Le Lt Colonel UNEGA du CNDP arr

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La visite de sécurisation de la ville de Butembo par le Gouverneur du Nord-Kivu, Son Excellence Julien Paluku Kahongya, n’est pas de tout repos. Les hommes en armes et en uniforme militaire de l’armée nationale congolaise continuent de braver les ordres donnés par l’autorité numéro un de la Province du Nord-Kivu en se distinguant par des actes de vandalisme et des coupures des routes.
 
Hier, Mardi 29 décembre 2009, en pleine journée, le Lieutenant Colonel  UNEGA du CNDP, Comandant en chef de la base militaire de KASEGHE en Territoire de Lubero, ainsi que le peloton des militaires armés qu’il conduisait, ont été arrêtés et désarmés par la garde rapprochée du gouverneur à l’Hôtel Auberge de Butembo.
 
Vers 16h00, heure de Butembo, la garde du Gouverneur constate des mouvements suspects aux alentours de l’hôtel Auberge où le gouverneur est en plein travail de sécurisation de la ville de Butembo. Divers représentants des différentes couches sociales et associations de la ville font la queue devant le bureau du Gouverneur pour lui présenter leurs doléances et des propositions concrètes pour lutter contre l’insécurité qui a élu domicile dans la ville de Butembo et ses environs.
 
Mais en même temps, un peloton d’hommes en armes avec à la tête  le Lt Colonel UNEGA font du va-et-vient aux abords de l’Hôtel Auberge.
 
La vaillante garde du Gouverneur se rapproche de ces suspects, exigent d’eux leur ordre de mission. Le Colonel UNEGA sort un ordre de mission qui avait déjà expiré depuis 48 heures. Ensuite le Colonel UNEGA n’a pas réussi à dire ce que son peloton faisait autour de l’Hôtel Auberge en ce moment précis. D’où la suspicion ! La garde du gouverneur procède immédiatement à leur arrestation et désarmement, avant de les mettre à la disposition de l’auditorat militaire de Butembo pour des raisons d’enquêtes.
 
La veille, c’est-à-dire le Lundi 28 décembre 2009, quelques heures seulement après le grand meeting du Gouverneur au Centre-ville de Butembo, une grande opération de coupure de route et de vol à mains armées a eu lieu sur la route Butembo-Beni, au village de Kitahuha, dans la descente après la rivière Kisalala et peu avant la cité de Maboya, en Territoire de Beni.
 
Aux environs de 19h30’, les habitants du tronçon Beni- Maboya voient 5 jeeps pleines des militaires armés de lances roquettes et mitrailleuses qui roulent à vive allure vers Butembo. Ils pensent que ce sont des agents de l’ordre qui vont en mission à Butembo ou à Goma. Environ une heure après leur passage au petit marché d’ananas de Maboya, c’est un premier véhicule pillé de fond en comble de ses marchandises, argent, téléphones, montres des passagers, qui arrivera au petit marché d’ananas de Maboya avec des passagers en sanglots et ayant tout perdu. Une trentaine de véhicules, voitures, motos, ont subi le même sort de la part de ces militaires qui selon les rescapés parlaient Kinyarwanda entre eux et un peu de Swahili. Les assaillants étaient environ 150 selon l’estimation des rescapés. Ils s’étaient positionnés tout autour du lieu du braquage au point qu’il était impossible de s’échapper vers la brousse. Avec leur nombre, leur matériel militaire,  leur position en ce lieu, une équipe des patrouilleurs non avertis aurait eu du fil à retordre pour les y déloger. Leurs jeeps pimpant neuf étaient aussi bien visibles, un signe qu’ils n’étaient pas des FDLR car les FDLR n’ont pas des Jeeps. Ils n’étaient pas pressés mais opéraient en toute tranquillité, trillant des biens de valeur dont ils avaient besoin de différents chargements des véhicules. Après le braquage, plusieurs victimes ont été obligées de rebrousser chemin, leur voyage d’affaires ayant avorté.
 
Dans  la nuit du 29 au 30, des coups des balles ont été attendus au Centre-ville de Butembo. Aujourd’hui matin, les bubolais ont appris que le chef de cellule de KYAHALI avait été visité par des hommes en armes. Ce chef de cellule a déjà heureusement mis en place un système d’alerte qui a réveillé les habitants des cellules voisines. Ces derniers ont commencé le tapage, avec sifflets et tam-tam, avançant comme un seul homme vers le lieu du crime. Dieu merci, ces bandits ont détalé dans le noir sans faire des dégâts humains, mais en tirant en l’air pour se frayer un passage.
 
De tous ces faits regrettables d’insécurité pendant la visite du Gouverneur de Province, il ressort la nécessité de mettre en place des patrouilles mixtes des Policiers armés et des civils dans chaque quartier ou cellule.
 
Pour protéger le business des commerçants ambulants qui partent de Butembo vers les marchés de l’intérieur, il faudrait instaurer le système des convois des véhicules précédés et parsemés des véhicules des militaires. Ainsi par exemple, tous les véhicules qui partent de Butembo vers Kasindi partiraient au même moment du parking, sous la protection des militaires armés. Ceci permettraient aux militaires et policiers de faire leur travail de protection des civils et de leurs biens 24 h sur 24 et pas seulement faire le constat des dégâts plusieurs heures après les faits. Aussi, le fait que les immigrés clandestins qui s’infiltrent actuellement au Nord-Kivu sont armés fait de la Province un lieu où les civils congolais sont les seuls à ne pas avoir d’armes. D’où le grand danger qui guette les civils congolais qui se retrouvent au milieu des hommes et femmes en armes obéissant à divers maîtres qui, comme quelqu’un l’a si bien dit, aiment les richesses du Congo mais pas le peuple congolais. Cette militarisation du Nord-Kivu se fait au vu et au su des avocats de la démilitarisation d’hier qui se plaisent à constater sans rien faire l’invasion du Nord-Kivu par des clandestins en armes.  
Kakule Mathe
Butembo
©Beni-Lubero Online
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