Le Jeu de Museveni avec le LRA de Joseph KONY démasqué

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Plusieurs mois après le massacre des civils congolais au mois de décembre 2008 et décembre 2009 en Province Orientale, les medias internationaux ainsi que les agences onusiennes condamnent finalement cette tragédie humaine qu’ils attribuent aux rebelles ougandais de Joseph KONY.
Village de Bangadi, DUNGU: Femmes aux lèvres coupées par des militaires ougandais dits LRA
D’une part, on doit remercier la communauté internationale de reconnaître ce massacre et de promettre la justice aux victimes. Comme toujours, le gouvernement congolais se complait dans un rôle de réactionnaire aux enquêtes des ONG internationales qu’il cherche à démentir sans convaincre. On peut dire sans peur de se tromper que n’eut été les dénonciations de la société civile congolaise de la Province Orientale et des ONG internationales dont Human Rights Watch, le massacre de décembre 2009 comme celui de Noël 2008 resteraient à jamais dans les oubliettes de l’histoire officielle de la RDC.
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Mais d’autre part, on peut se poser la question de savoir pourquoi la communauté internationale représentée par les agences onusiennes a attendu si longtemps avant de focaliser son projecteur sur les massacres successifs de la Province Orientale et de menacer de traduire en justice Joseph KONY et ses rebelles de la LRA.
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La même question concerne la déclaration du Président Ougandais Yoweri Museveni Kaguta qui se dit aujourd’hui prêt à neutraliser les rebelles du LRA si la RDC le lui permettait. Qu’avait-il fait en 2008 lors de l’opération « coup de tonnerre » quand les forces ougandaises utilisèrent la ruse et la nonchalance pour faire échouer la capture de Joseph Kony ?
Joseph KONY et ses acolytes
Le pourquoi de ce regain d’intérêt pour les massacres du LRA en Province Orientale se trouve dans la découverte du pot aux roses, notamment l’alliance Museveni-Joseph KONY dans l’occupation de la province orientale.
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En effet, les rescapés des camps rebelles LRA avaient déjà mis la puce aux oreilles des activistes des droits humains et agents des ONG nationales et internationales. La MONUC ne serait pas non plus étrangère à cette alliance de la mort avec les tueurs du LRA. En effet, les rescapés de camps de concentration LRA affirment detenir des preuves accablantes sur le ravitaillement des rebelles LRA par certaines agences onusiennes. L’aide humanitaire de l’ONU profiterait aux déplacés congolais mais aussi aux rebelles de la LRA. Le comportement de la MONUC vis-à-vis des rebelles LRA en Province Orientale serait ainsi semblable à celui de la même MONUC vis-à-vis du CNDP/FDLR au Kivu. Pour l’instant, limitons-nous au cas du LRA en Province Orientale.
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Les témoignages des rescapés aux lèvres fendues et oreilles coupées au rasoir n’auraient jamais provoqué le regain d’intérêt aux divers massacres commis en Province Orientale par les soi-disant rebelles du LRA. En effet, la voix des congolais qui dénoncent la poursuite de la guerre au Kivu comme en Province Orientale reste aujourd’hui étouffée par le gouvernement congolais qui parle de paix au Nord-Kivu où les incendies des maisons, les assassinats, les braquages sur les routes, les destructions des récoltes des autochtones, les déplacements massifs des congolais, se poursuivent sans réaction conséquente de Kinshasa. Faudra-t-il que HRW en établisse un rapport accablant pour que la réaction ou le démenti de Kinshasa se fasse connaître ?
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Comme pendant le génocide du caoutchouc rouge sous Léopold II, Roi des belges, il avait fallu que des étrangers ( des protestants américains, anglais et irlandais) dénoncent les crimes contre l’humanité commis par Léopold II au Congo pour que les grandes puissances s’intéressent de près au massacre des congolais.
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Actuellement, on peut dire que plusieurs étrangers amis de la RDC ont déjà dénoncé le génocide en cours en RDC. Contrairement à l’époque de Léopold II, les dénonciations des amis de la RDC n’ont pas porté du fruit parce que « o tempora, o mores » . Les temps ont changé! Les grandes puissances parlent aujourd’hui un même langage sur le sort à réserver à la RDC. A ce complot international, il faut ajouter l’apathie ou la complicité du gouvernement congolais qui laisse toutes les initiatives de sa souverainéte aux grandes puissances. Ces dernières en profitent pour assouvir leurs propres intérêts au détriment de ceux des congolais.
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Certains analystes n’épargnent pas non plus les opposants politiques ainsi que les intellectuels congolais qui n’ont jusqu’ici rien donné comme voie alternative de sortie de l’impasse congolaise actuelle. Malade et pauvre de ses dirigeants, la RDC semble ainsi avoir abandonnée son volant aux grandes puissances pour se contenter du siège arrière de passager dans sa propre voiture.
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C’est ainsi que depuis que les massacres se commmettent en Province Orientale et au Kivu, la RDC ne diligente aucune enquête et n’entreprend par conséquent aucune action d’envergure pour assurer la sécurité des congolais et de leurs biens. Il a donc fallu que la communauté internationale reveille le dossier des massacres du LRA pour que le gouverrnement sorte de son silence. Mais notre question est ailleurs! Qu’est-ce qui pousse cette communauté internationale à réveiller une année après le dossier des massacres commis par le LRA en Province Orientale?
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La réponse avancée par plusieurs observateurs est l’avènement de Barack Obama au pouvoir aux USA qui se présente comme une opportunité offerte aux congolais pour ne fût-ce que garder le gouvernail de leur pays à la condition de démontrer un leadership fort capable de sécuriser les congolais et le business international en RDC.
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D’après une experte américaine en Politique de la Région des Grands Lacs, Tatiana Carayannis, Directrice Associée du Forum de Recherche en Sciences Sociales pour la Prévention et la Résolution des Conflits et Instructeur à l’Institut des Etudes Internationales de l’Université Ralph Bunche de New York, le jeu Yoweri Museveni et Joseph KONY a été découvert par les instructeurs militaires américains quelques jours avant le massacre de Noël 2008 en Province Orientale.
Invitée du 24 février 2010 par le Caucus Africain de John F. Kennedy School of Government de l’Université de Harvard, Boston, MA (USA), comme membre du « Panel sur la RDC : le conflit le plus meurtrier depuis la Deuxième Guerre Mondiale et son impact sur les USA », Tatiana Carayannis à partager la nouvelle qui circulerait déjà dans les couloirs de l’ONU et de la Maison Blanche.
D’après Tatiana Carayannis, des experts militaires américains qui avaient participé à l’opération de la capture de Joseph Kony auraient conclu qu’il y a complicité entre Yoweri Museveni et Joseph KONY. Quand tout était 100% prêt pour passer à l’opération de la capture de Joseph KONY, l’armée ougandaise aurait envoyé un émissaire à Joseph Kony pour lui demander de se sauver. Le jour de l’opération, l’unité spéciale ougandaise appuyée par des militaires américains n’avait trouvé personne au QG de la LRA . Cette dernière s’était scindée la veille de l’opération en trois groupes allant dans trois directions différentes. Les experts américains auraient conclu que le régime de Museveni collabore avec le LRA pour le contrôle de la Province Orientale car sans cela, Joseph KONY ne pouvait jamais se sauver du guet-en pas qui lui était tendu dans cette opération baptisée » Coup de tonnerre », une opération que la fuite de l’opération avait malheureusement transformée en simple coup de pétards.
 
Toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi une coalition armée avec l’appui des USA s’était découragée après l’échec de sa première tentative. Pourquoi la coalition n’avait-elle pas changée de stratégie pour poursuivre et atteindre son objectif ?
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Joseph KONY et sa bande ont dans leur fuite continué de massacrer les civils congolais et cela jusqu’à nos jours. C’est exactement comme les FDLR au Kivu qui survivent à toutes les opérations militaires conjointes Rwanda-MONUC-RDC pour poursuivre le massacre des civils conglolais. En effet, les opérations militaires avec les armees du Rwanda et de l’Ouganda dites plus fortes que l’armée congolaise vilipendée comme indisciplinée et non aguerrie n’ont fait que pousser les FDLR à commettre plus de crimes contre les civils congolais.
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Le 11 mars dernier, une loi a été initiée au sénat américain pour demander que l’armée américaine intervienne en RDC pour neutraliser Joseph KONY et ses rebelles du LRA. C’est derrière les initiateurs de cette loi qu’on trouvera la réponse à nos questions. En attendant le vote du sénat américain pour ou contre cette loi, on assiste à un regain d’intérêt aux massacres attribués au LRA en Province Orientale.
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Trois hypothèses découlent de ce regain d’intérêt:
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1˚. Museveni pour se maintenir aux affaires en RDC offre ses services pour neutraliser enfin son ami Joseph KONY ! En effet si les GI américains descendent eux-mêmes sur terrain en Province Orientale, les soldats ougandais qui se font passer pour rebelles LRA passeraient aux armes de l’armée américaine. Dans ce cas il vaut mieux que Museveni décroche de nouveau le marché d’intervention militaire en Province Orientale pour y protéger ses poulains et ses intérêts.
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2˚. Pour ceux qui pensent que les USA soutiennent toujours Museveni dans son occupation de la Province Orientale par LRA interposé, le regain d’intérêt au massacre de décembre 2009 et 2008 préparerait l’occasion d’un UMOJA WETU Orientale à l’armée ougandaise qui, elle aussi, à l’instar de l’armée rwandaise, entrerait officiellement en RDC avec un mandat international pour y demeurer sous les bannières des Fardc. Notez que l’Africom est déjà à pied d’œuvre dans la Province Orientale, où il formerait des soldats congolais pendant que les massacres et les déplacements forcés des populations civiles congolaises se poursuivent dans la même Province.
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3˚. Pour les partisans de l’effet Obama sur le conflit congolais, les forces vives congolaises ainsi que le gouvernement congolais devraient faire du lobby auprès du sénat américain pour que ce dernier vote en faveur de la neutralisation non seulement du LRA mais aussi des récalcitrants du CNDP, des FDLR pour mettre fin aux innombrables opérations militaires conjointes RDC-Rwanda-Uganda-MONUC qui se ressemblent dans les crimes plus atroces qu’elles provoquent contre les populations civiles congolaises. Ainsi, l’armée congolaise qui vient de redorer son blason après l’échec des multiples opérations conjointes Rwanda-Uganda-Monuc, se mettrait en bonne position pour être le seul partenaire crédible des GI américains dans la neutralisation des rebelles étrangers qui sèment la mort et la désolation à l’Est de la RDC depuis 1996.
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On pourrait assister à une intervention américaine en RDC semblable à celle qui avait mis fin aux rebellions des années 60. Les USA avaient en effet pris en charge les soldats de l’armée congolaise sous le commandement de Mobutu, mettant fin au mandat de l’ONUC ainsi qu’aux rebellions et sécessions diverses. Même si cette pacification avait accouchée d’une dictature de 32 ans, elle avait quand même permis de sauver le Congo de la balkanisation préconisée par les belges. Tout dépendra donc de la façon dont le gouvernement congolais ainsi que la classe politique congolaise dans son ensemble privilégieront l’intérêt supérieur de la nation à leurs intérêts égoïstes pour faire ensemble le lobby de la pacification de la RDC auprès de l’administration de Barack Obama qui se bat pour l’Afrique malgré la présence des opposants à sa nouvelle politique africaine dans son propre camp. Le Président Obama a besoin d’un signal fort de la R.D.Congo, une preuve que les leaders congolais aiment leur pays et sont prêts à le défendre au lieu d’accuser à longueur des journées le Rwanda et l’Ouganda. Si le Président Obama ne trouve pas au Congo les 15 cadres que cherche le Président Joseph Kabila depuis 2008, on ne serait pas surpris que Kagame ou Museveni soient maintenus aux affaires au Congo pour y sauvegarder les intérêts américains. La balle est donc dans le camp des congolais qui doivent profiter de la découverte par l’opinion internationale du mensonge de Museveni en Province Orientale et de celui de Kagame au Kivu pour reprendre le volant de la RDC.
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©Beni-Lubero Online
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