La capitulation de Kinshasa ouvre la voie

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La vérité éclate au grand jour : Kinshasa, Nkunda, Union Européenne, Kigali, Monuc, etc. sont des oiseaux de même plumage dans la balkanisation de la R.D. Congo. Le seul opposant à cette balkanisation du Congo reste le peuple congolais dont la résistance, bien qu’elle ne soit pas encore bien coordonnée, est prise très au sérieux. Avec la capitulation de Kinshasa qui en réalité n’a jamais rompu la communication avec Nkunda, la coalition de la balkanisation pense certainement avoir atteint son but de mettre le peuple congolais au pied du mur. Les prochains jours vont certainement faire apparaître de manière claire les deux camps en conflit au Congo, à savoir, les résistants congolais et la coalition de la balkanisation du Congo dont fait partie le gouvernment Muzito. 
Pour préparer les congolais à la capitulation de Kinshasa, les stratèges de la balkanisation dont les bureaux ou consulats se trouvent à Goma depuis décembre 2007, ont toujours voulu laisser libre cours à la résistance congolaise pour l’amener progressivement devant un fait accompli de sa faiblesse vis-à-vis du feu de l’ennemi. Qu’on se rappelle par exemple,  l’acheminement par Kinshasa d’un armement sophistiqué à Goma. Après un jour de combat, tout l’armement  passait dans le camp de l’ennemi à cause d’une simple trahison des commandants au front. Les Témoignages des Fardc loyalistes au front du Nord-Kivu (Mushaki, Rumangabo, Rutshuru, Kateguru, Kanyabayonga, etc.) sont abondants sur ce comportement complice des officiers militaires congolais et ceux de la Monuc au front au Nord-Kivu. Pour les rescapés loyalistes, Kinshasa n’a fait que du « théâtre de chez-nous » au front du Nord-Kivu, un front qu’ils qualifient de mouroir organisé pour les vaillants soldats congolais qui étaient déterminés à se battre pour leur pays. L’idée que la R.D. Congo n’a pas d’armée c’est de la pure propagande de l’ennemi et de ses complices. L’armée congolaise est désorganisée à souhait par ses commandants. Ainsi la trahison de la sixième brigade des Fardc loyalistes à Rutshuru le 30 octobre 2008 correspond à la fin du théâtre militaire de Kinshasa au Nord-Kivu. Rappelez-vous que les officiers qui empêchaient la prise de Rutshuru avaient été rappelés définitivement à Kinshasa pour consultation. Entretemps, le commandant région harcelait les loyalistes au front de respecter le cessez-le-feu pendant que les Nkundistes consolidaient leurs positions dans les collines environnantes. Depuis lors, Kinshasa n’a plus de front militaire partout à l’Est du pays. On peut dire que la vraie capitulation militaire de Kinshasa a commencé le 30 octobre avec le démantèlement de la sixième brigade des Fardc loyalistes à Rutshuru.
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Le seul front qui restait était celui du peuple congolais qui s’oppose toujours à la colonisation rwandaise. Pour préparer le génocide du Nord-Kivu, le gouvernement congolais avait d’abord fait la chasse aux fidèles à l’opposant Jean-Pierre Bemba. La crainte était que ces derniers ne galvanisent le peuple de la capitale pour exiger la destitution du gouvernement de Kinshasa complice de Nkunda et coupapable de génocide au Nord-Kivu.  Le procès de Mwana Mboka Jean-Pierre Bemba a été dans la foulée repoussé pour plus tard. Un fait qui révèle que l’ombre de Bemba du fond de sa prison d’Europe ne quitte pas d’une semelle le Congo. Le succès du musèlement des proches de Bemba à Kinshasa avait conforté la coalition de la balkanisation que l’occupation effective du Nord-Kivu serait sans effet sur le pouvoir de Kinshasa. C’est ainsi que les massacres des populations du Nord-Kivu qui avaient suivi ce musèlement des bembistes, n’ont jamais été dénoncés par Kinshasa. Aucun deuil national n’a jamais été observé pour les milliers des congolais égorgés dans leurs maisons à Kiwanja par les Nkundistes. Notez aussi que la Monuc était sur le terrain du massacre et qu’elle n’avait pas assister les congolais en danger d’être tuer. Pendant plusieurs semaines, les déplacés livrés aux Nkundistes n’avaient aucune aide humanitaire. Les Humanitaires très nombreux à Goma et dont la plupart sont financés soit par l’ONU soit par les pays membres de la coalition de la balkanisation, ont observé un silence déconcertant pendant que les déplacés mouraient comme des mouches dans les brousses du Nord-Kivu. « Silence on tue » semble avoir été le mot d’ordre de la coalition de la balkanisation du pays.
Avec le massacre de Kiwanja que les évêques catholiques congolais ont qualifié de « génocide silencieux », les stratèges de la balkanisation pouvaient se féliciter d’avoir courbé l’échine aux populations du Nord-Kivu qui venaient de voir les leur massacrer sans défense.
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A la grande surprise des concepteurs de la balkanisation, la capitulation du peuple même après le génocide de Kiwanja, n’a pas eu lieu. En effet, les Nord-Kivutiens n’ont jamais eu peur du petit Rwanda qui depuis des années dépend du Congo pour sa survie et sa protection. Cette vérité historique semble être ignorée par les « balkanisateurs » qui espèrent changer le rapport de force dans la région en soutenant militairement les Tutsi.
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L’effet du génocide de Kiwanja a eu comme conséquence la sortie du silence de la société civile et des Confessions religieuses. Notez que les balkanisateurs n’ont pas beaucoup d’alliés dans ce secteur. Devant la mort, les cadres de la société civile ont frémi de douleur. On a vu, par exemple, l’abbé Malu Malu qui avait dans le temps convaincu les résistants Nord-Kivutiens de déposer les armes pour donner une chasse aux élections, sortir de son silence pour dire pour la premier fois que « le peuple risque de se prendre en charge » si rien n’est fait pour arrêter l’élan belliqueux des Nkundistes. Les associations membres de la société civile Nord-Kivu ont dans la foulée signé un mémorandum qu’ils ont envoyé aux puissants de ce monde pour demander que l’Union Européenne s’implique au Nord-Kivu dans une espèce d’Artémis II. Plusieurs Evêques Catholiques congolais ont profité de leur passage dans le vieux continent pour relayer la demande d’Artémis II. Le Secrétaire Général de l’ONU à accéder à cette demande de la société civile congolaise qui a semble être la nouvelle recette magique comme on en fabrique souvent au Congo. Par cette demande à l’Union Européenne, la société civile congolaise ainsi que les confessions religieuses se jetaient à leur tour les pieds liés dans la gueule des stratèges de la balkanisation dont la mission est de mettre toutes les couches congolaises devant un fait accompli de leur impuissance vis-à-vis de l’ennemi rwandais. Les princes de l’Eglise n’avaient pas voulu savoir pourquoi les troupes Artémis malgré leur succès avaient été obligées de quitter l’Ituri précipitamment. La vérité est que l’Europe est devenue une puissance secondaire par rapport aux USA et aux géants du Soleil Levant (Chine, Inde, Japon). Pour survivre, l’Europe ne peut pas se battre contre les USA et ses alliés anglo-saxons sans se faire mal. Et maintenant qu’une crise financière secoue le monde, l’Europe ne veut pas se tromper d’allié au risque de rejoindre le camp du Tiers-Monde. S’il y a des pays où les évêques catholiques congolais et la société civile peuvent aller négocier la fin de la crise congolaise, ce n’est pas l’Italie des Papes ni la petite Belgique des Wallons et des Flamands mais les USA, l’Angleterre, l’Australie, des pays protestants. Le refus de l’Europe à envoyer des troupes d’interposition au Congo, a ainsi comme but de conduire les évêques catholiques congolais ainsi que la société civile vers l’acceptation du fait accompli de la de la négociation avec un criminel.
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Le timing de la décision de Kinshasa de dialoguer avec Nkunda est révélateur. Quelques heures seulement après le refus de l’Union Européenne, Kinshasa annonçait sa volonté de dialoguer directement avec Nkunda à Nairobi demain Lundi 8 décembre 2008. Cette annonce de Kinshasa est accueillie par les congolais comme une officialisation de la capitulation de Kinshasa qui caractérise depuis toujours son apathie sur tous les fronts militaires contre Nkunda.
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Le message de la capitulation livré par le Ministre des Affaires Etrangères congolais a fait rire les vaches du Kivu. Au programme des négociations du 6 décembre figurent toujours les fameux FDLR, le ticket gagnant du Rwanda et de Nkunda. Les participants au dialogue seront toujours les mêmes qui ont conduit le pays à la dérive actuelle, à savoir, Kinshasa, Monuc, Rwanda, Nkunda. Le Congo ne veut toujours pas denoncer son agression avérée par le Rwanda, les massacres des congolais, le pillage des ressources naturelles, etc. Bref, c’est toujours l’agenda rwandais qui gagne.  Ce même jeu qui a toujours porté bonheur à l’ennemi du Congo attend se poursuivre jusqu’à la partition éventuelle  du Congo en zones d’influence des grandes puissances dont les consuls présents à Goma veillent aux détails.
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A partir d’aujourd’hui, la coalition de la balkanisation attend distraire le peuple congolais par une longue « dialoguatrie » qui durera le temps nécessaire à la partition de fait du Congo.
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Ce plan machiavélique de balkanisation est heureusement déjà connu de tous les congolais. La capitulation de Kinshasa peut être salutaire pour la résistance congolaise qui dans sa naïveté doutait encore qu’un gouvernement élu pouvait livrer le pays à l’ennemi. Il s’agit de la plus grande trahison du siècle que les congolais doivent punir. Le constat avéré de la capitulation de Kinshasa peut ainsi mettre fin à la naïveté des congolais.
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Mzee LDK n’avait-il pas dit que le Congolais se libérerons eux-mêmes ? Pendant que les alliés de la partition du Congo dialoguerons à Nairobi et ailleurs pour tenter de finaliser leur projet machiavellique, les Congolais sont sommés de prendre acte de la trahison du gouvernement de Kinshasa et d’assumer leurs responsabilités devant l’histoire en  initiant sans tarder le processus de destitution du gouvernement actuel ( en suivant par exemple le modèle de la Thailande) en même temps qu’ils poursuivront leur résistance farouche à Nkunda. Pour réussir dans cette mission qui n’est pas du tout impossible contrairement aux sirènes des complices de l’ennemi, toutes les organisations de la résistance congolaise au pays comme à l’étranger, devraient changer de méthodes de lutte et d’alliés. "Organisez-vous", dixit Mzee LDK.
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Rigobert Kanduki
Rescapé de Rutshuru, refugié en Ouganda
Beni-Lubero Online
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