Le complot contre les Nande mis à nu par l’historien D.L. WANGEVE

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MISE AU POINT SUR L’ARTICLE  “ GUERRE DES HEGEMONIES: LES NANDE AU CENTRE DE LA TOURMENTE QUI ENDEUILLE LES COMMUNAUTES DE L’EST DU CONGO-KINSHASA » 

                 J’ai lu avec beaucoup d’attention l’article de Monsieur Christophe KYABASOLE intitulé « Guerre des hégémonies: les Nande au Centre de la tourmente qui endeuille les communautés de l’Est du Congo-Kinshasa » paru à la fois dans l’édition n° 133 du Tri hebdomadaire « LE JOURNAL » du 27 au 30 mai 2005 et dans son supplément hebdomadaire « POOL MALEBO » n° 3 du 26 mai au 02 juin 2005. 

                 Cet article étale un contenu plein des contrevérités savamment montées qu’il convient de dénoncer et qui imposent une mise au point afin d’établir la vérité et éclairer la lanterne de l’opinion. 

I.                 L’insécurité récurrente à l’Est de la RD-Congo est à cerner au-delà des guerres éthnicistes.

Un des goulots d’étranglement majeurs dans la quête de solution à la conflictualité qui sévit dans la partie orientale  de la RDC réside dans l’incapacité de ses élites intellectuelles et autres leaders politiques d’analyser froidement leur vécu et de situer, sans passion ni défense des causes particulières, les acteurs dans leurs jeux réels ou virtuels. 

                L’histoire du Nord-Kivu est loin d’être simplement une histoire moniste écrite en termes de deux ethnies ou deux groupes d’éthnies antangonistes comme dans certains pays limitrophes.  La partie orientale du Congo est habitée par plusieurs communautés dont l’histoire est jonchée de moments de paix et de conflits comme dans toute société humaine et dont les enjeux, toujours dynamiques, sont de divers ordres : politique, économique, social…  . A ceux-là s’ajoutent des contradictions nationales et transnationales toutes aussi  en évolution et qui ne peuvent pas être réduites en une sommaire question d’une ethnie foncièrement mauvaise qu’il faille exterminer. 

                L’article de Monsieur Christophe KYABASOLE, chercheur anthropologue, est une illustration de l’équation de ces lectures partisanes et dangereuses qui, loin d’être justifiées par des insuffisances d’observation et d’analyse, ont pour objectif de jeter le pavé dans la marre afin de créer et d’entretenir une opinion xénophobe et conflictogène dont le pays n’a pas besoin à cette période de sortie de crise. 

              Un coup d’œil rapide sur son texte fait ressortir des limites et des insuffisances tant sur le plan des faits que sur celui de l’analyse. 

II.            Les faits ne sont pas à tordre : un récent passé sanglant peut suggérer des leçons ! 

                Trois fais historiques ne méritent pas d’être falsifiés, surtout pas par quelqu’un qui prétend être « chercheur ».  Ces faits sont : 

1.    l’érection en août 1962 de l’ancien District du Nord-Kivu en Province ;

2.    l’élection de Mr. Denis PALUKU (nande) comme second Président du Gouvernement de la jeune Province du Nord-Kivu en mars 1965 ;

3.    les violences du 20 mars 1993 à Ntoto en Territoire de Walikale. 

                En effet, pendant les périodes 1950-1962 et 1966-1988, l’actuelle Province du Nord-Kivu avait, en plus du Sud-Kivu (Kivu central) et Maniema, constitué un District de la Province du Kivu. 

1.    En 1962, face à la poussée fédéraliste consécutive à l’indépendance, le Gouvernement ADOULA initie un nouveau découpage territorial qui érige le Nord-Kivu en une Province à l’issue d’un référendum populaire.  Bien des contestations sont enregistrées à travers le pays : au Kongo central, Sud-Kasaï, Nord-Katanga, Kibali-Ituri, Ubangi, Maniema, Kivu Central et même au Nord-Kivu.  Dans cette dernière entité, ce sont les élites politiques rwandophones (banyarwanda Hutu et Tutsi) qui contestent la nouvelle division du Kivu.  Elles s’estiment à tort originaires et majoritaires dans les Territoires de Goma et de Rutshuru qu’ils veulent voir rattachés au Kivu Central.  L’enjeu est sûrement politique.  Après quelques déboires au niveau national, on se rabat à la Province où on cherche à regrouper la Communauté ethnique dans une seule entité afin d’arrondir une majorité numérique sur base de laquelle on revendique plus de postes politiques.

A l’issue du référendum populaire de rattachement de Goma et de Rutshuru à l’une des provinces du Nord-Kivu ou du Kivu Central!

84 % de votants se prononcent en faveur du rattachement de ces deux territoires à la Province du Nord-Kivu.   La situation se crispe.  Les élites politiques Hutu et Tutsi manipulent les masses par une ethnicisation du jeu politique pourtant détribalisé à l’origine.  

En décembre 1964 pour mettre en application leurs visées inavouées, ces élites politiques Banyarwanda organisent, sous l’instigation du Député Provincial feu MVUYEKURE François (Hutu) une insurrection ethniciste dans le Masisi contre le pouvoir coutumier des Hunde, propriétaires terriers, auxquels ils ne veulent plus se soumettre.  Cette rébellion  des Banyarwanda est réprimée  par le premier Gouvernement provincial en place à Kiroche et dirigé par feu MOLEY BENEZETH (un Hunde, cfr. Rapport du Commissaire de District des Volcans dans le P.V n° 3072/010/65/Kanyarwanda du 22 septembre 1965).  C’est cette rébellion des Banyarwanda contre le pouvoir coutumier Hunde ayant comme soubassement l’extermination des Bahunde en vue d’occuper la terre de leurs ancêtres, que Sieur Christophe KYABASOLE qualifie de « guerre du kanyarwanda » et qu’il met sur le dos des Nande pour le besoin de sa cause.  A quel niveau le « chercheur » Kyabasole peut-il situer le rôle de Monsieur Denis PALUKU dans ce prétendu massacre des Hutu et des Tutsi ?  Peut-on monter une insurrection et ne pas s’attendre à une réaction ?  Il n’y a que KYABASOLE qui peut le penser.

2.    L’avènement de Monsieur PALUKU Denis (un Nande) à la tête du second Gouvernement Provincial du Nord-Kivu pour succéder à Mr. MOLEY BENEZETH (Hunde) intervient le 10 juin 1965 à l’issue des élections démocratiques organisées en mars 1965.    Contrairement aux allégations malveillantes de Christophe KYABASOLE, Monsieur PALUKU Denis forme un Gouvernement d’une telle représentativité provinciale que l’artiste musicien KWAMY, invité de Léopoldville (Kinshasa) pour agrémenter l’investiture de ce Gouvernement, lui dédie une chanson dans laquelle il lance le slogan « PAKA SIYE » (qui signifie en Swahili « exclusivement nous les ressortissants du Nord-Kivu ») pour exprimer justement cette représentativité dans un contexte fédéraliste.

Mais, pour des visées sûrement diaboliques et d’intoxication, Sieur Christophe KYABASOLE dénature intentionnellement le contenu et le contexte de ce slogan commun au Gouvernement provincial en le traduisant par « exclusivement les Nande ». 

             C’est ici le moment de demander au chercheur KAYBASOLE si messieurs BAHIZI Marcel et MUJINYA Edmond qui étaient membres de ce Gouvernement avaient cessé d’être des Hutu à cette époque pour devenir des Nande.  Pour mémoire, le Gouvernement de PALUKU Denis dont question était constitué sur base de la représentativité territoriale.  Il était composé de six Ministres comme suit : KAFANYA Albert (Beni), KIGHERI Louis (Lubero), BUUNDA Raphaël (Masisi), KIBIRA Thomas (Walikale), BAHIZI Marcel (Rutshuru) et MUJINYA Edmond (Rutshuru).  Comme on peut le constater, seul le Territoire de Rutshuru avait aligné deux Ministres Hutu (BAHIZI et MUJINYA) dans ce Gouvernement pendant que l’Assemblée Provinciale était dirigée par Mr. MWIBIRITSA Antoine (un Hunde).  Mais alors, où est le fameux « le Nord-Kivu, seulement aux Nande » que proclame  le pseudo-chercheur KYABASOLE dans ses allégations visiblement tendancieuses et mal intentionnées ?  Si le ridicule pouvait tuer…  Pour être crédible, un chercheur doit puiser ses informations à la source.  Certains membres de ce Gouvernement PALUKU Denis sont encore vivants, en l’occurrence Mr KIBIRA Thomas (Nyanga) qui siège actuellement à l’Assemblée Nationale.  Nous invitons donc le « chercheur » KYABASOLE à faire preuve d’humilité et d’honnêteté intellectuelle en allant se ressourcer auprès de Mr. KIBIRA THOMAS afin d’obtenir le sens exact du slogan « PAKA SIYE » pour le besoin d’informer objectivement et correctement ses partisans et autres lecteurs.  Crédibilité d’un chercheur oblige !… 

             Notons en passant que le mandat de Mr PALUKU Denis à la tête du Nord-Kivu n’a été que d’une courte durée (moins d’une année), car à la prise du pouvoir par MOBUTU le 24 novembre 1965, celui-ci décida de réduire le nombre des Provinces par la fusion des anciennes provinces qualifiées péjorativement de « Provincettes » notamment le Nord-Kivu, le Kivu Central et le Maniema pour constituer la nouvelle Province du Kivu que dirige alors Mr. PALUKU Denis en qualité de Gouverneur à l’issue des élections démocratiques qu’il gagne face à Monsieur BOJI Dieudonné (un Mushi) grâce à son charisme de rassembleur des ressortissants du Kivu.

Il convient également de souligner qu’aucune situation de conflits interethniques n’a été vécue au Nord-Kivu ni au Kivu durant le mandat de PALUKU Denis de 1965 à 1968. C’est plutôt sous le régime des Gouverneurs non Nande que l’on assiste aux tragédies de toute sorte, créées et entretenues pour justifier l’occupation.  Ici, je mets KYABASOLE au défi pour  prouver le contraire. 

3.    La date du 24 avril 1990 marque le déclenchement du processus de démocratisation de la vie politique dans notre pays. Ce processus est essentiellement caractérisé par la politique de la territoriale des originaires.  La mise en œuvre de cette politique entraîne un mouvement de retour ou d’affectation des cadres dans leurs provinces d’origine.  Dans la première vague on voit Mr MUPIPI (un hutu) affecté comme Commissaire de Zone de Lubero, feu Léonard KANYAMUHANGA (Tutsi) comme Commissaire de Zone Assistant de Beni et Feu KAMANZI RUSENDO (Tutsi) comme Chef de Poste d’encadrement administratif à MUTWANGA dans le RUWENZORI où ils ont exercé leurs fonctions en plein espace Nande sans aucune contestation.  C’est dans le même contexte que Mr. Jean-Pierre KALUMBO MBOGHO (un Nande) arrive à la tête de la Province du Nord-kivu en novembre 1991 en remplacement de Me OMARI, alors Vice-Gouverneur qui faisait l’intérim de Mr. KOYAGIALO qui n’avait pas répondu à sa mutation consécutive à sa mise en accusation dans le fameux dossier de « massacre des étudiants de Lubumbashi ».  Fidèle à la vocation de rassembleur reconnue aux Nande, Mr. KALUMBO forme un Cabinet représentatif des ethnies du Nord-Kivu et dirigé par Mr. Léonard NYARUBWA (un hutu) doublé d’un Conseiller Tutsi en la personne de BIRATE NZEZA pour ne citer que celui-ci.  Durant son mandat à la tête du Nord-Kivu, Mr. KALUMBO J.P. ne s’était jamais empêché d’affecter les Banyarwanda et autres dans son Lubero natal.  C’est le cas de Mr. MUSHENGEZI (un Shi) éternel responsable des Finances à Butembo et de Mr Protais MASHAKO MAMBA SEBI (un Hutu), Commissaire de Zone inamovible à Lubero dont les accueils délirants qui lui sont restés mémorables (lui seul sait devant son Dieu et sa conscience) se caractérisaient par des « tapis rouges » faits de pagnes des mamans Nande à titre de soutien.  De ce fait, Mr. MASHAKO était-t-il devenu Nande pour se voir accepté et chaque fois ovationné par la population Nande tout au long de son mandat en Territoire de Lubero ? 

 4.    Le 20 mars 1993, la localité de Ntoto en Territoire de Walikale connaît des affrontements entre les Nyanga et les Banyarwanda Hutu.  Le détonateur de ces violences était l’assassinat de l’émissaire du Chef de groupement de Ntoto dépêché auprès du responsable de la Communauté Hutu pour s’enquérir de la présence d’une multitude des drapeaux « insolites » hissés sur une colline de son secteur à son insu.

En fait, c’était les drapeaux du Parti politique de Mr. SEKIMONYO WA MAGANGO, dénommé « Démocratie pour le Salut National », en sigle DSN.   Pour les Nyanga, ces drapeaux symbolisaient l’occupation de leur Territoire par la République Rwandaise.  En réaction, la jeunesse Nyanga sous la houlette de sa milice NGILIMA  va s’activer pour mener des actions de représailles contre les Hutu qu’elle boute hors du Territoire de Walikale pour se retrouver dans le Masisi où ils sont accueillis par la jeunesse Hunde chauffée à blanc pour continuer l’opération.

C’est le Gouverneur KALUMBO qui, avec ses collaborateurs, mettra fin à ces violences interethniques opposant les Hutu aux Hunde-Nyanga et dont les tireurs de ficelles se recrutaient parmi les leaders politiques Hutu, Nyanga et Hunde  basés à Kinshasa ? 

Encore une fois, où est le rôle des Nande dans cette tragédie ? 

            Qui ignore que les Ngilima que Mr KYABASOLE attribue aux Nande constituaient une milice Hunde-Nyanga qui s’opposait à l’occupation des territoires de Masisi et Walikale par les ressortissants rwandais soutenus par leur milice MAGRIVI-MONGOLS.  Même KYABASOLE le sait très bien.  Mais par crainte de perdre le pouvoir par le jeu des élections, les maîtres à penser de christophe KYBASOLE font une fuite en avant et  s’évertuent à intoxiquer l’opinion contre les Nande, alternative potentielle crédible et incontournable au Nord-Kivu, qu’ils diabolisent à dessein dans le but de les disqualifier.  Peine perdue ! 

                Ce que Mr. Christophe KYABASOLE et ses maîtres à penser doivent savoir et retenir, c’est que les Nande n’ont jamais été à Ntoto et n’y étaient pas lors des violences du 20 mars 1993 et que la milice « NGILIMA » n’est pas d’origine Nande, encore moins de son inspiration. 

III.                La Province du Nord-Kivu à sang et à feu sous le régime des Gouverneurs non Nande. 

                Depuis juillet 1993 à ce jour, soit 12 ans durant, la Province du Nord-Kivu vit sous le règne des Gouverneurs non Nande, en l’occurrence Messieurs Christophe MOTO MUPENDA (un Nyanga, 1993-1996), feu Léonard KANYAMUHANGA (un Tutsi, 1996-2000) et Eugène SERUFULI (un Hutu, 2000 à ce jour). 

Toute cette période est marquée par des dérives discriminatoires et exclusionnistes à l’égard des Nande qui se voient exclus systématiquement de la gestion du pouvoir (éloignement des Nande des Cabinets Politiques, leur remplacement sans menagement aux postes de commandement dans l’administration provinciale, etc…).   Il s’ensuivra alors une « rwandophonisation » de toute l’administration publique à Goma, Masisi, Nyirangongo et Rutshuru sans parler des autres secteurs et les services de sécurité.

                « Les Nande au centre de la tourmente qui endeuille l’Est de la RD-Congo », une véritable affabulation de Mr. Christophe KYABASOLE.  En fait, les violences meurtrières, les cruautés macabres et autres atrocités qui ensanglantent et endeuillent les populations du Nord-Kivu sont justement vécues sous le règne des Gouverneurs non nande.  Elles sont même plus exacerbées sous le régime SERUFULI caractérisé par des actions pyromanes et un discours politique xénophobe incitant à la haine contre les tribus non rwandophones et dont la milice « Local Defense » sème la mort et la désolation dans la population du Nord-Kivu.  A titre purement illustratif, on peut évoquer la distribution des armes à la population Hutu dans les Territoires de Masisi et de Rutshuru à travers un réseau animé par Mr. Robert SENINGA (Hutu), le Conseiller chargé du Programme DDRRR au Cabinet du Gouverneur SERUFULI, la marche des populations rwandophones contre le brassage de l’armée, marche organisée à Goma le 06 et le 09 décembre 2004 par le Bourgmestre François GACHABA en complicité avec SERUFULI et  relayée   par leurs compatriotes le 11 décembre 2004 à Kichanga, le 13 décembre à Rutshuru et le 17 décembre à Nyanzale. La Province du Nord-Kivu est ainsi mise à sang et à feu par la bande à SERUFULI sous l’œil indifférent du Gouvernement et ce sont les Nande qui en sont d’ailleurs les principales victimes.  Que dire du massacre des Nande (+ 1.700 personnes) perpétré à Kichanga dans  la nuit du 6 au 7 novembre 1996 par la coalition Hutu MAGRIVI-INTERHAMWE sous la direction personnelle du Mwami NDEZE RENE actuellement en fuite en Europe pour échapper à la justice ? 

Comment qualifier l’expédition meurtrière des Banyarwanda en juin 2003 contre les Nande en Territoire de Lubero ?  Quid du massacre des Nande (plus de 360 personnes) à BURAMBA le 18 décembre 2004 par la milice de SERUFULI appuyée par des militaires rwandais ?  On peut multiplier les exemples à l’infini !.. 

 IV.          La CBK, au dessus de turpitudes ethnicistes !

      La Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique en abrégé  CBCA (anciennement CBK) et la Communauté des Eglises Baptistes au Congo-Est (CEBCE) sont toutes deux nées de la scission de la Mission Baptiste au Kivu (MBK) à la suite d’une dénonciation par certains fidèles congolais toutes ethnies confondues, de la mauvaise politique  de scolarisation mise en place par les Missionnaires américains.  Tous les congolais favorables à cette révolution  pilotée par les Nande s’étaient regroupés au sein d’une nouvelle organisation dénommée « Eglise Protestante Baptiste au Kivu » en sigle EPBK devenue au fil de temps Communauté Baptiste au Kivu, CBK en sigle, et aujourd’hui CBCA. 

Les autres fidèles congolais parmi lesquels des Nande étaient restés évoluer avec les Missionnaires blancs au sein de la « Mission Baptiste au Kivu » (MBK) qui est devenue par la suite l’actuelle CEBCE.

         Contrairement aux allégations mensongères débitées  par Monsieur Christophe KYABASOLE, la CBK, actuellement CBCA regroupe bien des fidèles de tous les horizons dont les Nande constituent effectivement la majorité.  Cela est-il un pêché pour un anthropologue ?  Par contre, la CEBCE présenté comme modèle d’organisation pluri-ethnique est rongée depuis 1999 par le virus des conflits interethniques inoculé et entretenu au sein de la Communauté par la xénophobie de certains fidèles Hutu jadis excommuniés et d’autres écartés du circuit de gestion pour détournement des fonds destinés aux projets de développement initiés par la Communauté. Pour se venger et fort de leur position au sein du RCD qui exerçait le pouvoir d’Etat totalitaire et oligarchique dans la partie orientale  du Congo-Kinshasa, Messieurs Eugène SERUFULI et Théophile MPABUKA, car c’est entre autre d’eux qu’il s’agit, organisaient souvent des raids et autres actions militaires en complicité avec le Maire de la Ville Mr. NZABARA MASETSA (HUTU) contre le temple de SIGNERS à Goma pour disperser les fidèles en plein culte avec toile de fond la chasse aux Nande  dont l’un d’eux, en la personne du Révérend KATAKYA MUTAHINGA, était le Représentant Légal attitré et légitime qu’il fallait déstabiliser et insécuriser pour le faire fuir afin d’installer leur frère Hutu, le Révérend MISAGO RWAMAKUBA au trône et réaliser ainsi leur rêve d’une Eglise d’obédience Hutu.  Un véritable coup d’Etat militaire au sein de l’Eglise au nom de l’intérêt des prétendus ayant droits rwandophones. Ici encore, qui endeuille la CBCE?  N’est –ce pas les Hutu? 

 V.  Le business Nande: un savoir-faire paysan et non une rente ethniciste

                 Les hommes d’affaires Nande ont réussi à monter patiemment des entreprises actuellement remarquables en Afrique autant que les Bamileke au Cameroun, les Yorouba et les Haoussa au Nigéria et cela suscite des jalousies dans certains cercles ethniques.  Ces petits empires d’argent ont été laborieusement constitués sur un fond d’activités paysannes parfois les moins anecdotiques : champs et petit commerce de pommes de terre, d’oignons, des carottes, de choux, de papaïnes et autres haricots et cafés.  L’environnement social de départ de ces capitaux est bien entendu Beni et Lubero (Butembo), deux territoires  en majorité Nande.  Cependant, en plus des Bambuba, Bapère, Batalinga et autres Mbuti (pygmés) bien sûr minoritaires et qui en sont aussi originaires, ces deux territoires sont également habités par d’autres communautés congolaises dont les Hutu, Hunde, Rega, Shi et autres Luba qui y exercent tranquillement leurs activités professionnelles.  D’ailleurs, des nombreux  cadres rwandophones et autres sont restés inamovibles  dans le secteur de l’enseignement et dans l’administration publique à Beni-Butembo. (ex. : les Inspecteurs Elie BIYONGA KAVUTSI et MOSANGE FATAKI, tous Hutu, le C.T.I. KAZADI, un Luba,  le Comptable d’Etat MUSHENGEZI, un shi, et bien d’autres fonctionnaires au service des impôts).

             L’importance qu’a prise le capital des hommes d’affaires de Butembo a très tôt débordé la seule population de Beni-Lubero de sorte qu’à ce jour, le savoir-faire et le savoir-entreprendre des Nande sont progressivement orientés vers d’autres horizons notamment  en Province Orientale, au Sud-Kivu, au Nord-Katanga et au Kasaï-Oriental, à l’Equateur et dans la Ville de Kinshasa. 

                 Il est donc clair que l’espace de l’entreprenariat Nande est situé au-delà des villages nande souvent moins nantis et qui n’ont que faire des produits étiquetés NOKIA, LG, SAMSUNG, YAMAHA, etc.  

Un commerçant Nande qui ne viserait que la seule clientèle tribale serait d’un autre âge et serait en train de faire autre chose que les affaires. 

                 Il est de notoriété universelle que le commerce a ses lois et Butembo ne serait pas un cas d’école en y faisant exception.  Un des principes élémentaires du commerce, c’est que les grandes affaires étouffent les petites et beaucoup d’autres Nande dits « Petits » n’en sont pas non plus épargnés au même titre que ceux dont Christophe KYABASOLE est le fervent défenseur. 

 Il est donc insoutenable que les Nande soient géniteurs d’une politique commerciale discriminatoire dans les achats. 

 V.               Les Nande et l’Ouganda

                 Les Nande constituent l’une des Communautés numériquement importantes en RD-Congo à l’instar des Luba, Mongo et autres Kongo avec plus de trois millions d’âmes.  Les deux Territoires de Lubero et de Beni sont successivement premier et deuxième en nombre de population en RDC venant en ordre utile bien avant les Territoires de Djugu, Idiofa et Tshikapa.  Ces deux Territoires sont réputés pour leur remarquable densité allant parfois au-delà de 300 habitants au Km² dans les milieux ruraux. 

                Par contre, les Kondjo de l’Ouganda sont une des communautés minoritaires mais très agissants, habitant le District de Kasese et  y vivent très à l’aise et non à l’étroit, et qui n’ont rien à envier  aux Nande du Congo.  Il est donc de mauvais aloi de prétendre que les Kondjo immigrent au Congo pour y constituer une colonie de peuplement.  Une telle allégation tient à transposer et masquer la réalité des immigrés rwandais au Centre et au Sud de la Province du Nord-Kivu. 

Nul n’ignore qu’une réelle colonie de peuplement sous le couvert de retour des pseudo-réfugiés congolais s’organisent actuellement à ciel ouvert dans les Territoires de Rutshuru,  de Nyiragongo et de Masisi (à Kirolirwe) où les Hunde (après avoir perdu leur pouvoir coutumier en faveur des immigrés banyarwanda), Kumu, Tembo, Nyanga et Nande sont forcées à l’émigration sous l’autorité d’une milice privée « Local defense » financée par des Multinationales par le biais d’une ONG dénommée « Tout pour la Paix et le Développement » en sigle le TPD.  Tel est le cas des Nande chassés et massacrés à Nyamilima et à Buramba et d’autres à Kibirizi et qui sont actuellement concentrés à Buturande et à Kanyabayonga.

                L’argumentation de Christophe KYABASOLE tient à justifier de manière voilée les massacres des Nande hier et aujourd’hui, et les pillages des vaches consécutifs  à l’expédition criminelle de la coalition RCD-APR sur le Territoire de Lubero en juin 2003 (à Kanyabayonga, Kirumba, Bingi, Bunyatenge, Kaseghe, Kitsombiro, etc. ).  Ce sont ces vaches pillées en Territoire de Lubero qui avaient servi pour reconstituer le cheptel des fermes de Masisi.  D’ailleurs Monsieur SERUFULI ne s’en était-il pas vanté un jour dans une de ses déclarations à la presse ?  

A voir la cruauté des actes de violence perpétrés et les méthodes  utilisées par les miliciens à Rutshuru et à Masisi à l’égard des populations congolaises, on sait lire quelle idéologie leur a été inoculée. 

         Il est dès lors temps de savoir une fois pour toutes que les Nande du Congo, quel que soit le lieu où ils se trouvent, sont des Congolais incontestables, n’en déplaise  l’anthropologue Kyabasole. 

Une grande et vertigineuse course à la nationalité  congolaise a été depuis longtemps observée chez les rwandais alors qu’elle n’existe pas et n’ a jamais existé du côté ougandais. 

           Concernant le témoignage qu’aurait fait le Professeur MASHAURY devant le Parlement belge contre les leaders nande dans un projet hostile aux intérêts du pays, une observation élémentaire permet de balayer d’un revers de la main cette affabulation de l’anthropologue KYABASOLE, un mensonge cousu au fil blanc. 

                En effet, non seulement le Prof. MASHAURY  que je connais très bien pour avoir étudié et évolué avec lui, n’a jamais été prester au Parlement Belge, mais aussi Mr YOWERI MUSEVENI n’est pas d’éthnie  nande mais plutôt Banyangole (ethnie tutsie de l’Ouganda).  Et d’aucuns savent comment et qui ont bénéficié de son soutien indéfectible jusqu’à se hisser au niveau de l’espace présidentiel en RDC.  Il est vrai que les Nande ont développé des mécanismes de résistance pour échapper à la double influence rwandaise et ougandaise qui a mis à genoux l’Est du pays.  Cela leur a permis d’entreprendre des actions intelligentes et patriotiques pour un travail de développement dans un environnement de guerre.  Ce qui leur a valu des félicitations de toute part, tel est le cas du prix « RDC » décerné dernièrement à la Fédération des Entreprises du Congo, Section de Butembo par l’organisation « MWANA MBOKA » de Kinshasa pour l’initiative de l’électrification de la ville de Butembo. Tout un symbole! … 

 VI. « Guerre des hégémonies … de christophe KYABASOLE » : un discours pré-génocidaire qui interpelle. 

                 Le Congo ne sera pas « somalisé » pour justifier la présence et le maintien sur son sol, des armées étrangères, des milices, des bandes armées et autres avocats des causes perdues.  Les erreurs individuelles des acteurs politiques et sociaux ne peuvent en aucun cas être  imputées à leurs communautés ethniques entières.  Une telle approche qui relève des préjugés, fait penser aux bases de la pseudo-anthropologie  coloniale desquelles l’anthropologie  actuelle s’est affranchie.  En fait, c’est de la pseudo-science  qui n’a pour nom que « transposition au Congo de l’idéologie du génocide ».  A la conclusion  de l’article de l’anthropologue Christophe KYABASOLE, il ne manquait qu’un mot d’ordre : Les Nande doivent être exterminés pour que l’Est de la RD-Congo ne soit plus endeuillé.  

            Les spéculations de Christophe KYABASOLE et ses insinuations interpellent les autorités congolaises et tous les partenaires de la transition actuelle.  La Haute Autorité des Médias est particulièrement sollicitée par ces dérives ethno-politiciennes et qui hypothèquent l’avenir d’une presse professionnelle et responsable dans notre pays. 

                L’heure n’est plus aux polémiques identitaires.  Une loi sur la nationalité a été votée  pour que cessent les prétextes d’exclusion qui ont toujours inspiré les guerriers infatigables qui, machettes et Kalachnikov à la main, revendiquent toujours la nationalité congolaise.

                Il est temps de reconstruire le pays à partir des nouvelles Provinces décentralisées consacrées dans la Constitution de la 3ème République qui vient d’être adoptée au Parlement.  Ainsi donc, le défi pour toutes les communautés congolaises est celui du développement à partir de la base et non des discussions oiseuses, stériles et irrationnelles .

David LWASIRE WANGEVE, Historien et Analyste Politique 

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