Mexique : Un pr

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Arrivé à Mexico City au Mexique il y a deux ans, le Père Joseph Mumbere Mahamba, assomptionniste de Beni-Lubero parle de sa peur de la fièvre porcine qui s’abat sur le pays comme une foudre, une peste, etc. Le bilan connu de cette épidémie s’élevé à ce jour à 103 morts selon le gouvernement du Mexique.
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Habitué aux incursions des rebelles rwandais dans son fief natal de Beni-Lubero au Nord-Kivu, le Père Joseph dit que la fièvre porcine lui fait plus peur qu’une incursion rebelle pourtant aussi dévastatrice. La petite différence est que la transmission de la grippe porcine est maligne, on ne s’en aperçoit pas au moment de l’infection fatale. Tout humain, tout animal, toute herbe de la bourse ou du jardin peut transmettre la grippe porcine. 
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Avec la fièvre porcine, c’est la méfiance de tous envers tous avec ce que cela comporte comme peur psychologique. Chaque humain est dangereux car il est un vecteur possible de ce que d’aucuns appellent déjà « la peste porcine ».
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Les mesures préventives édictées par les autorités sanitaires du Mexique rajoutent à la peur psychologique qui secouent les mexicains. En effet, il est demandé à tous et à chacun d’être responsable de lui-même mais aussi des autres. Si quelqu’un ressent un malaise quelconque de fièvre, il doit immédiatement le dire, s’isoler de ses proches, et se rendre à l’hôpital le plus proche pour un diagnostic approprié. Pour porter secours à une personne qui se plaint d’une fièvre quelconque, il faut porter un masque… Une difficile mesure de prévention quand le malade est un enfant, un époux ou une épouse, un membre proche de la famille. Mais cette prévention est le prix à payer pour éviter l’expansion de l’épidémie. Il est demandé à tous d’éviter de rencontrer les humains sans la protection préventive du masque! S’il n’y a pas urgence ou nécessité de sortir en public, la consigne est de s’enfermer chez soi, dans sa chambre.
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Le Père Joseph a passé toute la journée d’hier dimanche 26 avril 2009 dans sa chambre. Mexico-City, la ville la plus grande et la peuplée du continent américain est devenue silencieuse. Et pour cause : La peur de la « peste porcine » que les humains transmettraient les uns aux autres. Les Eglises sont restées fermées. Les curés des paroisses n’ont pas délivré leurs sermons sur le message de paix du ressuscité : « La paix soit avec vous ! ». La grotte de la Madonna de la Guadeloupe, la plus fréquentée du monde par catholiques et protestants, est restée déserte. Les écoles sont fermées sine die… Les hôtels se sont vidés de leurs clients… Les Théâtres, lieux des sensations humaines, sont aussi fermés. La seule sensation humaine et réelle c’est la peur de l’humain. Les humains se craignent… IL est vrai que cette crainte des humains n’est pas une nouveauté. Si souvent les humains vivent cette crainte ou cette méfiance comme une poésie ou une figure de style, au Mexique cette crainte se vit aujourd’hui comme une prose. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les consignes individuelles : porter un masque sur le nez et la bouche quand on se rend sur une place publique, dans le métro, dans un bus, etc. Se laver les mains plusieurs fois par jour. Ne pas toucher à ses yeux, à sa bouche sans se laver. Ne pas éternuer ou tousser en public sans isoler sa bouche avec un mouchoir…
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Enfermé dans sa chambre par peur des humains et de la peste porcine, le Père Joseph a composé ce poème au matin du 26 avril 2009, Troisième dimanche de Pâques de l’Année Liturgique B :
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Le chanteur du silence d’Alléluia
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Pâques du Seigneur, Pâques d’allégresse :
Le Seigneur est ressuscité !
Chante un voyageur sans adresse.
A la brusque croisée de son chemin de Pâques
C’est le troisième dimanche
Qui sent le mortel silence des cloches.
Triste printemps qui brule les roses.
Au lit le Mexique, dans un temps morose.
Pour la peste !
Rues et avenues désertées,
Hôtels et restaurants, déconcertés ;
Un seul hôte à tous : la peste porcine,
Hôte indésirable et voyageur inconnu
Qui interrompt la gloire du ressuscité,
Au rythme du chant blasphématoire.
Il avance à pas de dance de l’abattoir
Où tout pue la mort.
Au Mexique, qui chante troisième dimanche de Pâques ?
Seul le chanteur du silence d’Alléluia : la grippe porcine au Mexique.
On sent le silence, silence d’Alléluia.
Mais, Seigneur ressuscité délivre ton peuple de la mort : crie la nation de l’espoir.
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El cantante del silencio de Aleluya ( version espagnole)
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Pascua del Señor, Pascua de Alegría
El Señor resucitó:
Canta un viajero sin destino.
En la brusca encrucijada de son camino de Pascua
Es el tercer domingo
Que huele el mortal silencio de las campanas.
Triste primavera que quema las rosas.
En el lecho está México, este momento moroso.
Por la peste!
Calzadas y calles, vaciadas.
Hoteles y restaurantes, desconcertados.
A todos un solo huésped: la influenza,
Indeseable huésped y desconocido viajero
Que interrumpe la gloria del resucitado,
Al ritmo de un canto blasfamatorio.
Se acerca a pasos de baile en matadero
En donde todo apesta la muerte.
En México, quién canta el tercer domingo de Pascua?
Solo el cantante del silencio de Aleluya: la influenza en México!
Se siente el silencio, el silencio de Aleluya.
Pero, Señor resucitado libra a tu pueblo de la muerte: grita la nación de la esperanza.
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P. Joseph Mumbere Mahamba, a.a.
Mexico-City, Mexique
Beni-Lubero Online
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