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Les FARDC utilisent leurs agresseurs pour la pacification de la RDC

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Prévenir l’Ouganda des éventuels dégâts collatéraux à la traque des ceux qu’on appelle « ADF-NALU », tel était le but principal d’un tête-à-tête entre le Chef d’Etat Major Général des Fardc, Mr Didier Etumba et son homologue de l’armée Ougandaise (UPDF), Mr Katumba Wamala (sic !) mardi 14 janvier 2014 en ville de Beni en présence de la MONUSCO. Cet entrevu s’inscrit dans le cadre de préparer conjointement le lancement de l’opération de traque de ces Ougandais par les Fardc et les Updf assistées des casques-bleus de la MONUSCO ».

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Photo archive Beni-Lubero Online

A en croire au récent rapport des Nations-Unies sur le Conflit à l’Est du Congo, c’est l’Ouganda et le Rwanda qui soutiennent les ADF-NALU (…). Pour les populations qui vivent dans les zones déjà occupées par les agresseurs, c’est l’armée régulière de l’Ouganda qui se déguise en ADF-NALU pour exploiter la richesse du sol et du sous-sol congolais.

Il faut comprendre que l’Ouganda s’est suffisamment préparé pour cette guerre. Des dispositifs sont déjà bien érigés : à moins de 30 km de la frontière, un Camp des refugiés congolais devant fuir leur pays a été installé à BUBUKWANGA par la CICR et le Gouvernement ougandais, une semaine avant l’attaque de KAMANGO du 11 Juillet 2013 par KAMPALA sous le label « ADF-NALU ». Pour cette attaque, la Police ougandaise avait apprêté ses véhicules à la frontière (à BUTOGO, BUSUNGA et NYAUKA), pour évacuer les congolais au Camp de BUBUKWANGA où tout était fait prêt pour les y accueillir.

A BUBUKWANGA toujours, nombreux refugiés sont surpris de lire la joie des opérateurs économiques ougandais.  Ces derniers qui ne cachent pas leur sentiment indiquent qu’un journal officiel (ougandais) qui venait de paraitre faisait état de la prochaine cession par la RDC jusqu’à 80km (vol d’oiseau) de terres frontalières de l’OUGANDA, conformément aux accords à signer avec le M23. Ils disent qu’ils étaient presque déçus lorsque le Gouvernement Congolais s’était refusé de signer ledit accord.  Et s’ils se réjouissent maintenant, c’est du fait que leur armée (UPDF) se soit résolue de recourir à la force, en déployant ses militaires dans la Chefferie de WATALINGA (dont KAMANGO est le chef-lieu), car bientôt ils l’exploiteront sans aucune inquiétude.

Pendant ce temps, les quelques réfugiés qui ont osé risquer leur vie en Ouganda sont presque délaissés ; une petite prise en charge est assurée pour 2 jours. La bouillie de maïs (kaunga) est délivrée le matin et le soir un repas médiocre de haricot ou de petit-pois est offert aux refugiés. En réalité le Camp de BUBUKWANGA a été érigé comme camp de transit, car le véritable Camp est entretenu à KYANGWALI, en District de HOIMA (OUGANDA), à au moins 300km de la RD Congo.  De gros bus ont été mobilisés par le Gouvernement ougandais pour évacuer les refugiés vers cet endroit.

Ce gigantesque Camp abritant les réfugiés rwandais, soudanais et congolais (du Territoire de RUTSHURU) est situé non loin de la Valée de KIVALE où se trouve jusqu’à ce jour le Centre de Formation militaire de nombreux éléments du M23 qui se préparent à prendre assaut sur la RD Congo.

Dans ce Camp de KYANGWALI, tous les dispositifs étaient déjà mis en place pour obliger les nouveaux venus à souscrire à la vie de refugiés, sans moindre intérêt qu’ils retournent aussitôt. Le Bureau du Premier Ministre ougandais (Office of Prime Minister, OPM) a déjà
sa représentation pour l’enregistrement des refugiés, les Agences des Nations Unies et Organisations dites Humanitaires (UNCHR, PAM, OIM, CICR, OXFAM, MSF, AAH, ADRA, Save the Children,…) se comptent en dizaine et ont du boulot ; ils œuvrent pour persuader les refugiés à y demeurer le plus longtemps possible.

Le paquet mensuel donné à chaque refugié est notamment : 11,5kg de farine de maïs, 2kg de petit-pois/haricots, une bouteille d’huile végétale,  1,5 kg de farine de soja. A cela s’ajoute une portion de terre de 50x50m, une houe, une machette, une pèle, une bâche et
quelques stencils pour la survie quotidienne.

Comment alors celui qui est considéré comme « ennemi » de la RDC sera-t-il associé dans la traque de ses propres éléments ? Question embarrassante ! Convaincue que l’Ouganda fait partie du problème qu’il faille à tout prix résoudre pour mettre fin à la guerre de l’Est de la RD Congo, la population estime que cette manœuvre, planifiée sous la bénédiction de la Communauté Internationale représentée au pays par la MONUSCO, est une nouvelle forme de trahison. Ceux qui planifient l’agression de la RDC ne parviennent pas à comprendre comment les Nande (Yira) du Congo et les Konzo (Yira) de l’Ouganda, tout en partageant la même frontière, la même langue et les mêmes traditions, sont les plus hostiles à la balkanisation de la RD Congo. C’est ce qui justifie l’acharnement actuel contre les chefs coutumiers.

En effet, dans l’intervalle de 6 mois, 7 sont déjà assassinés par le régime de MUSEVENI :

–          Un Chef de Groupement : Mr  Nelson BALIEBULIA KWAMBUKA de BAWISA, tué le 11 juillet 2013 ;

–          3 Chefs de localités : Mr  MPIGWA NGEYISILIA de KAHONDO tué le 10 janvier 2014 ; Mr JOHN MIVEBO de BUNKOKO assassiné le 25 décembre 3013 et Mr MAGULU NAMUSOMA de KITIMBA, abattu le 12 juillet 2013 ;

–          3 Chefs de villages : Mr MASUMBUKO SINDANI de BUVATA, tué en octobre
2013 ; Mr SIMEON KUBEWA de KITIMBA 4, assassiné le 13 décembre 2013 et
Mr BWANAKAWA KIBALENGA de MAMPAGHANI en Groupement BATALINGA, assassiné le 06 septembre 2013.

Ceux-ci sont victimes de leur refus de comploter avec le Président ougandais dans son plan d’annexion ou d’occupation. Ainsi, l’usage de la force (UPDF, M23, ‘ADF-NALU/AL-SHEBAAB’) est mise en contribution et ce, curieusement, avec l’accompagnement de certaines organisations dites humanitaires et de la MONUSCO. En finir avec les coutumiers attachés à leurs terres traditionnelles, amener la population loin de la frontière, détruire les archives de la chefferie, les infrastructures de bases (hôpitaux, écoles, routes, habitats,…) pour que personne ne songe plus y retourner et que tout soit ainsi laissé à la merci des ougandais et des rwandais intoxiqués par des régimes belliqueux, c’est quand même inadmissible.

Si le Gouvernement Congolais n’est pas contraint par la Communauté Internationale représentée au pays par la MONUSCO à accepter ce schéma, alors il se trompe donc de cible, croyant qu’il peut mener des opérations conjointes avec l’Ouganda pour pacifier l’Est congolais en agression et en voie d’occupation.

Me Omar KAVOTA et Edgar MATESO

Beni

©Benilubero Online

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