Le dilemme de Bemba

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JP Bemba a fait une très brève apparition de sur les écrans de la RTBF. Si brève d’ailleurs qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un seul extrait d’une séquence bien plus longue, dont on a censuré un bon bout ! Si l’on en croit la séquence que l’on a montrée, ses inquiétudes, dans l’hypothèse de son retour à Kinshasa concerneraient avant tout la « dérive dictatoriale » du régime en place et le respect des droits de l’opposition. Le statut de l’opposition venant d’être voté, même pas une semaine auparavant, par le Parlement congolais, certains collègues du Sénateur Bemba le trouveront peut-être ingrat…
 
Bemba, en fait, se trouve devant un dilemme, qui est un peu le choix entre la peste et le choléra. Sa position est donc tout, sauf confortable ! Il n’y a pas une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, mais deux. Et ce qui rend le choix particulièrement peu commode, c’est qu’il ne peut échapper à l’une qu’en s’exposant à l’autre et qu’il risque d’imiter l’homme qui, pour ne pas être mouillé par l’averse, sautait dans l’eau.
 
L’une de ces menaces est lointaine, mais inexorable : c’est l’enquête de la CPI sur les atrocités commises en République Centrafricaine. Les commentateurs congolais en ont exagéré la portée : la CPI, au stade actuel, a ouvert une enquête. On n’en est pas encore à vouloir arrêter Bemba, et encore moins à le juger. On voit mal, toutefois, comment il échapperait à ce qu’on lui pose des questions, sans aucun doute gênantes. Et des questions encore beaucoup plus gênantes pourraient l’attendre, de ce côté, à propos de faits commis au Congo, à l’époque où il était « chef de la rébellion MLC ».
Si le Procureur de la CPI devait lancer un mandat d’arrêt contre lui, le Portugal n’hésiterait sans doute pas à l’exécuter, c’est-à-dire à arrêter Bemba et à le livrer. Le seul endroit où il aurait des chances d’échapper à cette menace là, c’est… le Congo.
 
On a vu par l’affaire Nkunda qu’un mandat d’arrêt de la CPI n’est pas forcément suivi d’effet et Bemba dispose de moyens que n’a pas le « général déchu » du Masisi. S’agissant de faits dont certains sont amnistiés (pour le Congo), jouissant de l’immunité parlementaire et, peut-être, du statut de Chef de l’Opposition, il aurait l’occasion de soulever maintes objections juridiques. De plus, pour peu qu’il lui reste quelque chose de l’indéniable popularité dont il a joui, à Kinshasa, durant la campagne électorale, il pourrait essayer de provoquer des mouvements de foule et de protestation…
 
Mais cela suppose de s’exposer aux risques que représente l’autre branche de l’alternative : les menaces à proprement parler congolaises. A savoir, la levée de son immunité parlementaire et des poursuites pour Haute Trahison.
 
Bref, le choix est entre la corde et la guillotine !
 
© Guy De Boeck
2/07/2007

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