Le combat des

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LES DEPUTES BENI-LUBERO DU NORD KIVU NE PARLENT PAS :
L’HONORABLE LUSENGE BONANE JEROME S’EXPLIQUE
 
Honorable Lusenge Bonane à l’Assemblée Nationale
La parution de l’article « Enfin le député parle » a été d’une part un encouragement que l’on ne peut laisser sous silence et d’autre part une interpellation si pas une critique qu’il y a lieu d’atténuer.
 
En effet, les députés Beni-Lubero comme les autres d’ailleurs, font l’objet d’une observation serrée, d’une contemplation donc tout fait et geste est retenu.
L’impression générale de l’opinion de Beni-Lubero et même de la diaspora est que le député n’a jamais parlé. Des pétitions seraient même en cours dans ce sens dans certaines circonscriptions.
 
Le problème réel pour le député est celui de savoir comment parler, comment communiquer, quel langage utiliser.
 
La première difficulté est que le destinataire de son message est bipolaire : D’un côté le peuple profond exprime ses attentes autrement, de l’autre le peuple intellectuel a besoin des écrits, des déclarations, de prise de position bref d’une idéologie.
 
Pour le peuple profond avec lequel on a aussi conclu un contrat lors des élections, la misère est profonde, il ne faut pas rester indifférent. C’est ainsi qu’aussitôt que le député est entré en fonction, certaines circonscriptions ont reçu des ambulances, des corbillards, etc. Et le message est passé, on a eu des échos.
C’est dans ce cadre que nous avons personnellement entre autres décidé de participer à la construction des écoles et des marchés et même des centres de santé, a précisé l’Honorable Lusenge Bonane. Vérification peut être faite, a-t-il dit, dans toutes les localités du territoire de Lubero que ça soit sur l’axe Itendi-Manguredjipa, le cordon Malende-Vuyinga-Muhangi-Vusamba, le Graben et les localités lacustres, l’axe Bamate-Batangi au Sud de Lubero, le chef lieu lui-même, etc. Tous attendaient un message dans ce sens et l’ont reçu.
 
Sur ce plan, il faut noter que tous les députés à quelques exceptions près, se sont débrouillés pour écrire leur message chacun à sa manière selon les promesses électorales.
 
Par rapport aux électeurs intellectuels parmi lesquels les acteurs de la Société Civile, le bilan des députés est apparemment pauvre à cause du silence entretenu sur leurs activités.
 
De prime abord, il sied d’observer que la démocratie est jeune dans notre pays et que tout le monde est apprenti.
 
Ainsi dès l’entrée en fonction, les députés Beni-Lubero se sont donnés comme première mission d’expliciter la situation d’insécurité permanente qui prévaut dans leur province pour se rassurer que l’autorité n’en prétexte l’ignorance. Cette première approche qui a donc trop duré, consistait à aborder les responsables habilités dans leurs bureaux respectifs. De ce fait les députés parachevaient de bonne foi les missions de différents conseillers pour leur permettre de revenir plus tard au contrôle de ce dont tout le monde a connaissance.
 
Pour ce faire, il fallait être nombreux pour impressionner. L’opinion a entendu parler des actions des Députés du Nord Kivu, Sud Kivu, Province Orientale ; des mémos ont été signés et faute des réponses adéquates, des condamnations à l’endroit de quelques dirigeants ont été prononcées.
 
Il faut signaler quand même que, sachant que le peuple profond ne voyait pas, une bonne partie des députés Beni-Lubero s’abstenait dans ces démarches. Les uns étaient préoccupés dans la première vision de servir directement et matériellement le peuple, les autres dans les affaires, d’autres exigeaient d’être mis en vedette pour contribuer, d’autres encore pensaient que leurs partis politiques ne tiraient pas de dividende et que pareil organisation réduisait les chances de promotion dans leur groupement, d’autres enfin restaient carrément chez eux sans raison pour contempler une nouvelle ville et savourer une nouvelle vie de classe et des relations enviées depuis longtemps.
 
Plus ou moins deux ans après, cette méthode consistant à supplier l’autorité pour répondre aux préoccupations du peuple a tari. La situation sécuritaire et sociale se détériorait davantage entre temps le député ne savait pas apporter de preuve qu’il avait agi. Surtout parce que par courtoisie, après avoir donné conseil, il devait s’abstenir de donner publiquement l’impression que ce que l’autorité ferait émanait de lui. Seule la déception sur terrain a poussé quelques députés courageux à dénoncer.
 
En même temps, les organisations interprovinciales se disloquaient à cause de la trahison, les uns accusant les autres d’être à la base du jugement sévère à l’endroit de quelques autorités qui menaçaient.
 
Le regroupement Nord Kivu resta la seule formule de résistance et d’expression mais les députés Beni-Lubero, pour les raisons déjà évoquées, ne siégeaient que dans une proportion numérique de la moitié.
 
Le leadership du groupe était confié au doyen d’âge qui était aussi le plus ancien dans la fonction. Cependant la composante ethnique de celui-ci a profité de cette occasion pour prendre le dessus et maîtriser la majorité Beni-Lubero (26 sur 48 députés nationaux) qui paraissait inactive, sans ambition collective et quelque peu divisée puisque rangée derrière ses leaders de tous les jours : 
– Interdiction formelle de critiquer les auteurs des crimes au Nord Kivu, car issus des ethnies concernées. En plus certains auteurs des crimes bénéficiant de leur position dans la mise en place militaire dans la province, ont des liens de parenté avec certains députés qui ne supportent pas qu’on en parle.
         Menaces proférées à quiconque veut lever le doigt à ce sujet et le signal est directement envoyé à ceux qui sont au front pour qu’ils organisent la prise en charge. En effet il faut s’attendre à ce que demain la société Beni-Lubero puisse accuser sans comprendre ces causes, les mêmes députés pour leur longue absence sur terrain.
C’est ainsi que finalement il est apparu au grand jour que l’insécurité au Nord Kivu est aussi entretenue, soutenue ou exploitée par certains leaders, députés, Ministres, Mandataires Publics, etc originaires de la province qui font tout pour qu’on ne parle pas de ce dossier et, si on insiste, il est évident qu’ils vont saboter la rencontre. Malheur à ceux de Beni-Lubero qui ont participé à ce sabotage, ça va se savoir un jour.
 
D’où la décision et l’insistance pour faire convoquer en début janvier dernier une réunion de tous les députés du caucus Nord Kivu au sujet de la double face de certains d’entre eux oeuvrant à la fois pour les pays voisins et notre pays, la RDC, ce qui provoque la cacophonie et le désordre sécuritaire dont il est fait état maintenant.
 
Au cours de cette réunion, les députés d’une certaine ethnie de la province, accusés de soutenir l’entrée au pays du trop plein des pays voisins pour agrandir leur électorat, ont clairement menacé l’espace Beni-Lubero, proclamé leur suprématie militaire (80% des troupes dans la région) et indiqué leur volonté d’œuvrer pour la balkanisation de la province dans le but de se tailler un espace politique à eux seuls, ce qui actuellement dérange les autres ethnies de l’espace visé formant ensemble une autre majorité parlementaire locale susceptible de déterminer dans cette hypothèse le partage du pouvoir (12 contre 8 députés provinciaux).
 
Des explications ont été fournies en vain. Entre autres, il a été éclairé que Beni-Lubero ayant le nombre des députés provinciaux suffisant pour occuper tous les postes importants (26 sur 42), tient à l’équilibre provincial. Par conséquent, les postes de Président de l’Assemblée, de Vice Gouverneur, de Maire de ville de Goma, huit ministères sur dix ont été équitablement attribués, en tenant compte des partis politiques, aux ethnies autres que celle de Beni-Lubero et ce, contrairement à l’expérience du dernier mandat à la tête de la province du Nord-Kivu.
 
Des conseils ont aussi été prodigués pour que les revendications des postes au niveau national soient orientées vers les forces politiques au lieu de les faire peser sur une ethnie qui ne statue pas en tant que telle à la répartition du pouvoir.
Pour revenir au sujet, soit le silence des députés, il faut noter que c’est suite à l’échec observé dans cette tentative d’exploiter le caucus Nord Kivu comme lieu indiqué d’expression, à cause de la volonté de certains leaders ethniques de dérouter l’ensemble des populations du Nord Kivu qui ont toujours pu cohabiter pacifiquement, que des individualités « députés » ont décidé qu’il est temps de prendre le micro de l’Assemblée Nationale pour dénoncer publiquement ces méfaits, étant donné que les linges sales n’ont pu être lavés ni en famille restreinte ni à travers des audiences accordées dans certains bureaux.
 
Aussitôt saisie, l’Assemblée Nationale quant à elle a promptement fait des recommandations pertinentes à savoir la relève de tous les militaires originaires du Kivu installés successivement par les rebellions RCD et autres, le CNDP, l’opération mixage, les Forces de résistance locales ; la nécessité de créer une commission interinstitutionnelle pour interpeller les leaders suspectés ; l’indemnisation des propriétaires d’environ 700 maisons incendiées, etc.
 
Honorable Lusenge Bonane vote au parlement
Beaucoup des députés du secteur Beni-Lubero fatigués, eux aussi de rechercher à tout prix ce qui peut amener la paix au Nord Kivu, ont à côté de l’Honorable Lusenge Bonane soutenu cette démarche on peut citer Kakule Sumbusu, Kambale Kalimumbalu, Katembo Makata, etc. L’action est donc en cours, les députés ont toujours parlé, d’autres parleront encore mais la méthodologie est dynamique. C’est dans cet optique que beaucoup des cadres observent avec admiration l’élite intellectuelle de certaines provinces qui a pu regrouper en temps utile ses pions dans des groupements précis pour leur éviter la cacophonie, la division et leur permettre de toujours gagner à la table du partage de pouvoir. 
 
Dans tous les cas, le langage à adresser à l’élite est différent de celui qui convient pour la masse vis-à-vis de laquelle les députés sont aussi redevables, l’essentiel étant qu’on soit de bonne foi ; ce qui n’empêche pas de reconnaître quelques faiblesses pour lesquelles les députés présentent toujours leurs excuses.
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Honorable LUSENGE K. BONANE JEROME
Député National/Elu de Lubero, Province du Nord Kivu
E-mail : bonanelusenge@yahoo.fr
 
© Beni-Lubero Online (www.benilubero.com)
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