Les masques de la complicité sont tombés : des miliciens de la CODECO entrent triomphalement à Bunia.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

 

Beni Lubero online l’a toujours dénoncé. Et la preuve tangible a été offerte à la population de la ville de Bunia ce matin quatre septembre 2020. En effet, un groupe d’une dizaine des miliciens de la CODECO a traversé librement la ville jusqu’aux environs de la prison de Bunia.

Rappelons en passant que ces miliciens de la CODECO, version iturienne des soi-disant ADF-NALU de Beni et visage locale des génocidaires kabilistes et rwandais, sont en train de commettre un véritable génocide, dénoncé par des ONG des droits de l’homme, par la société civile et par d’autres organisations, sauf par le gouvernement de la RD Congo. Aucune surprise, évidemment.

Comme cela se vit à Beni depuis plus de cinq ans, des milliers de dollars ont déjà été dépensés dans des soi-disant opérations militaires contre la CODECO, alors qu’en réalité, comme cela n’est plus à démontrer, les FARDC et la CODECO sont des partenaires et amis.

Voici quelques observations importantes.

1º. En tant que rebelles, ces miliciens sont supposés être en conflit avec les FARDC. Aujourd’hui on nous parle de cantonnement des miliciens de la CODECO. Comment y ont-ils des armes de tout genre ? Et pour quel objectif sont-ils cantonnés, si cela est vrai ?

2º. S’ils sont entrés librement dans la ville de Bunia, cela fait preuve d’une haute complicité de la part de tous les services de la sécurité. C’est une véritable trahison. A voir comment ces miliciens ont été accueillis et protégés par les différents services de sécurité, on peut tout simplement constater qu’il s’agissait d’une visite entre deux groupes amis. D’ailleurs, en voulant manifester son mécontentement, la population a été dispersée sévèrement, alors que ces miliciens étaient plutôt surprotégés.

En définitive, la population congolaise et internationale doit le savoir : face à la passivité, à l’inaction ou complicité du gouvernement, l’insécurité à l’Est de la RD Congo va continuer, car elle est entretenue à partir de Kingakati et de Kigali. Et la version actuelle des FARDC présentes dans ces zones ne fait que partie du problème.

Par conséquent, la population doit apprendre à se prendre en charge. Le salut ne viendra pas facilement d’ailleurs. La population de l’Est de la RD Congo est abandonnée à la fois par la communauté nationale et internationale.

ITURI : LA CODECO EST UNE MAIN CACHÉE DU RWANDA
« Derrière les conflits en Ituri, se cache un projet concocté par le Rwanda et Kabila de création d’une base militaire rwandaise des RDF en Ituri sous contrôle des troupes FARDC loyales au Rwanda. Outre l’occupation de la région, l’autre objectif est de déstabiliser le régime ougandais de Yoweri Museveni à partir de la RDC ». L’hypothèse de livrer la province de l’Ituri aux batailles militaires similaires à celles qui ont eu lieu en juin à Kisangani en 2000 n’est pas à exclure, nous indiquent nos sources. « Mais pour l’instant, le Rwanda tient à contrôler l’Ituri en implantant dans les territoires de Djugu et d’Irumu les ex-FDLR rapatriés au Rwanda sous de fausses identités des Banyabwisha. Ce sont ces Hutu rwandais qui ont déclenché les massacres à grande échelle contre la population de la communauté Hema vers 2017 pour créer une tension interethnique entre les communautés Hema et Lendu. La deuxième stratégie est d’utiliser la milice lendu FPRI (Force de résistance patriotique de l’Ituri), à s’allier aux tueurs rwandais installés dans les localités de Chabi, Boga et Mitego pour intensifier les attaques contre les Hema tout en élargissant leurs attaques sur tous les Nilotiques et autres Bantous qui ont accueilli les Hema dans leurs entités. C’est pourquoi les CODECO n’ont pas hésité à massacrer les Alurs, les Mambisa, les Banyalis et les Ndoo, respéctivement dans les territoires de Djugu, Mahagi et Aru ; mais aussi au nord d’Irumu vers Mwanga, avec la complicité des unités des FARDC. Ces massacres se déroulent sous la supervision de plusieurs anciens rebelles du CNDP et du M23 réintégrés dans les FARDC. Il s’agit notamment du colonel Innocent Zimurinda, cité dans un rapport de 2010 du groupe d’experts de l’ONU[34], des majors Jimmy, Bill et Maseva, ansi que d’une vingtaine d’officiers ex-CNDP et ex-M23 envoyés par le colonel ex-M23 Innocent Kaina alias India Queen ».
(http://desc-wondo.org/la-strategie-kabila-kagame-de-reconquete-militaire-du-kivu-ituri-par-les-rdf-et-de-brouillage-semantique-b-musavuli/)
L’analyse est aussi sur agoravox : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-strategie-kabila-kagame-de-224479
Lire notre analyse avec JJ Wondo sur DESC

TSEDHA MANDRO NGADJOLE
Bunia

©Beni-Lubero Online.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*