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La MONUSCO, témoin du génocide des peuples du Kivu

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Depuis environ 15 ans, la MONUSCO travail en RDC sous prétexte de venir protéger les civils et imposer la paix dans ce pays. Où iront les 17 000 personnes travaillant en RDC au compte de la MONUSCO si la guerre prend fin en RDC ? Son mandat augmente d’année en année et le nombre des victimes de la guerre imposée par la Communauté Internationale et les Multinationales, ne cesse d’augmenter. La guerre congolaise, dont la ligne de front se trouve entièrement à l’Est de la R.D. Congo a déjà fauché 8 millions des congolais selon l’estimation populaire congolaise.

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Mais le rapport d’International Rescue Committee d’avril 2007 parle de 5,4 millions dont 4.6 millions des victimes du conflit congolais sont en provenance de 5 provinces de l’Est de la RDC. Parmi les victimes nous comptons nos parents, nos enfants, nos frères et sœurs, nos amis, nos leaders politiques et religieux, nos enseignants, nos chefs coutumiers, et j’en passe. Ce même rapport indique à la page 9 que le taux de mortalité du conflit congolais est de 45 000 morts par mois, soit l’équivalent d’un tsunami indonésien par mois, une attaque américaine du 11 septembre 2001 par jour, le conflit congolais est le plus meurtrier du monde depuis la Deuxième Guerre Mondiale qui avait fait seulement six millions des morts. La guerre de l’Est de la RDC a fait plus de victime que le génocide rwandais de 1994, mais attire moins d’attention.

Par ailleurs, le récent “mapping report” du Haut-commissariat de l’ONU pour les Droits Humains est arrivé à la conclusion que des actes de génocide peuvent avoir été commis contre les réfugiés Hutu et les populations congolaises à l’Est de la RDC par l’armée rwandaise et les rebellions soutenues par Paul Kagame du Rwanda entre 1993 et 2003 (The United Nations Human Rights Commission Mapping Report on DRC of October 1st, 2010).

En 2008, les Evêques Catholiques de la R.D. Congo avaient déjà qualifié la guerre en cours de « génocide silencieux ». (La R.D. Congo pleure ses enfants, elle est inconsolable (cf. Mt 2,18) : Déclaration du Comité Permanent des Evêques sur la guerre dans l’Est et dans le Nord-est de la R.D.C, Kinshasa, 13 Novembre 2008, Ss.2)

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Bien avant ce rapport, deux autres rapports d’experts de l’ONU, notamment celui du 15 octobre 2002, (United Nations Security Council 2001, section 215: Report of the panel of experts on the illegal exploitation of natural resources and other forms of wealth in the Democratic Republic of the Congo)(S/2002/1146) et l’autre du 23 Novembre 2009 (S/2009/603) avaient établis une liste de 119 Multinationales et Banques impliquées dans le pillage des minerais congolais et dans l’approvisionnement en armes et munitions des rebellions et milices qui les aident dans l’extraction et le transport des minerais vers leurs comptoirs ou dépôts installés au Rwanda, en Ouganda et au Burundi. Ces deux rapports de l’ONU indiquent aussi que la plupart des multinationales qui pillent les minerais congolais sont enregistrés ou basés au Rwanda ou en Ouganda, deux pays cerveaux de l’agression de la RDC. La conclusion de ces deux rapports de l’ONU est que les multinationales minières sont le moteur du conflit qui sévit en RDC depuis 1996.

Voici quelques noms de ces multinationales impliquées dans le pillage des ressources naturelles de la RDC : Barrick Gold Corporation (Une société aurifère), Lundin Group (Mines de Kilo-Moto), Banro American Resources de Vancouver du Canada, Mindev, South Atlantic Resources, Anvil Mining (Australie mais enregistrée à Montréal, Canada), American Minéral Fields International (AMFI) : Mines de Kolwezi et de Kipushi dans le Katanga, Loncor Canada (Territoire de Lubero), Union Minière Belge, Goldman Sachs American International Bank, Multinationales membres du Club de Paris, Vancouver (Canada) FQM (First Quantum Minerals), Heritage Oil, Tull Oil, KRALL (Autriche), Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT), KINROSS –Forrest Ltd (enregistré à Toronto, Canada), Emaxon (Montreal-Canada), Dan Getler’s International Diamond Industries, International Finance Corporation (IFC), La Banque Mondiale, Le FMI etc.

De leur côté, les congolais dans leur ensemble sont convaincus que ces Multinationales financent et entretiennent des guerres par des milices locales et groupes armés étrangers sous la bénédiction de la MONUSCO leur représentante en RDC. Devant l’enlisement de la guerre en RDC, l’opinion congolaise va jusqu’à conclure qu’il y a une visiblement une complicité de certains politiciens congolais, de la communauté internationale, des forces onusiennes voire des ONG internationales avec les forces d’agression et d’occupation de la R.D. Congo issues de l’Ouganda et du Rwanda.

En effet, plusieurs questions troublantes restent souvent sans réponses : Quel est ce pays du monde qui a été pacifié par l’ONU ? Avant d’etre promu par Ban Ki-Noo le 10 juin 2013 comme son Représentant Spécial en RDC, l’Allemand Martin Kobler était à Afghanistan où il a travaillé entre 2010 et 2011, mais ce pays est toujours en guerre, pour ne citer que ce cas. Pourquoi depuis 1999 la MONUC, aujourd’hui débaptisée MONUSCO n’est pas en mesure de montrer un seul mètre carré pacifiée par elle ?

Pourquoi depuis l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila la communauté nationale n’est-elle pas suffisamment mobilisée dans son ensemble et dans ses institutions étatiques pour trouver une solution à une guerre si meurtrière ? Pourquoi, en dépit de son visible caractère politique, économique et militaire, la guerre congolaise est-elle souvent réduite aux guerres ethniques, guerres intercommunautaires, guerres interpersonnelles (le fameux munajiua ninyi kwa ninyi du Raïs à la population de Butembo à la salle SYPA), violences sexuelles faites à la femme laissant ainsi dans l’ombre les violences faites aux hommes par les armes et munitions de guerre ? Pourtant, le Kyaghanda, la Société Civile et autres ONG de défenses des droits de l’homme, les sites internet dont Beni-Lubero Online alertent chaque jour sur le poids de cette menace?

Pourquoi par ailleurs, l’ONU dont les experts établissent souvent avec preuves les coupables ainsi que les différentes responsabilités internationales, régionales et nationales dans le conflit congolais ne passe-t-elle pas du constat à l’acte de justice pour les coupables ? Pourquoi les multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU ne sont-elles pas toujours contraignantes vis-à-vis des Etats, des Multinationales, des criminels et autres meurtriers qui sèment mort et désolation en RDC ? L’ONU est-elle capable de résoudre le conflit imposé à la R.D. Congo ? Pourquoi les multiples essais de résolution du conflit congolais accouchent-ils souvent d’une souris ? La conférence nationale souveraine, les concertations nationales sous Mzee Laurent Desiré Kabila, l’accord de cessez-le-feu de Lusaka (1999), l’accord de Pretoria entre la RDC et le Rwanda (2002), l’accord de Luanda entre l’Ouganda et la RDC (2002), l’accord global et inclusif de Sun City (2002), l’accord de Goma pour la paix, la sécurité et le développement dans le provinces du Nord et du Sud-Kivu (2008), l’accord entre le gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) 23 mars 2009, l’accord cadre d’Addis-Abeba, le gouvernement 1+4, les élections bâclées, les pourparlers de Kampala, la signature de Naïrobi les médiations de X et Y, etc. ont tous accouché d’une souris. La raison est très simple : c’est parce que la Communauté Internationale, représentée au pays par la MONUSCO ne veut pas encore donner aux congolais la « PAIX ».

Alors que la population civile réunie au sein de la Société Civile, de l’Association Culturelle Kyaghanda Yira et la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ne cesse de décrier et dénoncer l’activisme des groupes armés étrangers et locaux, la MONUSCO, à la page 6 et 8 du Volume IV – N° 24 du Juillet 2013 de son Magazine « Echo de la MONUSCO », accuse ces structures de « sponsors » des groupes maï-maï dans le Grand-Nord. Paradoxalement, c’est encore une fois la victime qui est rendu victime alors que, elle aussi, pleure ses fils et filles tués et massacrés, ses biens de commerce, ses vaches de fermes et ses cultures que ces maï-maï ont fait périr.

On se souviendra encore que vers les années 2008 – 2009, à Kamandi et à Kaseghe, tous les congolais ont été accusés sans exception d’être complices des FDLR, ADF/NALU, PARECO, raison pour laquelle l’armée gouvernementale les a chassés de leurs villages et incendie leurs maisons d’habitation au nom de la lutte contre l’insécurité. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, voilà encore ce qui arrivera… !

Ces accusations gratuites des civiles, ne sont-elles pas des signes avant-coureurs que les massacres des civils sont en train d’être planifiés ? Qu’a fait la MONUSCO lorsque le M23 a fait un carnage terrifiant des civils à Rutshuru et Nyiragongo ? Quel a été le degré de protection des civils de la partie Nord-est lors des enlèvements et du massacre des civiles par les ADF/NALU soutenus par l’armée régulière de l’Ouganda (UPDF), la consommation de la chaire humaine, la profanation et la mutilation des cadavres, le trafic des organes?

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Eu égard à ce qui précède, la dernière chance de la MONUSCO pour se racheter est l’exercice en cours de résolution au Nord-est de Beni. Dans ce cas, elle n’a pas deux choix : ou bien elle s’applique à imposer la paix au pays comme elle prétend le dire, ou bien elle quitte le Congo. C’est clair. Le peuple Congolais n’a que trop longtemps souffert. Avec sa diaspora, la population Congolaise reste convaincu que la MONUSCO doit quitter la RDC pour que le pays acquiert la paix. Elle doit maintenant se libérer. Malheur aux Congolais utilisés dans ces conflits comme marionnettes pour tuer leurs frères. Les ancêtres de tout le Congo les observent et Dieu les jugera.

Katembo Tahamukwe Michel

Butembo

Benilubero Online

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