Thomas Lubanga lors d'une audience au tribunal de la CPI, avant la prononciation de sa condamnation

La CPI saurait-elle dédommager Thomas Lubanga?

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Dénonciation d’une justice internationale injuste!

Thomas Lubanga, le président de l’Union des Patriotes Congolais, UPC en sigle, avait été arrêté et condamné par la Cour Pénale Internationale de La Haye à 14 ans de peine de prison. Après avoir purgé cette peine, ce citoyen de la RDC est demeuré ferme dans l’expression de son amour “patriotique”, en optant de retourner terminer le reste de ses peines au pays natal, au moment où les occidentaux lui proposaient de se trouver un pays d’asile à l’étranger.


Il sied de souligner que du début jusqu’à la fin du procès, et même après son acquittement, Thomas Lubanga est demeuré constant dans la revendication de son innocence par rapport au principal grief qu’on lui reprochait et, dont il se sentait injustement oppressé pour forcer son aveu: la CPI clame en sa charge le crime d’avoir fait recruter dans les rangs de ses soldats d’autrefois des enfants soldats. Or, même aujourd’hui, l’intéressé persiste à brandir son innocence. Quel cauchemar d’avoir subi injustement une condamnation si traumatisante!


Le comble de scandale dans ce théâtre judiciaire demeure le fait que la CPI n’a jamais présenter au public, lors des audiences, ne fût-ce qu’un seul enfant soldat comme preuve d’incrimination de Thomas Lubanga; les témoins en charge de l’accusation ont souvent été stimulés par l’argent proposé par les enquêteurs partisans anti-UPC. Actuellement, la plupart d’entre-eux ont vraiment honte de tenir de regard l’inculpé innocent libéré.


Ce qu’a subi Thomas Lubanga n’est ni moins ni plus que l’acharnement d’un lobby des occidentaux fait peser sur les leaders politiques des pays pauvres en général, selon que telle ou telle victime a été perçue comme menace des intérêts matériels des prétendants puissants du monde, sans oublier que pour le cas de Thomas Lubanga et Jean-Pierre Bemba l’implication du système dirigeant de l’époque a joué un rôle non négligeable.
Cette manière de traiter les choses avec une vision à priori déformée et corrompue est justement la source de récurrence des tragédies en Afrique et ailleurs dans les pays en voie de développement, tel qu’on peut le constater actuellement avec le rebondissement des violences en Ituri, en RDC.


Pour le cas échéant, la communauté internationale, aveuglée par l’obsession pour l’affirmation de son impérialisme, n’a jamais fait l’effort de comprendre que pendant la période de la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, il y a eu deux guerres distinctes et spécifiques en Ituri. Dans ce contexte, il est nécessaire de distinguer un cycle de guerre interethnique qui a duré de 1999 à 2003 entre les communautés Hema et Lendu, et une guerre civile, c’est-à-dire politico-militaire, entre l’UPC de Thomas Lubanga et l’APC du RCD/K-ML qui se situe uniquement dans la période allant de septembre 2002 à mai 2003; d’ailleurs l’UPC en tant que mouvement politico-militaire n’a vu le jour avec son chef Thomas lubanga qu’en avril 2002, au moment où la guerre interethnique avait déjà causé l’important de dégâts déplorés en Ituri jusqu’à ces jours.


Toutes ces considérations constituent une juste contribution à la réclamation d’innocence de Thomas Lubanga. En effet, les enfants participaient plutôt aux atrocités des guerres inter-communautaires qui avaient lieu déjà bien avant l’avènement de l’UPC, et la personnalité de Thomas n’était absolument d’aucune implication dans le cycle de cette tragédie. Bien plus, ces guerres interethniques n’avaient pas des dirigeants ni du côté des Hema ni de celui des Lendu. Chacun s’y amenait spontanément, enfant ou adulte, par l’instinct de l’auto-conservation de la vie ou l’autodéfense.
Faudrait-il vraiment dévoiler que même beaucoup de dérapages qui ont pu être enregistrés au moment de guerre civils (2002-2003) et interethniques (1999-2003) sont connus comme l’oeuvre de manipulation criminelle des forces étrangères qui ont été déployées sous prétextes de maintien de la paix en Ituri, en l’occurrence la MONUC de l’époque et l’Artémis. Notons que les “Ituriens” conservent jalousement dans leurs archives toutes les preuves de crimes commis par ces internationaux, surtout quand ils ramassaient des sujets Lendu pour les livrer aux Hema afin de les décapiter et vice-versa, ou en fournissant des armes aux uns et aux autres.


Malheureusement, aujourd’hui encore la communauté internationale ne manifeste aucun souci de tous les cris d’alarme qui jaillissent de la tragédie de Beni et de Djugu-Mahagi-Irumu en Ituri, où des milliers de vies humaines sont très sauvagement décimées, parce que ces tragédies évoluent dans le sens souhaité par ses plans impérialistes, c’est-à-dire la perspective de la balkanisation de la RDC. Mais alors demain, lorsque cette donne va changer par la prise de conscience des autochtones innocemment victimes, de manière à mettre en péril le plan desdits conspirateurs, sur qui s’acharnera cette même communauté internationale? Continuera-t-elle à rechercher éternellement des boucs émissaires parmi des innocents?


La communauté internationale devrait s’inspirer de ces erreurs du passé pour se comporter désormais de manière plus responsable, afin de reconquérir la confiance dans le cœur des pays pauvres en général, mais auprès de la population de l’est de la RDC (Beni-Ituri) en particulier.
Car, la réalité est telle que, par exemple, en Ituri, beaucoup approuvent le sentiment d’innocence de Thomas Lubanga et attendent que la CPI y apporte réparation. Car, bien qu’il y ait eut des crimes incontestables et intolérables en Ituri, il est déplorable que la justice aussi bien nationale qu’internationale s’attèle à s’abattre sur des responsables apparents de ces forfaits, pour blanchir les véritables commanditaires ou les cerveaux du mal.

Pascal Masumbuko

©Beni-Lubero Online.

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