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Propos dangereux : «les groupes armés sont mélangés à la population civile »

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Parlant de l’incapacité de la Monusco à sécuriser toutes les populations civiles congolaises faute d’une augmentation des effectifs de la Monusco, le Patron de la Monusco , Mr Roger A. Meece, lors de son passage à New York, le vendredi 12 novembre dernier,  a tenu des propos dangereux déjà entendus au Kivu après les premières opérations militaires conjointes entre le Rwanda et la RDC, notamment que les groupes armés sont mélangés à la population civile

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Mr. Roger A.Meece, Patron de la Monusco

On se rappelle qu’avant les opérations militaires conjointes qui avaient permis aux troupes rwandaises d’opérer au Kivu sous l’uniforme des Fardc, les cibles étaient les FDLR qu’il fallait aider à retourner au Rwanda. Pour cet objectif précis, les opérations conjointes avaient été lancées, contre l’avis du peuple congolais qui n’était pas dupe de l’arnaque. Pour le peuple congolais on ne peut pas demander à une armée qui a déjà tenté d’occuper par force un pays de venir le pacifier. C’est comme si on demandait à l’armée indienne d’aller pacifier le Kashmir ou à l’armée russe de pacifier la Géorgie. 

Selon les militaires congolais qui devaient participer à ces opérations, les troupes rwandaises n’avaient pas fait jonction avec eux. Au contraire, elles avaient une autre mission que pourchasser les FDLR, opérant seules dans des endroits de leur choix. C’est ainsi que les congolais qualifièrent ces opérations militaires de « parallèles » au lieu de « conjointes ».

La conséquence de ces opérations parallèles fut la persistance des attaques FDLR sur les populations congolaises. Cela n’était pas la première fois. Depuis 2004, chaque fois que les Fardc voulaient rapatrier les FDLR de gré ou de force pour vider les préoccupations de Nkunda, c’est ce moment là que choisissait Nkunda pour attaquer les Fardc. Et chaque fois, les Fardc perdaient la bataille. Il était devenu clair que les FDLR n’étaient qu’un alibi pour poursuivre l’occupation du Kivu par le CNDP et ses alliés. Il n’y avait pas une volonté de les rapatrier au Rwanda ou de les anéantir au Congo, car ils étaient utiles pour l’occupation ultérieure du Kivu-Ituri.

Le 23 novembre 2008, Beni-Lubero Online relayait une information selon laquelle Tutsi et Hutu avaient finalement conclu un accord à Kigali pour contrôler ensemble le Kivu-Ituri. Depuis lors, on constate que plusieurs coins du Nord-Kivu où les Hutu sont majoritaires sont devenus des lieux d’accueil privilégiés des clandestins venant du Rwanda sous la bannière des refugiés congolais. 

Depuis lors, les FDLR disparaissent de plus en plus du tableau pour laisser la place aux retournés du Rwanda, Burundi, Ouganda. C’est à partir de cet accord Tutsi-Hutu que l’on entend parler d’une nouvelle cible, à savoir, les groupes armés mélangés aux populations civiles. Et pourtant, après les opérations parallèles ou conjointes, c’est selon, on avait annoncé tambour battant l’anéantissement en 90 % de la force FDLR et la dispersion de 10 % dans la forêt équatoriale ? Pourquoi n’avait-on pas pourchassé ces 10% qui handicaperaient aujourd’hui la mission de la Monusco ? 

Depuis un temps, les observateurs font état du phénomène des Faux Mai-Mai, Faux ADF-NALU, Faux FDLR dans les coins de la région déjà très peuplées et où il est difficile d’accueillir des retournés qui n’y ont jamais vécu sans créer une révolte populaire. Les chefs coutumiers de ces coins, ont toujours dit qu’il n’y avait pas de problème pour accueillir des retournés qui étaient réellement partis du Kivu et qui sont reconnus comme tels par les congolais de lieux où ils vivaient auparavant. Mais que constate-t-on ? Une grande pression s’exercerait sur ces chefs coutumiers et les autorités politiques et administratives de la région pour préparer des lieux d’accueil dans des endroits fixés selon des critères inconnus du commun des mortels, peu importe la surpopulation de la région. C’est cette intransigeance et cette irrationalité qui fait dire aux observateurs que le phénomène des retournés est un prélude à une occupation voire une sécession du Kivu-Ituri. 

La vérité est que, dans plusieurs coins du Kivu-Ituri, ce sont les Fardc (ceux issus du CNDP notamment) qui sèment eux-mêmes l’insécurité, massacrent les populations civiles, violent les femmes, jouent aux FDLR, ADF/NALU, Mai-Mai, etc. La société civile a bon dénoncé cette insécurité entretenue par les Fardc, demander justice pour les victimes, et la mutation des commandants défaillants ou complices, la Monusco ainsi que certaines ONG internationales ne voient que des groupes armés mélangés à la population comme auteurs de l’insécurité. Où sont ces groupes armés dans les villes de Butembo et Beni, les cités Kanyabayonga, Kirumba, Oïcha ? Est-il possible que la population qui se meure dans ces villes et cités soit protectrice de ses tueurs ? C’est absurde ! 

Dire que les groupes armés sont mélangés à la population civile est une criminalisation gratuite des populations civiles déjà victimes et une annonce à peine voilée d’une guerre contre tous ceux qui continuent d’opposer une résistance à l’occupation du Kivu-ITURI. 

Pour la société civile ainsi que la population congolaise, il suffirait que la Monusco fasse tout pour que les Fardc issus du CNDP soient vraiment brassés et dispersés aux quatre coins du pays, pour que la paix revienne au Kivu-Ituri. La paix n’est pas difficile à ramener au Kivu-Ituri. Joseph Kabila et son gouvernement n’ont pas échoué à ramener la paix au Kivu-Ituri car ils n’ont jamais essayé de le faire ou mieux la communauté internationale qui arme le CNDP ne leur a jamais permis de le faire. Les institutions citoyennes du pays sont paralysées par un gouvernement parallèle pour conduire le Congo vers un fait accompli de l’occupation du Kivu-Ituri. Et si tel est le cas, pourquoi mentir, pourquoi criminaliser les innocents, les victimes, pourquoi ne pas suivre les recommandations de la société civile congolaise ? Pourquoi ne pas s’attaquer aux vrais criminels bien identifier comme tels et connus de tous ? L’honneur de l’ONU ou de la communauté internationale en dépendra surtout si le Kivu-Ituri se séparait un jour du Congo comme les observateurs le soupçonnent aujourd’hui. 

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©Beni-Lubero Online

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