Le CNDP obtient le Kivu, Adieu les Postes Minist

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Contrairement à certaines analyses de salon selon lesquelles le CNDP serait mécontent de son absence du gouvernement Muzito II, l’heure est à la satisfaction parmi les militants de l’ex-mouvement rebelle de Laurent Nkunda. La seule mention de mécontentement du CNDP est le fruit d’une interview arrachée de la bouche de  Kambasu Ngeve par la radio onusienne. La réalité sur le terrain convoité depuis longtemps par le CNDP montre que les militants du CNDP sont plutôt contents et ils disent eux-mêmes à qui veut les entendre qu’ils ont gagné leur combat grâce à leur fins stratèges et que leurs revendications sont satisfaites à 90%. On peut dire que la guerre de Nkunda a continué sans Nkunda jusqu’à son aboutissement tel que escompté par ses initiateurs et maîtres à penser, à savoir l’occupation suivie de la balkanisation du Kivu et de la Province Orientale.
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Parmi les plus grandes victoires obtenues par le CNDP en échange de la participation au gouvernement de Muzito II sont :
Le contrôle militaire du Nord-Kivu, du Sud- Kivu, et de la Province Orientale.
L’entrée au Gouvernement Provincial du Nord-Kivu
L’ouverture des frontières congolaises à ses alliés militaires rwandais et ougandais qui entrent actuellement en R.D.Congo en temps et en contretemps, jusqu’à y occuper plusieurs localités au Kivu (Kamango, Lulimbi) et en Province Orientale (Boga),
Le retour officiel des fameux refugiés congolais du Rwanda et de l’Ouganda.
Les 10 % restants de l’agenda du CNDP comprendraient ainsi :
L’anéantissement total des Patriotes Mai-Mai et des Fardc congolais en dispo ou déployés sur le terrain de son action,
Le retour effectif des soi-disant refugiés du Rwanda et de l’Ouganda dans les zones établies avec le concours des organismes onusiens, à savoir le HCR et le PNUD.
Les élections locales
     – Le referendum d’autodétermination des rwandophones du Kivu
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Pour anéantir les Patriotes Mai-Mai et les Fardc congolais en dispo ou en poste au Nord-Kivu, le CNDP bénéficie comme toujours du concours de la MONUC. Quelques officiers des Fardc en dispo rapportent avoir été convoqués par des éléments de la Monuc à Butembo qui ont voulu les intimider en les accusant de manière fortuite de préparer une nouvelle rébellion à Beni-Lubero. Au cours de l’interrogatoire, ces officiers congolais auraient découvert que la Monuc voulait prendre la température des Fardc en dispo depuis l’annonce de l’arrivée des rwandais dans la région.
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Le lendemain du remaniement du Gouvernement Muzito II, l’abbé Malu Malu a fait une déclaration selon laquelle le Programme STAREC allait patienté la reddition volontaire des Mai-Mai pendant un mois, notamment jusque fin Mars 2010. Passé ce délai, les Mai-Mai récalcitrants au brassage seraient considérés comme des rebelles au même titre que les FDLR. Selon plusieurs sources militaires, une grande offensive conjointe des Fardc "nouvelle formule" et la Monuc est prévue au mois d’avril prochain avec comme objectif « la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République ». Mais pourquoi cette autorité de l’Etat n’est pas restaurée aujourd’hui quand des clandestins armés venant des pays voisins  tuent, incendient les maisons et chassent les autochtones de leurs champs ? La réponse est simple : L’autorité de l’Etat sera instaurée seulement pour les retournés du Rwanda. Les congolais ne comptent plus !
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Pendant la semaine en cours, le Lieutenant Colonel Bizarama séjourne à Butembo avec comme mission de sensibiliser les Mai-Mai sur le brassage. Selon un Mai-Mai, lors de ses causeries morales, le Lieutenant Colonel Bizarama aurait prévenu ses auditeurs que si jamais les refugiés devant arriver du Rwanda étaient attaqués, c’est tous les Nande qui seraient pris pour des génocidaires et collaborateurs des FDLR, et que leurs meneurs seraient arrêtés et transférés au Tribunal Pénal International. Cette menace venue de la bouche d’un officier pourtant en mission de paix traduit l’état toujours belliqueux du CNDP qui a toujours obtenu gain de cause par la guerre, la violence, la ruse, etc. A la suite de ces propos, plusieurs observateurs craignent même que les Fardc-rwandais n’exécutent eux-mêmes quelques-uns de leurs compatriotes pour se constituer un casus belli devant justifier le génocide ou le massacre des congolais commis jusqu’à présent à petits feux sous forme des viols et mutilations sexuels des femmes, des assassinats des Jeunes garçons, des incendies des villages, des pillages, de la destruction méchante des récoltes par des vaches (le cas des villages de Kinyandoni, Kisaro, Kihiti, Buramba, Kasoso, Nyamilima, Kiwanja, Lulimbi en Territoire de Rutshuru), etc.
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Les Mai-Mai qui attendent depuis plusieurs mois leur intégration dans la police nationale ne comprennent pas la menace du Lt Colonel Bizarama. Certains d’entre eux qui participent depuis plusieurs mois aux réunions de démobilisation en vue de leur intégration dans la Police pensent qu’il manque une volonté politique de la part du gouvernement congolais pour leur démobilisation. D’autres rapportent que seuls les candidats ayant au moins un diplôme de graduat ou de Licence intégreront la Police Nationale et que tous les autres devraient être démobilisés pour leur donner une chance de retourner à l’école. Dans un avenir qui n’est plus loin, la cabale derrière ce gèle de l’intégration des ex-combattants Mai-Mai dans la Police Nationale Congolaise sera mise à nue !
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L’atterrissage forcé des fameux refugiés dans les villages où ils n’ont jamais été auparavant est précédé dans la région par une recrudescence des assassinats, des incendies des villages, des pillages, des viols des femmes, des destructions méchantes des récoltes (notez que seuls les champs des Nande seraient visés dans les villages précités du Territoire de Rutshuru).
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Pour ne donner que quelques exemples :
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En date du 13 Février 2010, le village d’IVUNGU, situé à 41 km à l’ouest de la cité de Lubero a été systématiquement pillé par des hommes lourdement armés. A leur passage, ils ont tout emporté : animaux, chèvres, moutons, poules, et plusieurs autres biens de grande valeur.
Pour le transport de ces biens spoliés, les clandestins armés ont enlevé 15 personnes parmi leurs victimes, les forçant de transporter leur butin jusque ‘à leur retranchement. Un rescapé de ces 15 victimes, est revenu au village très abattu, racontant son calvaire et tortures entre les mains des ravisseurs. Ce rescapé doit son salut au viol des deux femmes du groupe en cours de route par quelques ravisseurs. Profitant de leur distraction, il prit la poudre d’escampette. Depuis l’attaque du village d’Ivungu, toute la population était en forêt. Aujourd’hui, plusieurs habitants du village commencent à y revenir à la suite les bruits que toute maison vide de ses occupants sera occupée par des retournés du Rwanda.
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En date du 17/02, les hommes lourdement armés de fusils et des machettes ont barricadé la route Butembo-Manguredjipa à 40 km à l’ouest de la ville de Butembo. Tous les passagers tombés dans ce guet-apens étaient systématiquement pillés de toutes leurs marchandises, minerais, etc.
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Dans la soirée du 16 au 17/02, en ville de Butembo, en commune Bulengera, au Quartier Kamisi Mbonzo, les hommes en armes avaient fait irruption dans un cafétéria de la place, et avaient fait crépiter des balles à l’air, faisant dormir tous les clients par terre. Par la maitrise de leurs victimes, les assaillants avaient procédé à leur fouille systématique et les dépouillant de tout, y compris des habits, des souliers, etc. avant de disparaitre tranquillement dans le noir.
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En date du 16/02, la localité de TODA, à 9 km au Nord- Est de la ville de Beni a été pillée par des hommes en armes. L’Eglise Catholique du village n’a pas été épargné. Les assaillants avaient en effet emporte l’argent de la collecte des fidèles et d’autres biens de valeur. Dans la foule, 4 mamans de TODA avaient été violées en public. Après leur forfait, les malfrats s’étaient dirigés vers SOYO leurs poches pleines d’argent volé.
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Dans la soirée du jeudi 18/02, un homme se faisant passer pour un policier a été arrêté par la police congolaise GMI au Quartier Vutsundo, en commune Kimemi à la suite d’un signal des éclaireurs du Quartier. Il avait 3 armes à feu sur lui et se la coulait douce chez une femme libre. Interrogé sur le champ par la police, ce clandestin armé a dit qu’il était originaire de Masisi, ancien du CNDP et actuellement militaire FARDC de la 6 ième brigade. Emporté par la Police, les habitants de Vutsundo se demandent s’il est toujours en prison ou déjà libéré de force comme ces compares de la Prison Centrale de Kakwangura libérés de force par un commando Tutsi.
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Le même jour, le village de MAMBU près de Nziapanda, situé à 70 km de la ville de Butembo, en territoire de Lubero, dans le secteur de Bapere, a été mis en sac par des clandestins en armes qui ont tout saccagé sur leur passage comme s’ils voulaient obtenir la fuite du village par ses habitants. Ces assaillants auraient détruits les ustensiles de cuisine, les étalages, les étables des animaux de la basse-cour, les portes, les fenêtres des maisons, etc. Cette façon de détruire est nouvelle et indique l’arrivée d’un genre nouveau des clandestins qui détruisent ce qui , une fois détruit, est plus difficile d’obtenir ou nécessite de l’argent liquide pour l’obtenir, contrairement aux cases que les victimes souvent rebâtissent le lendemain des incendies.
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En date du 19 Février, OMBOLE, une localité minière (coltan, or) située au Sud-Ouest de Manguredjipa, en territoire de Lubero, a été attaqué par des hommes lourdement armés et parlant Kinyarwanda. Ces malfrats ont tout pillé, forçant la population de quitter leurs maisons et de partir dans la nature. Le comandant congolais de la PNC était aussi capturé par les assaillants et conduit vers une destination inconnue.
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Le Samedi 20 février 2010 à 19h30, Papa KIMWE, 75 ans, a été abattu chez lui à domicile à KIBIRIZI par des hommes en armes. Papa Kimwe avant pensé contribué à la mission de pacification de la région en informant les FARDC-R de Kibirizi que des FDLR venaient d’occuper son champ juste au moment de la récolte. Pour certains, l’assassinat de Papa Kimwe est une preuve que les FDLR ne sont pas nécessairement ennemis des Fardc rwandais. Pour d’autres, les Fardc rwandais de Kibirizi peuvent utiliser n’importe quoi pour tuer …
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La localité de Lubango en Territoire de Lubero a été la cible des hommes en armes parlant Kinyarwanda, dans la nuit du 21 au 22 Février. Sous un crépitement des balles, les habitants avaient fui le village. Entretemps, les assaillants ont pillé le village de fond en comble, au point que l’on se demande s’ils ont pille pour un besoin où tout simplement pour détruire les biens pillés. Les boutiques, les alimentations, les pharmacies et les dispensaires de Lubango sont aujourd’hui méconnaissables car devenus l’ombre de ce qu’ils étaient auparavant.
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En Territoire de Rutshuru, les nouvelles alarmantes font état de l’invasion de la station Laboratoire scientifique d’ICCN de Lulimbi par des Militaires Tutsi qui en auraient fait leur camp de regroupement. Tous les travailleurs congolais auraient fui leur lieu de travail et se trouveraient aujourd’hui à Ishasha et à Mangombo.
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A part cette recrudescence d’invasions des militaires rwandais, d’attaques et des pillages des villages, la préparation du retour des soi-disant refugiés dans la région de Beni-Lubero est marquée par la construction accélérée des maisons dans les villes et cités, l’achat des terrains ou des collines dans les villages par des clients de toutes sortes, notamment des ONG nationales et internationales, des commissionnaires, etc. au point que les observateurs sont curieux de savoir les futurs locataires de ces maisons qui naissent comme des champignons et dont les propriétaires présumés étaient hier dans la galère financière?
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Ce climat d’insécurité dont sont victimes les congolais futurs hôtes des retournés du Rwanda devrait interpeller tout congolais épris de paix mais dont la souffrance laisse indifférent le gouvernement congolais, l’ONU, etc. La société civile congolaise ainsi que les chefs des confessions religieuses, toutes tendances confondues, devraient urgemment redoubler leurs efforts pour sonner l’alarme auprès de leurs partenaires internationaux. L’histoire du Congo nous apprend que Mr Edmund D. Morel, le britannique qui avait initié le grand mouvement de protestation internationale qui finalement mis fin au génocide des congolais par Léopold II, Roi des Belges, était un simple civil, travailleur au port de Liverpool qui était sidéré de décharger de l’ivoire et du caoutchouc du Congo et de ne charger vers le Congo que la poudre et le canon. Son œuvre sera continuée par des journalistes (George Washington Williams, noir américain des USA), des pasteurs protestants (Révérend William Sheppard, noir américain missionnaire presbytérien au Kasai ), des philosophes, des humanistes, etc. qui, après un temps, ont fini par faire parvenir le cri des congolais à l’attention du monde et des décideurs de l’époque. Comme le génocide des congolais sous le Roi Léopold II, Roi des Belges, était couvert par la fameuse mission civilisatrice, celui commis aujourd’hui par les rwandais et les ougandais en R.D. Congo est couvert par le développement, la reconstruction, les 5 chantiers, etc. L’histoire du génocide congolais sous Léopold II nous rappelle que les efforts soutenus des civils peuvent faire tomber un génocidaire de l’acabit de Léopold II. D’où l’appel aux civils congolais et aux chefs des confessions religieuses. Vos efforts conjugués et soutenus, en partenariat avec vos partenaires et églises sœurs de par le monde, peuvent lancer la dynamique de la libération de la R.D. Congo
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KAHINDO Edgar ( Racodit) et Kakule Mathe ( BLO)
Butembo
©Beni-Lubero Online
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