Lubero : Pour qui se battent Jackson et Lafontaine ?

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Depuis Février 2007, deux Mai-Mai font de nouveau parler d’eux en territoire de Lubero comme au plus fort de la guerre d’agression. Il s’agit des résistants Mai-Mai PALUKU MUHUKAMBUTO JACKSON et KAKULE SIKULIVASAKA, alias LAFONTAINE.

Cmdt PALUKU MUHUKAMBUTO JACKSON

Colonel Kakule Sikulivasaka Lafontaine

Les derniers affrontements entre les groupes dirigés par ces deux guérilleros ont eu lieu le samedi 4 Août dernier, dans la localité de Mbingi. Les hommes de Jackson ont été surpris par ceux de Lafontaine qui ont provoqué une panique généralisée avec des détonations d’armes automatiques avant de piller toutes les boutiques, dispensaires, et maisons d’habitation de Mbingi. Quand finalement les combattants de Jackson avaient voulu encerclé les assaillants, ces derniers  s’étaient sauvé de justesse pour s’enfuir vers leur QG de Nyabiondo, au Masisi. Les déplacés de Mbingi sont à Mambasa, Kitsombiro, Lubero, Kaseghe, etc. D’après le Commandant Jackson joint au téléphone à Mbingi, les plus courageux ont commencé à regagner leurs maisons. Il y a deux mois, le même groupe de Lafontaine avait pillé les localités de Luofu et de Kitobindo.
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Si dans la région on sait qui est derrière le Commandant Jackson, il est difficile de savoir qui est derrière le Colonel Lafontaine. Notez que ce surnom de Lafontaine est né du langage codé des résistants beniluberois pour dire Mai-Mai, Eau, source, olusi (en Kinande).
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Les médias congolais se sont empressés de parler de deux factions Mai-Mai qui s’affronteraient au sud de Lubero. Mais, selon les nouvelles en provenance de la région, il n’y a pas deux factions Mai-Mai, car Lafontaine, bien qu’il ait été Mai-Mai dans le temps, est aujourd’hui à la tête d’une coalition hétéroclite des milices rwandophones, nyanga, hunde, etc. Les deux lieutenants de Lafontaine s’appelleraient MUGABO (Hutu) et NASIVANGA (Nyanga). A Goma comme à Masisi, Lafontaine entretiendrait des relations avec la milice de SERUFULI et les officiers des Brigades Mixées de Nkunda. Ses relations avec Kinshasa seraient toujours excellentes. Lafontaine est ainsi devenu un arbre qui cache la forêt. D’où notre question de savoir pour qui il se bat au Sud de Lubero contre son propre peuple.
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Ce qui est surprenant aujourd’hui, c’est le fait que le Gouvernement de Kinshasa, la Monuc parlent des combats entre Jackson et Lafontaine sans les condamner, ou condamner un de ces deux frères ennemis qui se serait rendu coupable. Ainsi, les peins que les combats meurtriers entre ces deux combattants infligent sur les populations du Nord-Kivu semblent rentrer dans les divers de la même manière que les exactions des brigades mixées et des soi-disant FDLR. Le Gouvernement de Kinshasa a appris de la Monuc à être seulement observateur sans jamais oser prendre parti pour les victimes. Quel cynisme!
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Pour comprendre ce virage à 180 degré de celui qui un moment avait incarné la résistance en territoire de Lubero, il convient de revisiter le parcours de Lafontaine et de Jackson de la genèse du phénomène Mai-Mai au Nord-Kivu jusqu’à nos jours.
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Jackson (Nande de Rutshuru) et Lafontaine (Nande Muserume de Miriki-Ikovo) sont tous deux de la première génération des résistants Mai-Mai nord-kivutiens à l’agression rwando-ougandaise (1996-2007). Ils se connaissent bien parce qu’ils ont tous vécu dans le territoire de Rutshuru à Nyamilima (pour Jackson) et à Kiwanja (pour Lafontaine) avant la guerre d’agression rwando-ougandaise et pour avoir tenté plusieurs fois de former une coalition Mai-Mai pour libérer le Nord-Kivu de l’agression rwando-ougandaise.
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Au départ, le Commandant Jackson se battait sur le Front du territoire de Rutshuru. Par Contre Kakule Lafontaine s’est toujours voulu coordonateur de tous les Mai-Mai du Nord-Kivu. En ce sens, il n’a jamais vraiment fait le maquis comme les autres Mai-Mai.
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Au plus fort de la guerre d’agression rwando-ougandaise par rebellions interposées dénommées RCD-Goma, RCD-K-ML, Lafontaine sera arrêté en pleine ville de Butembo et emprisonné pendant près d’un an dans une prison souterraine à l’aéroport de Beni. Après sa libération, Lafontaine reprendra son rôle de coordonateur des Mai-Mai du Nord-Kivu, une charge qui n’était plus facile car les différentes rébellions avaient aussi créé leurs faux mouvements Mai-Mai pour semer la confusion dans la résistance. En effet, en un moment donné, les Mai-Mai avaient plus de crédit au sein des populations que les rebelles du RCD-K-ML et ceux du RCD-Goma. C’est ainsi que chaque mouvement rebelle se dotera de son mouvement Mai-Mai pour tenter d’influencer les masses populaires.
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C’est pendant cette coordination difficile des Mai-Mai du Nord-Kivu que Lafontaine, le seul Mai-Mai connu à l’époque par les leaders de la Société Civile et les Chefs des confessions religieuses, sera présenté à la Monuc comme représentant des Mai-Mai du Nord-Kivu au dialogue intercongolais à Sun City, RSA, en 2002.
                                                
                                             Kakule Sikulivasaka Lafontaine à Sun City ( RSA) en Mars 2002
A l’issue du dialogue, Lafontaine était parmi les premiers congolais à constater que le dialogue intercongolais n’avait pas du tout influer sur la situation sécuritaire du Nord-Kivu. Pendant comme après le dialogue de Sun City,  les rebelles du RCD-Goma continuaient leurs offensives contre les positions Mai-Mai comme s’il n’y avait pas eu de consensus politique à Sun City. Devant cette situation, Lafontaine a eu le courage de refuser la participation au gouvernement de transition et de quitter Kinshasa pour réorganiser les troupes Mai-Mai du territoire de Lubero. En effet, il devenait de plus en plus évident que les rwandais allaient profiter de l’accalmie du dialogue intercongolais et de la transition politique au Congo pour poursuivre leur plan d’occupation du Kivu. Les faits actuels donnent raison à Lafontaine qui malheureusement semble avoir tourné casaque. Que s’est-il donc passé dans la vie de ce résistant de la première heure ?
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Ayant appris le regroupement des Mai-Mai par Lafontaine pour continuer la résistance aux troupes d’agression et à leurs laquais congolais, la Monuc fera pression sur les leaders Nande, toutes tendances confondues, pour convaincre Lafontaine de retourner à Kinshasa pour son intégration dans l’armée nationale congolaise moyennant une élévation au grade d’officier supérieur. Devant la forte pression de la Monuc et celle des leaders Nande qui ne voulaient pas se mettre en marge de ce qu’on présentait à l’époque comme un processus de la pacification du pays, Lafontaine quittera la brousse de Bunyatenge pour retourner à Kinshasa. Si un jour l’occupation du Kivu par les rwandais devient effective, il faudra donner tout le crédit à la Monuc qui a été l’artisan du démantèlement de la résistance congolaise au profit des milices rwandophones. On aurait voulu que cette Monuc démantèle toutes les milices au profit de l’armée nationale congolaise. Mais hélas !
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Arrivé à Kinshasa, Lafontaine se retrouvera au garage. Toutes les promesses qu’on lui avait faites tardaient à se matérialiser. Toutes les réponses qu’il recevait des autorités compétentes de son ressort, étaient : « Subiri », « Tutaona », « Pita Kesho ». C’était une véritable galère pour ce résistant beniluberois de première heure qui manquait souvent de nourriture dans cette capitale congolaise. De temps à autre, les autorités compétentes de son ressort lui jetaient quelques billets de banque pour le calmer. Lafontaine maudissait tous ceux qui l’avaient convaincu de quitter son maquis pour venir souffrir à Kinshasa.
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Lafontaine n’était pas seul dans cette position inconfortable. D’autres Mai-Mai comme Kazungu, Mundosi, Vita Kitambala, etc. avaient eux aussi été appelé à Kinshasa pour intégrer l’armée. Eux aussi vivotaient à Kinshasa, dans une petite chambre d’un Hôtel de quartier à Binza Delvaux. Ces derniers n’ont survécu que grâce à la générosité et à la solidarité du Kyaghanda-Kinshasa.
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La stratégie qui était à la base de la désorganisation des Mai-Mai du Nord-Kivu consistait donc à appeler ses commandants à Kinshasa, les priver des moyens de retour dans leur maquis, pour que les troupes restées au maquis sans commandement puissent se disperser. Certains groupes Mai-Mai ont survécu à cette mort programmée de la résistance nord-kivutienne grâce au patriotisme de leurs chefs.
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Après cette galère de trois ans, Lafontaine sera promu contre toute attente au titre de colonel en 2006. Il harmonisera ses vues avec le RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi avec qui il se disputait jadis le leadership politique et militaire de Beni-Lubero. Lafontaine se verra confier des missions au Nord-Kivu en collaboration avec les autorités militaires du pays et la Monuc pour extirper de la brousse les mai-mai réfractaires au brassage.
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Arrivé sur terrain à Beni-Lubero au début de 2007, Lafontaine qui était réputé nationaliste surprendra sa base par ses appels au brassage, à la collaboration avec la huitième région militaire, la Monuc, etc. Parti depuis 4 ans du Maquis sans lien avec sa base, Lafontaine n’a pas réussi à convaincre ses anciens poulains d’aller au brassage sous sa houlette. Sa base ne pouvant s’imaginer sa galère de Kinshasa, le traitait de traître parti se la couler douce à Kinshasa au nom des Mai-Mai abandonnés à leur triste sort au maquis.
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En effet, les Mai-Mai de Beni-Lubero sont toujours restés sceptiques vis-à-vis de leur brassage dans le camp de Rumangabo pour la simple raison qu’ils ne voyaient pas sur l’agenda du brassage, les milices rwandophones de Nkunda et de Serufuli. Il en était de même des militaires de l’Armée Nationale Congolaise du RCD-K-ML. La crainte de l’armée du RCD-K-ML était qu’une fois partie au brassage, les militaires du RCD-Goma viendraient occuper le terrain qu’ils convoitent depuis 1998. Aujourd’hui, on peut dire que leur crainte était fondée car les milices de Nkunda et de Serufuli n’ont jamais été brassées et jouissent actuellement d’un statut spécial leur confié par le phénomène du Mixage. Aussi, le départ au brassage de l’ANC du RCD-K-ML à laisser le territoire de Beni-Lubero aux soldats de la deuxième brigade dite intégrée mais d’une intégration locale entre les mêmes. Depuis le déploiement de cette deuxième brigade dans le territoire contrôlé jadis par le RCD-K-ML de Mbusa Nyamwisi, il n’y a que des pleurs et des grincements de dents dans les villes et cités, villages et forêts de Beni-Lubero, etc.
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Revenant sur le parcours de Lafontaine, disons que devant le refus de Mai-Mai du Sud de Lubero d’aller au brassage sous sa houlette, Lafontaine recevra l’appui de la Huitième région militaire pour liquider son ancien ami et numéro 2 du groupe, à savoir Commandant Delemba ( Une transformation de son vrai nom Mbale ou Kambale), à Mbingi, en territoire de Lubero, le 10 février 2007. La mort de Delemba qui était devenu en l’absence de Lafontaine le leader charismatique des Mai-Mai du Sud de Lubero , n’a pas du tout fait évoluer le dossier du brassage.
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Après 4 ans passés à Kinshasa, Lafontaine avait du mal à convaincre qu’il n’avait jamais trahi la cause des Mai-Mai. Ces derniers avaient jugé son discours était jugé suicidaire pour Beni-Lubero en ce moment où les milices rwandophones qui ont toujours refusé le brassage sans se faire inquiéter ni par Kinshasa ni par la Monuc, menaçent toujours de répandre leur terrain d’action sur Beni-Lubero où elles jouissent désormais de la complicité des éléments de la deuxième brigade. Lafontaine paraissait aux yeux des Mai-Mai du Sud de Lubero comme celui qui venait faire sauter le dernier verrou empêchant l’occupation totale du Nord-Kivu par les brigades non brassées de Nkunda.
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Avec le rappel à Kinshasa du Colonel She Kasikila et l’occupation du territoire de Rutshuru par les brigades mixées qui s’en était suivie, les Mai-Mai de Jackson avaient rejoint ceux du Sud Lubero.
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En octobre 2006, le Commandant Kambale Jackson, qui porte aujourd’hui le flambeau des Mai-Mai du Nord-Kivu et qui avait toujours exigé des conditions claires pour que lui et ses hommes intègrent l’armée congolaise, avait été mis en prison à Beni après un piège lui tendit à l’Hôtel de Beni par des émissaires de Kinshasa.
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Il fera deux mois dans la prison centrale de Beni avant d’être transféré à Goma où d’autres Mai-Mai promus officiers au sein des Fardc le convaincront d’accepter le brassage. Jackson acceptera le brassage, la collaboration avec la Huitième Région Militaire et la Monuc.
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C’est alors que commence une équation difficile à résoudre pour le territoire de Lubero. La même huitième région militaire qui avait envoyé Lafontaine dans le territoire de Lubero y enverra Jackson pour la même mission sans une coordination au sommet de l’action de ces deux combattants. Au contraire, Lafontaine quittera le territoire de Lubero où il faisait piètre figure depuis la mort du Commandant Delemba, un véritable héros et martyr de la paix du Grand Nord. On le signalera à Goma, à Kinshasa, au Masisi, à Walikale, etc.
Envoyé sur terrain où Lafontaine était devenu indésirable, Jackson était bien accueilli par les Mai-Mai qui lui obéissent naturellement pour la simple raison qu’il n’a jamais mis ses pieds à Kinshasa, lieu de toutes les corruptions et débauchages politiques. Avec le soutien de la Huitième Région Militaire, Jackson a réussi a rassemblé dans ce qu’on appelle Brigade Baleine quelques milliers des Mai-Mai prêts au brassage. Sa mission n’est pas finie car plus on parle de l’imminence d’une attaque de Nkunda au Grand Nord, plus certains mai-mai refusent le brassage pour se préparer à continuer la résistance.
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Lafontaine comme Jackson doivent leurs rôles actuels de la Huitième Région Militaire et la Monuc. On ne comprend pas pourquoi leurs deux parrains immédiats les laissent aujourd’hui s’entredéchirer sans initier un quelconque dialogue ou rapprochement de ces deux frères engagés dans la même mission de brassage des Mai-Mai. Se poser cette question du silence de la Huitième Région Militaire et de la Monuc c’est déjà comprendre qu’il y a anguille sous roche.
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Après la mise en place de la Brigade Baleine par le Commandant Jackson, Lafontaine qui était parti de Lubero sur la pointe des pieds, reviendra avec force pour attaquer la Brigade Baleine qui se prépare au brassage d’abord à Luofu et dernièrement à Mbingi. Voilà une autre aporie que seul Lafontaine peut aider à résoudre. Est-il toujours en mission de la Huitième Région Militaire, de Kinshasa et de la Monuc ? Même la radio des observateurs du Génocide congolais n’a pas encore interviewé Lafontaine pour qu’il dise aux congolais pour quoi il s’attaque à la Brigade Baleine qui se prépare au brassage ?
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Les combats de Luofu, ont été les premiers à révéler avec qui Lafontaine se battait. En effet, profitant de la meilleure connaissance du terrain montagneux de Luofu, les mai-mai de Jackson mettront en déroute les troupes de Lafontaine et attraperont deux de ses combattants qu’ils feront prisonniers. A leur grande surprise, un de ces prisonniers étaient un hutu rwandais, et l’autre était congolais. Pour montrer sa bonne volonté et la réalité de ce que certains appellent Mai-Mai de Lafontaine, le Commandant Jackson remettra le Hutu rwandais à la Monuc. L’appui officiel de MUGABO et NASIVIWA aux combattants de Lafontaine, démontre à suffisance que Lafontaine est à la tête de quelque chose de plus grand qu’une plateforme Mai-Mai.
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De ce qui précedé, tout observateur constatera qu’il y a anguille sous roche. Lafontaine comme Jackson, sont à haut-niveau soutenus par les autorités militaires du pays et par la Monuc. Tous les deux ont accepté la même mission, celle du brassage des Mai-Mai. Chose curieuse est que, les deux s’affrontent à mort ce dernier temps, sans que la huitième région militaire la Monuc ne réagisse pour ramener les deux frères ennemis à la raison. Dans le cas où il est prouvé que Lafontaine est à la tête d’une milice des rwandophones réfractaires au brassage, la Huitième Région Militaire et la Monuc devraient appuyer Jackson qui lui est acquis au principe du brassage. S’il s’agit par contre d’une simple querelle de leadership, les autorités militaires de la région de qui les deux frères ennemis dépendent, devraient leur trouver sans tarder un terrain d’attente pour le bien des populations congolaises qui payent leurs frais de leurs combats.
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L’autre révélation troublante est que les Mai-Mai de la Brigade Baleine meurent de faim et manquent de médicaments pour se faire soigner, au point qu’ils se posent la question de savoir ce que sera leur sort au centre de brassage si déjà aujourd’hui personne ne veut s’en occuper.
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On se trouve de nouveau devant des contradictions qui caractérisent l’action de Kinshasa et de la Monuc au Nord-Kivu. Les belles paroles ne sont jamais suivies d’action. La Brigade Baleine serait de l’avis de tous, une opportunité de pacification dans la Province du Nord-Kivu. Le fait de ne pas s’en occuper démontre le manque de volonté politique et peut signifier qu’en fait, le brassage n’est que mot, un slogan pour faire avancer un projet qui n’a que faire du brassage. Ce fut déjà le cas pour le slogan du « dialogue intercongolais », « élections démocratiques », etc., des slogans qui ont aidé certaines composantes à avancer dans leurs plans machiavéliques d’occupation.
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Tout démontre que Lafontaine et Jackson peuvent rouler consciemment ou inconsciemment, pour des personnes et des institutions qui à la fois chantent le brassage et ne veulent pas du brassage à la manière du « Je t’aime, Moi non plus ! » .
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Une des conclusions qu’on peut tirer des combats meurtriers entre Lafontaine et Jackson est que tous les deux peuvent être manipulés pour camoufler l’extension de brigades mixées sur le territoire de Beni-Lubero, bastion de la résistance congolaise aux agresseurs rwandais et ougandais. En effet, tout donne à penser que les planificateurs de l’occupation du Nord-Kivu avaient besoin de deux factions Mai-Mai à instrumentaliser pour permettre à Nkunda de franchir le seuil de la frontière de Beni-Lubero après plusieurs échecs. Il suffit de se rappeler toutes les guerres dans la cité frontalière de Kanyabayonga, une cité martyre de la résistance beniluberoise. A l’allure où se déroulent les événements, toute débâcle de Jackson signifiera un deuxième échec du brassage au Nord-Kivu. Toute avancée de Lafontaine, signifiera la victoire du mixage sur le brassage.
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La même stratégie serait entrain d’être utiliser à la frontière d’Eringeti en territoire de Beni. Pour prendre Beni-Lubero en sandwich entre les Brigades Mixées de Nkunda et les Milices Hema de l’Ituri, les planificateurs de l’opération ont besoin de ressusciter les Nalu/ADF qui ont été dans le temps actifs dans ce coin du pays. Les Nalu/ADF peuvent être dans ce cas, des troupes préparées pour faire échec à ce qui reste de l’armée congolaise au Nord-Kivu. L’avenir nous dira si les soi-disant FDLR (Masisi, Rutshuru, Walikale), Mai-Mai (Lubero, Rutshuru), Nalu/ADF (Beni) ne sont pas aujourd’hui des fantômes ressuscités et utilisés par l’ennemi pour le besoin de sa cause, notamment, divertir les congolais sur les vraies armées derrière les combats et les massacres actuels des populations du Nord-Kivu.
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Aux Fardc et à la Monuc de montrer aux beniluberois quel est leur choix entre le brassage et le mixage. Aux médias congolais qui répandent partout qu’il y a affrontements entre deux factions Mai-Mai de se raviser à la source pour ne pas cautionner un nième mensonge ou mascarade.
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Si le brassage des troupes de Jackson s’effectue dans les bonnes conditions, Lafontaine ne se battra plus car le brassage des Mai-Mai de Jackson laissera libre le terrain convoité. Si Jackson continue à poser des conditions minimales de brassage de ses troupes (nourriture et médicaments), les affrontements entre les deux frères se feront plus cruels jusqu’à ce que l’un deux soit mis pour toujours hors d’état de nuire.
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L’exemple de Lafontaine et de Jackson, démontrent combien le malheur qui arrive au Kivu n’est possible qu’avec l’utilisation des marionnettes kivutiens qui se laissent manipuler pour servir les intérêts des forces d’occupation. Mais au bout du compte, tous les collabos congolais mourront de leur propre turpitude. A Jackson et à Lafontaine, nous recommandons de méditer sur le sort du Général Mayele qui avait aidé les troupes de l’AFDL de prendre Kinshasa sans combattre mais qui fut exécuté par le dernier carré des loyalistes de Mobutu à la veille de l’entrée triomphale des troupes afdéliennes dans Kinshasa. Mayele n’a jamais joui de promesses que l’Afdl et ses parrains lui avaient faites. Il en est de même des complices dans la mort du héros national Mzee Laurent Désiré Kabila. Ils ne sont pas devenus Présidents de la République mais croupissent dans la Prison de Makala. Le prix de la trahison, c’est la mort.
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Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online

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