Occupation rwandaise en marche: 1er contingent à Kirumba/Lubero

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L’occupation rwandaise devient une réalité au Sud du Territoire de Lubero. Les habitants de Kirumba, Quartier ITSU n’en croient  pas à leurs yeux. 

Jusqu’à présent, et cela depuis le début de la guerre d’agression rwando-burundo-ougandaise, les congolais voyaient des militaires rwandais, burundais, ougandais venir en aide à leurs marionnettes congolais pour piller les ressources naturelles de la R.D.Congo. Depuis deux ans, ce conglomérat d’hommes en armes et en uniforme a commencé à lorgner sur les terres du Kivu et de l’Ituri et à les occuper. Pour y arriver, il fallait sévir sur les populations congolaises autochtones par une violence sans pareille, les massacres des populations, les assassinats des jeunes et des cadres, les viols des femmes et des hommes, les incendies des maisons, les déplacements forcés des populations congolaises, etc. 

Notez que cette violence est infligée aux populations congolaises autochtones sous le nez et la barbe de l’ONU représentée en R.D. Congo d’abord par la MONUC et actuellement par la MONUSCO. 

Les leaders politiques originaires du Kivu, à l’exception de quelques-uns, sont restés silencieux durant le calvaire de leurs électeurs. Etant au parfum de la nouvelle donne, ils ont choisi la collaboration avec l’occupant, espérant décrocher en échange des postes de responsabilité dans le gouvernement de la nouvelle entité territoriale autonome.  

Ceux d’entre eux qui étaient impatients de jouer des rôles de premier plan dans la République des Volcans en voulaient à mort aux résistants kivutiens et ituriens jusqu’à proposer un nouveau découpage de deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce nouveau découpage aurait comme but de constituer des nouvelles entités territoriales décentralisées qui pourraient éventuellement demander leur autonomisation par  referendum à l’instar du Kosovo et du Sud-Soudan. Pour le cas du Nord-Kivu, les Nande seraient ainsi expulsés de Goma, Rutshuru, Masisi, Walikale, Kanyabayonga, Kirumba, pour n’occuper qu’un seul territoire résidu de l’actuel espace Beni-Lubero. Les limites de ce territoire alloué aux Nande iraient de Kitsombiro à Oïcha. La démilitarisation de seules villes de Butembo et de Beni préparerait ainsi ce nouveau découpage tacite. On comprend aussi pourquoi les militaires issus du CNDP ont boudé cette démilitarisation, leur mission principale étant au Sud de Lubero. 

Les hommes d’affaires ou commerçants n’ont pas été oublié par les cerveaux de l’occupation rwandaise de l’Est de la R.D.C. Les terrains, les parcelles, et les maisons devant accueillir les occupants auraient été achetés par des commerçants congolais. Les maisons démontables fabriquées dans des pays soutenant l’occupation du Nord-Kivu sont visibles dans les entrepôts et usines des commerçants collabos de l’occupation de l’Est de la R.D.Congo. Pour prendre part au gâteau de nouveaux maîtres, les hommes d’affaires ainsi que certains hommes d’église ont rivalisé d’ardeur pour promettre un accueil chaleureux et paisible aux occupants. Cela ne s’était pas passé sans heurt au sein des communautés locales. 

Aussi, depuis une semaine, certains responsables d’église, toutes les confessions confondues, vendent à leurs ouailles l’idée de la sécession du Kivu sous-prétexte que Kinshasa n’a jamais rien fait de bon à l’Est du pays. On comprend ainsi l’étrange silence des évêques et pasteurs vis-à-vis de la souffrances atroce de leurs fidèles. Tout cela au nom de la traditionnelle collaboration entre Eglise et Etat. Toute autorité vient de Dieu, dixit Saint Paul. 

Maintenant que les occupants ont dans leur poche les leaders politiques, les opérateurs économiques, et les responsables des églises, ils se disent assurés de leur victoire, après 14 ans de guerre et des méandres politiques. 

Compte tenu de ce qui précède, on peut comprendre l’arrivée au quartier ITSU de Kirumba au Sud de Lubero, dans la nuit du17 au 18 novembre 2010, du premier contingent des civils rwandais qui s’appellent HUTU-NANDE. Notez que pour sécuriser cette première colonie de peuplement, le Sud du Territoire de Lubero n’était pas démilitarisé bien qu’il soit le coin le plus meurtri du Nord-Kivu. Certains observateurs l’appellent la Bande de Gaza de la R.D.Congo. 

Comme pour tracer la frontière du nouveau découpage du Nord-Kivu tel que demandé par les leaders politiques de certaines tribus minoritaires de la région, pendant que le premier contingent des rwandais entrait à Kirumba, le commerçant de Kitsombiro Luka Katembo surnommé « 2×2 = Deux fois Deux » du quartier KABUGHAVUGHA était abattu par des militaires. La nouvelle de ce nième assassinat d’un beniluberois de grande renommée a mis Kitsombiro sens dessus-dessous. Bravant la peur des armes, la population de Kitsombiro a, comme un seul homme, fait la chasse aux militaires. Ces derniers ont répliqué par des coups des balles pour essayer d’intimider et de disperser la foule en colère. Dans ce jeu de cache-cache, la population a mis la main sur un militaire qui s’est vu enfoncer un clou dans la tête. Laissé pour mort, ce militaire était secouru par ses camarades militaires qui l’avaient amené dans un Hôpital de la place. Le lendemain matin, apprenant que leur bourreau n’était pas encore mort, un commando des civils est descendu à l’Hôpital où le militaire était interné pour l’achever. Comme conséquence, toute la journée de ce jeudi 18 novembre, Kitsombiro était un village fantôme avec des crépitements des balles. 

L’heure est donc grave pour les populations civiles abandonnées à leur triste sort par la majorité des leaders politiques, religieux, et économiques. Fallait-il en arriver là ? La suite des événements n’est pas connue comme dans toute guerre : On sait quand elle commence, mais on ne sait pas quand elle se termine ! 

© Beni-Lubero Online

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