La reconstruction du Burundi passe par la relance de la coop

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A l’issue de la conférence de presse tenue à Rome au siège de la Communauté Sant’ Egidio, Son Excellence Mme Antoinette Batumubwira, Ministre Burundais des Affaires Etrangères, a présenté la situation qui prévaut au Burundi après une dizaine d’années des violences qui ont cessé grâce à l’application des accord de paix d’Arusha en Tanzanie, avec la médiation de Nelson Mandela et de la Communauté Sant’ Egidio ainsi que la collaboration des pays limitrophes, à savoir la République Démocratique du Congo et le Rwanda.
 
Le Burundi est un des pays africains les plus ruinées par la guerre et la violence- reconnaît Son Excellence Mme le Ministre des Affaires étrangères. Néanmoins, a-t-elle ajouté, « Aujourd’hui le Burundi démontre que la paix y est possible ». A l’occasion, elle a présenté les derniers développements et surtout les préoccupations essentielles du gouvernement burundais et des burundais en général.
 
Situation sociopolitique du Burundi
 
Après les derniers accords de paix, la situation générale du Burundi ne peut se décliner en deux mots. Car « le Burundi est un pays qui sort de la crise, un pays qui a beaucoup de défis à relever. Un pays qui met tout en œuvre pour relever ses défis qui sont la lutte contre la pauvreté, la famine… Ces problèmes conjoncturels, liés à ceux structurels, sont des conséquences des dix ans de crise qui ont paralysé le pays. »
 
Il y a bien de problèmes à résoudre. Toutefois, un capital important est la bonne volonté politique pour résoudre ces problèmes. Heureusement qu’elle ne fait pas défaut chez les burundais soucieux de la reconstruction de leur nation. Cette reconstruction ne saurait faire économie de la réconciliation dans la vérité. C’est donc à ces conditions que peut advenir le développement. L’objectif de la visite de Mme Antoinette Batumubwira en sa qualité de ministre des affaires étrangères consiste, pour ainsi dire, à convaincre les partenaires du Burundi de cette volonté politique qui, seule ne suffit pas pour porter tous ces chantiers. Sollicitant l’appui des partenaires, Antoinette a dit en substance : « Nous sommes venus démontrer que les burundais sont un peuple travailleur et déterminé à reconstruire la nation. Ils ont besoin d’appui. »
 
Après les élections, la réconciliation et la reconstruction
 
Les élections ont mis fin à une période de grandes difficultés sur le plan sécuritaire. Dès lors il sied de travailler sur la réconciliation et la reconstruction. Les burundais sont bien engagés sur cette voie. Réconciliation et Reconstruction. Ces deux actions, qui semblent aller dans deux sens, « se rejoignent pourtant ». Car, explique Mme le Ministre : « Nous ne pouvons nous réconcilier que si sur le plan de la reconstruction et du développement nous sommes solides. Ce qui veut dire que les difficultés économiques qui prévalent au Burundi sont aujourd’hui toutes urgentes, parce que si nous voulons consolider la paix à travers la réconciliation, il faut que les difficultés économiques soient résolues ou en train de l’être ».
 
Cependant dans le processus de reconstruction Mme Antoinette dénonce des difficultés de management. « Tout ne se fait pas facilement, confesse-t-elle. De même pour la réconciliation il se pose encore des problèmes de droits de l’homme, de corruption, de gestion de la chose publique de manière générale ». Elle est tout de même optimiste pour autant que le Burundi qui n’a jamais vécu la situation démocratique pendant plus de trois mois aujourd’hui il a dépassé 3 mois depuis les élections démocratiques dernières. Tous les burundais s’exercent ainsi à la démocratie, ils apprennent pour la première fois à gérer, à vivre la démocratie.
 
Le rôle de l’Eglise
 
Le rôle de l’Eglise est très important au Burundi qui compte plus de 80 % de chrétiens parmi sa population. « Le rôle de l’Eglise, a souligné Mme le Ministre des Affaires Etrangères, est non seulement important, mais aussi sollicité ». Car pour que la population se réconcilie en vue de la consolidation de la paix, il faut que chacun se réconcilie dans la vérité et la justice.
 
Dans ces conditions, toutes les communautés sont interpelées, qui plus est, l’Eglise qui est en contact direct avec la population et qui peut lui parler au cœur. En effet, « la réconciliation parle au cœur et non seulement à la raison. De même la vérité, qui doit venir avant la réconciliation, parle au cœur. Or la vérité et la réconciliation sont deux aspects importants de la foi chrétienne ». Voilà pourquoi le Burundi attend énormément de la participation de l’Eglise catholique en ce domaine. Dorénavant, l’Eglise a compris le lien intrinsèque entre la réconciliation, la reconstruction et le développement.
 
La coopération régionale
 
Elle n’a pas toujours été bonne. Surtout les dix dernières années. Le Burundi et ses voisins le Rwanda et la RDC ont connu les crises les plus graves. Aujourd’hui ils s’en tirent. Le Rwanda depuis quelques années, le Burundi depuis 2005 et la RDC depuis un pas très important accompli grâce aux récentes élections démocratiques.
 
Selon Mme Batumubwira, « toutes ces avancées ont été possibles d’une part parce que chaque pays a fait l’effort qu’il fallait, mais aussi parce les trois pays, à savoir le Burundi, la RDC et le Rwanda, ont collaboré pour que l’un et l’autre puisse avancer ». Pour souligner la coopération régionale forte désormais dans la Région des Grands Lacs, Mme le Ministre Burundais des Affaires Etrangères a cité la Commission Tripartite Plus, qui réunit La RDC, le Burundi, le Rwanda et l’Uganda et qui traite la question de la sécurité entre les quatre Etats. « Cet organe est utile et important, selon elle, non seulement pour gérer les tensions, mais aussi et surtout pour gérer la sécurité de nos pays ensemble parce qu’elle nous concerne tous. »
 
Enfin elle a rappelé la signature du pacte de stabilité et de développement qui comprend beaucoup de programmes tant au niveau politique, économique, social que culturel. Que le Burundi ait eu le privilège auprès des dix autres signataires d’abriter le Secrétariat général de cet organe, c’est parce que tous ont voulu le placer dans l’épicentre de la crise des Grands Lacs. « Placer au Burundi le Secrétariat général de cet organe est un signe important, symbolique, mais aussi optimiste », avoue Mme Antoinette Batumubwira.
 
P. PALUKU MAYANI Adélard, a.a.
Rome
Beni-Lubero Online

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