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La révision constitutionnelle divise les députés nationaux de Beni-Lubero

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Tous les députés nationaux de Beni-Lubero dont les partis politiques font partie de l’AMP n’ont pas voté pour la révision constitutionnelle. L’heure de la restitution à la base ayant sonnée, les signataires font une campagne de diabolisation des partisans du non qui ne se sentent plus en securité dans la capitale congolaise. Accusé d’avoir dit à la Radio Moto de Butembo que les députés nationaux qui ont voté pour la révision constitutionnelle ont reçu chacun 25 000 US$ de l’AMP, et qu’il aurait quitté son parti politique pour le MSR, l’Honorable Lusenge K. Bonane, un des opposants à la révision constitutionnelle fixe l’opinion sur les faits lui reprochés et sur sa position politique actuelle à travers une interview accordée à Polydor Ngaziami de la Télévision Antenne A de Kinshasa dont voici la teneur :

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Honorable Lusenge Bonane Jérôme, Député National de Lubero, membre de l’AMP qui a voté contre la révision constitutionnelle au Micro de l’Assemblée Nationale

Question1: Honorable Lusenge Bonane Jérôme, des bruits circulent depuis quelques jours au Grand Nord-Kivu que vous avez adhéré au MSR. Que dites-vous à propos ? 

Réponse: Des bruits circulent toujours. Les faux bruits plus vite que la vérité et ceux qui attisent le mensonge se cachent mais sont facilement repérables dans le camp d’adversaires qui manquent d’argument face à mes idées politiques. Ils n’ont pas d’alternative à ces idées, ils fuient le débat et préfèrent détourner ceux qui m’écoutent pour semer la confusion et empêcher ceux-ci de suivre la boussole, si pas mon étoile. 

Un jour peut être, je pourrais quitter la COFEDEC du Président Venant Tshipasa à cause de l’injustice dans la distribution des dividendes du parti sur télécommande et au profit de la Ministre de la Culture. Même si cela arrivait, je ne croirais quand même pas que le MSR pourra mieux défendre mon terroir que la COFEDEC, le RCD/KML de Mbusa ou l’UDECEF de Joseph Luhota. Je sais que ceux-ci comprennent, certes les uns mieux que les autres les problèmes d’insécurité qu’endure la population de l’Est et qu’au moins, malgré quelques erreurs possibles, ils prient pour la paix en faveur de quoi je lutte tant. Le MSR comme organisation a beaucoup d’autres priorités et beaucoup d’autres chats à fouetter, c’est pourquoi je ne saurais y adhérer, qu’il pleuve ou qu’il neige. Il ne faut avoir ni peur ni honte de ses idées. Je demande à ceux qui me soutiennent de toujours me suivre et au cas où une erreur se glisserait dans mes pas un jour ; de ne choisir que parmi ceux que je viens de citer pour la raison évidente que je viens d’évoquer. 

Question 2 : Honorable Lusenge Bonane Jérôme, vos amis députés du Grand Nord-Kivu vous accusent de manque de solidarité avec les autres et d’avoir débité des faussetés à la Radio Moto de Butembo. Qu’en dites-vous ? 

Vous dites vous-même que ce sont des amis et vous dites vrai. Nous sommes en harmonie sur au moins 70% de points, même maintenant. Mais le malin ne manque pas pour intoxiquer les autres étant donné qu’en réalité nous sommes aussi des adversaires sur terrain notamment dans le territoire de Lubero où bientôt nous rentrons en campagne.

C’est ainsi que deux de mes amis, élus de Lubero, ont forgé l’information, ont intoxiqué les autres parmi lesquels ma collègue et petite sœur qui était prête, sans vérifier, à l’échange de coups sans plus se souvenir de notre apport pour lui sauver la vie dans d’autres circonstances du passé. Mais pour elle, il a fallu m’exposer, sans fondement, en incitant un courroux public semblable à celui qui se développe dans la passion chez les fanatiques d’une équipe dans un stade de football. Les fanatiques réfléchissent souvent après avoir commis des dégâts. Le courroux qui était provoqué de part et d’autre a finalement éclaté sur un autre front dans la salle et on a assisté effectivement à l’échange ridicule des coups. Pour raison de sécurité, j’ai quitté la salle et j’ai suivi le reste, comme tout le monde, à partir de ma résidence.

Les miens voulaient m’exposer effectivement peut être sans beaucoup y réfléchir. Deux frères élus de mon territoire de Lubero avec lesquels on a déjà eu d’autres frictions injustifiées sont responsables de cette intoxication. Pourtant ils savaient que je n’avais rien dit à la Radio Moto de Butembo. Aucun auditeur ne peut le témoigner encore moins aucun journaliste. Personne ne s’est donné la peine de vérifier, presque tous mes frères députés étaient montés, d’autres incitaient ceux des autres ethnies de la province pour aggraver les effets. J’ai noté néanmoins la sagesse de quelques uns qui ont préféré m’aborder et ont refusé d’enflammer la coalition, l’on peut citer en passant les honorables Kakusi, Kitsongeri, Peruzi et Edmondus de l’AMP ; à qui je dis merci pour m’avoir évité de craquer. 

Question 3 : Vous vous dites être en harmonie avec les autres alors que vous n’avez pas signé comme eux pour la révision constitutionnelle. C’est contradictoire. 

Réponse : Non, ce n’est pas contradictoire, je suis en harmonie avec tous mes collègues et frères députés du Grand Nord et beaucoup d’autres de ma province et d’ailleurs. Depuis le début, beaucoup ont hésité, les plus audacieux ont même envoyé leurs positions et électrisé leurs bases avec des arguments qu’ils n’ont plus pu contredire après qu’ils aient signé. C’est ainsi qu’on cherche des boucs émissaires à immoler pour occuper et distraire l’opinion à la base. Beaucoup disent aujourd’hui qu’il y a eu pression sans avancer de nouveaux arguments convainquant. C’est ça l’hypocrisie que j’ai toujours dénoncée. C’est pourquoi, les arguments ayant justifié leurs hésitations n’ayant pas été détruits par eux-mêmes à la base, celle-ci et eux-mêmes restent sceptiques comme moi sur ce qui adviendra et j’estime donc que nous restons en harmonie sur ce point, tout le monde étant disposé à épouser de nouvelles convictions dès qu’il y aura des arguments valables. 

Question 4 : Justement on vous accuse d’avoir dit à la Radio qu’ils ont reçu de l’argent. Est-ce ça la pression dont question ? 

Réponse : Je ne sais pas s’il y a eu argent ou non, ça ne m’intéresse même pas et je n’en ai jamais parlé. Ce que tout le monde sait et a vu, est que tous étaient agités et hyper motivés, à gauche comme à droite, pour une question qu’on pouvait examiner froidement en initiant par exemple une consultation ou une conscientisation du peuple pendant les vacances parlementaires imminentes. La vitesse, l’engouement, l’échange de coups ont fait tiquer plus d’un citoyen. Vous avez des cassettes des plénières au sujet des questions très importantes comme la sécurité à l’Est du pays. La salle est à moitié vide, les principaux concernés sont très réservés ; c’est tout de même curieux ! 

Toujours au sujet de la pression, il faut signaler que le député est malheureusement entre deux fronts à l’image d’un triangle qu’on peut inverser. 

Tantôt le pouvoir est comme le sommet et peut écraser à tort ou à raison tout celui dont les pieds sont posés sur la terre donc à la base du triangle. Aussi faudra-t-il noter que ce même pouvoir a besoin d’être informé par le représentant du peuple sur ce qui se passe à la base, les aspirations de celle-ci ; ce dont nous nous préoccupons. 

Tantôt la base devient le sommet au jour des élections qui approchent et peut laisser tomber, la tête la première, tout pied non solidement accroché à la base. C’est ça le principe du triangle inversé qui met le député entre le marteau et l’enclume. C’est pourquoi je me réserve de condamner les opinions des uns et des autres et je ne m’aligne pas.

Question 5 : Avec cette attitude, ne pouvez-vous pas avoir des problèmes avec certains courants ? 

Réponse : Dans mon terroir tous les courants puisent dans le monde chrétien. A ce titre les électeurs nous imposent de porter la force du Saint Esprit caractérisée par la constance, la vérité et la transparence. Avec cette force nos électeurs chrétiens savent que nous allons éclairer tout celui qui peut faire pression sur nous et que nous devons vaincre. Nous ne pouvons donc pas prétexter que quelqu’un a fait pression sur nos consciences, nous devons rester responsables de nos décisions, en être fiers et les assumer en toute circonstance. 

Je suis membre d’un parti qui se dit chrétien, il faut respecter la ligne tracée, soutenir le bien et décourager le mal. Il faut à tout moment faire preuve d’avoir combattu le mal, surtout pas par suivisme mais par conviction. Au dernier jour des chrétiens, chacun sera seul responsable de ses actes et personne n’appellera au secours. 

Hon. Lusenge K. Bonane Jérôme

Kinshasa

© Beni-Lubero Online

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