La V

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Il était 20h00 à Kinshasa et 21h00 à Butembo et à Beni, ce mercredi 15 novembre 2006, jour inoubliable, quand le Président de la Commission Electorale Indépendante, Mr l’Abbé Apollinaire Malu Malu annonçait les resultats provisoires du deuxième tour des élections présidentielles en République Démocratique du Congo qui donnent Joseph Kabila gagnant avec un score honorable de 58,05 % des suffrages contre 41, 95% pour Jean-Pierre Bemba avec un taux de participation estimé à 65,3. Les beniluberois de Butembo et de Beni qui avaient accès à la télévision et qui avaient un peu des sous, ont commencé la fête dans les Ngandas de la place, une liesse qui continue jusqu’au moment où nous mettions ces lignes par écrit. Les correspondants de Beni-Lubero ont appelé la rédaction au milieu des chahuts et des cris « ushindi ni wetu » (la victoire est à nous). Nos amis de Kinshasa étaient plutôt dans la méditation, n’ayant pas voulu se risquer dans une avenue où l’on ne sait pas qui on va y trouver. Avec la sécurité renforcée aux quatre coins de la capitale, Kinshasa ressemblerait ce soir à un champ de bataille ou à une ligne de front jouissant d’un armistice de quelques heures. Plusieurs kinois qui se sont confié à Beni-Lubero ont dit que si cette première nuit se passait dans la paix, la fête pourrait commencer dans la journée de demain. Bonne fête!

La vérité des urnes comme toute vérité n’est pas bonne à dire. Elle libère les uns et confond les autres, mais après tout elle fait du bien à tous. De toutes les façons, cette vérité n’a surpris que ceux qui ne voulaient pas accepter que le peuple congolais est souverain, que le Congo est un grand pays, plus grand que la Capitale, et que leur village natal. Le Congo c’est 60 000 000 millions d’âmes. Pour être Président de la R.D. Congo, il faut compter sur chacune de ces 60 000 000 millions d’âmes. Pas de surprise également pour tous les observateurs nationaux et internationaux qui ont suivi de près le déroulement de deux tours des élections et qui étaient unanimes en affirmant qu’il était pratiquement impossible de tricher. Avec un écart de 25% des suffrages au premier tour et de près de 20 % de différence au deuxième tour, on ne peut parler de fraude. On est loin du cas des Etats-Unis en 2000 quand les deux candidats s’étaient départagés avec une centaine des voix. Avec un écart de 2.616.957 voix entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba, on ne peut parler de tricherie sans manquer de respect aux hommes et aux femmes qui ont passe des nuits blanches pour surveiller les urnes et s’assurer que le décompte était fait dans la transparence. On est loin aussi de la fraude massive de Mobutu qui se faisait proclamé élu à 99% de voix pendant qu’on votait encore dans la forêt de MANGOLIO et de KUSUMA au Nord-Kivu. Le bon sens devrait permettre à ceux qui crient à la fraude de se ressaisir et de travailler pour gagner aux prochaines élections. C’est cela l’élégance et l’alternance démocratiques. Accepter la vérité des urnes, féliciter le gagnant, et commencer le travail pour le prochain tour.

Tous les congolais devraient se féliciter des sacrifices consentis pour l’aboutissement heureux de ce processus. Un hommage particulier à la CEI qui a tenu bon au milieu des vents et marées qui ont failli à deux reprises emporté les fondations de l’unité de l’episcopat congolais… Après les passions dues à la finitude de l’homme, l’heure est maintenant à la raison et au travail. La question de la sécurité et de l’intégrité du territoire national devra figurer au premier plan du gouvernement qui sera mis en place. Les milices qui foisonnent partout à l’Est du pays constituent en effet le caillou dans les chaussettes du nouveau gouvernement. Le gouvernement élu n’a plus d’excuses de ne pas sécuriser les congolais et leurs biens. Il a le devoir de répondre aux préoccupations du peuple congolais, sachant que la plus grande préoccupation c’est la paix, la sécurité des congolais sous toutes ses formes.

La communauté internationale est aussi à féliciter car elle a tenu parole en disant que le processus irait jusqu’au bout et que personne ne pourra recommencer la rébellion pour ramener le processus à zéro. Le peuple congolais attend voir la mise en pratique de cette promesse de tolérance zéro vis-à-vis des rebellions et milices pour que personne ne trouble la paix que le peuple congolais vient de gagner ensemble après 46 ans de dictature, d’agression, des rebellions, 5 000 000 des morts, des pillages des ressources naturelles, et j’en passe. Ne soyons pas amnésiques en oubliant d’où nous venons.

Que tous les congolais se rappellent de l’expérience de 1960 et en tirent toutes les conséquences. Personne ne voudrait assister à la récidive de 1960-1965. Ceci en appelle à la responsabilité de chacun pour l’avènement d’un Congo fort, uni et prospère.

Beni-Lubero Online présente ses félicitations au Président Joseph Kabila et à tous les élus de tous les partis politiques et indépendants, et cela à tous les niveaux. Le souhait de Beni-Lubero est que tous les élus du peuple se rendent dignes de la confiance que le peuple a placé en eux !

Vincent K. Machozi, a.a.

Boston University ( USA)

Beni-Lubero Online

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