Monument du Rond-Point Beni

MAYANGOS: Papa Kambale demande aux assaillants de l’égorger à la place de sa femme

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Le récit de la tragédie humaine en cours dans les deux territoires de Beni et de Lubero ne manque pas des héros parmi les victimes. Le kidnapping du Lundi 25 janvier 2016 à MAYANGOS dans la périphérie Est de la ville de Beni nous en donne un bel exemple, à savoir, l’acte d’amour héroïque de papa Kambale Kazi (56 ans) de MABOLIO/BENI  qui a demandé aux assaillants de l’égorger à la place de sa chère épouse KAVIRA Marie (40 ans). Le couple a 7 enfants.  

Monument du Rond-Point Beni

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Papa Kambale Kazi  et son épouse Kavira Marie venaient d’arriver à Mayangos dans leur champ de cacao quand les assaillants y ont fait irruption. Papa Kazi réussit à sauver dans la brousse à côté de son champ.  Malheureusement son épouse Kavira est attrapée par les assaillants. Voyant de sa cachette son épouse terrassée par un assaillant qui venait de déchirer sa jupe et qui à l’aide d’un long couteau voulait lui couper la tête, Papa n’a pas réussi à assister silencieux au meurtre de son épouse et mère de ses 7 enfants.  Prenant son courage en mains,  Papa Kazi sort de sa cachette et se précipite vers le tueur, maitrise la main du tueur qui tient le couteau et dit au tueur : « Tuez-moi à la place de mon épouse et mère de mes sept enfants» Maman Kavira, avec sa jupe déchirée et en sanglots profite de l’altercation entre son mari et le tueur pour se sauver. Quelle scène ! Maman Kavira ne sait pas ce que les assaillants ont fait de son mari après! Papa Kazi a montré combien il aimait son épouse! Il a accepté de donner sa vie pour celle qu’il aime. C’est l’Evangile (Jean 15,13).

Papa Kazi nous rappelle l’exemple héroïque de saint Maximilien Kolbe, un prêtre polonais emprisonné par les Naziss à Auschwitz avec d’autres prisonniers dont  Gajowniczek. En 1941, Gajowniczek fut désigné pour mourir. Lorsque Maximilien Kolbe entendit Gajowniczek s'écrier « Ma pauvre femme ! Mes pauvres enfants ! Que vont-ils devenir ? », il vint dire à l’exécuteur : « Je suis un prêtre catholique de Pologne ; je voudrais prendre sa place, car il a une femme et des enfants ». Gajowniczek fut libéré et retrouva sa famille. Maximilien Kolbe mourut à sa place.  

L’acte d’amour héroïque de papa Kazi pour son épouse Kavira Marie est un exemple pour tous les couples en ce temps de grande épreuve. L’exemple de Papa Kazi nous dit aussi que les Massacres et les Kidnappings en cours à Beni-Lubero donneront des nouveaux saints à l’Eglise Catholique !  

Selon 7 rescapés du kidnapping de MAYANGOS du lundi 25 janvier 2016, les assaillants étaient une cinquantaine d’hommes, femmes, et enfants de grande et de petite taille, lourdement armés, et portant des grandes mallettes bien chargées. Certains d’entre eux, portaient des tenues militaires FARDC.  Certains s'exprimaient en kiswahili approximatif et d'autres en une langue semblable au Kinyarwanda. Notez que ce kidnapping intervient 21 jours après celui de 7 personnes à NYALEKE, une localité voisine de MAYANGOS.

Cinq kidnappés ont déjà été identifiés par plusieurs concordantes.  Il s’agit de :

1) KAMBALE KAZI (56ans), père de 7 enfants, résidant au Quartier MABOLIO;

2) KAMBENE EMANNUEL (56 ans), père de 6 enfants, habitant du Quartier KANZULI;

3) GODE KASEREKA NZIMBO, habitant au Quartier TAMENDE;

4) ERICK, résidant au Quartier TAMENDE;

5) MUHINDO SIMBAYIRWANDEKE (26 ans) marié et père d'un enfant.

La coalition Fardc/MONUSCO a bombardé ce mercredi 27 janvier 2016 à partir de la cité d’Oïcha plusieurs positions de ces assaillants. On espère qu’un jour la coalition FARDC/MONUSCO pourra être renforcée en hommes et en matériel de combat pour des opérations de ratissage à travers tout  le Parc National des Virunga qui sert de route et de cachette aux assaillants. MAYANGOS serait un point de passage sur une route qui part du Rwanda- Kalehe (au Sud-Kivu)- Masisi – Rutshuru, –  Vitshumbi, Lac Edouard- Kyavinyonge- Karuruma- Mwighalika – Kalongo –  Nyaleke – Mayangos – Masulukwede- Ngite, PK9 sur la route Mbau-Kamango- Kainama (précisément au confluent de la rivière Mango (en groupement de BAUMO) et de la Rivière Semliki. Cet endroit réputé pour ses gisements d’or servirait souvent, avant chaque bombardement, de QG pour les massacres des civils sur l’axe Eringeti-Oïcha.  

Pourquoi ne pas installer des camps militaires de la coalition Fardc/Monusco sur cette route ? Les bombardements comme les opérations militaires qui repoussent les assaillants dans la brousse sans les poursuivre jusque dans leur dernier retranchement inquiètent les populations civiles et ne montrent pas une réelle détermination à nettoyer Beni-Lubero de ses assaillants qui sèment mort et désolation à leur passage.

© Beni-Lubero Online

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