Le non-dit de l

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Il n’y a pas de fumée sans feu, dit un adage. La population congolaise du Nord-Kivu attend connaitre le feu qui couve sous la fumée noire du mixage des troupes des Fardc avec les rebelles de Nkunda.
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Le fait que l’accord ayant décidé de cette opération ait été conclu hors camera et hors micro, dénote tous les contours de ce que plusieurs qualifient de messe noire avec Paul Kagame comme Grand Prêtre et les délégués de Joseph Kabila comme acolytes. En effet plusieurs questions se posent au sujet de cet accord conclu en huis clos et qui rappelle l’accord mythique de Lemera dont on n’a jamais connu les tenants et les aboutissants. Pourquoi avoir précipité la conclusion d’un accord avec un rebelle ayant endeuillé le Kivu pendant plus de trois ans ? Pourquoi les négociateurs n’ont pas attendu l’installation du nouveau gouvernement ? Toutes les autres questions en rapport avec l’amélioration des conditions de vie des congolais attendent dans les tiroirs des ministères la mise en place du Gouvernement de la Troisième République. Mais le cas Nkunda vient d’être expédier loin de toute justice à l’égard des milliers des victimes dont il est le bourreau. Même la solution de la réconciliation à l’instar de la recette Sud Africaine qui avait privilegié l’aveu des crimes par les bourreaux de l’Apartheid à toute autre forme de justice,  aurait procedé autrement, par exemple, en utilisant une forme traditionnelle de résolution de conflit chez les Hunde, Nyanga, Nande, Shi, Lega, Fulero, etc. Pour guérir les blessures provoquées par les massacres de populations du Nord-Kivu, il faut, si pas la justice et la réparation, du moins un processus communautaire au cours duquel, devant des témoins nationaux et internationaux, les bourreaux et leurs victimes s’emploieraient dans la sérénité à rétablir la vérité des faits , à s’amender moralement et à honorer la mémoire des vies innocentes fauchées. L’exemple du Rwanda qui a érigé des monuments et des tribunaux Gachacha en mémoire des victimes du génocide de 1994 devrait inspirer l’Etat Congolais dans sa recherche de la paix durable au Nord-Kivu apres les nombreux massacres des populations congolaises par Nkunda. Privilégier une justice expéditive dans le dossier Nkunda c’est non seulement fouler aux pieds la mémoire des victimes mais aussi consacrer l’impunité et l’arrogance des hommes en armes. L’accord conclu avec Nkunda sent l’inachevé et suscite beaucoup de questions au sein de la population Nord-Kivutienne.
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L’inquiétude de la population du Nord-Kivu est montée d’un cran quand des agents de la CONADER ont révélé à la Radio Okapi que l’opération d’identification tire en longueur parce que la majorité des rebelles de Nkunda concernés par l’opération dite de Mixage ne parlent que Kinyarwanda. A part cette difficulté de langue, ces rebelles de Nkunda ne présentent aucune carte d’identification, aucun document d’Etat Civil ou de profession pouvant témoigner d’une quelconque appartenance à la nation congolaise. C’est à peine croyable qu’une rébellion âgée de plus de trois ans n’ait pas songé à doter ses troupes de quelques documents d’identité. Ces révélations des agents de la CONADER confortent les Nord-Kivutiens dans leur thèse selon laquelle parmi les rebelles de Nkunda se cachent des étrangers qui sont entrain d’acquérir la nationalité congolaise par la magie du mixage. D’après la même source, parmi ces rebelles étrangers, on compterait plusieurs jeunes en âge de combattre recrutés dans les milieux Tutsi de la sous-région des Grands Lacs. Ces revelations troublantes sont à la base des spéculations sur l’après mixage, spéculations selon lesquelles, après le déploiement de cette armée mixée, on assisterait au déploiement des colonies de peuplement tutsi au Nord-Kivu. Les Fardc congolais présents au Nord-Kivu, ne joueraient plus qu’un rôle de figurant, le commandement et la logistique de la huitième région militaire étant entièrement entre les mains des rwandophones ou des rwandophiles.
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D’après des sources proches de centres de mixage, les anciens rebelles de Nkunda vont être disséminés dans toute la province du Nord-Kivu. Ainsi après Rutshuru, le mixage aura lieu à Kanyabayonga, Lubero, Butembo, Beni, Iringeti, Mambasa, Mutwanga, pour ne citer que les villes et cités de Beni-Lubero. L’histoire récente nous rappelle que plusieurs fois les rebelles de Nkunda ont frappé sans succès à la porte de Beni-Lubero, notamment à Kanyabayonga, Kirumba, Lubero… Le mixage se révèle ainsi comme la formule trouvée pour finaliser l’occupation militaire du Nord-Kivu par des militaires rwandophones qui croient qu’ils ne peuvent servir le Congo qu’en œuvrant seulement au Kivu ou pas très loin du Rwanda. Toutes les lois de l’armée ne s’appliquent pas aux rebelles de Nkunda qui visiblement constituent une armée dans l’armée.
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Dans la mesure où toutes les aventures d’agression du Congo ont toujours commencé par des rumeurs à peine croyables qui s’avèrent vraies en fin de compte, ce qui se passe actuellement au Nord-Kivu mérite des investigations sans complaisance de l’Exécutif Provincial et des Forces Vives de la Région pour éclairer l’opinion provinciale et nationale.
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Rigobert Kanduki
Rutshuru
Beni-Lubero Online

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