Les Objectifs du Millénaire pour le Développement peuvent-ils être revus à la baisse suite à la crise ?

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Résumé du mémoire de Master en politiques économiques et sociales réalisé par

L’abbé Jean Bosco Kakule Matumo

Université Pierre Mendès – France de Grenoble

Année académique 2009-2010

Thème : Les Objectifs du Millénaire pour le Développement peuvent-ils être revus à la baisse suite à la crise?

 

            Cette question centrale et titre du présent mémoire lui donne l’ambition de vérifier, par une méthode essentiellement inductive et comparative, étayée par les techniques statistique et documentaire, si l’éventuelle corrélation statistique entre la crise actuelle et le recul de réalisation du programme du Millénaire impliquerait, par ricochet, une dépendance socio économique de la dernière par rapport à la première ; à telle enseigne qu’il faille baisser le niveau des standards de celle-là du fait de celle-ci et sans plus.

            Pour se prononcer au sujet de cette interrogation, force est de revisiter, au préalable, la littérature doctrinale, tour à tour, sur chacun des deux phénomènes ; et le coût de la crise actuelle sur les agrégats ou variables socio économiques et, partant, sur le programme du Millénaire. Ainsi le présent travail appréhende-t-il la notion, la mission, la nomenclature, les cibles et indicateurs évaluatifs des Objectifs du Millénaire pour le Développement, d’une part ; et, d’autre part, le concept, les facteurs et acteurs, les caractéristiques et les canaux de déferlement de la crise actuelle. C’est alors que, dans sa version beaucoup plus empirique, le présent travail inscrit au registre des dommages causés par la crise actuelle à tous échelons des ménages, banques, firmes et Etats : elle leur a fait subir des lourdes pertes financières et patrimoniales, une récession économique ou croissance négative, une sordide contraction du commerce international et une fracture sociale abjecte.

Cela étant, une évaluation du programme du Millénaire a relevé des niveaux disparates dans la réalisation des objectifs constitutifs de ce dernier, les indicateurs de leurs cibles ayant connu autour de 2009, comparativement à leurs scores respectifs de la période autour de 1990 et de celle autour de 2006, soit du progrès notable, pour les uns, soit du recul pour d’autres, soit du statu quo, pour d’autres encore ; et cette diversité peut se vérifier parfois pour un même but. Même le test d’ajustement et de corrélation statistique, effectué sur 34 indicateurs de l’échantillon prélevé en raison de complétude informationnelle sur la période sous analyse, fait état d’une disparité : la dépendance de leur réalisation par rapport à l’évolution du taux de croissance du PIB serait forte pour 17,65 %, moyenne pour 29,41 % et faible pour 52,94 % de ces indicateurs ; à raison d’une corrélation positive ou négative respective d’au moins 87,00 % ; d’au moins 70,00 % et de moins de 70,00 % des cas, dans les séries statistiques les concernant. Mais, la réalité socio économique étant irréductible à des rouages statistiques, le présent travail a pris au sérieux la quelconque influence de la crise sur le programme du Millénaire en l’intégrant dans la logique de la causalité multiple et partagée avec d’autres déterminants comme le paradigme de conceptualisation (une sorte de défaut de fabrication, le cas échéant, par dogme d’économisme ou par le tout social) et ses corollaires dans la question de mise en œuvre.

Du coup, loin d’être résolue de façon péremptoire, la perfectibilité du programme du Millénaire étant présumée, la question n’est plus tant s’il faille ou non en revoir à la baisse les objectifs, du fait de la crise et sans plus, que de que faire pour les exorciser des carcans inhibiteurs du processus du développement holistique : une utopie bien dynamique, éveil permanent d’une volonté politique au service de la diffusion du bien-être individuel et collectif, au plein épanouissement de l’homme. Mais, la Communauté internationale est-elle prête à favoriser un nouvel ordre socio économique qui, par-delà le principe néolibéral de la maximalisation des profits, consacre en tout la centralité et la primauté de l’humain ? 

Abbé KAKULE MATUMO Jean Bosco

Grenoble/France

©Beni-Lubero Online

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*