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Maboya : Abbé Faustin KINDA criblé de balles par les FARDC.

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Après le passage à tabac de l’Abbé Pascal Misugho et la profanation des objets liturgiques de la paroisse de Visiki le 25 mars dernier, c’est le tour de deux abbés de la paroisse voisine de Maboya, notamment Abbé Faustin KINDA KITALIVWA et Abbé Ghislain KATSERE d’échapper de justesse de la mort.

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Les faits macabres se passent dans la soirée du samedi au dimanche 3 avril 2011 vers 20h00.

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Les deux abbés reviennent d’une visite pastorale à Mabuku, village situé à 10 km à l’Ouest de la paroisse de Maboya en Territoire de Beni.

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De G à D : Abbé Ghislain KATSERE, Mr Edgar MATESO, Abbé Faustin KINDA, à Mabuku, juste avant la fusillade lors d’un entretien avec les membres du Kyaghanda Kikulu Edgar Mateso et Jules Vayikehya en séjour à Mabuku pour la sensibilisation et la mobilisation de la population pour l’enrôlement

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Arrivés au centre de la localité de Maboya, à Mbumbutsa, l’Abbé Ghislain KATSERE veut acheter du sucre dans une alimentation de Mbumbutsa. C’est là qu’il surprend des militaires Fardc entrain de piller la boutique, et le vendeur de la boutique couché par terre. Subitement, les Fardc pillards intimident l’Abbé Ghislain, lui ravissent téléphone et argent, et l’obligent à se coucher par terre. Devant la résistance de l’abbé Ghislain à se coucher par terre, un militaire ouvre le feu en direction de l’abbé Ghislain. Heureusement, la balle passe entre les jambes de l’abbé pour atteindre le pneu arrière de la voiture.

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L’Abbé Faustin qui conduisait la voiture, sort de la voiture pour s’adresser aux militaires en Lingala «  tozali bana mboka maboya, nini eza awa ? » (Nous sommes les fils de ce village, qu’est-ce qu’il y a ici ?). Les Fardc pillards ne répondent pas. Issus du CNDP, le lingala n’est pas leur langue courant. Le langage qu’ils connaissent mieux c’est les armes. Et c’est ce qui est arrivé avant que l’abbé Faustin ne finisse la phrase. Un Fardc a ouvert le feu et lui loge une balle dans sa cuisse droite, prêt de la jonction du fémur au bassin. L’abbé Faustin s’écroule et saigne abondamment. Les Fardc pillards et assassins prennent la fuite dans le noir.

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Entretemps, l’abbé Ghislain a réussi à s’enfuir pour se retrouver au presbytère par la brousse.

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Dans le véhicule que conduisait l’abbé Faustin, il y avait deux garçons de Mabuku mais aucun d’eux ne sait conduire une voiture. L’abbé Faustin prend son courage malgré sa jambe ensanglantée pour reprendre le volant et se diriger lui-même au Centre de Santé de Référence de Maboya. Les infirmiers ayant mesuré la gravité du cas, ont pris la décision de prendre un autre risque, celui d’acheminer durant la nuit la victime à l’Hôpital de Matanda à Butembo qui se trouve à 25 Km. La plaie saigne toujours. Les infirmiers surveillent surtout le battement du cœur de l’abbé. Heureusement pour l’abbé, la voiture n’est pas tombée dans une autre embuscade et n’a pas eu de panne. L’abbé Faustin arrive juste en temps dans la salle d’opération de Matanda.

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La fusillade mortelle de l’abbé BOSOLENE reste encore très fraîche dans les mémoires des beniluberois. L’heure de l’abbé Faustin n’était pas encore arrivée malgré que son état de santé reste critique.

A coté de l’abbé Faustin KINDA, un Taximan fusillé par des Fardc dans la nuit du samedi au dimanche, au quartier VUNGI en ville de Butembo lutte entre la vie et la mort. Si ce taximan a survécu jusqu’aujourd’hui à la fusillade c’est grâce au courage des Parlementaires de FURU qui étaient venus lui porter secours après le refus de la police de descendre sur le lieu. 

Le courage de ces jeunes de Furu et celui de l’abbé Faustin Kinda est louable. Le fait de s’adresser aux Fardc qui malmenaient son confrère Ghislain et de se conduire à l’hôpital avec une jambe saignant en profusion, témoigne de l’héroïsme de ce serviteur de Dieu. Il faut que les beniluberois parlent aux militaires Fardc pour mettre fin aux carnages et aux pillages qui ont trop duré. Les autorités politico-administratives, les chefs coutumiers, les forces vives doivent instaurer un cadre de dialogue avec le pouvoir pour trouver une solution. Sans l’implication des uns et des autres, le carnage se poursuivra et celui qui le commandite de loin ou de prés continuera à le mettre sur le dos des hypothétiques FDLR, ADF/NALU, LRA, etc. L’exemple de la population de la cité d’Oïcha devrait faire des émules. Les représentants de la population doivent rencontrer le commandant de l’armée et de la police de chaque entité territoriale décentralisée pour instaurer un cadre de suivi de la securité des personnes et de leurs biens.

 

Gift Baraka (Maboya) et Tembos Yotama (Butembo)

©Beni-Lubero Online

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