Mobiles cachés du déplacement forcé des congolais de l’Est de la R.D.C

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Les tueries des civils et le déplacement forcé des populations congolaises continuent de planter durablement leur décor macabre à l’Est du pays sans faire la une de l’action du gouvernement congolais ni provoquer la création d’un comité de crise au parlement national ou provincial. Les victimes des tueries et du déplacement forcé n’ont jamais reçu un message de sympathie du gouvernement congolais, encore moins une aide humanitaire pour soulager sa peine. Au contraire, le gouvernement congolais peut faire une opération de charme sur la scène internationale en accordant une aide aux victimes du séisme d’HAITI mais jamais aux victimes des rebelles étrangers de Beni-Lubero.  Il en de même du charme pour consommation étrangère des festivités grandioses du cinquantenaire. Il est selon toute évidence plus facile de mettre sur pied plusieurs comités d’une fête qu’un comité pour la securité des millions des congolais menacés d’extermination par des terroristes étrangers tels les FDLR, LRA, ADF-NALU. Aussi, pendant que les congolais du territoire de Beni enterraient les victimes des opérations Ruwenzori, on a lu à la une des medias « coupagistes » de Kinshasa  les nouvelles de l’attentat de Kampala attribué aux militants somaliens EL-SHABAB.  Et pourtant  des tristes événements se déroulent avec autant de violence sur le sol congolais, plus près de Kinshasa que de Kampala! Comme le souligne la Revue de Presse de Congoforum signé Guy de Boeck le Mercredi 14 juillet, on s’étonne que certains medias congolais craignent des attentats terroristes que les militants EL-SHABAB de Somalie risqueraient de commettre en RDC alors que les armées régulières du Rwanda, Uganda, R.D.Congo sont déjà coupables d’actes de terrorisme sur les populations congolaises. Pourquoi Kinshasa cherche-t-il à camoufler le terrorisme de ces trois armées régulières à  l’Est de la R.D.Congo et le déplacement forcé des populations congolaises ?
 
Les mobiles de ce déplacement forcé des populations congolaises commencent à être perçus par le commun des congolais. La guerre que les Fardc issus du brassage livrent aux rebelles rwandais FDLR et ougandais LRA, ADF-NALU présentée comme l’élément déclencheur de ce déplacement forcé des populations congolaises ne convainc plus personne pour plusieurs raisons dont les suivantes :
  1. Quand on prend le cas de la région de Beni-Lubero, on trouve que les attaques contre les rebelles étrangers  sont menées comme si ces derniers vivaient parmi la population congolaise (ou bien assimilés aux populations congolaises) aussi bien dans les villes que dans les villages.  C’est ainsi qu’on cherche les rebelles étrangers  dans les maisons, les champs des autochtones, avec tout ce que cette pratique comporte comme exactions, viols, vols, pillages des maisons visitées. En outre, comme dans le cas des Opérations Rwenzori, les militaires congolais sont envoyés sur le champ dit de bataille sans provision et sans tente. Par conséquent, ces milliers des militaires se ravitaillent auprès des populations meurtries par 14 ans d’occupation militaire rwando-ougandaise. Les témoignages des déplacés d’ISALE-BULAMBO illustrent bien cette tracasserie de la population locale comme jamais avant l’arrivée des militaires congolais.  La question qui se pose est ainsi de savoir qui est la vraie cible des opérations Ruwenzori : les populations congolaises ou les rebelles étrangers?
 
  1.  Le deuxième fait qui fait planer le doute sur les Opérations contre les rebelles étrangers à l’Est du pays, c’est leur commandement mono-ethnique. Une enquêtes rapide révèle que  tous les commandants des opérations militaires au Nord-Kivu sont HIMA-TUTSI issus du CNDP ou du RCD-GOMA, à l’exception de quelques Katangais y insérer par John Numbi pendant sa lune de miel avec Kigali.  Sachant que ces commandants étaient les mêmes qui voulaient conquérir la région pour la faire occuper par les membres de leurs ethnies vivant dans les pays voisins, les violations des droits humains dont les congolais sont coupables sont ainsi soupçonnées par plusieurs observateurs comme étant une autre façon de poursuivre la conquête initiée par le CNDP de Nkunda. En effet, ces exactions sont commises aussi bien dans les villes, cités, et villages où les paisibles congolais n’ont jamais vu un seul rebelle étranger.
 
  1. Une autre suspicion concerne l’action du gouvernement congolais qui ferme les yeux devant les violations des droits humains qui se commettent à l’Est du pays, donnant parfois l’impression qu’il a perdu le commandement militaire dans cette partie du pays.  L’éternelle question est de savoir pourquoi ce gouvernement laisse impunis les commandants et les militaires coupables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ? Les quelques condamnations à la peine capitale ou autres peines, seraient celles des militaires congolais d’origine. Quand le coupable est un militaire ou un policier congolais, la justice est étonnamment expéditive. Mais jamais on a vu un militaire Hima-Tutsi traduit en justice et condamné à mort. Bref, l’hégémonie militaire HIMA-TUTSI dans la région des opérations contre les rebelles étrangers en provenance des pays alliés aux HIMA-TUTSI peut expliquer ce que d’aucuns appellent déjà une occupation militaire de l’Est du pays et pourquoi toutes opérations militaires insécurisent davantage les congolais au lieu de les sécuriser. Certaines autorités administratives qui sont pour la plupart des congolais déclarent sous le sceau de l’anonymat qu’il leur est interdit de se mêler dans les questions touchant à la securité de leurs entités territoriales décentralisées. Ainsi par exemple, si le Maire de « Madiwe » téléphone au Gouverneur de sa province qu’il y a eu massacre des civils dans son agglomération, le Gouverneur de province ne peut ni interpeller le commandant local des Fardc ou de la PNC ni diligenter une enquête provinciale. Ce qui lui est permis de faire, c’est d’appeler Kinshasa pour l’en informer. Le Gouverneur de province ne saura plus si Kinshasa a fait le suivi du dossier ou pas. S’il insiste, on le traite de tribaliste ou de complice des Mai-Mai. C’est ainsi que de l’avis des autorités administratives qui ont requis l’anonymat, la clef de compréhension de l’insécurité entretenue à l’Est du pays est cachée à Kinshasa qui affaiblit les administrations locales. Le dernier cas de la ville de Butembo est éclairant. La Mairie décide l’organisation des patrouilles mixtes pour éviter des dérapages. Il est décidé que l’ordre de tirer sur les pneus d’une voiture dont le conducteur refuse d’obtempérer aux ordres des patrouilleurs doit être donné par l’autorité civile présente dans la patrouille. Quelques jours plus tard, le bourgmestre de la Commune Mususa est dans un corps de patrouille nocturne quand la voiture de Mr Kasereka Pascal Mwanazaire s’approche. La patrouille l’arrête.  Quand le bourgmestre veut s’approcher de la voiture pour parler au conducteur, l’élément tireur de la patrouille tire des coups de balle non pas dans les pneus de la voiture mais dans l’œil du conducteur sans que le Bourgmestre ait donné l’ordre, du moins si l’on en croit le témoignage du Bourgmestre.  Mr Kasereka Pascal Mwanazaire s’écroule et meurt sur le champ ! L’élément tireur de la patrouille n’avait pas voulu respecter les consignes des autorités administratives locales! La population locale peut bien dénoncer la faiblesse des autorités administratives locales mais il y a visiblement plus que cela. Plusieurs autorités administratives locales de l’Est du pays  se disent dépossédés de tous les leviers nécessaires à leur action. Ils portent bien sur les titres, mais sont logés à la même enseigne que leurs administrés civils. Curieusement aucune de ces autorités administratives  n’a encore démissionné de ses fonctions qu’elle ne peut exercer comme il se doit. Cela se comprend bien dans un pays où la « mangecratie » est la regle du jeu.  Mais le jour que les autorités administratives sortiront de leur silence pour crever l’abcès de leurs frustrations en public, ce sera la fin du jeu de cache de cache de Kinshasa. Le manque de dialogue ouvert entre Kinshasa, le gouvernement local, et le peuple congolais est le péché originel de la crise congolaise. A cela il faut ajouter le péché mortel du gouvernement parallèle tant décrié en R.D.Congo. On ne sait jamais qui s’occupe de quoi et il n’y a pas de feuille de route connue de tous pour permettre une critique constructive de l’action du gouvernement. Bref, l’administration de la RDC est en panne !
 
  1.  L’autre grief contre les opérations militaires contre les rebelles étrangers est le fait que le bilan de ces opérations n’est jamais rendu public. Tout reste ésotérique à cette heure de la caméra digitale qui envoie des photos de partout à la seconde. Les congolais aimeraient voir les visages des rebelles étrangers capturés ou morts, mis en prison ou traduits devant la justice congolaise ou internationale, et entendre parler de dossiers d’extradition vers le Rwanda ou l’Ouganda, pays d’origine des rebelles étrangers actifs en RDC. Aussi, depuis le début des opérations militaires, on ne connait les intentions des rebelles étrangers que par les medias du régime en place, de l’ONU, de puissances militaires étrangères  intéressées par les minerais congolais, au point que l’on se pose la question si ces rebelles étrangers existent réellement ou s’ils sont un montage pour endeuiller l’est du pays. Des rebelles étrangers qui sont d’abord enclavés dans des brousses et forêts des pays qui les poursuivent, et qui malgré leur enclavement résistent à l’armée onusienne de la MONUC ou MONUSCO, l’armée rwandaise, l’armée ougandaise, l’armée soudanaise, et l’armée Congolaise, n’ont pas ni porte-parole connu, ni site internent ou de radio où ils s’exprimeraient. Qu’est-ce qui fait la puissance de ces rebelles étrangers pour qu’ils résistent pendant plus de 10 ans à cinq armées qui se disent aguerries ? Si ces rebelles sont tellement forts pourquoi l’ONU ne veut-elle pas organisé une table ronde de paix avec leurs représentants pour que les pays de la sous-région apprennent leurs desiderata et cherchent ensemble des moyens pour y répondre ?  L’ésotérisme de cette nébuleuse des rebellions étrangères qui opéreraient sur le sol congolais semble être l’alibi fabriqué par l’ennemi de la RDC pour maintenir l’insécurité à l’Est du pays, laquelle insécurité aboutirait éventuellement à la balkanisation de la R.D.C.     
 
5.                   Les congolais n’oublient pas non plus le plan des américains alliés du Rwanda et de l’Ouganda et dont un stratégiste de l’extrême-droite du nom de Walter Kansteiner avait fait un rapport aux décideurs américains dans lequel il démontrait que l’heure était venue de démembrer le Congo en plusieurs petits états selon des critères ethniques et avec comme méthode, la migration forcée des populations (cfr. Source internet : http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=74&jumival=2986).  Plus près de nous, Herman Cohen, ancien  sous-secrétaire d’état américain aux affaires africaines,  avait dit dans sa proposition de paix à Barack Obama pour la RDC,  qu’il fallait intégrer l’économie de la RDC dans le marché de l’Afrique de l’Est, c’est-à-dire le Rwanda, l’Ouganda, le Kenya, et la Tanzanie.  Nicolas Sarkozy n’avait pas dit le contraire dans ce qu’on appela alors le plan de paix de Sarkozy pour la RDC  selon lequel les congolais devraient accepter que le trop plein des rwandais soit déversé dans les verts pâturages du Kivu et de partager les ressources congolaises avec leurs voisins de l’Est pour avoir la paix. Malgré la réaction virulente des congolais à ces différents plans de paix, leurs auteurs ne les ont jamais retirés. Il faut noter que le gouvernement congolais ne les avait pas dénoncés non plus. En d’autres termes, il n’y a rien qui prouve que les plans de paix de Walter Kansteiner, Herman Cohen, et Nicolas Sarkozy sur l’avenir de la RDC ont été abandonnés par les décideurs américains et français. L’arrivée clandestine des rwandais au Nord-Kivu rappelle le plan de paix de Sarkozy qui semble être en marche en dépit de l’opposition du peuple congolais dans son ensemble.
 
Selon Theodore Trefon un chercheur belge de MRAC Tervuren qui a fait le tour des USA pour vendre l’idée de l’échec de la réforme congolaise,  « le démembrement de la RDC n’est abandonné actuellement qu’ à contrepartie d’une garantie faite aux multinationales qui utilisent le Rwanda et l’Ouganda pour piller les richesses minières congolaises que l’Est de la RDC resterait jusqu’à l’expiration de leurs contrats miniers sous l’emprise du Rwanda et de l’Ouganda. » (Propos tenus lors de sa Conférence à Boston University, African Studies Center, Lundi 22 Février 2010 sous le titre: “ Reform failure in the Congo »).
La sauvegarde des intérêts de ces multinationales, expliquerait pourquoi l’ONU et les USA gardent le silence sur l’occupation militaire de l’Est de la RDC par le Rwanda et l’Ouganda. Le Rwanda et l’Ouganda peuvent ainsi profiter de cette permission d’occuper militairement le Congo pour poursuivre sa conquête des terres riches du Kivu et de la Province Orientale.  Au passage, les armées de ces deux pays peuvent procéder à une épuration ethnique dans la région convoitée jusqu’à la mettre entièrement sous sa domination sur le plan démographique, politique, militaire, etc. Donc, le démembrement de la RDC aurait ainsi lieu à la longue. La RDC comme pays un et indivisible ne serait donc qu’en sursis ! D’aucuns parlent de la double guerre qui se déroule à l’Est du pays. D’un côté la guerre des multinationales qui se battent pour décrocher le monopole d’exploitation des minerais stratégiques congolais et de l’autre côté, la guerre du Rwanda et de l’Ouganda qui profitent de l’appui matérielle et diplomatique des grandes puissances pour se tailler un territoire pour leurs descendants à l’Est de la RDC. Cette hypothèse cadre bien avec la puissance militaire inexpliquée des rebelles étrangers du Rwanda et de l’Ouganda sur le sol congolais.  
 
6.                    La gestion opaque de la guerre contre les rebelles étrangers et l’exclusion des forces vives de la nation de la conduite de cette guerre ne permet pas de dire le contraire. Les memoranda des forces vives au gouvernement congolais pour la sécurisation de l’Est du pays restent des lettres mortes. Un véritable dialogue des sourds est ce qui caractérise la relation actuelle entre le gouvernement congolais et les forces vives de la nation. Pourtant les spécialistes en la matière renseignent qu’une armée aussi puissante soit-elle ne peut gagner une guerre si elle n’a pas gagné au préalable la confiance des populations locales. Pour gagner la confiance des populations locales, il faut que ces dernières voient effectivement que les opérations militaires sont bien planifiées, financées par le gouvernement, et qu’elles visent vraiment la paix et la securité. Sur le terrain de l’Est de la RDC, c’est le contraire qui s’observe. Les militaires que le gouvernement envoie combattre les rebelles étrangers pillent les petites économies de subsistance des populations locales, obligent ces populations à transporter pour les militaires, et sur des longues distances, leurs propres biens de valeurs pillés. Si cet appauvrissement des populations locales venait à durer, l’insécurité alimentaire les fera partir partout où on leur promettra un peu de nourriture. La migration forcée des congolais telle que proposée par l’américain Walter Kansteiner pourra ainsi s’effectuer comme sur des roulettes. La stratégie serait donc de détruire d’abord à petits feux l’ossature économique  des sociétés congolaises pour obtenir leur soumission et leur nouveau formatage à l’idéologie du capitalisme du désastre qui s’établit peu à peu en RDC.
 
Pour conjurer ce malheur qui semble s’approcher à grands pas, les congolais doivent acculer le gouvernement congolais ainsi que leurs élus pour établir dans un dialogue franc et ouvert toute la lumière sur les opérations militaires contre les rebelles étrangers dans la région, lesquelles opérations peuvent se révéler néfastes pour les populations congolaises et pour l’intégrité du territoire national congolais. Comme disait Mzee LDK, les congolais doivent s’organiser pour sauver la RDC du complot international dont il est victime actuellement. Comme d’autres peuples y sont parvenus, les congolais peuvent aussi y parvenir.
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©Beni-Lubero Online.
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