Les prof n’ont pas convaincu à propos de 32 mercenaires arrêtés à Kinshasa

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[ Lundi 29 mai 2006: www.benilubero.com ] Ce week-end comme pendant toute la semaine écoulée, nous avons été assaillis par des accusations et des démentis sur les 32 mercenaires arrêtés à Kinshasa par les Services des Renseignements de l’Etat Congolais. L’opinion publique est cependant restée sur sa soif car d’un côté comme de l’autre, l’arrestation de ces 32 sujets étrangers était très tôt récupérée politiquement pour des buts visiblement électoralistes ! Le Professeur Théophile Mbemba n’a pas dit au peuple en quoi ces 32 sujets étrangers étaient mercenaires avec comme mission de troubler les institutions de la Transition. De son côté, le Professeur Oscar Kashala de qui on attendait un démenti formel des motifs d’accusation portés contre ses agents de sécurité, en prouvant par exemple que ses agents arrêtés étaient légalement au pays, qu’ils avaient reçu des visas et des permis de travail de l’Etat congolais, le Candidat au banc des accusés, n’a trouvé mieux que de brandir son diplôme de l’Université de Harvard… En effet, tous les communiqués-démentis de l’accusé se terminent ou commencent par :"Docteur en Sciences de l’Université Harvard, Boston " au point de faire penser que le candidat Kashala voudrait se faire passer plus comme savant des USA que comme congolais ! Et pourtant, c’est comme congolais qu’il a droit aux élections et à la protection de l’Etat congolais. On est suffoqué d’attendre le candidat Kashala sur des médias déclarer:"Je suis diplômé des Etats-Unis. Je suis LE candidat le plus sérieux…Les gens ont peur de moi….certains de ces hommes arrêtés travaillent pour moi…" Il n’a pas menti peut-être, mais il a égaré le public en déplaçant aussi le sujet du débat. Du coup, les deux professeurs à la une n’ont pas réussi à élucider l’affaire des 32 mercenaires ! Hélas, ce n’est pas la première fois que les professeurs sortis des grandes universités du monde égarent les congolais!

En jetant un regard dans l’histoire tragique de la politique congolaise, on se rend compte qu’il y a dans ce pays une manie de confisquer le pouvoir du peuple au profit des exhibitionnistes plus malins que d’autres.

En 1965, quand le colonel Mobutu faisait son premier Coup d’Etat, il a commencé à gouverner avec des universitaires qui ont formé le CCG (Collège des Commissaires Généraux).Ce sont des universitaires qui ont introduit ce règne dictatorial qui a réduit le pays au ridicule. Ceux qui avaient conseillé Mobutu de procéder à la pendaison des martyrs à la place du stade Kamanyola étaient des universitaires. Ceux qui ont aidé Mobutu à vendre le pays aux étrangers et à leur accorder frauduleusement la nationalité Zaïroise, étaient encore des universitaires. Les planificateurs de la zaïrianisation, les planificateurs du Manifeste de la N’Sele nous obligeant la danse "MANYONGA" à chaque salut au drapeau étaient toujours des universitaires. Les falsificateurs de la constitution depuis 1990 afin d’imposer à la Conférence Nationale Souveraine un schéma de faire régner Mobutu au Zaïre sans gouverner et de créer une parodie de démocratisation de l’espace politique, étaient toujours des universitaires. En 1998, le gouvernement le plus incompétent du règne de Mzee L.D.Kabila, parmi tant d’autres, était celui des professeurs des universités.

Il est vrai qu’aucun congolais ne voudrait voir un inculte prendre le pouvoir au Congo, un pays qui regorge des milliers d’universitaires ! Mais il faut que les congolais se rappellent qu’il y a universitaires et universitaires ! Tous les hommes qui ont des yeux, ne voient pas de la même manière ! Le diplôme à lui tout seul ne suffit pas pour faire un bon président pour le Congo. Le meilleur candidat au poste de président comme nous n’avons cessé de le dire, c’est l’homme ou la femme sage, qui allie l’acte à la parole, qui écoute le peuple congolais et qui est prêt à mettre l’intérêt de ce peuple avant son intérêt personnel, celui qui est convaincu que le progrès du Congo sera a priori l’œuvre des congolais eux-mêmes et non des mercenaires ou mécènes étrangers. Si un pays pouvait se développer rien que par le nombre de ses diplômés sortis des grandes écoles des Amériques ou de l’Europe, le Zaïre du Maréchal Mobutu et le Congo des Kabila serait aujourd’hui une puissance mondiale. Mais voilà que ce pays des diplômés est un vase bouillant où la misère, la mendicité, la famine, le chômage, la corruption, le vol, la négation des droits humains, l’injustice, etc., sont le pain quotidien du congolais.

De tout ce qui précède il est convenant de dire que le seul fait d’être diplômé de Harvard n’exclut pas illico, le candidat Oscar Kashala de la liste des suspects qui ont vendu le Congo aux étrangers. Le ministre de l’intérieur Théophile Mbemba, professeur d’université aussi, n’a pas non plus convaincu car il a laissé le peuple dans le doute et la suspicion ! La question de la semaine écoulée reste ainsi entière : les 32 sujets étrangers arrêtés à Kinshasa étaient-ils mercenaires ou pas ? 

Magloire Paluku

Journaliste

Pays-Bas

Beni-Lubero Online & RadioKivuOneInternational

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