Lubero: 1 maman et ses 2 filles mortes calcin

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Le Prix du silence du Gouvernement face à l’occupation militaire progressive du Nord-Kivu par les rwandais est la lente extermination de la population congolaise, les villages réduits en cendres, le nombre croissant des déplacés, etc. Les corps calcinés d’une maman et ses deux filles au village de Mbughavinywa au Sud de Lubero, constituent une des preuves de cette tragédie humaine qui a trop duré et qui ne donne pas l’air de s’arrêter de soi dans un avenir proche. L’occupation militaire du Nord-Kivu par une armée mono-ethnique rwandaise ayant des visées colonialistes est le problème que les élus du Nord-Kivu doivent débattre et résoudre maintenant avant qu’il ne soit tard. Il ne suffit plus de dire que cette occupation militaire est connue de Kinshasa, qu’elle préparerait en collaboration avec le HCR et le PNUD, le terrain aux colonies de peuplement rwandais au Nord-Kivu après l’extermination des populations congolaises, etc. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est l’action concrète pour arrêter cette tragédie humaine !
Incendie du Village de Vutsorovya ( Photo Gadhop)
Le dernier cas d’assassinat et de destruction des villages en vue de disperser les populations congolaises a eu lieu au Sud du Territoire de Lubero, 60 km de la Cité de Lubero, dans les villages de MBUGHAVINYWA et VUTSOROVYA dans la nuit du Jeudi 3 au Vendredi 4 septembre 2009, vers 1h du matin. Le premier bilan de cette nième barbarie rwandaise au Congo est lourd : 3 personnes mortes calcinées dans une des 18 maisons incendiées, plusieurs personnes brulées, et perte de tous les biens des habitants de ces deux villages. Ce bilan est, selon nous sources sera revu à la hausse dans les jours qui viennent après les fouilles des cendres du village et des brousses environnantes où certains blessés se seraient refugiés pendant l’attaque.
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Les victimes sont des membres d’une même famille dont le papa était assassiné par les rwandais il y a quelques mois. Avec la mort de la maman, de ses deux filles de 16 et de 14 ans, toutes les trois mortes calcinées dans la maison familiale, c’est donc toute une famille qui vient de disparaître complètement.
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Selon les déclarations d’un rescapé qui s’est livré à la Radio Victoire Horizon FM, les bourreaux qui étaient tous des militaires rwandais en tenues des Fardc et qui parlaient kinyarwanda avaient de l’essence dans des bidons qu’ils ont utilisé pour leur opération. Certains rescapés affirment avoir identifiés certains de ces bourreaux comme étant du camp militaire situé à 5 km de ces deux villages. Mais pendant l’attaque, ils disaient en haute voix qu’ils étaient des FDLR… Un alibi qui ne tient plus debout car les vrais FDLR attaqueraient en premier lieu le camp militaire, une attaque qui n’a jamais eu lieu.
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Ce qui est surprenant est qu’après chaque attaque, chaque assassinat et chaque incendie de village, on ne voit aucune autorité de l’Etat congolais faire ou poursuivre l’enquête. Il n’y a que la Monuc dont les accointances avec l’ennemi ne sont plus à démontrer qui arrive sur le lieu pour faire le constat, compter les morts, et faire un rapport à qui de droit ! Quelques jours après le forfait, les ONG internationales et nationales descendent sur le terrain dans leurs grosses bagnoles, elles aussi pour établir leur rapport. Après, il n’y a rien qui se fait en attendant les prochaines victimes.
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On dirait que les autorités congolaises n’existent plus au Sud de Lubero. Et quand elles se vont voir, elles font aussi comme la Monuc et les ONG, c’est-à-dire, descendre dans le village décimé par le feu, y parler des 5 chantiers et de la Tolérance Zéro de Joseph Kabila, et promettre de faire rapport à l’hiérarchie. Là où il faut déployer une armée ou une police pour sécuriser les congolais et leurs biens, les autorités congolaises vont y faire un tour à pied et un discours creux, démagogique, et promettent de faire rapport à l’hiérarchie.
Où se trouve cette hiérarchie à laquelle les rapports envoyés n’ont jamais eu de suite favorable ? Ou bien cette hiérarchie existe et est incompétente. Ou bien cette hiérarchie est une illusion trompeuse, un mirage trompeur inventé pour entretenir des faux espoirs !
Deux jours avant l’attaque, les habitants de Mbughavinywa et de Vutsorovia racontent que les militaires du CNDP avaient menacé de reprendre les armes à cause de ce qu’ils ont appelé « lenteur » de Kinshasa dans l’exécution des accords de Goma.
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Depuis 13 ans, ce jeu de non application des accords par Kinshasa sourit toujours aux rwandais! On peut aussi se demander pourquoi Kinshasa n’honore jamais sa parole vis-à-vis du CNDP, permettant ainsi la création des nouvelles rebellions. Pour quoi cela?
Tous les observateurs congolais présents sur terrain soutiennent que le Sud du Territoire de Lubero est entièrement sous contrôle des militaires rwandais qui se disent CNDP/FARDC et jouent à la fois aux FDLR et aux Fardc. La journée ils sont CNDP/Fardc, la nuit ils sont FDLR. Comme ils ne sont pas des vrais FDLR, ils tiennent à dire à leurs victimes qu’ils sont des FDLR. Cette stratégie permet aux paysans de dire aux ONG de l’ONU (HCR, PNUD) et à la radio de l’ONU qu’ils ont effectivement vu des FDLR. C’est ainsi que le mythe ou le mensonge de FDLR est maintenu dans l’opinion nationale et internationale.
Certains journalistes étrangers accompagnant la congolaise comme Marie-France Cros va jusqu’à dire que les FDLR sont des alliés des populations congolaises, qu’ils se mélangent à petits groupes aux congolais au point qu’il est difficile aux Fardc de les traquer.
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Ces genres des propos sont injurieux à l’égard des victimes des FDLR qui tuent les chefs coutumiers congolais et leurs sujets. Le peuple congolais fait appel au gouvernement pour assurer sa securité contre les FDLR. Et Marie-France Cros écrit que ce même peuple fait des alliances avec les FDLR, empêchant ainsi aux Fardc de bien accomplir leur mission ! Il faut remarquer combien Marie-France Cros fait de la question des FDLR un problème congolo-congolais. Elle ne dit plus que ces FDLR sont officiellement des rebelles rwandais opposés au régime de Paul Kagame venus au Congo par un décret de l’ONU après le génocide rwandais de 1994. L’énigme des FDLR est que depuis leur création, ils tuent non les rwandais mais les congolais. Mais pour Marie-France Cros comme pour la propagande pro-rwanda, les FDLR sont alliés des congolais, ils massacrent donc leurs alliés congolais ! Quelle confusion!
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Dans son article du 02/09/2009 publié sur le site de Congo Forum et intitulé : « Kivu : Kinshasa marque des points », Marie-France Cros écrit que « Cette fois, Kinshasa semble résolu à régler la question de ses ex-alliés (FDLR) dans la région » que les combats en cours auraient « provoqué l’éparpillement des FDLR, qui contrôlaient des régions entières avec la complicité ou la soumission d’autorités locales », et que ce fait « rend une offensive massive difficile », qu’il ne faut pas « crier victoire trop tôt » car les « FDLR, dans leur fuite » peuvent se regrouper plus loin et conclure des alliances avec les autorités locales. Et comme « l’armée congolaise n’assure pas le ravitaillement en nourriture de ses soldats », les Fardc n’ont d’autre choix « que de voler la population » et que « le problème est aggravé par le fait que les militaires en opérations sont accompagnés de leurs femmes, enfants, et (NDLR : Vaches) – qu’il faut aussi nourrir -, l’Etat n’assurant plus le casernement de ses soldats ». Quelqu’un qui lirait cet article sur le déploiement d’une armée avec femmes et enfants conclurait que l’armée congolaise est plutôt dotée de beaucoup de moyens. Aucune armée au monde ne se paie ce luxe de déployer les combattants avec leurs femmes et leurs enfants !
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Nous sommes d’accord avec Marie-France Cros que les militaires qui participent aux opérations militaires conjointes au Kivu sortent de l’ordinaire car ils portent de l’uniforme militaire congolais mais viennent du Rwanda avec femmes, enfants, et vaches. Pour les Kivutiens, ces militaires que Marie-France Cros appelle « soldats congolais » ne sont pas en guerre contre les FDLR mais contre les populations congolaises afin de préparer le terrain aux colonies de peuplement rwandais en R.D. Congo. S’ils étaient vraiment au front réel, ils ne seraient pas venus avec femmes et enfants. La preuve est qu’ils n’ont jamais été attaqués. Quand Marie-France Cros dit que les FDLR fuient les combats pour se disperser au sein des populations congolaises, elle prépare l’opinion nationale et internationale à la prochaine étape de l’occupation, à savoir, les massacres des populations congolaises, sous le prétexte qu’elles cachent des FDLR dans ses rangs.
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Notre journaliste belge voit dans cette confusion une avancée positive de l’opération par laquelle Kinshasa marque des points. Les points marqués par Kinshasa et dont parle Marie-France Cross sont certainement à l’avantage de l’ennemi de la R.D. Congo qui fait progresser son projet d’occupation de l’Est de la R.D. Congo. C’est aussi dans ce sens qu’il faut comprendre les résultats positifs des opérations militaires Umoja Wetu, Kimya 1, Kimya 2, etc. dont certains medias congolais. Ces opérations sont, en effet, un succès pour les forces d’occupation mais pas pour les congolais.
Heureusement que les congolais ne sont pas dupes de ce jeu malsain et qu’ils ont déjà découvert depuis longtemps le sempiternel alibi des FDLR.
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La vérité est que les FDLR sont un Cheval de Troie pour anéantir les congolais du Kivu. Le même discours mensonger commence à apparaître dans les écrits des journalistes à la solde de l’ennemi à propos des LRA en Province Orientale. Les LRA apparaissent ainsi comme le Cheval de Troie de l’Ouganda en Province Orientale. Dans les territoires de Beni au Nord-Kivu et de Mambasa, en Province Orientale, le Cheval de Troie est constitué des ADF/NALU qui ont opéré dans le temps à partir du Massif de Ruwenzori mais que dont l’étiquette est utilisée aujourd’hui pour couvrir l’ennemi qui veut anéantir les congolais.
Ce qui manque aujourd’hui aux congolais pour faire échec à ce mensonge du siècle c’est un gouvernement des patriotes qui aiment et travaillent pour leur pays, quel que soit le prix à payer, pour arrêter cette l’extermination du peuple congolais et la rhétorique du mensonge qui habille cette extermination de démocratie, reconstruction, développement, etc.
Le silence ou la capitulation des autorités congolaises est le plus à plaindre dans cette tragédie. Le mensonge de ce qu’on appelle faussement guerre congolaise réussit parce que le gouvernement congolais ne dit rien et ne fait rien pour dénoncer cette fausse guerre qui n’est en vérité qu’un génocide programmé de la population congolaise de l’Est du pays.
L’espoir de la R.D. Congo est que la majorité de ses fils et filles ne collabore pas à cette tragédie. Ce qu’il faut à la R.D. Congo aujourd’hui, c’est des nouveaux leaders. Jean-Pierre Mbelu a dit dans son éditorial de la semaine écoulée qu’il n’est pas nécessaire d’attendre 2011. Il a raison car il y a urgence ! Le pays va mal ! Des élections à la gabonaise ne serviraient à rien en 2011. Le risque c’est qu’elles maintiennent les collabos et marionnettes des étrangers au pouvoir. Ce qui serait regrettable ! D’où la nécessité de travailler maintenant sur une stratégie de sauvetage de la R.D.Congo, pays un et indivisible !
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online
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