on véhiculer dans l’imaginaire de la population par de tels agissements d’une méchanceté aussi abjecte ? Pourquoi tant d’antivaleurs de la part de ceux qui sont sensés protéger la population ? Il n’y a-t-il donc pas de déontologie, aussi élémentaire soit-elle, dans notre armée ?

Tenez par exemple, ce climat de peur et d’insécurité entretenu au Kivu et surtout dans le parc des Virunga fait de cette contrée un véritable antre du diable. Aucune semaine ne se passe sans que l’on ne déplore de pertes en vies humaines. Pas plus tard que le 11 novembre dernier, un véhicule cheminant vers Goma a été attaqué par des hommes en uniformes dont l’appartenance est bien connue de la population et qui ont massacré treize compatriotes. Tout ce sang pour quel objectif, quel agenda caché? 

L’U.DE.C.F condamne fermement la passivité des responsables ainsi que leur silence devant toutes ces innombrables exactions dont l’ampleur a fini par attirer l’attention de la planète entière. Pour quelle raison, contre toute attente, les responsables politiques et autres assistent-ils, sans émotion ni réaction, à ces hécatombes ? A quel saint ou quel prophète, les populations exsangues et meurtries du Kivu pourraient-t-elles se fier encore après tant de sacrifices ?

Ce qui reste par contre acquis et mérite de l’admiration, c’est le courage et la dignité des populations kivutiennes, abandonnées à elles-mêmes et qui, en dépit de tout, gardent tête haute leur dignité et leur fierté. 

Comité U.DE.C.F

Kinshasa

©Beni-Lubero Online

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