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Le Major KASEREKA, alias « SALEH » du RCD-K-ML assassiné à Beni

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La famille politique du RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi, candidat numéro 8 aux élections présidentielles du 28 novembre 2011 est en deuil depuis hier Jeudi 10 novembre 2011. Un de ses fils, notamment, le Major Kasereka, alias « SALEH » a été abattu à son domicile du Quartier NTONI, Commune de Mulekera, ville de Beni, par des malfrats armés jusqu’aux dents qui opéraient ouvertement sans peur de se faire arrêter. 

Avant l’assassinat du Major Kasereka, il y a eu des scènes de pillages et d’extorsion des biens au quartier NTONI. Les tueurs voulaient certainement intimider les voisins du Major Kasereka avant de commettre leur crime crapuleux. Vers 20h30, deux malfrats armés débarquent sur une moto devant la résidence du Major Kasereka. La porte de la maison étant encore ouverte, ils sont entrés dans la maison. Le Major Kasereka était au salon. Sans dire mot, les deux tueurs ont tiré plusieurs balles sur le Major Kasereka qui est tombé et mort sur le champ. Les deux tueurs sont repartis aussitôt sur leur moto. Le corps sans vie du Major Kasereka est exposé à la morgue de l’Hôpital de Beni.

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      Ville de Beni: Rond Point du 30 Juin

L’illustre disparu était un des officiers de l’Armée Populaire Congolaise (APC) du Territoire balkanisé de « Beni-Lubero-Ituri » qui avait comme président Mzee Antipas Mbusa Nyamwisi entre 1999-2003. Lors de la réunification de la RDC, la plupart des officiers militaires de l’APC étaient restés sans fonction dans l’armée intégrée contrairement à ceux du RCD-Goma. Obligés de jouer le rôle de subalternes sous le commandement des rwandophones qu’ils avaient maintenus hors d’état de nuire au pays du RCD-K-ML entre 1999-2003, certains officiers de l’APC ont pris la route de l’exil jusqu’à nos jours. D’autres comme Major Kasereka sont restés au pays espérant comme faisaient croire les sirènes de la pacification de la région par le mixage que les choses iraient mieux. Mais, le mixage de l’armée congolaise avec les anciens miliciens du CNDP s’est révélé du jour au jour être une armée d’occupation qui reçoit ses ordres de Goma voire du Rwanda. Au lieu de sécuriser la population, cette armée d’occupation commandée uniquement par les anciens miliciens du CNDP, s’est spécialisée dans l’insécurité des congolais et de leurs biens. 

Comme si cela ne suffisait pas, presque tous les cadres administratifs de l’ancien RCD-K-ML ont été mis en dispo jusqu’à nos jours. Ils ont été remplacés par des rwandophones et alliés (collabos). Ceux qui n’ont pas voulu vivre cette déchéance ou humiliation, cas du Gouverneur Julien Paluku Kahongya, ont tourné casaque pour se prévaloir officiellement du titre de collabo ou porteurs des mallettes et cracher dans l’assiette du RCD-K-ML où ils ont auparavant mangé.

Cette suite d’événements a eu comme point culminant la sortie du RCD-K-ML de la Majorité Présidentielle au mois de septembre dernier. Mzee Antipas Mbusa Nyamwisi a quitté la MP pour se présenter comme indépendant aux élections du 28 novembre 2011. Bien que le RCD-K-ML ait présenté plusieurs candidats aux prochaines élections, dont Antipas Mbusa Nyamwisi lui-même candidat à la députation nationale en ville de Butembo, la famille politique du RCD-K-ML traverse une zone de turbulence.

La MP reprocherait au RCD-K-ML de ne pas s’impliquer dans la campagne pour la réélection de Joseph Kabila dans l’espace qui fut le fief naturel du RCD-K-ML. 

C’est dans ce climat d’incertitude et d’abandon que le Major Kasereka aurait choisi il y a quelques mois de se démobiliser pour reprendre la vie civile. Selon les proches, Major Kasereka disait qu’il était fatigué d’être dans l’armée comme un figurant mais surtout être témoin des tueries quotidiennes de son peuple et de l’impunité dont jouissent les tueurs. 

L’armée d’occupation n’aurait pas vu la démobilisation volontaire du Major Kasereka d’un bon œil. En effet, les démobilisés des Fardc comme les Mai-Mai sont la cible des tueurs à la solde de l’occupation. Les observateurs pensent que l’occupant voudrait s’assurer que Beni-Lubero est complètement sans ex-militaire, sans mai-mai, et sans armes, pour réussir son entreprise funeste. 

Le Major Kasereka passe ainsi dans l’opinion locale comme un vrai martyr de l’occupation rwandophone de Beni-Lubero. Les habitants de la ville de Beni que Major Kasereka avait défendu dans le temps contre les miliciens du RCD-Goma et du CNDP, sont indignés de son assassinat. La ville morte organisée ce matin par la société civile est un signe de cette indignation généralisée au sein de la population civile mais aussi des militaires congolais qui craignent de subir le même sort que leur ancien commandant SALEH. 

Selon les observateurs, les assassinats au quotidien dans l’espace Beni-Lubero ne provoquent pas des réactions internationales comme s’ils faisaient partis d’un plan bien connu et soutenu par cette communauté internationale. Il a fallu qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba appelle ses partisans à dépasser la peur pour libérer de force leurs camarades croupissant dans les prisons du régime de Joseph Kabila pour que cette communauté internationale, y compris la CPI, sorte de son silence complice par des réactions, des mises en garde, des menaces, etc. Etienne Tshisekedi est en effet, le premier leader politique congolais qui ait effleuré dans ses propos du week-end dernier le droit du peuple congolais à son auto-défense et à sa libération d’un pouvoir dictatorial. Le peuple, souverain primaire dans toute démocratie, a le droit de s’organiser pour mettre fin au terrorisme d’Etat, il a le droit de terroriser les terroristes de l’Etat, il a le droit de se défendre. La complicité de la communauté internationale dans l’anéantissement du peuple congolais n’est donc plus à démontrer. 

Cette communauté internationale n’a jamais condamné les 8 millions des morts congolais depuis l’agression rwando-burundo-ougandaise, les assassinats des Kivutiens par Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda du CNDP, l’afflux des rwandais depuis 2009 sur le territoire congolais, etc. 

Entre les paroles appelant le peuple à son auto-prise en charge et les actes de tuerie du peuple congolais, il semble que pour la communauté internationale l’appel à l’auto-défense est plus condamnable que le massacre de 8 millions des congolais dont personne jusqu’à ce jour n’a été condamné. 

Obède Bahati

Beni

©Beni-Lubero Online

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