Noirs et Musulman Pr

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C’est aujourd’hui que les élus américains sortis des urnes de Novembre 2006 prêtent serment avant d’entrer en fonction. Ils sont pour la plupart du Democratic Party qui, par sa victoire aux législatives de Novembre 2006 a signé un véritable retour aux affaires après trois défaites consécutives. Point n’est besoin de rappeler que le Democratic Party a bénéficié d’un vote sanction de la politique intérieure et extérieure du Republican Party représenté actuellement par Georges W. Bush tenu pour responsable d’un déficit fiscal sans précédent dans l’histoire récente des USA et d’un anti-américanisme à la fois ouvert et dissimulé à travers le monde. La leçon que la défaite des républicains et le retour aux affaires des démocrates américains donnent aux aspirants à la démocratie, c’est sans nul doute la non-conflictualité de l’alternance politique et le respect des lois de la République. La victoire se dessine dans les urnes et non dans l’équilibrage régional ou ethnique. Les démocrates qui gagnent aujourd’hui savent qu’ils doivent travailler pour mériter la confiance des électeurs. La différence entre le gagnant et le perdant se mesure à l’aune de l’amélioration des conditions de vie du citoyen américain.
A part cette belle leçon d’alternance politique, la prestation de serment de ce Jeudi 4 janvier 2006 présente une autre particularité, à savoir, la présence parmi les élus de novembre 2006 d’un Noir américain, Patrick Deval, élu Gouverneur de l’Etat de Massachusetts et d’un musulman, Keith Ellison, élu député de l’Etat de Minnesota. En effet, dans l’histoire des USA, c’est la deuxième fois qu’un Noir est gouverneur d’un des Etats des USA, le premier étant Douglas Wilder, ancien gouverneur de l’Etat de Virginie.
Patrick Deval entre dans l’histoire des USA comme premier Gouverneur Noir de l’Etat de Massachusetts, un état en majorité peuplé des blancs et où la discrimination raciale n’a pas encore dit son dernier mot. Patrick Deval est né aux USA des parents immigrés de la République de Haiti. Dans sa prestation de serment, Patrick va utiliser une Bible que des anciens esclaves africains mis en prison après leur révolte sur le bateau Amistad, avaient offert comme cadeau de leur libération à leur avocat et libérateur John Quincy Adams, Président des USA de 1825 à 1829. Cette bible est dotée d’une couverture comportant des nœuds qui rappellent les chaines avec lesquelles les esclaves étaient enchainés.

Patrick Deval, Gouverneur de l’Etat de Massachusetts ( 2007-2011)

L’autre révélation de la prestation de serment de ce jour c’est Keith Ellison, un élu Démocrate de Minnesota et qui se trouve être le premier musulman élu au Congrès américain. Pour sa prestation de serment, Keith Ellison utilisera le Coran en lieu et place de la Bible comme d’accoutumée aux USA. Cet usage du Coran a provoqué un grand frisson à peine dissimulé dans les rangs des conservateurs américains qui ont grincé les dents contre ce qu’ils qualifient à tort ou à raison de danger de l’Islam aux USA. Mais au nom de la liberté religieuse telle que définie dans la Constitution américaine, rien n’empêchera Keith Ellison, de prêter son serment avec sa main sur le Coran qui appartenait jadis à Thomas Jefferson, le troisième président américain (1801-1809), un des Peres de la démocratie américaine, qui a beaucoup milité pour l’incorporation de la tolérance religieuse dans la constitution dont il fut l’un des rédacteurs.

L’autre révélation de la prestation de serment de ce jour c’est Keith Ellison, un élu Démocrate de Minnesota et qui se trouve être le premier musulman élu au Congrès américain. Pour sa prestation de serment, Keith Ellison utilisera le Coran en lieu et place de la Bible comme d’accoutumée aux USA. Cet usage du Coran a provoqué un grand frisson à peine dissimulé dans les rangs des conservateurs américains qui ont grincé les dents contre ce qu’ils qualifient à tort ou à raison de danger de l’Islam aux USA. Mais au nom de la liberté religieuse telle que définie dans la Constitution américaine, rien n’empêchera Keith Ellison, de prêter son serment avec sa main sur le Coran qui appartenait jadis à Thomas Jefferson, le troisième président américain (1801-1809), un des Peres de la démocratie américaine, qui a beaucoup milité pour l’incorporation de la tolérance religieuse dans la constitution dont il fut l’un des rédacteurs.

Ces deux faits viennent tout simplement renforcer le fait que la société américaine continue son évolution en intégrant en son sein les exclus d’hier. D’une part, cette intégration est le fruit de sa politique d’immigration qui accueille des milliers d’étrangers chaque année en leur donnant la possibilité de devenir citoyen américain. Dans certains quartiers ou cités, les immigrés devenus américains sont majoritaires. Et comme la démocratie est la politique de l’administration de la cité par la majorité, les américains immigrés dont la croissance numérique dépasse de loin celle des américains autochtones, se trouveront de plus en plus mieux élus. Malgré ce phénomène, l’élection de Patrick Deval et de Keith Ellison n’est pas tributaire du nombre croissant des immigrés dans certains Etats des USA car s’il en était ainsi, on aurait assisté, par exemple, à plusieurs élus latino-américains qui constituent le deuxième groupe le plus nombreux aux USA. Le parcours de Patrick Deval et de Keith Ellison démontre que le pragmatisme américain est ce qui préside au choix des électeurs. Elire l’homme ou la femme qu’il faut a la place qui lui convient, offrir un poste de responsabilité au plus méritant et compétent. Ainsi, au nom de ce pragmatisme, Patrick Deval, de race noire, a été élu dans un Etat en majorité blanche. Keith Ellison, musulman de son état, a été élu dans un Etat en majorité chrétienne. Ce pragmatisme est l’autre leçon des élections de Novembre 2006.

Nous dédions ces deux modèles de réussite à nos compatriotes congolais. Tout est possible pour celui qui le veut. Le volontarisme et l’excellence dans le travail est ce qui doit motiver notre choix électoral au lieu de la tribu, de la région, la religion, etc. Bien sûr tout doit se faire conformément à la Constitution du pays et en rapport avec les valeurs civiques et éthiques de la société. Bien que le model américain ne soit pas parfait, il nous offre tout de même des leçons de démocratie qui peuvent nous aider à inventer notre propre démocratie au Congo.

Vincent K. Machozi, a.a.
Boston University, MA (USA)
Beni-Lubero Online

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