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Nord-Kivu : Epuration Ethnique en cours à Kiwanja

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Le mercredi 16 mars 2011, six hommes de la tribu Nande habitant le quartier Office de Kiwanja en Territoire de Rutshuru ont été découpés à la machette lors d’une attaque par des rwandophones. Cette attaque d’une heure avait commencée juste après 20h, heure locale.

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  Massacre de Kiwanja de 2009 ( Photo Archives BLO)

Ces six victimes grièvement blessées luttent entre la vie et la mort dans des centres de santé de la place dont nous taisons les noms pour des raisons de securité. Pendant l’attaque, plusieurs biens de valeur tels les ustensiles de cuisine ont été sauvagement détruits par les assaillants.

Selon les rescapés et témoins de l’attaque, les assaillants ont attaqué à l’arme blanche leurs victimes parce qu’elles étaient de la tribu Nande. Pendant l’attaque les assaillants disaient explicitement que tous les Nande du Territoire de Rutshuru doivent quitter le Territoire de Rutshuru pour Beni-Lubero. 

Selon les sources de Beni-Lubero Online à Kiwanja, Hutu et Tutsi se réunissent nuit et jour. Après ces réunions, des menaces verbales sont adressées aux Nande leur demandant de quitter le Territoire de Rutshuru pour Beni-Lubero. Depuis lors, plusieurs Nande se protègent en passant la nuit dans un endroit différent mais disent qu’ils ne quitteront pas Rutshuru car leurs ancêtres sont nés là-bas et n’ont jamais habité Beni-Lubero. 

Ce drame se déroule dans un territoire qui accueille plusieurs personnes dites retournés du Rwanda et de l’Ouganda.

Il y a deux jours, l’administrateur du Territoire de Rutshuru avait fait le triste constat que ces retournés affluent en désordre en Territoire de Rutshuru sans aucun document attestant qu’ils étaient refugies au Rwanda ou en Ouganda comme le dit le HCR. Le comité d’identification et d’accueil mis en place au Nord-Kivu ne sert pas car les retournés s’installent eux-mêmes. Et comme l’armée et la police œuvrant dans toute la région est rwandophone par son commandement, on comprend le pourquoi de l’invalidation tacite du comité d’identification et d’accueil des retournés qui sont aussi rwandophones. 

Le HCR, la MONUSCO ainsi que le gouvernement congolais laissent faire ce retour des retournés rwandophones qui s’accompagne d’une épuration ethnique des tribus congolaises, notamment les Nande du Territoire de Rutshuru. Où sont passés les experts en résolution des conflits pour dompter les élans bellicistes des retournés du Rwanda et de l’Ouganda ? 

Tant qu’il n’y aura pas de solution à la question de la présence d’une armée et d’une police mono-ethnique au Kivu et en Ituri, on aboutira toujours au diktat des rwandophones qui utilisent leurs armes pour s’accaparer de la région pendant qu’on amuse les congolais par des élections prochaines hypothétiques et des chantiers toujours annoncés mais réalisés seulement dans les sites devant accueillir les retournés. 

Les congolais se trouvent ainsi devant un choix entre l’immolation passive sur l’autel rwandophone ou la lutte contre le terrorisme d’état qui fait des ravages au Nord-Kivu depuis quelques années déjà. 

Correspondance particulière de Kiwanja

© Beni-Lubero Online

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