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La peur de dénoncer : une autre cause de l’insécurité au N/Kivu

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             Honorable Lusenge Bonane, Au Micro de l’Assemblée Nationale

Les ancêtres de Beni-Lubero avaient enseigné que pour empêcher l’épervier de piquer les poules du village, il suffit de surveiller et de crier très fort. Même le sorcier n’a plus de force quand on le menace face à face. 

L’insécurité dans le Diocèse Butembo-Beni, pourrait aussi être liée à l’exploitation insuffisante de cette sagesse, c’est-à-dire la peur de dénoncer à haute voix dans le chef des uns et des autres, responsables ou non, Députés, Sénateurs, Ministres, Gouverneur ou citoyen simple. 

Il existe dans la région des Grands Lacs, un peuple dont il ne suffit que d’arracher un seul cheveu, il crie jusqu’à attirer l’attention du monde entier et le soutien arrive. Ce peuple a des dispositifs d’expression dans des medias, il a deux ou trois gouvernements à lui pour sa diplomatie extérieure y compris les ambassades éparpillées à travers le monde entier, il a ses partis politiques et beaucoup de militants en RDC, etc. tout ça pour crier fort quand il faut. 

Ayant constaté la non formation par leurs propres populations de groupes parlementaires devant porter haut ses revendications au sein des institutions à l’instar des populations de la province du Bandundu, de l’Equateur et d’ailleurs qui ont leurs propres groupes parlementaires, les Députés éparpillés des provinces du Nord et Sud-Kivu, couplés quelques fois à ceux de la Province Orientale, s’étaient regroupés dans un groupe parlementaire informel de l’Assemblée Nationale pour pouvoir tant soit peu menacer l’épervier, c’est-à-dire dénoncer l’insécurité récurrente dans leur espace d’origine ainsi que ses auteurs. 

L’on se souviendra par exemple, que ces Députés ont majoritairement quitté la salle du congrès du Palais du Peuple pour obliger la Représentation Nationale et le Gouvernement à s’intéresser davantage aux développements et aux mutations de Laurent Nkunda à travers ce qu’on proposait à ce moment là, à savoir l’opération de mixage, la table ronde intercommunautaire, etc. L’on aboutira ainsi, quoi que difficilement, à la tenue sous l’égide de la Société Civile, de la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement en janvier 2008 à Goma. 

L’on se souviendra aussi du signal donné par les Députés de ces trois provinces, pour prévenir que le Premier Ministre, après appréciation de ses prestations dans l’équipe gouvernementale de l’époque en qualité de Ministre du Budget, ne pourrait gérer avec responsabilité et maîtrise, les questions de l’insécurité telle que vécue à l’Est où il s’était tout simplement rendu. 

Depuis lors, des efforts ont été fournis pour faire triompher l’individualisme que prônaient quelques Députés hostiles à cette cohésion informelle et ce groupe se disloqua.

Le Doyen des députés du Nord-Kivu s’organisa malignement pour retirer dans une totale naïveté les siens, soit disant parce que le Nord-Kivu avait ses problèmes propres. En conséquence les réunions devinrent rares malgré les événements, elles se terminaient souvent à queue de poisson, les beniluberois se contredisaient, s’entraccusaient à d’autres échelons, la peur et le silence commençaient à s’installer petit à petit jusqu’à voir égorger les brebis de leur troupeau sans réagir, comme on le dit. 

Au cours des réunions des Députés du Nord-Kivu, une certaine composante ethnique exprimait son arrogance, sa force militaire et manifestait une indifférence face aux atrocités commises par les hommes armés, surtout dans le Diocèse de Beni-Butembo. 

Les rares réunions qui aboutissaient, sont celles dans lesquelles on dénonçait par exemple les tueries des hutu par simple coïncidence avec les Nande de Rutshuru/Kiwanja. On a pu déposer ensemble une plainte contre Laurent Nkunda à la CPI.

Beaucoup de beniluberois manifestaient pour raison de sécurité une sorte de docilité et d’amitié d’apparence face aux soit disant détenteurs de la force. Cette attitude de certains était favorisée par le fait que leurs électeurs sont loin de la zone cible d’insécurité récurrente. Lubero et Beni étaient considérés comme des entités distinctes, donc leurs députés n’étaient pas obligés de s’unir. De plus, la population mandatant restant éloignée et inaccessible aux medias de Kinshasa ne saura être mise au courant d’une quelconque démission face à la mission proprement dite de porte-parole d’un peuple uni qui endure les atrocités de tout genre. De ce fait, toute tentative d’un Député de dénoncer l’état de choses s’apercevait comme une trahison, un refus condamnable de solidarité avec les autres et pour cela, c’est lui qui était isolé. Entre temps dans ces conditions, l’éligibilité n’était pas jusque là mise en cause pour ceux qui préféraient le silence à une pareille solidarité. 

Avec tous les moyens séduisants en sa disposition, le Gouverneur lui-même, face à une population affamée et mise dans des conditions de ne pas discerner entre ce qui lui est dû et ce qui lui est donné, était dans cette logique. Il fallait dire que la situation sécuritaire qui allait de mieux à mieux pour une composante de la province, l’était également pour le Diocèse de Beni-Butembo où c’était le contraire, et il fallait faire fi des incendies des maisons, des coupures de routes, des pillages, tueries quotidiennes que subissaient les populations de cet espace. 

Aucune assistance du Gouvernement provincial n’a été non plus enregistrée, le silence a prévalu et tout celui qui a osé lever le petit doigt, était qualifié de pessimiste et exposé aux forces de mauvaise foi. Même pour aller présenter les condoléances aux populations de Kanyabayonga, il fallait dire qu’on a été envoyé. N’eut été la préoccupation de la hiérarchie, lui ne serait pas arrivé sur le lieu et ne pourrait en parler. Et dans le discours du Gouvernement central et son Représentant en province, le Nord-Kivu que nous vivons, était devenu un paradis. 

Même la population commençait à développer la peur face à cette logique de silence et de la défense du seul discours de bonheur d’une composante de la province. Quelques radios communautaires c’est-à-dire de la population, souscrivant à cette logique du silence, ne voulaient plus collaborer avec les dénonciations des atrocités, la peur les avait affectées, vaut mieux ne pas diffuser une information pourvu qu’on survive. D’autres croyaient même à ceux qui leur disaient qu’en informant on ferait la campagne des dénonciateurs comme s’il s’agissait des intérêts personnels de ceux-ci. Quelques leaders manipulateurs ou chef de Corps avaient aussi donné des injonctions ou quelques moyens pour que lesdites radios ne dévoilent pas les non-dit, de peur qu’on ne sache comment ils participent à la corruption. 

Néanmoins pour rompre avec le silence ainsi établi, ne comprenant plus le courant qui se développait et après avoir subi le constat d’absence d’un groupe parlementaire devant porter primordialement les préoccupations sécuritaires de leur terroir, quelques députés se sont livrés, tant soit peu, à la dénonciation de l’insécurité à travers des Questions Orales avec Débats grâce, il faut le souligner, à une certaine liberté d’expression parlementaire autorisée à ce sujet par le Président Evariste Boshab, contrairement à la période qui avait précédé. 

On a vu ces Députés se démarquer minoritairement tant au perchoir de l’Assemblée Nationale qu’à travers les actions de soutien à l’achat de tôles aux côtés des efforts de l’Evêque du Diocèse de Butembo-Beni pour reconstruire les maisons délibérément incendiées par l’ennemi en vue de pousser les populations à libérer les lieux et de faciliter l’installation de ceux qui cherchent des terres. 

Cependant puisque n’étant pas dans le même groupe parlementaire, les partis politiques n’ont pas vu de bon œil la cohésion de ces quelques Députés dans le sens de sauver ce qui pouvait encore l’être. Ainsi, ces efforts céderont-ils la place au découragement et davantage au silence de l’élite politique. 

C’est pourquoi, pour rompre encore avec ce silence, quelques trois Députés Nationaux à savoir Kakule Sumbusu Marc, le Mwami Kakusi Syahembulwa et votre serviteur ont décidé, pendant les dernières vacances parlementaires en juillet 2010, de sillonner le Diocèse de Butembo-Beni pour demander aux populations de prendre tout leur courage, d’exercer plus de contrôle sur leurs mandataires et d’apprendre à corriger les erreurs du passé. 

On les a vu à l’Evêché de Butembo-Beni, à la FEC/Butembo et Beni, aux différents Postes CBCA ( Katwa, Bwatssinge, Kitsombiro), à l’Assemblée Générale CBCA à Kitsombiro, ils ont fait des rassemblements populaires presque partout à Kanyabayonga, Bulotwa, Kayna, Kirumba, Kamandi, Kikuvo, Mighobwe, Kaseghe, Alimbongo, Kitsombiro, Lubango, Kipese, Katondi, Lubero, Kimbulu, Musienene, Luotu, Magheria, Kitsuku, Lukanga, Vusamba, Vusa, Kyondo, Vutungera, Maboya, Beni, etc. 

Dans leur message, ils indiquaient qu’il faut briser la peur de parler, qu’il n’existe pas de groupe parlementaire originaire du Diocèse ou de la province, pouvant porter prioritairement les problèmes d’insécurité permanente et récurrente de la région à l’instar des groupes parlementaires assimilables aux provinces où ont été combattu les phénomènes Enyélé, BDK et consorts. Ils indiquaient également que la parole est donnée aux groupes parlementaires et non pas aux individus, gare donc à ceux qui enseignent le soutien aux indépendants pour le mandat à suivre. Il fallait faire savoir que le Premier Ministre, Ministres et autres responsables sont désignés par les groupes parlementaires selon leur importance quantitative et non qualitative, que la responsabilité de notre situation est à partager même avec la population, puisque découlant des élections où chacun a donné sa part dans la désignation du groupe et de l’individu devant porter le pouvoir. Il a été indiqué par ailleurs que certains partis politiques ayant eu une grande moisson en terme de nombre de Députés, ont eu légitimement la part du lion des ministères et qu’on ne peut bouger leurs ministres même si ceux-ci se comportaient mal par rapport à la gestion des biens publics car pour les démettre, il faut le vote et la population leur a donné le plus grand nombre au parlement. C’est donc ce grand nombre de Députés qui maintient leurs leaders au pouvoir à tout prix. Il a enfin été expliqué que plusieurs partis ayant pignon sur rue dans le Diocèse à quelques exceptions près, peuvent désormais s’organiser pour créer un groupe parlementaire au mandat prochain et qu’il faut s’y pencher au lieu de maintenir des murmures stériles, de se sous-estimer pour servir de marche pied à des semblables d’autres régions et d’attendre des miracles là où Dieu a déjà tout donné. 

Copier ceux qui s’étaient organisés dans leurs provinces en se regroupant et qui ont tout gagné pendant le mandat en cours, ne pouvant être considéré comme une tricherie, une bêtise mais plutôt comme une sagesse, une capacité de tirer des leçons et de s’adapter aux réalités politiques. Les efforts fournis dans beaucoup de salons politiques contre le partage de cette expérience ne relève que de l’égoïsme pour mieux exploiter un peuple maintenu dans l’ignorance de la manière dont il détermine son sort. 

Il ya lieu de remercier sincèrement et publiquement ceux qui viennent de rappeler leurs fidèles à se prendre en charge dans un jeu démocratique, comme d’ailleurs ils ont eu à encadrer les populations dans la cotisation des tôles devant aider à reconstruire les maisons incendiées pour décourager l’ennemi. 

Autant, il faut aussi remercier beaucoup d’organisations de la Société Civile qui ont, plusieurs fois eu à dénoncer et à parler, sans oublier Beni-Lubero Online, ainsi que les efforts fournis par les Députés Nationaux avant les contours dont il vient d’être fait état. Tout ça c’est de l’expérience à exploiter, sinon on aura raison et le droit de se moquer de nous demain. C’est pourquoi nous écrivons encore pour contribuer à l’information et à la formation. 

Il ya lieu de noter que le rappel à l’ordre du clergé dont l’écho est dans toutes les bouches n’est pas sans effet et que tout le monde, le politique y compris, en tirera la bonne leçon et arrêtera de se taire face notamment à un groupe qui sème la terreur sans réellement avoir une force quelconque. 

Il ne suffit que de refuser la domination et le dire à haute voix, partout et chaque fois que les circonstances l’imposent. A ceux qui sont à l’Assemblée Nationale, il faut poursuivre les efforts, à ceux qui sont au Sénat, il faut sortir du sommeil et commencer à crier, aux Députés Provinciaux, composer avec les collègues Nationaux pour l’élaboration d’une bonne politique nationale contre laquelle ils ne pourront rien faire, le Nord-Kivu n’étant pas un ilot isolé ; aux Organisations de Droits de l’Homme, aux radios communautaires et aux autres responsables de la Société Civile, continuer à participer sans passion à la formation des populations, servir de courant de transmission pour les pensées jugées profitables et dénoncer autant qu’on peut,… 

LE SILENCE FACE AUX CRIMES DES OFFICIELS, UNE COMPLICITE COUPABLE 

Il ya lieu à ce sujet de stigmatiser, on l’a dit, que d’autres causes de l’insécurité sont ailleurs mais sont toujours liées au silence. 

Les membres du Gouvernement par exemple, n’ont pas facilité la tâche pour restaurer la paix et la sécurité au Nord-Kivu. Le détournement des fonds destinés au paiement des militaires, des policiers, des enseignants, etc. a été pour beaucoup dans l’exécution des viols, des coupures de routes, des tueries et dans la misère qui ont enraciné la peur et soumis les populations au silence. 

A ce sujet il sied de rappeler par exemple, que malgré la décision prise au Parlement d’augmenter la solde des militaires, policiers et le salaire des enseignants, le Gouvernement a impunément gardé silence, exposant ainsi les hommes en armes à une logique de se débrouiller avec les conséquences déplorées dans la déclaration du clergé. Les Députés ont crié en vain et enfin de compte certains ont fait leur rapport d’impuissance lors des dernières vacances. 

Il a clairement été dit aux populations que malheureusement les sommes d’argent détournées notamment par des ministres, chefs de partis politiques, au lieu qu’elles aident, comme décidé par les députés, à améliorer et augmenter la solde des militaires et policiers et le salaire des enseignants pour diminuer le poids pesant sur la population, une infime partie de ces sommes sera retournée aux mêmes populations à travers l’achat de plusieurs drapeaux des partis, tricots et autres matériaux de campagne de faible valeur comme le sel de cuisine ou les boissons locales pour hypnotiser les paysans et les reconduire dans leurs souffrances. 

Malheureusement, beaucoup de cadres, pourtant clairvoyants de la Société Civile qui n’ont pas toujours connaissance de ces faits, se font recruter aisément dans les partis politiques s’autoproclamant « Société Civile » et se font distributeurs de pareils cadeaux empoisonnés contre des modiques sommes d’argent ou parfois une simple confiance aveugle. 

Il sied aussi que le silence ne soit pas entretenu sur ces faits, tous les responsables politiques ou prétendument de la Société Civile « parti politique » doivent être clairs à ce sujet. 

La population doit être pleinement informée pour ne pas être induite en erreur et décider dans un mauvais sens du sort de tout le monde. Elle doit cesser d’honorer à outrance les détourneurs et affameurs du peuple du diocèse à travers des applaudissements irresponsables. Il lui appartiendra de développer le discernement nécessaire, après l’exploitation des rapports accablants de détournement finalement publiés par l’Assemblée Nationale. Les responsables de ces crimes sont loués à longueur de journées par les militants diocésains de leurs partis politiques mais le rapport en question dont voici quelques extraits nous en dit long : 

1.         Ministère de la Défense

Pour ce Ministère, l’option levée par la plénière pour l’exercice 2009, option consistant à octroyer la solde de 100 dollars au taux de 585 FC/le dollar (taux budgétaire), pour le militaire le moins gradé n’a pas été appliqué malgré les recettes additionnelles accordées à cette ligne de crédit par l’Assemblée Nationale.

Le budget de rémunération 2009 a connu des difficultés à la suite de l’intégration de 28.000 éléments de CNDP, 2500 recrues de Kitona, 3000 recrues de Kamina, 70 élèves pilotes de Kananga, 70 médecins à Kananga   et 500 éléments de Centre de Lukusa à Kisangani.

Cette situation n’a pas permis la bonne exécution du Budget de rémunération de la défense pour le 1er Semestre 2009.

Jusqu’au mois d’Août 2008, le militaire le moins gradé est passé de 21.000 à 34.776 FC grâce au contrôle biométrique.

A partir du mois de septembre 2009, cette solde est passée à 40.776 FC suite à l’augmentation de 5.242 FC accordée à tous les militaires sans distinction.

Compte tenu de la modicité de l’enveloppe réservée pour les primes, seuls les titulaires de poste de commandement sont bénéficiaires. 

2.         Ministère de l’Urbanisme et Habitat

Un acompte de 678.129 USD sur un marché de 2.712.517 USD à été payé à la société SAFRICAS pour les travaux sur le site de BUKAVU.

Les travaux n’ont pas été exécutés et SAFRICAS ne voulant pas rembourser le montant perçu, le Ministère lui a octroyé un autre chantier toujours de gré à gré. 

3.         Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et de la Reconstruction

Le paiement du solde relatif au parachèvement des travaux de l’avenue OUA à fait l’objet de 2 OPI des montants différents : l’un de 7.000.000 USD et l’autre de 1.000.000 USD, tous les deux au bénéfice de STPC.

Un montant de 807.000 USD en guise d’acompte sur un marché de 1.871.000 USD, a été versé à STPC pour des travaux à réaliser sur la rue Kabambare.

Les travaux n’ont jamais été exécutés; l’avenue Kabambare a été réhabilitée par l’Union Européenne.

Suite à la non-exécution des travaux par STPC et le non remboursement du montant de 807.000 USD, le Ministre lui confie la réhabilitation de l’avenue de l’OUA.

On note que par lettre datée du 08 novembre 2008, le montant initial de ce marché a été majoré à 2.737.346 USD sans aucun avenant signé pour cette majoration des prix.

Le Ministère des ITPR a conclu plusieurs marchés de gré à gré pour une valeur de 553.300.000 USD dont celui advenu le 02.06.2007 avec EGM portant sur un montant de 50.000.000 USD et couvrant plusieurs projets. Cette pratique constitue une violation de la loi sur la passation des marchés publics.

Invité à expliquer cette dérive, le Ministre des ITPR s’est refugié derrière les urgences et la mission spéciale reçue du Gouvernement quant à ce. Cette mission spéciale n’a pas été confirmée par un document ou par les personnes contactées.

 

4.         Dépenses relatives au paiement de la dette publique et frais financiers

 

Au 30 Juin 2009, l’exécution des dépenses relatives au paiement de la dette publique et frais financiers y relatifs se présentent comme suit :

Tableau n°14 : Paiement de la dette publique (en CDF)

 

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Prévisions 2009

Prévisions

Linéaires 6 mois

Réalisations2009 (1er semestre)

Taux

Exécution

Dette publique et   frais financiers

369.900.000.000

184.730.284.811

76.482.924.258

41,4

Principal

215.900.000.000

107.782.634.889

46.410.999.998

43,1

Dette   publique   intérieure

 

13.841.269.777

6.920.634.889

34.765.999.998

502,4

Dette   publique   extérieure

 

201.724.000.000

100.862.000.000

11.645.000.000

11,5

Frais financiers

153.895.299.845

76.947.649.923

30.071.924.260

39,1

Intérieurs

17.731.299.845

8.865.649.923

25.176.000.000

284

Extérieurs

136.164.000.000

68.082.000.000

4.895.924.260

7,2

Le tableau ci-haut appelle les commentaires ci-après :

–           Le taux d’exécution de la dette publique intérieure, pour le 1er semestre 2009 est de 502,4%. En effet, sur une prévision de CDF 6.920.634.889, le montant exécutés a été de 34.765.999.998 CDF ; cependant, la dette sociale, qui fait partie de la dette intérieure, composée essentiellement des créances du personnel, d’ailleurs déjà certifiées par les services compétents, n’est toujours pas apurée ;

–           Les frais financiers intérieurs prévus pour 8.865.923 FC ont été exécutés pour un montant de 25.176.000.000 FC, soit un dépassement de 184% ;

–           Les paiements extérieurs effectuée en faveur des Institutions multilatérales concernent les remboursements aux créanciers IDA, BADEA, SFI, BEI et FAD ;

–           Les créanciers du Club de Kinshasa ayant bénéficié de ces paiements : le Fonds Koweitien, la Bank of China, la société New Skies et Export import ;

–           On notera que le Club de Londres n’a bénéficié d’aucun paiement au cours du 1er semestre 2009. Il en est de même du Club de Kinshasa dont le montant payé est dérisoire.

–           Les frais financiers comprennent les intérêts payés sur le principal de la   dette publique extérieure, de la dette publique intérieures, les   commissions de paiement y relatives, ainsi que les intérêts payés par le Trésor sur les avances de la BCC. 

s’agissant particulièrement du paiement de la dette publique intérieure pour le premier semestre 2009, sur un total décaissé de 34.765.999.998 FC, hormis l’hôtel EXCELSIOR de Boma et les arriérés des salaires des ATG, seules deux entreprises ont bénéficié des paiements qui ont conduit au dépassement de 402,4% de la ligne budgétaire.

Elles ont bénéficié de 25.493.483FC, soit 73,33% des payements effectués.

Il s’agit de la Banque Congolaise (12.795.856.281 FC) et EMAXON FINANCE INTERNATIONAL Inc. (12.690.107.202 FC), soit 75% de la dette publique globale payée et 93,5% du décaissement en faveur des fournisseurs des biens et prestations.

Les investigations de la Commission ont conduit à dénicher un échantillon des cas de financements opaques dans le paiement de la dette publique et autres dépenses publiques notamment dans les dossiers de :

•           EMAXON FINANCE INTERNATIONAL Inc /MIBA (14.000.000 USD) ;

•           Banque congolaise.

•           Société de distributions des produits divers, « SODIPROD » : commande filets de pêche, fertilisants et produits agro-alimentaires : 5.856.200USD ;

•           Mme MARIE JOSEE KAPINGA (4.351.000 USD) : loyers Ministère de la Santé ;

•           EGM/MIKE KASENGA et STUVER CONSTRUCT ;

•           EMAXON FINANCE INTERNATIONAL Inc. (appui budgétaire : 25.000.000.USD). 

Tous ces dépassements opérés en violation de la loi de finance ainsi que certains cas d’irrégularités ont poussé votre Commission à organiser des auditions pour entendre les principaux responsables concernés.

C’est dans ce cadre que votre Commission à invité les personnes ci-après :

•           L’ancien Ministre du Budget, (Actuel Premier Ministre) ;

•           Le Ministre des Finances ;

•           Le Ministre du Budget ;

•           le Ministre de l’Intérieur (Ancien Vice-ministre du Budget) ;

•           le Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction ;

•           le Ministre du Portefeuille ;

•           le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ex Ministre de la Santé Publique) ;

•           le Gouverneur de la Banque Centrale ;

•           le PCA de la Banque Congolaise

•           L’Honorable Sénateur TIBASIMA (ex-Ministre de l’Urbanisme et Habitat) ;

•           L’Honorable Député TSHIBANGU KALALA (Avocat de la République) ;

•           L’Honorable YAGI SITOLO (ex-Ministre de la Santé des TPAT, Urbanisme et Habitat) ;

•           Les Directeurs des Directions de gestion Immobilière de l’ONATRA et de la SONAS ;

•           Maître BOKATA (Avocat du collectif des créanciers qui ont cédé leurs créances à la Banque Congolaise) ;

•           Monsieur NGOBILA MBAKA Gentiny (ex-Vice-ministre de l’Agriculture, Pêche et Elevage) ;

•           Monsieur SONJI Jean Baptiste (Ex-Ministre de la Santé Publique) ;

•           Les Responsables d’EMAXON FINANCE INTERNATIONAL Inc. ;

•           Monsieur le Conservateur des Titres Immobiliers de la LUKUNGA, le représentant de MWANAFRICA (Repreneur de SIBEKA) ;

•           Monsieur MIKE KASENGA, PDG de l’entreprise EGM ;

•           Monsieur KITOLO MAYIMONA Tonton. 

En outre, la Commission à reçu les dispositions volontaires du responsable du collectif des créanciers qui ont cédé leurs créances à la Banque congolaise et les représentants des anciens travailleurs de STARCEL.

Toutefois, votre Commission signale à l’Auguste Assemblée plénière que de ces personnalités, certaines ne sont pas présentées, il s’agit :

•           L’ancien Ministre du Budget, (Actuel Premier Ministre) ;

•           Du PDG d’EMAXON FINANCE INTERNATIONAL Inc., qui a chassé l’agent de l’Assemblée Nationale et déchiré l’invitation lui adressée ;

•           Monsieur KITOLO MAYIMONA Tonton, fournisseur imaginaire, du reste introuvable.

Honorable Lusenge K. Bonane Jérôme

Député National

Kinshasa 

© Beni-Lubero Online

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