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Le chantier- route Butembo-Mambasa délaissé par l’Etat

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Long de plus de 80 km, ce tronçon routier Butembo-Mambasa en Territoire de Lubero, axe Butembo-Goma, est un chantier oublié qui donne des cauchemars aux utilisateurs. Les attributaires qui s’y sont succédé ce dernier temps n’ont pas réussi à s’en sortir vraiment. Pour cause, les recettes produites de ce tronçon par la taxe péage route ne sont pas capables de couvrir les dépenses engagées pour l’entretien et la maintenance de ce tronçon allant de Kyambogho, près de 7 Km au sud de la Ville de Butembo à Mambasa au sud du Territoire de Lubero en passant par la Cité de Lubero, Chef-lieu du Territoire. 

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                                        Péage-Route /Cité de Lubero

En plus de ces difficultés de trésorerie, la corruption et le trafic d’influence des certains services étatiques tels :

– L’Agence Nationale de Renseignement (ANR),

– Les Forces Armés de la RDC (FARDC),

– Le Commerce Extérieur,

– La Direction Générale de Migration (DGM),

– La Police des Frontières

sont ouvertement pointés du doigt accusateur de favoriser le passage de la barrière à certains engins sans payer les frais dûs au péage route. Selon les utilisateurs de la route Butembo-Goma, plusieurs véhicules de transport sur cet axe routier appartiennent aux dignitaires des services ci-haut cités qui, comme à l’époque du zaïre, favorisent la fraude fiscale, un fait qui entraîne un manque à gagner aux attributaires. Si la présence de l’ANR peut s’expliquer au point du péage route, on ne voit pas pour les Fardc, le Commerce Extérieur, la DGM, la Police des Frontières se trouvent à Lubero qui n’est pas une frontière. Ceux qui disent qu’une des maladies de la nation congolaise c’est le dysfonctionnement de l’appareil de l’Etat qui empêche l’essor économique et social trouvent un cas d’exemple dans la gestion du tronçon routier Butembo-Mambasa. 

Conséquences, certains travaux sont exécutés difficilement et il n’y a pas longtemps que l’attributaire était obligé de mettre la main à sa propre poche pour financer les travaux d’entretien. Par ailleurs, les denrées alimentaires en provenance des marchés de Kipese, Kirumba, Kitsombiro et ailleurs traînent sur la route.

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Alors que ce tronçon Butembo-Mambasa, une portion de La Nationale N°2 reliant Goma à Butembo et ce faisant, à Kisangani, est d’une importance capitale, elle court nonobstant le risque d’être abandonné par les attributaires faute d’assistance de la part de l’Etat. Des sources bien informées révèlent que le nouvel attributaire Kasereka Mukyambuli qui tient les commandes depuis le 08 novembre 2010 en remplacement de Kambale Makuta Léopold qui venait de jeter l’éponge le 14 octobre de la même année, a mis ses propres moyens pour réhabiliter la route où des camions en transit passaient entre 2 et 7 jours sur un tronçon de 86 km en délabrement avancé. La même source ajoute que le « bienfaiteur» aurait investit pour démarrer les travaux de réhabilitation, plus de 25 mille dollars dans cette route qui génère en moyenne moins de 5 mille dollars le mois contre une dépense mensuelle de plus de dix mille dollars américains. Pour essayer d’équilibrer l’équation, le nouvel attributaire a été obligé de réduire le personnel aussi bien dans les postes de perception que sur le terrain. Quoi qu’il en soit, les usagers de ce tronçon remarquent avec satisfaction la praticabilité quelque peu mieux qu’avant. En revanche, la crainte est que le nouvel attributaire ne se décourage pour avoir plongé au jour le jour dans une chaîne de dépense toujours en hausse par rapport aux recettes alors qu’on sait qu’en économie l’ennemis numéro un du capital c’est la prédominance des dépenses sur les recettes. La situation mérite donc que les autorités compétentes lui accordent une attention particulière notamment en appliquant le système de péréquation avec les tronçons les plus juteux comme Butembo-Beni et Beni-Kasindi et en renvoyant l’ascenseur par la rétrocession. Sûrement autre chose dont à besoin ce tronçon, c’est la réalisation des travaux mécanisés pouvant rendre facile le cantonnage manuel. Mais mieux, le gouvernement congolais prendrait ses responsabilités en asphaltant le tronçon dont la valeur n’est plus à démontrer.

Deogratias SIKU

Butembo

© Beni-Lubero Online

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