Sur le lieu de destruction du centre de traitement d'Ebola à ITAV/Butembo

Sonnette d’alarme!!! Quand l’Ebola devient l’arme de guerre à Butembo-Beni…

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Vraiment est mis en oeuvre, vraiment tout, pour l’Ebola étende son règne et impose son dictat le plus longuement et le plus largement possible dans le grand Nord-Kivu, précisement à Butembo et à Beni.


Tout reste comme un peu de mystère autour de cette épidémie dévastatrice; tout demeure flou, de son apparution, son origine et même sa persistance jusqu’à défier apparemment les dispositifs médicaux combien “professionnels” mis sur pied pour combattre ce fléau mortel, quand on considère l’implication des organismes aussi bien nationaux qu’internationaux tels que les Médecins Sans Frontières (MSF) qui, il y a peu de temps, ont démontré avec conviction et grand succès leur expertise dans ce domaine dans l’Afrique de l’ouest.


Mais l’Ebola à Beni, puis à Butembo, manquera peut-être de réponse pour longtmeps à des multiples interrogations qui en émanent. Le virus d’Ebola détecté à Beni-Butembo est de la même catégorie que celui qui s’était déclaré en Equateur. Par quelle magie ce virus s’est-il projeté de l’Equateur à Mangina (une campagne bien à l’écart de la ville de Beni)? Comment au bout de tout ce temps, d’Août 2018 à ces jours, cette épidémie toujours promptement maîtrisée ailleurs, semble continuer à déborder les efforts déployés pour la combattre?
Butembo et Beni sont des grandes villes, où vivent des populations bien encadrées et surtout aptes aux campagnes de sensibilisations et d’éducations en cas de nécessité. Sous l’encadrement de la société civile, de l’église, des structures politico-administratives locales, des enseignements (aux écoles), des agents du corps médical hautement formés, ces populations se sont totalement impliquées dans la lutte contre l’Ebola déclaré dans la région, en sorte qu’il n’y aurait aucune chance à constater son débordément jusqu’à ces jours.
Cependant, aujourd’hui certains faits bien objectifs aident à découvrir finalement que l’épidémie d’Ebola a fait son irruption à Beni et à Butembo juste comme une arme de guerre à destruction massive.

1. Cadre d’apparition d’Ebola à Beni

L’épidémie d’Ebola a surpris la population de Beni dans une période où cette région gîsait sous la coupe des massacres, de l’insécurité, des violences inouïes, des pillages et des destructions méchantes, à travers lesquels cette population se retrouvait déjà comme délaissée de tous, même de ses propres dirigeants aussi bien au niveau provincial que national. L’Ebola intervient alors comme un coup d’épée au dos d’un peuple aux mains liées par ces problèmes, incapable de toute défense, car la plupart avait déjà tout perdu (terres, maisons, champs, business…) et lancé constamment à une vie nomade, pourchassé par l’insécurité et les violences permanentes. On commençait dès lors à comprendre timidement que cette épidémie, qui a une origine mystérieuse dans la région, venait s’ajoutait à la stratégie d’extermination de la population de la région suivant un plan que les massacres en cours pénaient à mener au bout.

2. L’Ebola devient le motif de priver la population de Beni-Butembo des élections

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir la portée politique de la surgissance de cette épidémie. Sur instruction du président Joseph Kabila, Corneille Naanga, le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) se mettra en la besogne pour commencer à préparer les esprits à gober le coup bas qui visait à isoler des millions d’électeurs de Beni et Butembo du programme électoral du 30 décembre 2018, uniquement dans le souci de saboter l’électorat de la coalition de l’opposition qui a le monopole d’influence dans cette région. Au départ, Naanga lançait juste un message de prévention dans ce sens; mais c’était en réalité une décision déjà prise en avance qui sera alors confirmée par lui-même à la veille desdites élections.
Ce prétexte ne pouvait convaincre ni les électeurs ni les candidats éligibles de la région concernée, après que les campagnes de propagande électorales aient été achevées sans aucun incident dans le sens de la peur apparente des autorités nationales et de la CENI. Voilà pourquoi, la jeunesse locale, pour démontrer et prouver ce mensonge du pouvoir en place, ont dû organiser de manière rudimentaire des élections parallèles à Beni, à l’issue desquelles aucun cas d’infection ni d’expansion de l’Ebola n’a été signalé.

3. Les incendies des Centres de Traitement d’Ebola à Butembo

Les agents médicaux expatriés (MSF) découragés renoncent à l’intervention contre Ebola à Butembo

Aujourd’hui se révèle la profondeur des intentions qui souhaitent voir l’Ebola décimer le plus longuement possible un nombre le plus important possible avec l’incendie criminel bien planifié et exécuté contre les centres de traitement installés pour y riposter à Butembo.
Le 24 février 2019, un groupe de personnes bien armées attaque et incendie le centre de traitement d’Ebola établi à Katwa (sud-est de la ville de Butembo). Cette attaque violente, qui s’est soldée par la destruction du centre, a forcé tous les malades confirmés qui s’y trouvaient à se volatiliser dans la nature.
Seulement trois jours plus tard, le 27 février 2019, vers 16 heures (heures locales), ce commando, se déplaçant à bord de deux jeeps et armé jusqu’aux dents, répète la même opération sur le Centre de Traitement d’Ebola installé à l’ITAV, dans l’est de la ville de Butembo. Au bilan:
– le centre a été systématiquement détruit par incendie et attaque à l’arme à feu,
– tous les matériels médicaux des agents de ripostes détruits,
– 1 policier commis à la garde dudit centre tué par balle,
– 2 malades d’Ebola confirmés tués sur le champ,
– 12 autres malades confirmés se sont évadés et sont portés disparus dans la société avec le plus grand danger de répandre au maximum possible le virus d’Ebola sur leur passage,
– destruction des matériels médicaux et engins automobiles ainsi que de la structures de riposte installée sur place par les Médecins Sans Frontière,
– le retrait des agents médicaux internationaux (le MSF) qui soutenaient le traitement et la riposte contre l’Ebola.


Il est nécessaire de souligner qu’un tel sadisme ne saurait nullement être placé à l’actif de autochtones, tel que certaines autorités tentent de faire croire que ce sont des Mai-mai en seraient responsables. Mensonges infantiles et honteux! Quels seraient ces inciviques qui oseraient traverser la ville en plein jour, de surcroit dotés des armes et des véhicules, pour réussir à incendier et détruire systématiquement une structure aussi bien protégée que ces deux centres sans être inquiétés? Car, à Katwa tout comme à l’ITAV, il y a eu même stratégie d’attaque, même méthode en armes de guerre et mêmes effets.

De ce qui précède, il se dégage que la destruction criminelle des deux centres de traitement d’Ebola à Butembo relève du plan général du génocide contre le peuple Yira-Nande. L’Ebola a été voulu par les bourreaux de notre peuple pour avoir la même portée de destruction que les massacres armés proprement dits. Aussi, le concepteur de ce plan d’extermination ne saurait tolérer que ladite épidémie fût aussi facilement maîtrisée. Voilà pourquoi, tout est mis en oeuvre pour décourager l’équipe traitante (attaque des centre de traitement, destruction des matériels médicaux et des médicaments, des véhicules de services, atteinte physique etc.) d’un côté, pendant que de l’autre côté il y aura maximisation d’expansion de cette épidémie par les malades qui se sont volatilisés dans la société, sans aucun espoir de traitement ni de prévention ou de riposte aux vues de la destruction des centres montés pour la circonstance et tous les médicaments qu’ils contenaient. Par conséquent, les concepteurs de ce plan criminel auront une plus grande satisfaction dans leur espoir de constater durant les jours à venir un plus grand nombre possible des victimes d’Ebola à Butembo et à Beni.


D’où, ce cri d’alarme à la communauté internationale de ne point céder à cette pression qui relève du régime politique sortant, hérité par le nouveau, dans leur stratégie de conquérir et de protéger leur pouvoir par des moyens criminels. Il y aurait lieu que la communauté internationale sensibilise encore davantage les organismes médicaux internationaux, tels que le MSF déjà présent sur terrain, à l’assiduité et à la persévérance sur fond d’un esprit humanitaire, en vue de sauver la population menacée d’extermination à Butembo et à Beni.



Isabelle Masika Nzyavake
Butembo

©Beni-Lubero Online.

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Un commentaire

  1. Nous devrions sensibiliser les habitants de Butembo de comprendre que Ebola est une épidémie normale au lieu de désorienter les gens par des tels articles. Franchement. Cela ne nous aide pas.

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