Les Congolais de Florence c

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Il y a 47 ans, la Belgique accordait l’indépendance à la République Démocratique du Congo. La diaspora r.d. congolaise a marqué d’un point d’orgue cette journée nonobstant le quasi immobilisme dont d’aucuns accusent le gouvernement Gizenga qui, pourtant, a promis monts et merveilles si chacun s’engage pour la reconstruction du pays. Celle-ci passe par les fameux cinq chantiers. Les congolais sont fatigués des promesses en dépit des richesses fabuleuses comme chante bien le musicien italien Gigi d’Alessio

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Le 30 juin à Florence (Italie) : Giuliano, le congolais
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Tous l’appellent “le Congolais”. Un surnom qui signifie beaucoup tant il s’agit d’un assomptionniste italien, P. Giuliano Riccadonna, ancien missionnaire au pays de Lumumba. Tous lui reconnaissent le mérite d’avoir rassemblé, en ce 47ème anniversaire de l’indépendance de la R.D.Congo, pour une messe chaleureuse d’action de grâce au rythme du tambour et d’autres instruments à la congolaise et « una cena africana », c’est-à-dire « un dîner africain », la communauté congolaise de Florence, la SOFRABBI (Solidarité et Fraternité de Butembo-Beni) ainsi que les amis de la RDC.
« Le repas était délicieux », a affirmé Fabio, un jeune italien qui est tombé amoureux de la RDC. Oui, les mamans r.d. congolaises, avec tout leur amour, ont préparé le plat de leur pays d’origine qui a régalé les hôtes, qui ont oublié, au moins pour un instant, le goût de la « pasta italiana ». Une d’elle n’a pas caché elle aussi sa satisfaction : « Je suis contente qu’il n’y ait pas de restes ». En effet, le plat vide après le repas, voilà ce qui honore la cuisinière.
L’ambiance était vraiment de fête en ce 30 juin à Florence. Un repas copieux servi à la congolaise, des pas de danses au rythme de la musique traditionnelle et moderne congolaise, des colloques interpersonnels entre congolais et italiens amis du Congo et/ou des r.d. congolais- tout dépend de votre point de vue-, voilà comment l’indépendance du géant de l’Afrique centrale a été honorée par sa diaspora. Amour de la patrie pour les congolais. « Je n’oublierai pas cette soirée. Elle est, pour moi, une véritable rencontre interculturelle qui nous permet de sortir de notre enfermement sur nous-mêmes pour rencontre l’autre », témoigne Teresa, une vieille dame italienne à la retraite.
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Indépendance confisquée ?
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Célébrer le 30 juin avec tant de fastes ne va pas sans poser des questions, et, disent certains, des vraies questions. D’aucuns se plaignent du bilan négatif des 47 ans de souveraineté internationale. Et pour cause, ils posent la question : « vaut-il la peine de fêter l’indépendance quand bien de pesanteurs maintiennent encore nos fronts toujours courbés ? »
« L’indépendance est une tâche », a expliqué l’Abbé Crispin Otshudiema, prêtre du Diocèse de Tshumbe (RDC) qui a présidé la messe d’action de grâce. Pour lui, même le peuple élu avait dû faire cette expérience après la libération de l’esclavage d’Egypte. A part la déportation à Babylone, les incursions répétées des philistins, la domination romaine etc. sont des pesanteurs dont les juifs devaient se libérer après la grande libération. Après la libération, il y a donc des libérations à faire. Néanmoins ce n’est pas tout imposteur qui s’improviserait libérateur !
L’indépendance ne doit donc pas rester le fait d’un passé dépassé, mais un passé toujours présent qui nous porte, nous mobilise et nous élève.
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Faire la politique autrement
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Et si au cœur du mal r.d. congolais se trouvait non la corruption tant décriée ni le clientélisme et le tribalisme, mais un excès d’égoïsme, voire d’égocentrisme ? Les r.d. congolais ne sont-ils pas gagnés par la publicité de Vodafone « Tutto intorno a me » ce qui signifie littéralement « Tout autour de moi » ?
Ainsi, pour réduire le fossé grandissant entre les citoyens r.d. congolais, cela exige un sacrifice pour les uns en vue du bien des autres. Sont-ils prêts à y consentir ? Le partage des richesses est, disons-le, la condition sine qua none des changements tangibles qui pourraient intervenir dans un avenir proche. L’indépendance c’est aussi cela : la transparence dans la gestion de la chose publique, un gouvernement démocratiquement élu qui met le citoyen au cœur de la politique. Tel est l’atout majeur qu’il sied de capitaliser. Bref, l’indépendance c’est se libérer aussi du prédateur national.
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Le président de la république a raison d’alerter les politiques congolais des mesures exemplaires qui seront prises à l’endroit de ceux qui auront péché contre la bonne gouvernance. Mais la sanction, la plus efficace, sera celle des citoyens congolais qui, dès lors- cela depuis les dernières élections démocratiques-, sont décidés à prendre à bras le corps la destinée de la nation.
Pour que cette date à jamais inoubliable de l’accession à la souveraineté internationale reste un ressort pour l’avènement d’un Congo « plus beau qu’avant », il faut faire la politique autrement.
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P. PALUKU MAYANI Adélard, a.a.
Florence ( Italie)
Beni-Lubero Online
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