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RDC : Révélations troublantes du Colonel Richard Beiza Mamuhiga

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Richard Beiza dit détenir des preuves sur les assassinats des paisibles citoyens congolais par le pouvoir en place à Kinshasa. Que ça soit à Kinshasa ou au Katanga, il avoue que des citoyens innocents ont été éliminés physiquement sous l’étiquette d’opposants anti-patrie. Comme sous la deuxième République. Depuis qu’il s’est confié aux médias, il est devenu, pour les gouvernants de Kinshasa, une bête à abattre. A n’importe quel prix. 

Quand les légitimistes et les légalistes de chez nous estiment que les élections sont la voie indiquée pour la restauration d’un Etat de droit chez nous, nous applaudissons et nous leur demandons : « Mesdames et Messieurs, dites-nous comment allez-vous procéder pour que cela soit possible ? » Les réponses que nous avons à cette question jusqu’à ce jour nous poussent à croire que les élections de 2011 risquent d’être une distraction de trop. Les discours et les meetings de ces légitimistes et légalistes n’arrivent pas, à quelques exceptions près, à intégrer certains éléments historiques comme « le génocide congolais ». Pourquoi nos légitimistes et nos légalistes ne reviennent-ils pas dans leurs discours officiels sur nos millions de morts pour exiger que justice soit faite ? Il y a quelques jours ou quelques mois, certains de nos compatriotes ont été conduits à la CPI pour qu’ils soient entendus sur la guerre ayant opposé deux tribus congolaises (les Hema et les Lendu) de la Province Orientale. Il est quand même curieux qu’en dehors de l’un ou l’autre journaliste congolais, ce passage de nos compatriotes à la CPI donne l’impression d’être un fait divers pour nos légitimistes et nos légalistes : personne n’en parle. Pourtant, à partir de certaines indiscrétions, les gouvernants de Kinshasa, y compris « la haute autorité de la Majorité Présidentielle », sont cités comme étant les commanditaires de « la guerre » dite tribale ou ethnique dans la Province Orientale.

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Après les confidences de Manda Sharif sur cette « guerre », un agent de la Police Nationale, le Colonel Richard Beiza Bamuhiga, s’est aussi exprimé à travers une interview accordée au site www.lemillenaireinfoplus.com

Pour en avoir le cœur net, nous avons, nous-mêmes, eu recours à nous sources à l’Est de notre pays pour qu’elles le contactent afin qu’ils confirment ou infirment ses propos sur le site précité. Il les a confirmés en avouant qu’il était pourchassé par les gouvernants de Kinshasa. 

Malheureusement, c’est pendant ce temps que certaines langues congolaises ayant travaillé dans la compagnie du réseau de la prédation et de la mort du Congo (RD) commencent à se délier que le débat sur les élections de 2011 occupe toute la place dans les médias dominants du Congo. Et rares sont les légitimistes et les légalistes congolais qui se posent cette question sérieuse sur l’identité des challengers à ces élections : « Avec qui allons-nous aux élections de 2011 ? » Et cette autre sur les électeurs : « Qui seront nos électeurs en 2011 ? » 

Si ces légitimistes et ces légalistes ne veulent pas écouter Sharif Manda et Richard Beiza Bamuhiga, ils devraient quand même lire et relire le rapport Mapping du mois d’octobre 2010 et travailler pour que « les seigneurs de la guerre » de 1996 (et après) impliqués dans ce rapport règlent leurs comptent judiciaires avant de se présenter comme candidats aux élections de 2011. Mais, rien de tel ! Les débats tournent autour du calendrier, des délais constitutionnels, du bilan des cinq chantiers, etc. pendant que « les retournés du Rwanda » occupent certains territoires de l’Est de notre pays, que le recensement n’a pas été fait, (NDLR : que les centres d’enrôlement ainsi que les agents enrôleurs sont attaqués, les cartes d’électeurs volés) et que la carte d’identité n’a pas été délivrée aux Congolais(es). 

Et quand Richard Beiza Bamuhiga parle, qu’est-ce qui se passe ? Il a les escadrons de la mort à ses trousses et les marchés sont offerts. Qu’est-ce que cela signifie ? Entre autres ceci ; « Les gouvernants actuels du Congo (RD) estiment que tant qu’ils peuvent troquer les morts congolaises contre les richesses du sol et du sous-sol congolais, ils ne seront jamais inquiétés. Les voies légitimistes et légalistes font partie de la rhétorique de ceux et celles pour qui la vie d’un Congolais ou d’une Congolaise ne vaut rien. » Les légitimistes et les légalistes seront distraits par la préparation des élections libres, transparentes et démocratiques pendant que « les seigneurs de la guerre » seront en train de troquer les terres de nos ancêtres contre les espèces sonnantes et trébuchantes. Pour avoir été armés et soutenus par « les maîtres du monde et leurs nègres de service », ils se connaissent. Et comme « la guerre d’agression de 1996 » est aussi « une guerre secrète de la politique et de la justice internationale », il n’est pas sûr que ces « seigneurs de la guerre » dont parlent Sharif Manda, Richard Beiza et les autres témoins à la CPI soient inquiétés avant les élections de novembre 2011. C’est-à-dire que ceux et celles d’entre nous qui vont accepter d’aller à ces élections (comme opposants ou membres de la société civile) risquent de participer à la reconduction de l’immunité judiciaire des « seigneurs de la guerre » ayant participé de près ou de loin au « génocide congolais ». Il se pourrait que nos légitimistes et nos légalistes aient les moyens d’agir autrement…(Là, Dieu merci !) 

Au vu de la façon dont les pré-thèmes de campagne électorale sont abordés, « la troisième guerre mondiale » ayant eu lieu au Congo n’y est pas convoquée. C’est inquiétant ! 

Combien de Congolais(es) devront-ils encore mourir pour que nos légitimistes et nos légalistes comprennent que la chasse aux ressources naturelles chez nous n’ pas besoin de démocratie ? Elle a besoin d’une stabilité maintenue par « les hommes forts ». Pourquoi ne pourrions-nous pas risquer une folie ? Refuser les élections de 2011 ou les conditionner par la convocation à la CPI (ou à une autre instance judiciaire) des commanditaires du « génocide congolais » ? Pourquoi faire la Vérité sur la guerre de 1996 ne devrait-il pas être la condition sine qua non de toute forme de normalisation de la vie politique chez nous ? 

Aller aux élections avec « les seigneurs de la guerre » impliqués dans ce « génocide », c’est une façon de participer au suicide collectif en leur redonnant de l’immunité judiciaire. A moins que les légitimistes et les légalistes congolais disposent des moyens que le commun des Congolais(es) ne connaît pas… 

J.-P. Mbelu

Brussels-Belgie

©Beni-Lubero Online

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