P. Machozi r

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Les Elèves du Club « Current Events » de Winsor School, une école secondaire privée de Brookline-Boston, MA (USA) ont voulu en savoir plus sur le conflit congolais dont ils attendent beaucoup parler ces derniers temps. C’est ainsi qu’ils avaient invité P. Machozi de Beni-Lubero Online à leur rencontre mensuelle pour qu’il répondre à leurs questions. Beni-Lubero Online a traduit pour vous les questions-réponses de cette entrevue d’une heure de l’Anglais au Français. BLO
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Question : P. Machozi, vous êtes originaire du Congo, pouvez-vous nous dire ce qui se passe dans votre pays, notamment dans la région du Nord-Kivu où vous êtes originaire?
Machozi : Mon pays est agressé par le Rwanda et l’Ouganda depuis Août 1996 et cela sous l’œil de l’ONU représentée au Congo par la Monuc qui veut dire « Mission de l’ONU au Congo ». A la grande surprise des congolais, cette violation de la loi internationale contenue dans la charte de l’ONU, notamment la loi sur l’inviolabilité des frontières d’un état souverain, n’a jamais été sanctionnée malgré les multiples plaintes du Congo. Sur terrain, les populations et les militaires congolais ont plusieurs témoignages qui prouvent que la MONUC est complice de l’agression et de l’occupation du Congo par le Rwanda et l’Ouganda. Cette complicité avérée de la Monuc pousse certains analystes congolais à penser que l’ONU serait entrain de servir un agenda caché au Congo.
Question : Pouvez-vous donner un exemple de cette grave accusation contre l’ONU au Congo ?
Machozi : Il y a plusieurs exemples qui montrent que les soldats de la MONUC ne veulent pas remplir au Congo le mandat plus élémentaire de l’ONU, à savoir, la protection des civils menacés de mort. Dernièrement, dans le village de Kiwanja au Nord-Kivu, les troupes rwandaises dirigées par le rebelle Nkunda, ont massacré par balles et à l’arme blanche plus de 700 civils innocents (un dernier rapport de Human Rights Watch n’a retenu que 150 morts) à 500 mètres du camp de la Monuc qui non seulement n’a pas voulu intervenir pour protéger les civils innocents mais aussi chassait les rescapés du massacre qui voulaient se réfugier dans son enclos. Parmi les morts de Kiwanja, il y avait plusieurs jeunes garçons et filles de votre âge que les rwandais ont éliminé par crainte d’une possible résistance à leur plan d’occupation de l’Est du Congo.
Un autre exemple que les militaires congolais donnent a eu lieu au mois d’octobre dernier au Nord-Kivu. Les troupes de la Monuc auraient tiré sur les militaires congolais qui défendaient la prise de l’unique base militaire de la Province du Nord-Kivu contre l’invasion des troupes rwandaises dirigées par Nkunda. Le prétexte de la Monuc était qu’il fallait respecter un cessez-le feu décidé de commun accord en janvier 2008 mais que les rwandais n’ont jamais respecté. Mais quand les rwandais violent ce cessez-le-feu, la Monuc ne tire pas sur eux. C’est pourquoi vous avez certainement entendu parler des congolais qui jettent des pierres sur les soldats de l’ONU à l’Est du Congo et leur demandent de quitter le Congo car leur présence est clairement au service des intérêts étrangers mais pas des congolais. Bien sûr que la Monuc fait quelques bonnes actions trompe-l’œil ici et là, comme par exemple amener un malade à l’hôpital ou extraire un rebelle de la brousse, etc. Mais ce que les congolais attendent de cet organe de l’ONU c’est de faire appliquer la loi internationale dans toute sa force au Congo en prêtant main forte au gouvernement légitime du Congo, un pays agressé par le Rwanda et l’Ouganda.
Question : Pourquoi les Rwandais et les Ougandais agressent-ils le Congo ?
Machozi : Les troupes rwandaises et ougandaises agressent le Congo pour piller ses ressources minières, notamment le Coltan, l’Or, le diamant, le pétrole, le bois, la cassitérite, le gaz Méthane du lac Kivu, etc. Mais derrière les rwandais et les ougandais, il y a des multinationales qui utilisent les minerais ci-haut cités. Pour maximiser leur profit et pour éviter de payer les charges légales d’exploitation des minerais du Congo, les rwandais, les ougandais, ainsi que les multinationales qui les utilisent, préfèrent passer par des terroristes qu’ils arment et couvrent politiquement sur le plan international.
Question : Dans une émission à la Télévision, il était dit que le conflit congolais est ethnique, que les tribus congolaises ne s’entendent pas. Comment expliquez-vous votre hypothèse que le conflit congolais est plutôt lié aux ressources minières ?
Machozi : Merci pour la question. Contrairement à une certaine image que la Télévision américaine et plusieurs articles des journaux américains tels, New York Times, Boston Globe, Associated Press donnent à propos du conflit congolais, souffrez que je vous dise que le conflit congolais n’est pas du tout ethnique mais économique. Les congolais sont un peuple pacifique qui n’aime pas la guerre. En 2006, ils ont choisi la démocratie participative comme mode de gestion de la res publica. Au moment où le peuple congolais espérait faire l’expérience d’une société démocratique, les grandes puissances qui avaient soutenu le processus électoral ont tourné casaque en appuyant un renégat Tutsi rwandais. Cet appui à un terroriste par les grandes démocraties occidentales est selon toute vraisemblance consécutive à la signature par le gouvernement élu de Kinshasa des contrats économiques d’une valeur de 10 Milliards des dollars la Chine au détriment d’une offre du FMI et de la Banque Mondiale, les deux traditionnels gendarmes financiers de l’Occident dans le tiers monde. La signature par le gouvernement congolais des contrats miniers avec la Chine a été mal accueillie en Occident, notamment en Belgique, France, Angleterre, USA, Canada, etc., des pays qui depuis un siècle considèrent le Congo comme leur jardin privé. Partout au Congo, les Congolais avaient manifesté pour soutenir les contrats miniers avec la Chine qui, si ses termes sont respectés par toutes les parties, offrent un développement à impact immédiat contrairement aux restructurations sans résultats du FMI ou de la Banque Mondiale. Le soutien de l’Occident au terroriste Tutsi rwandais vient de réveiller les congolais de leur naïveté. Désormais les congolais savent que l’Occident n’a que faire de la démocratie congolaise quand ses intérêts sont en péril. En bref, le conflit congolais dans sa phase actuelle est une punition du gouvernement élu du Congo et du peuple congolais pour avoir signer et soutenu les contrats miniers avec la Chine. Le signe visible de cette colère de l’Occident c’est l’occupation du Nord-Kivu par la rébellion du terroriste Tutsi rwandais du nom de Nkunda. Notez que le Nord-Kivu est la province du Congo où se trouve 80 % de la resserve mondiale du coltan, minerais dit stratégique pour le 21 ième siècle.
Pour vous informer davantage sur la nature économique du conflit congolais, je vous demanderais d’être prudent, surtout ici aux USA. Il y a maintenant beaucoup des documents qui circulent à l’internet et que vous pouvez googler, mais il faut savoir distinguer les écrits des fanatiques de la rébellion rwandaise des écrits des chercheurs objectifs. Les fanatiques de la rébellion sont très nombreux parmi ceux qui publient des articles dans les journaux américains et qui réduisent le conflit congolais à une guerre ethnique pour sauver la minorité rwandaise Tutsi en voie de disparition, à la continuation du Conflit Hutu-Tutsi du Rwanda au Congo où les génocidaires Hutu qui avaient commis le massacre de 1994 au Rwanda seraient toujours cachés, à une incapacité du gouvernement congolais à administrer un territoire aussi étendu que le Congo, un pays d’une superficie égale à un tiers des USA, etc. D’autres écrits qui font du bon travail pour sensibiliser le monde sur le conflit congolais mais qui sont incomplets quant aux causes du conflit congolais sont ceux des humanitaires qui exploitent le thème de la pauvreté, le besoin en nourriture et en médicaments pour les déplacés, les survivants des massacres des populations congolaises, etc. Bien que les écrits ci-dessus contiennent une part de vérité, leur réductionnisme ne permet pas de saisir le conflit congolais dans toutes ses dimensions historiques, politiques, économiques, etc. Le seul document que je vous recommande de lire absolument, surtout ceux d’entre vous qui veulent travailler sur le conflit congolais, c’est le rapport qu’un panel des experts de l’ONU sur le pillage des ressources minières du Congo avait publié en 2002. Ce document est disponible sur Internet. Il suffit de googler « Panel des experts de l’ONU sur le pillage des ressources minières de la R.D.Congo ». Il est à mon humble avis le plus complet et le plus objectif de tous car il démontre bien qu’à la base du conflit congolais, il y a six matières premières, à savoir : le Coltan, le diamant, l’Or, le Cobalt, le Cuivre, et le Bois. Le rapport identifie tous les acteurs de ce pillage économique qui utilisent les rebelles ainsi que plusieurs pays de la région pour piller le Congo. Une multinationale de Boston, notamment, Cabot Corporation Tantalum Processing, USA est cité dans le document.
Question : On parle beaucoup du Coltan, à quoi ce minerai sert-il ?
Machozi : D’après les experts, le coltan et ses produits dérivés sont des minerais qui entrent dans la fabrication des téléphones portables, des ordinateurs, des avions, des missiles, etc. Il est dit que celui qui contrôlerait la production du Coltan pourra contrôler le monde technologique du 21ième siècle. C’est pourquoi il y a une lutte des grandes puissances, notamment les USA, l’Angleterre, la France et la Chine pour contrôler les mines de ce minerais stratégiques. Les grandes puissances actuelles se battent au Congo comme à l’époque coloniale quand tous les moyens même inhumains étaient bons pour avoir l’Ivoire et le caoutchouc rouge du Congo. 10 millions des congolais avaient été massacrés par des belges pendant 80 ans de colonisation. Mais aujourd’hui le nombre des victimes congolaises est exponentiel : En l’espace de 12 ans seulement, les statistiques disponibles font état de six millions des morts congolais. Comme à l’époque coloniale, les droits humains sont bafoués au Congo par les pays qui se disent chez eux, champions des droits humains et de la démocratie. Le conflit congolais donne ainsi un leçon de réalisme politique aux congolais. Un leader congolais du nom de Mzee Laurent Désiré Kabila avait dit avant son assassinat par l’Occident que « la paix se gagne » et que le congolais se libérera lui-même au prix du sacrifice. Aujourd’hui plusieurs congolais lui donnent raison quand ils voient les grandes démocraties du monde soutenir militairement le terroriste Nkunda qui massacre des populations congolaises innocentes.
Question : Pouvez-vous dire davantage sur les principaux pays impliqués dans le pillage du Coltan congolais?
Machozi : D’après le rappel des experts de l’ONU, la liste des pays impliqués dans le pillage du Coltan congolais est très longue. Cette liste contient des pays de transit, des pays où le coltan est transformé en produit fini, des pays de destination du produit fini du coltan, etc. En tête de cette liste il y a le Rwanda, l’Ouganda, le Kenya, l’Afrique du Sud comme pays de transit, le Kazakhstan, l’Inde (comme pays de transformation), l’Angleterre, les USA, le Canada, l’Allemagne, le Danemark, la Belgique, la France comme pays de destination du produit fini du coltan ainsi que d’autres minerais congolais.
Question : Que dit l’ONU de ce pillage ?
Machozi : L’ONU a fait du très bon travail en remontant les filières du pillage des ressources minières du Congo qui attisent la violence au Congo. Plusieurs pays impliqués dans le pillage des minerais congolais sont en même temps ceux qui financent à plus de 80% la mission de l’ONU au Congo. L’inaction de l’ONU vis-à-vis de ces pays prédateurs des ressources minières congolaises démontre que l’ONU n’est pas libre d’agir contre les intérêts des grandes puissances qui sont aussi ses bailleurs des fonds.
Question : Quel pays, quelle grande puissance au monde aide les congolais dans ce conflit ?
Machozi : Cette question je me la pose moi-même car sur le terrain, le gouvernement congolais semble seul, sans réel ami dans la cour des grands. On attendait que la Chine intervienne pour le Congo mais son soutien n’est pas visible sur terrain. Le seul pays avocat indirect du Congo pour les crimes de génocide et des crimes contre l’Humanité commis par les Tutsi rwandais au Rwanda et au Congo, c’est l’Espagne. Il y a un mois un général espagnol qui devait diriger la Monuc au Congo avait démissionné deux semaines son arrivée au Congo car, avait-il dit, il y avait plusieurs contradictions entre le travail à faire sur terrain et les ordres contradictoires de l’hiérarchie onusienne.
Question : Nous avons vu un reportage sur les femmes violées au Kivu. Pourquoi les militaires congolais violent-ils les femmes congolaises?
Machozi : Merci pour la question. Dire que les militaires congolais violent les femmes congolaises c’est de la pure propagande des occidentaux qui soutiennent les rebelles Tutsi. La vérité est que plus de 80% des violences faites aux femmes à l’Est du Congo sont commises par les rebelles rwandophones Hutu et Tutsi qui occupent plusieurs contrées au Kivu, notamment les Territoire de Rutshuru, Masisi, Lubero, Walikale, Walungu, Fizi, etc. Le film « The Greatest Silence » que certains d’entre vous ont déjà visualisé, malgré son mérite de donner de la voix aux victimes du « femmecide » au Congo, donne malheureusement l’impression qu’effectivement ce sont les soldats congolais qui violent les femmes congolaises. La réalisatrice du film qui est de MIT –Boston, n’a, malheureusement pas interviewer que les rebelles rwandais. Les victimes disent pourtant dans ce film qu’elles étaient violées par des rwandais. Les 20 % restant de ces violences sexuelles sont commises par des soldats congolais collaborant avec les Tutsi et les Hutu. Notez aussi que certains casques bleus de la Monuc participent aux viols des femmes congolaises. Le fait que les viols et les mutilations des femmes congolaises ne se passent que dans la région occupée par les rwandais, est une preuve que ces traitements inhumains sont l’œuvre des rwandais.
Question : Que font les congolais pour résoudre cette grave crise ?
Machozi : Les congolais commencent à découvrir qu’ils sont victimes d’un vaste complot international et que l’ONU n’est pas toujours leur partenaire fiable. Chaque congolais aujourd’hui veut participer à une action pour sauver le Congo de la partition et de domination rwandaise et ougandaise. C’est pourquoi au Congo comme dans la diaspora, les congolais s’organisent petit à petit pour dénoncer les massacres des congolais et le pillage international de ses ressources. Le point positif de l’occupation de l’Est du Congo par les rwandais et les ougandais c’est que les congolais sont aujourd’hui de plus à plus unis contre les enemis du Congo. Le 18 janvier 2009, les congolais des USA organiseront une grande manifestation devant les ambassades du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angleterre, de la France, et de la Belgique pour dénoncer la responsabilité de ces pays dans le conflit congolais. Aussi plusieurs pétitions ont déjà été envoyées au Président-Elu Barack Obama pour que les USA arrête le soutien au régime terroriste de Paul Kagame, au criminel de guerre Nkunda, etc.
Question : Vous avez-dit que les Jeunes de Beni-Lubero utilisent l’internet pour partager les nouvelles du terrain. Qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour arrêter cette crise ?
Machozi : Les Jeunes de Beni-Lubero qui sont l’avenir du Congo apprennent à communiquer par le moyen de l’internet. Le fait de s’exprimer sur ce qui se passe chez eux est un fait positif. La recommandation des Amis de Beni-Lubero Online aux jeunes congolais, c’est l’éducation sous toutes ses forces, l’acceptation de l’autre quelle que soit sa différence ethnique, son opinion politique, etc. Notre conviction est que seule l’éducation sous toutes ses formes peut mettre fin aux mensonges et manipulations idéologiques qui à notre avis constituent la source profonde du conflit congolais. C’est ainsi que le club Beni-Lubero Online voudrait élargir les horizons des jeunes congolais par des jumelages avec d’autres jeunes du monde pour qu’en échangeant leurs expériences par la voie de l’internet, ils puissent transcender les conflits ethniques et la violence où les politiciens véreux voudraient les enfermer et les utiliser pour assouvir leurs intérêts égoïstes. Juste pour donner un exemple : Les Jeunes du village de Maboya, Territoire de Beni, au Nord-Kivu sont en jumelage avec les Jeunes d’Everett, Boston, Massachusetts pour échanger des idées et des expériences. Votre club peut aussi se jumeler avec un village du Congo via Beni-Lubero Online.
Question : Qu’est-ce que les USA peuvent faire pour aider le Congo ?
Machozi : L’aide que nous attendons de citoyens américains c’est de faire pression sur le gouvernement américain afin que ce dernier arrête son aide militaire au Rwanda et aux rebelles Tutsi rwandais qui endeuillent l’Est du Congo. Avec le nouveau gouvernement d’Obama qui va entrer en fonction au mois de Janvier prochain, les congolais auront besoin des américains pour que le Président Obama pèse de tout son poids pour que l’aide américaine ne serve plus à ravitailler les terroristes Tutsi occupant aujourd’hui l’est du Congo.
Le Congo a besoin de votre aide pour que les compagnies minières qui pillent les ressources minières du Congo soient indexées et que leurs produits soient boycottés jusqu’à ce qu’elles pratiquent un « Fair Trade » avec le Congo. Si les USA qui sont les premiers bailleurs des fonds de l’ONU peuvent peser de tout son poids pour que le rapport de l’ONU sur les pillages des minerais congolais soit mis en application pour arrêter et traduire en justice tous les prédateurs des ressources minières congolaises, le conflit économique congolais peut trouver une issue.
Question : Votre Mot de la fin.
Machozi : Je remercie le Club « Current Events » de m’avoir permis de parler du conflit congolais qui est un « current event » qui n’est pas ethnique mais économique, une guerre des grandes puissances pour le contrôle des richesses minières congolaises. Notre appel est que les grandes puissances ne puissent pas sacrifier les populations congolaises innocentes sur l’autel du Coltan.
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Entrevue préparée par Alice Hintermann, Becca Willard, and Caty Rea of Winsor School,
Boston, MA ( USA)
Beni-Lubero Online
 
ENGLISH VERSION
 
 
Fr. Machozi answers the questions of the  students of Winsor. School (USA)  on the Congo  
The Students of the “Current Events” Club of Windsor School, a private secondary school at Brookline-Boston, MA (USA) wanted to know more on the Congolese conflict of which much is said lately. That is why they invited Fr. Machozi from Beni-Lubero Online to attend their monthly meeting of December 17, 2008, so that he could answer their questions. Beni-Lubero Online translated for you the questions-answers of this one-hour interview from French to English. BLO
 
Question: Fr. Machozi, you come from the Congo, can you tell us what is going on in your  
country, notably in the region of North-Kivu from where you come?
 
Machozi: My country is attacked By Rwanda and Uganda since August 1996 and that is happening under the eyes of the UN represented in the Congo by MONUC , which means “Mission of the UN in the Congo”. To the great surprise of the Congolese, this violation of international law contained in the UN charter, notably the law on the inviolability of the borders of a sovereign nation, was never sanctioned in spite of the many complaints of the Congo. On land, the Congolese people and the military have quite a few witnesses to prove that the MONUC is an accomplice in the aggression and the occupation of the Congo by Rwanda and Uganda. This acknowledged complicity of the MONUC leads some Congolese analysts to think that the UN has a hidden agenda for the Congo. 
 
Question: Can you give an example of this serious accusation concerning the UN in the Congo?
 
Machozi: There are several examples that show that the MONUC soldiers do not want to fulfill the most basic mandate of the UN in the Congo, which is, the protection of civilians threatened by death. Lately, in the village of Kiwanja in North-Kivu, the Rwandan troops under the leadership of the rebel Nkunda massacred with guns and blades more than 700 innocent civilians (a final report of Human Rights Watch mentioned only 150 dead) at only 500 meters from the MONUC camp that not only didn’t want to intervene to protect innocent civilians but even chased away the survivors of the massacre who wanted to take refuge in their camp. Among the dead of Kiwanja, there were several young boys and girls of your age that the Rwandans eliminated through fear of a resistance to their plan of occupying Eastern Congo.
Another example that the Congolese soldiers give took place last October in North-Kivu. The MONUC troops shot at Congolese soldiers who defended the only military base of North-Kivu against the Rwandan troops led by Nkunda. The pretext of the MONUC was that they had to respect the cease-fire decided by both sides in January 2008 but that the Rwandans never respected. But when the Rwandans violate the cease-fire, the MONUC doesn’t shoot at them. You have most likely heard tell of Congolese who throw stones at the UN soldiers in Eastern Congo and ask them to leave the Congo since their presence is clearly to serve foreign interests and not those of the Congolese. To be sure, the MONUC does some good actions to cover their tracks here and there, for example bringing someone sick to the hospital or extracting a rebel from the bush, etc. But what the Congolese expect from this UN organism is to have international law be applied in its full in the Congo while coming to the help of the legitimate government of the Congo, a country attacked by Rwanda and Uganda.
 
Question: Why do the Rwandans and the Ugandans attack the Congo?
 
Machozi: The Rwandan and Ugandan troops attack the Congo to steal its mining resources, notably Coltan, gold, diamonds, wood, cassiterite, methane gas from Kivu Lake, etc. But beyond the Rwandans and Ugandans we find multinationals that use the minerals cited above. In order to maximize their profit and avoid paying legal costs of the exploitation of the minerals of the Congo, the Rwandans, the Ugandans, as well as the multinationals that use them, prefer going through terrorists that they arm and cover politically on the international level.
 
Question: In a TV program, they said that the Congolese conflict is ethnic and that the Congolese tribes don’t get along. How do you explain your hypothesis that the Congolese conflict is rather linked to mining resources?
 
Machozi. Thank you for the question. Contrarily to a certain image that the American TV and several newspaper articles like, the New York Times, the Boston Globe, and the Associated Press present concerning the Congolese conflict, let me say that the Congolese conflict is not at all an ethnical one but rather an economic one. The Congolese people are a peaceful people that hates wars. In 2006, they chose participative democracy as a way to govern the res publica. At the time that the Congolese people hoped to experience a democratic society, the major powers that had sustained the elective process turned the other way and backed a renegade Rwandan Tutsi. This backing up of a terrorist by the major western democracies is according to all likelihood a follow-up on the signing of contracts by the elected government of Kinshasa valued at 10 billion dollars favoring China to the detriment of the FMI and the World Bank, the two traditional financial police of the West in the Third World. The signing with China of mining contracts was badly received in the West, notably in Belgium, France, England the USA, Canada, etc., countries that considered the Congo as their private garden. Everywhere in the Congo, the Congolese had demonstrated to sustain the mining contracts with Chine that, if its terms were respected by all parties, offered a development with an immediate impact compared to a restructuration without results of the FMI or the World Bank. The backing up of the Rwandan Tutsi terrorists by the West has awakened the Congolese to their naïveté. From now on the Congolese know that the West is not interested in the Congolese democracy when their interests are in peril. In brief, the Congolese conflict in its present phase is a punishment for the elected government of the Congo and the Congolese people for having signed and having maintained mining contracts with China. The visible sign of the Western anger is the occupation of North-Kivu by the rebellion of the Rwandan Tutsi terrorist Nkunda. Notice that North-Kivu is the Congolese province where 80% of the world’s reserve of Coltan is to be found, minerals that are said to be strategic for the 21st century.
 
So as to inform you even more concerning the economic nature of the Congolese conflict, I would ask you to be prudent, especially here in the USA. There are now many documents circulating on the Internet and that you can google, but you must be able to distinguish the writings of fanatics of the Rwandan rebellion from those of objective researchers. The rebellious fanatics are very numerous among those who publish articles in American newspapers and who reduce the Congolese conflict to an ethnic war to save the Rwandan Tutsi minority in the process of disappearing, to the continuation of the Tutsi-Hutu conflict of Rwanda in the Congo where the Hutu who promote genocide took part in the massacre of 1994 in Rwanda would still be hidden, and to the incapacity of the Congolese government to administrate a territory as big as the Congo, a country with land measuring one third that of the USA, etc. Other writings that do good work to help the world become more sensitive concerning the Congolese conflict but that are incomplete concerning the causes of the Congolese conflict are those of the humanitarians who exploit the theme of poverty, the need for food and medicine for those who were displaced, the survivors of the massacres of the Congolese peoples, etc. Although the writings cited above do have a part of the truth, their reductionism does not permit to understand the Congolese conflict in all its dimensions: historical, political, economic, etc. The only document that I recommend that you absolutely read, especially those of you who want to work on the Congolese conflict, is the report that a panel of experts from the UN published in 2002 on the looting of the mineral resources of the Congo. This document is available on the Internet. You can google “Panel of UN experts on the looting of mineral resources in the D.R. Congo”. It is in my humble opinion the most complete and most objective of all reports and it shows that at the base of the Congolese conflict, there are six primary materials, to whit: Coltan, Diamonds, Gold, Cobalt, Copper, and Wood. The report identifies all of the actors of this economic looting who use the rebels as well as several countries of the region in looting the Congo. A multinational in Boston, notably, Cabot Corporation Tantalum Processing, USA is named in this document.
 
Question: A lot has been said about Coltan. What is it used for?  
 
Machozi: According to the experts, coltan and its derivatives are minerals that are used in portable telephones, computers, planes, missiles, etc. It is said that the one who controls Coltan could control the technological world in the 21st century. That is why the major powers are battling, notably the USA, England, France, and China, to control the mines for these strategic minerals. The present day major powers are battling presently in the Congo just like during the colonial period when all the means, even the inhuman ones, were good to get the ivory and the red rubber from the Congo. 10 million Congolese were massacred by the Belgians during 80 years of colonization. But today, the number of the Congolese victims is exponential: In only 12 years, the available statistics say that there have been six million Congolese deaths. Like during the colonial times, human rights are violated in the Congo by the countries that claim to be at home, and who champion human rights and democracy. The Congolese conflict teaches the Congolese a lesson of political realism. A Congolese leader named Mzeee Laurent Désiré Kabila had said before his assassination by the West that “peace is won” and that the Congolese will free himself at the cost of great sacrifices. Today several Congolese agree with him when they see the big democracies of the world sustain militarily the terrorist Nkunda who massacres innocent Congolese people.
 
Question: Can you give more information on the main countries that loot the Congolese Coltan?
 
Machozi: According to the report of the experts from the UN, the list of the countries implicated in the looting of Congolese Coltan is very long. This list includes countries in transit, countries where Coltan is transformed into a finished product, countries with a destination of a finished product from Coltan, etc. At the top of this list we find Rwanda, Uganda, Kenya, South Africa; as countries of transit there are Kazakhstan, India (as a country for transformation), England, the USA, Canada, Germany, Denmark, Belgium, and France. as countries of destination for the final product of Coltan as well as other Congolese minerals.
 
Question: What does the UN say concerning this looting?
 
Machozi: The UN has done good work by checking the files of looting of the mineral resources of the Congo that intensify violence in the Congo. Several countries that are implicated in the looting of Congolese minerals are at the same time those who finance more than 80% of the UN mission to the Congo. The inaction of these predator countries of Congolese mining resources shows clearly that the UN cannot act freely against the interests of the major powers who are at the same time the money backers of the UN.
 
Question: What country, what great power in the world helps the Congolese in this conflict?
 
Machozi: I also ask myself this question since on the land, the Congolese government seems to be alone, without any true friend in the court of the great powers. We hoped that China would intervene in favor of the Congo but its sustenance is not visible in the land. The only advocate country, but indirectly so, for the Congo for the crimes of genocide and the crimes against Humanity committed by the Rwandan Tutsi in Rwanda and the Congo is Spain. A month ago, a Spanish general who was to be in charge of the MONUC in the Congo resigned two weeks after coming to the Congo since he said, there were several contradictions between the work to be done in the land and the contradictory orders given by the UN hierarchy.
 
Question: We saw a reporting on women violated in Kivu. Why do the Congolese soldiers violate Congolese women?
 
Machozi: Thank you for that question. Today that the Congolese soldiers violate the Congolese women is pure propaganda by the West who sustain the Tutsi rebels. The truth is that more than 80% of violence done to women in Eastern Congo is committed by Hutu and Tutsi Rwandan rebels who control several territories in Kivu, notably the territories of Rutshuru, Masissi, Lubero, Walikale, Walungu, Fizi, etc. The film “the Greatest Silence” that some of you have already seen, regardless of its merit in giving a voice to the victims of the “murder of women” in the Congo, sadly gives the impression that in fact it is the Congolese soldiers that violate the Congolese women. The producer of the film from MIT-Boston, sadly only interviewed Rwandan rebels. Nevertheless the victims in this film say that they were violated by Rwandans. The other 20$ of these sexual violences are committed by Congolese soldiers that collaborate with the Tutsi and Hutus. Notice also that certain blue hats of the MONUC participate in the rapes of Congolese women. The fact that the rapes and mutilations of Congolese women only take place in the region occupied by the Rwandans is a proof that these inhuman treatments are the work of the Rwandans.
 
Question: What are the Congolese doing to resolve this great crisis?
 
Machozi: The Congolese are beginning to understand that they are the victims of a huge international plot and that the UN is not always a reliable partner. Each Congolese today wants to participate in some kind of action to save the Congo from the partition and domination by the Rwandans and the Ugandans. That is why, in the Congo as in the diaspora, the Congolese are organizing themselves bit by bit to denounce the massacres of the Congolese and the international looting of their resources. The positive point of the occupation of Eastern Congo by the Rwandans and the Ugandans is that the Congolese are more and more united today against the enemies of the Congo. On 18 January 2009. the Congolese of the USA will organize a large manifestation before the embassies of Rwanda, Uganda, England, France, and Belgium to denounce the responsibility of these countries in the Congolese conflict. Also several petitions have been sent to the President-elect so that the USA stops backing the terrorist regime of Paul Kagame and the war criminal Nkunda, etc.
 
Question: You said that the youth of Beni-Lubero use the Internet to share the news of the land. What can they do to stop this crisis?  
 
Machozi: The youth of Beni-Lubero who are the future of the Congo are learning how to communicate through the Internet. The fact that they can express themselves on what is going on in their area is a positive fact. The recommendation of the Friends of Beni-Lubero Online to the young Congolese is education under all its forms, the acceptance of the other no matter what are his ethnic difference, his political opinion, etc. Our conviction is that education under all its forms can end the lies and ideological manipulations that in our opinion are the basis for the deep source of the Congolese conflict. This is why the Beni-Lubero Online club wants to broaden the horizons of the young Congolese by twinning other youth of the world so that through exchanges of their experiences by means of the Internet, they can transcend the ethnic conflicts and the violence by which corrupt politicians want to enclose them and use them to appease their egotistical interests. Just to give an example of this: The youth of the village of Maboya, a territory of Beni in North-Kivu, have twinned with the youth of Everett, Boston, Massachusetts to exchange ideas and experiences. Your club can also twin with a village in the Congo via Beni-Lubero Online.
 
Question: What can the USA do to help the Congo?
 
Machozi: The help that we expect from American citizens is to put pressure on the American government so that it stop all military help to Rwanda and the Rwandan Tutsi rebels who plunge into mourning Eastern Congo. With the new government of Obama that will start functioning in January, the Congolese will need the Americans so that President Obama exerts great pressure so that American help no longer serves to resupply the Tutsi terrorists that occupy today Eastern Congo.
The Congo needs your help so that mining companies that loot the mineral resources of the Congo be indexed and their products be boycotted until they practice “Fair Trade” with the Congo. If the USA, the main sponsor of the UN, can put great pressure so that the UN report of the looting of the Congolese minerals be put into application to stop and bring before the courts all of the predators of the Congolese mining resources, the economic conflict of the Congolese can be resolved.
 
Question: Your final word.
 
Machozi: I wish to thank the “Current Events” Club for letting me speak of the Congolese conflict that is a “current event” and is not an ethnic but rather an economic one, a war among the major powers for the control of the Congolese mining riches. Our call is that the major powers can no longer sacrifice the innocent Congolese people on the altar of the Coltan.
 
Interview prepared by Alice Hintermann, Becca Willard, and Caty Rea of Windsor School,
Boston, MA (USA)
Beni-Lubero Online
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