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La Journée de la femme au Nord-Kivu : Entre Boycott et participation

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Les femmes de l’opposition politique de Butembo, Lubero, Buholu, Kiwanja, BURAYI, Rutshuru, etc. ont boycotté les festivités relatives à la journée du 8 mars 2012 en signe de protestation contre la fraude électorale du 28 novembre 2011, les viols et mutilations sexuelles des femmes qui se poursuivent et dont les militaires et les policiers congolais sont les accusés. Les ONG internationales ainsi que la Monusco documentent, montent des films, génèrent des fonds sur les atrocités faites à la femme congolaise sans qu’une seule initiative de lutte soit entreprise sur terrain. Des centres de santé sont construits un peu partout pour recueillir les femmes violées, mais dès que ces femmes retournent dans leurs villages, elles sont de nouveau violées. La colère des femmes de l’opposition du Nord-Kivu, est que le viol des femmes est devenu un fonds commerce pour le régime qui ne semble pas presser d’éradiquer les FDLR, LRA, ADF-NALU, etc.

Si à Butembo, ce choix des femmes de l’opposition politique a laissé indifférente la police, cela n’était pas le cas à Rutshuru où la veille une femme de 30 ans avait été égorgée à la machette après avoir été violée. Les femmes en colère ont ainsi barricadé la route avant d’être disperser par la police.

A Kiwanja il y a eu une petite altercation entre les femmes de l’opposition (plus nombreuses) et celles du régime. Celles de l’opposition ne voulaient pas que celles du régime empruntent les mêmes avenues qu’elles.

2. A Kirumba: les femmes sont restées à la maison. Le chef de cité, à savoir Mr Leandre Tamuwite, avait en vain tenté de négocier pour que le défilé ait lieu. A Kirumba, giron de l’opposition congolaise, toutes les femmes sont de l’opposition. Le mot de boycott était suivi à 100%. Au Sud de Lubero où la guerre d’agression et d’occupation se fait plus sentir, toutes les femmes sont victimes. Ce fait peut expliquer pourquoi elles sont unies pour la cause et contre le régime qui les a abandonnés.

3. A Kitsuku: Les femmes confrontées aux mêmes exactions ont défilé. Malheureusement dans leurs rangs il y avait une redoutée à tort ou à raison comme sorcière. En la voyant sur la place publique, elle qui ne se risque jamais loin de sa maison isolée, les écoliers qui revenaient de l’école ont dispersé le défilé en jetant des cailloux sur la sorcière. C’était une débandade. Selon les participants, la sorcière est sortie indemne de l’attaque. Ce fait n’a malheureusement fait que renforcer les motifs de sorcellerie à son encontre. Les pierres qu’on jetait sur la sorcière déviaient semble-t-il de leur trajectoire pour toucher les autres femmes. La sorcière ainsi que les autres femmes ont été sauvées de la chasse aux sorcières par des policiers venus de Lukanga. Même l’intervention des policiers qui souvent répriment les manifestants a été mise sur le compte de la sorcière qui a su convertir la force de la police en sa faveur.

En apprenant cette nouvelle qui pour certains n’est qu’un conte des fées, un leader d’un groupe d’autodéfense de la région et dont nous taisons le nom serait en route pour Kitsuku pour sauver la pauvre sorcière de la vindicte populaire pour l’amener avec lui au maquis. L’heure de sauver les sorciers serait semble-t-il arrivée. Comme une espèce en voie de disparition, le sorcier ou la sorcière serait une espèce à protéger au Nord-Kivu pour la défense et la protection des terres de nos ancêtres.

A KITAKI, à 40 km de KIPESE sur la route de BOHOLU, les femmes rurales qui manifestaient pacifiquement contre les viols et les vols dont elles sont victimes au quotidien ont été dispersées par des policiers tirant en balles réelles. En courant dans toutes les directions, certaines mamans ont été blessées.

Si à Butembo les femmes de l’opposition ont passé la journée dans la méditation, celles de Kiwanja ont profité de la seule journée dédiée à la femme pour crier leur ras-le-bol sur la place publique. Sur leurs calicots on pouvait lire ce qui suit « TUNA CHOKA NA VITA, UBAKAJI na MAUWAJI YA KIYOLELA ».

Les femmes de la Majorité au Pouvoir, les épouses des militaires, les mamans qui travaillent dans les entreprises étatiques et paraétatiques mais aussi celles du secteur privé ont quant à elles défilé à l’honneur de la femme.

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      Les Mamans Militaires et les Epouses des militaires

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            Stade de TSAKATSAKA, Point de Chute du defilé des Mamans du Régime

A Butembo, c’est le terrain de football de l’Ecole Primaire TSAKATSAKA qui a servi de point de chute au défilé du 8 mars 2012. Contrairement aux années précédentes quand les femmes défilaient pour une cause commune, l’ambiance du défilé du 8 mars 2012 n’était pas électrique. Il manquait du monde au stade TSAKATSAKA. La fraude électorale du 28 novembre 2011 ainsi que l’impunité du viol des femmes semblent désormais diviser le gender du Nord-Kivu. D’aucuns disent que c’est bon pour la démocratie. Soit ! Mais certaines mamans venues des entreprises de l’Etat n’ont pas manqué de dire qu’elles étaient forcées de défiler au risque de perdre leur boulot. Toutes celles qui ont défilé n’étaient donc pas libres de le faire.

Les entreprises privées quant à elles ont voulu profiter de l’occasion pour se faire un peu de pub gratuite dans les rues de Butembo. C’est le cas de l’Hôtel de Luxe IVATSIRO qui fait la fierté de la ville de Butembo.

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                          Les Mamans de l’Hôtel IVATSIRO/Butembo

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    Reportage de F. Kasereka (Rutshuru), T. Lwanzo (Butembo), E. Mateso ( Sud de Lubero)

©Beni-Lubero Online

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