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Les commerçants de Butembo sont bel et bien dans le collimateur d’un escadron de la mort ! Y en a marre! Dirait un français révolté. A Butembo on dit certainement et autrement la même chose. Car il ne se passe plus un jour sans qu’on apprenne le meurtre d’un commerçant. On n’a même pas fini de mener l’enquête sur les assassins du policier qui était commis à la sécurité de la station Serkas et voilà que le très pacifique commerçant Kiposo tombe sous les balles de cet escadron de la mort, le jeudi soir aux alentours de 20h devant sa résidence, comme l’a rapporté Beni-Lubero. Assassinat, c’est à dire meurtre avec préméditation? Actuellement seules la colère et la révolte l’emportent sur toute autre considération. A peine que la ville se remet du macabre assassinat de feu KIDUBAI, un autre grand opérateur économique de la place, que ces criminels en rajoutent. Dans une région où règne un climat d’insécurité généralisée, on ne peut pas ne pas s’interroger sur une sorte d’acharnement contre les opérateurs économiques. On a beau dire plus jamais ça à chaque fois qu’un compatriote du terroir est assassiné dans des conditions qu’on arrive toujours pas à comprendre, mais le mal est déjà fait. Faut-il en rester là et n’avoir que ses yeux pour pleurer et ses bonnes paroles qui ne sont d’ailleurs jamais forts pour crier sa colère? Il serait intéressant de penser à un plan de défense et un système de sécurité susceptible de décourager un tant soit peu ces marchands de la mort. A partir du moment où les autorités qui ont la sécurité des citoyens et de leurs biens dans leurs attributions n’arrivent plus à remplir leur mission, il faut envisager d’autres pistes de solutions.
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Sur le plan local
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Ce climat de terreur qui règne à Butembo, mérite un plan Vigipirate de grande ampleur qui impliquerait tout le monde. A l’époque, seul "Olwima" suffisait pour dénoncer ceux qui entretenaient l’insécurité dans nos villages. Dans une grande ville comme Butembo, cette forme de conseil de sécurité local se traduirait par une sorte de veille collective. Elle impliquerait ainsi les commandants de la ville qui détacheraient militaires et policiers au sein des groupes de ronde des quartiers composés des citoyens. Autrement dit, quelques militaires et policiers armés accompagneraient les habitants des différents quartiers pour assurer leur sécurité à tour de rôle. Ce plan aurait l’avantage de jeter moins de suspicion sur ces policiers et autres militaires qui seraient officiellement les seuls à être armés dans la ville et à qui on pense souvent les premiers quand il y a un forfait de ce genre. Cette action serait naturellement complétée par le bouclage de la ville par l’érection des barrages dans ses différentes entrées et sorties.
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Cela pose naturellement un problème des moyens. Butembo est une ville qui a toujours payé très cher sa relative sécurité. Personne n’a oublié les grosses sommes d’argent cotisées et allouées à l’époque de Mobutu, aux fameux bérets rouges de triste mémoire ainsi qu’aux généraux qui les commandaient dont le célèbre Lozembo qui a même construit des villas et acquis plusieurs terrains dans la ville. D’ailleurs, Butembo a toujours été parmi les postes d’affectation les plus convoités pour cette cause. Malgré cet engraissement, ils ne s’étaient pas empêchés de piller leurs bienfaiteurs à l’approche des forces de l’AFDL et à enlever certains d’entre eux pour extorquer leur fond de caisse. Les cotisations seraient bien sûr organisées non seulement par les commerçants, les églises locales mais aussi par les antennes locales des entreprises publiques mobilisatrices des recettes (OFIDA, OCC, DGC,…) car sans les commerçants et leur sécurité, il n’y a pas des recettes. Ainsi, jeeps et autres moyens de communication seraient mis à la disposition des groupes de patrouille et essayer de voir ce que cela pourrait donner à moyen terme. Sinon, s’il faut continuer à compter sur Kinshasa pour la sécurité de Butembo, on attendra longtemps et la liste des victimes ne fera que s’allonger.
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On aurait pu compter en pareilles circonstances sur les mai-mai qui, un moment donné, avaient sécurisé la ville à leur manière. Par où sont-ils passés? S’ils existent encore, les vrais et non ceux à multiples visages, ils viendraient à la rescousse de notre belle ville.
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Sur le plan national
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Il est urgent d’interpeller le président Kabila et d’attirer son attention sur l’insécurité qui règne à Beni-Lubero. Il a été massivement voté dans ces territoires sur le thème de la paix et de la sécurité. Il doit en contrepartie honorer cette promesse s’il ne veut pas en rajouter au sentiment de déception qui anime actuellement les congolais du Nord-Kivu désespérés par l’insécurité. On pourrait donc lui demander de nommer par ses services militaires, un commandant plus compétent en lui dotant des moyens logistiques conséquents afin qu’il contrôle au mieux ces militaires en vadrouille dans la ville de Butembo, sans solde et logement, qui seraient accusés de semer la désolation au sein de la population. Dans le même ordre d’idées, le ministre des affaires étrangères M. Mbusa Nyamwisi devrait soutenir et accélérer cette démarche car il n’est pas normal que son bastion politique soit plongé dans une insécurité inadmissible alors qu’il est aux affaires. Bien plus, il a un vice-ministre de la défense, membre de son parti et originaire de Beni-Lubero. Ne sommes-nous pas mieux servis pour assurer un minimum de sécurité dans notre terroir! On nous dira que ce n’est pas facile et que l’on ne pourra pas mettre un policier ou un militaire derrière chaque beniluberois. Réponse classique. On a besoin de quelques actions qui démontrent un certain engagement au service de sa population. Un signe, une certaine réponse à la détresse, fut-elle insuffisante.
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Parlementaires, demandez plus de sécurité pour vos électeurs!
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Et si rien n’est fait, après avoir exigé plus de sécurité pour leurs électeurs, les députés de Beni-Lubero seraient amenés à quitter momentanément l’hémicycle du Palais du peuple. Pour protester et aller lutter avec leurs populations contre l’insécurité et partager ainsi leurs préoccupations car on reproche aussi à certains d’entre eux de ne rien dire à l’assemblée nationale, de ne pas avoir des bureaux et permanences dans leurs circonscriptions pour recueillir les doléances du peuple. Tous les responsables politiques de Beni-Lubero participeraient ainsi sur le terrain, à l’élaboration d’un plan global de sécurité plus ou moins durable. On pourrait toujours nous rétorquer que quand les balles sifflent nous ne sommes jamais là et que nous serions mal placés pour faire des propositions. C’est sans oublier que nous sommes toujours de cœur avec notre terroir et que n’importe comment, nous y sommes toujours représentés et que nous exerçons notre droit le plus légitime, celui d’exprimer notre point de vue face à la souffrance qu’endure notre peuple.
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Environnement régional très tendu
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En observant le développement de l’insécurité dans la région, on est tenté de croire que cette violence s’inscrirait dans un vaste projet de terroriser la population en commençant par éliminer ses produits remarquables. On voudrait les condamner à l’exil forcé. Pour que les ennemis occupent librement le terrain. Car rien ne dit que demain ne sera pas le tour des intellectuels si cela n’a déjà pas commencé. A une certaine époque, des vieux plans d’occupation de la région du Nord-Kivu et les méthodes de leur exécution avaient circulé sur les campus et dans les rédactions de certains journaux de Kinshasa. Ces actions meurtrières font penser à une exécution certaine de ce sinistre projet. Car la déstabilisation du commerce des wanande y figurait en bonne place. Avec la campagne militaire de Nkunda qui est suivie des massacres des populations autochtones et qu’il prétend mener au nom de la seule minorité Tutsi, on ne peut pas ne pas penser à comment organiser une certaine résistance. Sans oublier bien sûr les actions néfastes des hutu interahamwe qui ont les mêmes visées irrédentistes que les tutsi, tant qu’ils peuvent rester tranquille en RDC. Les paisibles populations du Nord-Kivu n’ont naturellement rien contre les hutu et les tutsi. Ces populations d’expression rwandaise ont elles-mêmes entretenu des sentiments d’hostilité contre elles-mêmes en s’illustrant par les actes de violence dont le recours effréné aux armes pour résoudre le moindre problème de cohabitation et petit conflit de voisinage. Bien plus, le goût immodéré du pouvoir que leurs leaders veulent toujours obtenir par la force n’est pas de nature à favoriser leur cohabitation avec d’autres peuples. En outre, on note indistinctement chez eux, l’exploitation malencontreuse d’une discrimination à leur égard qu’ils voient partout mais qui dénote d’une ingratitude désobligeante. L’allusion est ici faite aux récentes déclarations d’Azarias Ruberwa du 18 Octobre 07 sur RFI où il affirmait que les tutsi sont victimes d’une forme d’apartheid en RDC. Lui qui a été formé dans ce pays, exercé tranquillement la profession d’avocat, lui qui a été vice-président de ce pays, qui dirige un parti politique, qui a laissé dans les rouages de l’Etat congolais ses frères tutsi pour ne pas les nommer dont un est actuellement à la tête de l’Office des Douanes et Accises (OFIDA) au nom des fameuses composantes politiques, et j’en passe.des meilleurs..D’autres encore, ont été élus députés nationaux et provinciaux. Et de Nkunda Laurent, il en a fait un général, issu des rangs du RCD-Goma son parti, fut-il dissident et "déchu" aujourd’hui. Insatiables. Après la main, ils veulent le bras et davantage alors que d’autres minorités n’ont rien obtenu de tout cela malgré leurs efforts. Souffrant de la disqualification démocratique, lui qui était habitué à s’imposer à Sun City et ailleurs dans les négociations de salon, la traversée du désert avant les prochaines élections lui paraît très longue. Tous pareils. Nkunda lui-même avancent des exigences plutôt discriminatoires quand il dit qu’il ne doit travailler, lui et ses hommes qu’au Nord-Kivu, alors que un vrai congolais soucieux da participer au développement de ce pays devrait être prêt à aller servir un peu partout.
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Nous avons suivi récemment sur la voix de l’Amérique, la très commerçante épouse de Ngezayo se plaindre, arguant que leurs affaires pâtiraient du fait qu’ils soient tutsi et de ce fait qu’elle ne pouvait pas se déployer librement à Mbandaka et à Kisangani. Seuls les naïfs peuvent les croire alors qu’ils ont prospéré à Beni(CAPACO), à Kisangani, à Bukavu, à Lubumbashi (Hôtel Karavia) sans la moindre inquiétude. Le Ministre Mbusa Nyamwisi l’a heureusement dénoncé jeudi dernier dans son interview à la voix de l’Amérique. Personne ne peut plus croire à cette mauvaise manipulation de la commisération.
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Si la défense des minorités n’est plus aujourd’hui un tabou, les Nande ont bien aussi le droit et même le devoir de se défendre en tant que minorité tant la menace pèse véritablement sur ses intérêts et son avenir immédiat. On ne peut pas ne pas parler, comme l’avait dit le regretté Mgr Kataliko, car trop c’est trop et que garder le silence est une attitude complice.
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Faustin MBUSA KAHUNDIRA
Email : mbukaf@yahoo.fr
Rennes /France
Beni-Lubero Online

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