La crise financi

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La crise financière qui fait l’actualité des pays dits riches n’épargne pas le secteur bancaire en RDC. Pendant que ce dernier connaît un véritable disfonctionnement, la population trouve secours auprès des institutions de microfinance telles les coopératives. Cependant, depuis bientôt une semaine, la population de Bunia en Ituri ne sait plus à quel Saint se vouer car ne pouvant plus transférer ou recevoir de l’argent au guichet de quelques unes de coopératives d’épargne et de crédit y installées.
Centre Commercial de Bunia
Pendant toute cette semaine, on a observé plusieurs files indiennes des clients devant les guichets des agences comme SOFICOM, GALA LETU, CCR, GMT, SOMIFI, BARAKA PRECE, KUNA TUMAINI, MECRECO…. N’ayant toujours pas été servi, certains clients parlent d’une tentative de détournement de leurs fonds et menacent de détruire les bureaux de ces agences. Fixant l’opinion de ses membres, un responsable d’une de ces coopératives a affirmé que c’est un problème de trésorerie liée à la dificulté de communication avec les autres villes du pays à cause de l’agression du pays par le Rwanda. Toutefois, il a profité de cette occasion pour s’excuser auprès de ces clients pour ce désagrément en confirmant que d’ici lundi tout sera réglé et les activités de dépôt comme de retrait vont reprendre comme auparavant.
Rappelons que l’historique de la micro finance perçue aujourd’hui comme la seule de voie d’épargne et de crédit évolue parallèlement avec l’histoire politique de notre pays.
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Remarquons par exemple que de l’époque coloniale à 1970, considéré ici comme la première période de la micro finance, il y a eu le développement de sociétés de type coopératif y compris les coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC). La première COOPEC congolaise « la Caisse Populaire Coopérative » a été créée en 1969 à Mbuji-Mayi dans le Kasaï Oriental.
Ensuite, de 1970 à 1990, considéré comme la seconde période, on a connu l’émergence des COOPEC en raison de l’accessibilité des services offerts aux membres et de leur implantation dans les milieux les plus reculés du pays et qui sont dépourvues de banques. En 1987, les COOPEC détenaient l’équivalent de 7% de l’épargne du secteur bancaire. L’union Centrale des Coopératives d’Epargne et de Crédit supervisait en 1989 cinq réseaux provinciaux totalisant 145 coopératives primaires, 275 000 membres et près de 5 000 000 $ d’épargne.
De 1990 à 2003, époque prise comme la troisième période de COOPEC, est celle qui correspond 1991 au contexte socio-économique et politique difficile caractérisé notamment par les pillages, l’hyperinflation, la prise de mesures monétaires incohérentes (le blocage des dépôts, le non-remboursement des bons du trésor) et l’instabilité politique. Cette situation a contribué à fragiliser le système financier en RDC et particulièrement les COOPEC qui ont perdu entre 1991 et 1993, près de 80% de leur clientèle et 66% des fonds placés dans les banques de dépôt. Cette troisième période est également marquée par les conséquences de la guerre et des conflits et qui se caractérisent en pertes humaines, interruption de la vie économique, déplacement des populations, manque d’infrastructures etc.
Enfin, de 2004 à ce jour, après la faillite de la plupart des Coopec dans les années 90 il est question d’une renaissance des Coopec et une naissance des Institutions de Micro Finance, surtout au Kivu, suivi par Kinshasa. A Butembo par exemple on peut citer l’initiative de COODEFI, CCR, GALA LETU, KUNA TUMAINI, KESHENI, GMT, et tant d’autres.
Au vu de certains clients rencontrés devant les guichets de certaines coopératives de Bunia, si la situation perdure, le commerce risque d’être bloqué d’autant plus que ces institutions facilitent le transfert de l’argent de Bunia vers les lieux d’approvisionnement d’autant plus l’insécurité bat encore record dans ce coin du pays où on même du mal à finir son voyage sans s’être ravi son téléphone portable. Ils affirment ensuite que leur souhait était de voir la création des agences de ces coopératives dans les autres coins du District de l’Ituri. Ils finissent en recommandant aux responsables de ces coopératives de prendre prochainement des mesures préventives car le manque à gagner est trop important suite à ce blocage.
 
Eugide Lalé Mbunda
Bunia
Beni-Lubero Online
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