Les Hutu Rwandais rapatriés au Rwanda sont de retour à Walikale

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Un fonctionnaire de l’Etat de Walikale qui s’est confié sous le sceau de l’anonymat à la rédaction de Beni-Lubero Online (BLO) s’est dit préoccupé de la gestion du retour des refugiés congolais et du rapatriement des refugiés rwandais au Rwanda qu’il qualifie d’un trafic à sens unique. Chaque fois que des refugiés Hutu Rwandais sont rapatriés vers le Rwanda dans le cadre du programme onusien dénommé DDRR, ils reviennent dans le territoire de Walikale un ou deux mois après. Ce qui est surprenant d’après cet hôte de BLO, c’est le fait que leur retour ne fait aucun problème aux agences de l’ONU sur terrain. A la question de savoir ce que fait le gouvernement congolais sur terrain à Walikale pour résoudre ce problème, l’hôte de BLO a répondu que le CNDP fait la loi dans le territoire de Walikale qui semble échapper totalement au gouvernement de Kinshasa. Après deux semaines dans le territoire de Lubero, l’hôte de BLO a vu le territoire de Lubero sur la même voie que celle du territoire de Walikale, notamment la concentration de tous les pouvoirs entre les mains des commandants militaires issus du CNDP qui ne font rien pour sécuriser les populations civiles et qui de fois sont soupçonnés de jouer aux FDLR pour massacrer les congolais. BLO publiera dans les prochains jours un reportage détaillé sur la situation en territoire de Walikale. Pour l’instant, limitons-nous au retour des FDLR à Walikale après leur rapatriement vers le Rwanda par les organismes onusiens.

Le retour en R.D.Congo des refugiés Hutu Rwandais rapatriés au Rwanda pose le problème de leur motivation, de la securité des frontières congolaises, et de la crédibilité même du programme DDRR de l’ONU. 

La révélation de l’hôte de Walikale rappelle la polémique de la semaine dernière sur la nationalité de 26 personnes cantonnées à Mutobo au Rwanda que ni le Rwanda ni la R.D.Congo ne reconnaissent comme leurs citoyens. Et pourtant, l’ONG PAREC du pasteur Mulunda les avait recrutées comme Hutu Rwandais au Nord-Kivu avant de les délocaliser au Katanga ? Si l’on en croit le témoignage de ces apatrides qui se disent congolais, on peut dire que ni la R.D. Congo, ni le Rwanda, ni le Parec du pasteur Mulunda, ne maîtrisent vraiment la démographie des refugiés au Nord-Kivu. La R.D. Congo semble avoir accepté sous pression le fait qu’elle a des citoyens refugiés au Rwanda, au Burundi, et en Ouganda sans en savoir le nombre exact. Tous les chiffres disponibles de ces refugiés viennent de Kigali. Les circonstances de leur départ de la R.D.Congo n’ont jamais été élucidées pour savoir qui est parti d’où et quand…

Le cas de 26 personnes qui disent s’être déclarées Hutu Rwandais des FDLR pour bénéficier des 50 US$ du Parec du pasteur Mulunda en dit tout. Avant de défiler devant le pasteur Mulunda, chacune d’elles recevaient d’une source non-encore identifiée un fusil pour prétendre appartenir aux combattants FDLR. Le pasteur Mulunda ne connaissant pas le terrain glissant du Nord-Kivu acceptait ce qu’un protocole constitué pour le besoin de la cause lui présentait. A plus de la solde des militaires congolais plusieurs fois détournée par l’hiérarchie militaire du Nord-Kivu, le fonds du Parec est allé ainsi dans les mêmes poches sans accomplir la mission escomptée. Il en est de même des dons des millions des dollars des occidentaux accordés au Congo pour la reconstruction et la stabilisation du Kivu. Les déplacés congolais de Beni-Lubero meurent de faim au point que l’on se demande à qui profitent ces dons des millions des dollars  au Kivu annoncés tambour battant par l’Occident? Qui les gèrent sur terrain? Thomas Hobbes n’avait-il pas raison quand il disait que « La force et la ruse sont, en guerre, les deux vertus cardinales ? »  (Extrait du Léviathan, 1651). Les rwandais qui parviennent à financer leur guerre d’agression et d’occupation de la R.D.Congo avec l’argent congolais semblent être dans ce sens plus hobbesiens que les dirigeants congolais qui se font prendre plusieurs fois dans le même piège du renard rwandais. En effet, les dirigeants semblent manquer à la fois la force et la ruse.

Le témoignage de 26 recrus du Parec atteste deux thèses. Primo : l’existence des Faux FDLR dans la région. Secundo : le faux combat contre les FDLR.

C’est ainsi que, selon la dernière révélation reçue de Walikale, les Fardc issus du CNDP contrôlent de facto tout le territoire de Walikale. Ils sont bien armés et prépareraient le terrain plus pour les rapatriés devenus refugiés ou retournés du Rwanda et de l’Ouganda que pour sécuriser les congolais. Ce contrôle militaire des Fardc issus du CNDP concerne les quatre provinces de l’Est de la R.D.Congo, à savoir, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et la Province Orientale. 

Selon l’informateur de BLO, toutes les violations des droits humains déplorées à Walikale peuvent être mises sur le compte des Fardc issus du CNDP, la région n’ayant pas vraiment des vrais Mai-Mai connus de la base et avec une capacité militaire. Ainsi, les prises d’otages attribuées aux Mai-Mai Cheka de Walikale sont perçues par les observateurs locaux comme des montages des Fardc issus du CNDP pour faire passer dans l’opinion nationale et internationale une nouvelle thèse, celle du terrorisme des Mai-Mai du Nord-Kivu. Le montage aurait comme objectif d’attirer l’attention des USA qui ne lésinent pas sur les moyens militaires pour venir en aide à quiconque prouve qu’il est combattant du terrorisme international. Le fait que dans la deuxième prétendue prise d’otages il y ait eu trois victimes américaines renforce l’idée d’un montage pour une consommation américaine. En effet, les observateurs se demandent comment des Mai-Mai avec des bâtons comme armes parviennent à prendre des otages sur la seule piste d’aviation du territoire de Walikale bien sécurisée par les Fardc issus du CNDP ? Comme certains l’avaient prédit, la fin de la guerre contre les FDLR transformés aujourd’hui en refugiés congolais du Rwanda, laisserait la place à la guerre contre des Mai-Mai, que ces derniers existent ou pas car l’ennemi les créerait de toutes pièces pour le besoin de sa cause. En effet, la guerre contre les Mai-Mai accusés de terroristes permettrait à l’ennemi d’obtenir la couverture internationale dont elle a besoin pour « génocider » les populations congolaises assimilées aux Mai-Mai. 

Revenant sur le problème du retour des rwandais au Nord-Kivu, un constat a déjà été fait dans les territoires de Rutshuru et de Masisi où des anciens militaires du RCD-Goma avaient disparus du Nord-Kivu pour revenir quelques mois plus tard habillés en militaires du CNDP prêts au mixage avec les Fardc. Les écrits du chercheur américain Wayne Madsen révèlent l’existence des camps militaires à Cyagungu et à Mudende au Rwanda pour la formation militaire et idéologique de tous les militaires appelés à jouer un rôle dans l’occupation et le pillage de la R.D.Congo. Ces camps militaires serviraient aussi au recyclage des FDLR qui étaient officiellement rapatriés par la Monuc mais qui sont entrain de revenir au Nord-Kivu comme refugiés congolais revenant du Rwanda. 

La formation militaire et idéologique que ces Hutu rwandais rapatriés au Rwanda par le DDRR vont subir dans des camps militaires au Rwanda s’apparenterait à un véritablement lavage de cerveau pour faire oublier aux Hutu la condescendance des Tutsi à leur égard. Les formateurs internationaux chargés de ce reformatage mental promettraient monts et merveilles aux Hutu s’ils acceptent de vivre en harmonie avec les Tutsi dans l’espace congolais. En effet, la loi démographique étant désavantageuse aux Tutsi qui ne sont pas assez nombreux pour former une solide armée pour l’occupation de l’Est de la R.D.Congo. Seuls les Hutu de la diaspora continueraient de dénoncer ce rapprochement sur le sol congolais comme une dernière arnaque des Tutsi qui continuent à maintenir les Hutu sous la tutelle Tutsi au Rwanda.

Une fois le reformatage mental et le recyclage terminés, les lauréats sont renvoyés au Congo pour sévir contre les tribus congolaises.   Ceux qui les connaissaient avant les appellent toujours FDLR sans savoir qu’ils ont déjà entretemps subi un lavage de cerveau pour servir une autre cause. Et c’est cela le pot aux roses du phénomène FDLR, un alibi servant à l’occupation militaire du Kivu et que l’ennemi utilisera jusqu’à ce que les congolais le dénonce et le prouve faux. 

Ce transfert des populations rwandaises du Rwanda vers la R.D.Congo s’était intensifié à partir de Février 2008, quand le Président Joseph Kabila accepta contre la volonté du Président de l’Assemblée Nationale Vital Kamerhe, l’entrée officielle de l’armée rwandaise en R.D.Congo soit disant pour traquer les FDLR et pacifier l’Est de la R.D.Congo. Pacifier l’Est de la R.D.Congo par les armées du Rwanda et de l’Ouganda, c’est comme envoyer des soldats indiens et pakistanais pacifier le Kashmir ? Impossible. C’est ainsi qu’après Vital Kamerhe, les populations congolaises du Nord-Kivu avaient dénoncées ces opérations militaires conjointes avec le Rwanda et l’Ouganda. L’insécurité grandissante dans la région leur donne raison. L’accompagnement des militaires rwandais par leurs femmes, leurs enfants, et leurs vaches lors des opérations militaires conjointes était un signe clair d’un transfert des populations en cours. La question que tous se posaient était de savoir si les femmes, les enfants et les vaches venaient aussi participer à la guerre contre les FDLR ?

Les opérations militaires conjointes ouvraient la voie aux colonies de peuplement des rwandais à l’Est de la R.D.Congo. L’attaque contre les FDLR n’était qu’un alibi. En effet, selon les militaires congolais qui étaient supposés participer à ces opérations, les militaires rwandais n’avaient participé à aucune opération conjointe sur le sol congolais. Ils allaient dans les régions minières où ils s’installaient avec leurs femmes et leurs vaches. A la fin de ces opérations bidon, on annonça tout simplement que les FDLR avaient été dispersés dans la forêt congolaise et on organisa pour amuser la galerie une grande fête du retour au Rwanda des militaires rwandais. Mais avec une frontière sous contrôle du CNDP, un départ des militaires rwandais peut toujours s’accompagner d’un retour, et vice-versa. D’où l’expression des militaires rwandais sans frontières ( et des vaches rwandaises sans frontières).  

Parmi les militaires venus du Rwanda pour participer aux opérations militaires dites conjointes, les militaires patriotes congolais déployés au Nord-Kivu avaient remarqués la présence des anciens militaires du RCD-Goma qui étaient devenus militaires rwandais. Nous citons, à titre d’exemple :

–          le Major Mboneza, un ancien de l’armée du RDC/Goma qui est revenu au Nord-Kivu comme colonel de l’armée rwandaise.

–          Le colonel Makenga, un ancien de l’armée du RDC/Goma et du CNDP de la Brigade Bravo de Rutshuru (Runyoni/Bunagana) lors du mixage avec les Fardc. Lors de l’entrée officielle de l’armée rwandaise en 2008, il était revenu comme Colonel de l’armée ruandaise.

     – Le Major Shamba, un ancien de l’armée du RCD/Goma et du CNDP où il était chef de poste de Rubare, Katale et Chengerero. Il était revenu comme Colonel de l’armée rwandaise. 

Les congolais n’ont pas oublié non plus les preuves de la présence des citoyens rwandais dans l’armée congolaise que le Général Jean-Claude Kifwa alors commandant de la 9e région militaire avait dénichés à Kisangani et présentés vendredi 18 avril 2008 à la presse. Il s’agissait du lieutenant Nibutchimala qui était passé aux aveux disant qu’il voulait regagner son pays le Rwanda. Il avait atterrit à Kisangani dans le cadre du brassage avec les militaires du CNDP. L’adjudant Munyazi avait été reconnu par un des instructeurs du centre de brassage comme ayant été rapatrié au Rwanda en mai 2007 par la Monuc, sur sa propre demande. Il s’est retrouvé au camp Lukusa comme élément de la 15e brigade avant de reconnaître son appartenance au CNDP. 

Tous les cas ci-haut cités n’ont jamais provoqué de la part de la R.D.Congo et de la Monuc une enquête sur la gestion du DDRR et le rapatriement des réfugiés Hutu rwandais au Rwanda. Il en est de même du phénomène FDLR, LRA, ADF/NALU, des mouvements rebelles étrangers qui surgissent partout où l’ennemi a besoin de leur service pour se couvrir. En effet, on ne sait rien de ces mouvements rebelles qui ne sont connus que par les medias de l’ennemi qui les traitent exactement comme la nébuleuse terroriste de l’Al-Qaïda qui est partout où l’empire veut frapper.   Le gouvernement congolais a malheureusement succombé à cette supercherie en choisissant l’opacité comme mode de gestion des refugiés rwandais et congolais à la frontière de la R.D.Congo avec le Rwanda et l’Ouganda. 

Le phénomène du retour des FDLR au Congo, des soldats rwandais sans frontières (ainsi que les vaches rwandaises sans frontières) au vu et au su des organismes onusiens et du gouvernement congolais est ainsi la dernière supercherie du conflit congolais qui n’a pas fini de révéler ses couleurs. 

La faiblesse de la R.D. Congo réside dans ses accords secrets avec le CNDP, le mixage des troupes du CNDP avec les Fardc, le déploiement des Fardc issus du CNDP dans la région qu’ils convoitaient avant le mixage, le contrôle des frontières congolaises avec le Rwanda et l’Ouganda par une police des frontières et des agents de l’immigration issus du CNDP.

A la lumière de ce qui précède, on peut dire que politiquement et militairement, l’Est de la R.D.Congo est sous occupation militaire des rwandophones. Mais l’administration effective des populations congolaises constitue toujours un blocage. C’est pourquoi ces populations congolaises sans défense constituent la cible privilégiée des attaques des tueurs professionnels largués dans la région pour pousser les populations congolaises à la soumission au diktat rwandais. Si la corruption a obtenu le silence de plusieurs politiciens, églises, et élus du peuple, la grande masse résiste car personne ne peut corrompre tout un peuple. C’est de cette masse populaire non encore corrompue que doit naître sans tarder les libérateurs de la R.D.Congo. 

©Beni-Lubero Online

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