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Réponse du Député National Lusenge Bonane aux critiques des beniluberois

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Ohé, Oyuvakwa syowa : Récapitulation des leçons politiques tirées !

Il y a lieu de rappeler aux beniluberois qui posent et se posent tant de questions que le premier acte parlementaire de la législature en cours ayant été posé le 22 septembre 2006, les cinq ans de ladite législature sont donc épuisés car après la clôture de la session ordinaire le 15 juin dernier, sauf en cas de session extraordinaire imminente, la mission des députés nationaux est ainsi terminée ; le reste devant être côté dans le cadre de prolongation. 

Le rapport synthèse ici rendu, porte sur l’expérience vécue et les difficultés rencontrées.

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Honorable Lusenge Bonane, un des rares députés de Beni-Lubero capables de se faire re-élire en Novembre 2011

De prime abord, les beniluberois ont une grande confusion dans leur esprit. Pour eux, ils ont un groupe important au Parlement, soit vingt sept (27) représentants à l’Assemblée Nationale et deux (2) au Sénat. Ils s’interrogent pourquoi leur voix n’est pas portée assez haut par un groupe aussi numériquement important, soit 5,4% qualifié à tord ou à raison de force silencieuse. 

Erreur, les beniluberois doivent savoir qu’une force tribale n’est pas synonyme de force politique. Les forces tribales, ethniques ou régionales qui ont compris cela avant les élections de 2006 se sont organisées pour se transformer en force politique dans laquelle ils ont versé leurs députés, et qui s’est fait inscrire au parlement comme groupe parlementaire devant être consulté dans la gestion de la vie de la nation autrement dit des enjeux importants. 

Ce n’est pas honteux de dire ce qu’on a vécu et vu. A titre d’exemple, l’Equateur s’étant organisé principalement au sein d’une force politique bien connue ayant rempli la condition numérique de former un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale a pu faire passer sa voix notamment sur la question des Enyelé et toutes les institutions lui ont prêté oreille. 

Il en a été de même pour le Katanga et le Bandundu qui ont pu piloter des forces politiques vers lesquelles leurs électeurs ont orienté la plupart de leurs députés et on les a vus se tailler la part du lion notamment en laissant à la province du Bandundu l’espace primature toute la législature durant. C’est dans ce cadre que cette dernière province a pu, malgré les lamentations, s’imposer et faire taire les autres quand il le fallait. 

Il faut que le public beniluberois, éloigné du siège des institutions nationales sache que les grands enjeux sont joués au parlement. La Présidence et même le gouvernement en dépendent. 

Lorsque les enjeux sont joués, tous les cartels politiques appelés groupes parlementaires calqués soit aux partis politiques ayant satisfait à la condition du nombre d’au moins 30 députés, soit à des regroupements des partis politiques dans le but d’atteindre le chiffre imposé, sont consultés et se repartissent les temps de parole au cours des débats. 

Il ne faut pas poser la question de savoir pourquoi les groupes PPRD, MLC, PALU, etc. prennent plus de temps que les autres moins importants en nombre. 

Pour un meilleur jugement des députés, Il faut faire savoir aux Beniluberois qu’au Parlement on ne fixe pas le temps de parole des banande. Mais que si ces 27 députés avaient appartenu à un même parti ou regroupement politique pour former un même groupe parlementaire, ils auraient eu lors de la gestion des enjeux, du temps pour parler de leur problème notamment la sécurité au Nord-Kivu. 

Ainsi, si les banande n’ont pas parlé assez, inutile de se lamenter ou de les critiquer, le sort ayant été jeté par les électeurs eux-mêmes dans une ignorance partagée avec leurs leaders politiques. 

Il y a lieu de faire observer qu’au Parlement actuel, certains des 27 députés beniluberois ont intégré le groupe parlementaire appelé Force de Renouveau. Quoique derrière un leader Beniluberois, ils constituent un sous groupe minoritaire. Par conséquent, ils doivent laisser à ceux qui sont plus nombreux la chance d’occuper les rares sièges gagnés ainsi que le peu de temps de parole leur imparti. C’est ainsi qu’au Bureau de l’Assemblée nationale, les Forces de Renouveau ont aligné un ressortissant du Bandundu et le ministère accordé au sous groupe majoritaire de ce groupe parlementaire n’a jamais été bougé. Le jeu de la démocratie dépend de l’importance numérique des députés qu’on appelle poids politique. 

Il en a été de même de ceux qui ont été élus COFEDEC car pour constituer un groupe parlementaire de 30 députés, ils ont dû s’allier à un sous groupe plus important dont la majorité de l’Equateur a pris l’essentiel tant au Bureau de l’Assemblée nationale qu’au gouvernement central ; inutile de se poser la question pourquoi tel parti n’a eu que le ministère de la culture et des arts tandis que l’autre sous groupe du même groupe parlementaire, baptisé les Chrétiens Démocrates Fédéralistes (CDF) a été mieux gratifié. C’est ça la justice dans la démocratie. 

Si, lorsqu’un jour il fallait traiter des questions de sécurité, un député beniluberois a eu quinze (15) minutes lors des débats, c’est parce que le grand sous groupe de son groupe parlementaire dénommé (CDF) a libéré l’espace lui accordé au profit du leader Beniluberois du petit sous groupe COFEDEC. Il ne s’agissait pas de la magie, il faut savoir tirer la conséquence de l’éparpillement des députés par les électeurs eux-mêmes dont l’ensemble s’appelle la société civile beniluberoise. 

Malheureusement, malgré les leçons si bien tirées et enseignées à des risques divers, les beniluberois, sous la houlette de la même société civile, principale accusatrice des députés, tiennent, et- ils sont libres pour ce faire-, à répéter la même expérience pour la prochaine législature. 

Aux mêmes causes, les mêmes effets, doit-on préciser. Même en remplaçant les députés en 2011 par des nouvelles figures devant rester dilués, ce n’est point la solution tant que l’espace Benilubero, Nord-Kivu ou autres ne sera pas assimilé à un groupe parlementaire politique redoutable et susceptible de crier d’une même voix pour se faire entendre. 

La recommandation maintes fois répétée des organisations de la société civile tendant à demander aux députés dispersés dans des courants opposés de se réunir quand même et de parler le même langage pour l’intérêt de l’espace Benilubero relève de l’utopie que beaucoup ne veulent pas dénoncer. 

En conséquence, les Vyaghanda et le Kyaghanda Kikulu comme organes de ladite société civile n’encouragent pas assez leurs membres d’adhérer aux partis politiques devant constituer un jour le groupe parlementaire. Par contre, ils continuent à encourager les candidatures des indépendants qu’on appelle au Parlement les non inscrits, c’est-à-dire, dans la pratique, les absents lors des débats. 

L’ayant constaté en pleine législature, les deux indépendants beniluberois de 2006 ont intégré les ensembles ayant la parole et n’ont naturellement aucune fois été autorisés à prendre la parole aux noms de ces groupes puisque goutte d’eau d’un groupe d’autrui. 

Ainsi, à la question de savoir pourquoi les députés beniluberois n’ont pas assez parlé, tout le monde peut désormais donner la réponse. 

S’étant trouvés intégrés de fait dans les grandes forces politiques où ils ont été élus sans réfléchir préalablement sur le mode de fonctionnement et d’exercice du mandat politique, la loi étant stricte à cet effet et ne permettant à personne de démissionner de son parti sans démissionner de ce mandat, quelques députés beniluberois se sont tout simplement inclinés de peur de perdre leurs postes même si les intérêts de leurs électeurs n’étaient pas nécessairement défendus par les formations ou groupes parlementaires en question. 

Ce qu’on doit regretter quand même est de voir certains extrémistes se complaire dans une pareille situation, soutenir une sorte de non défense des intérêts Benilubero, défendre même que la sécurité est totale, s’attaquer visiblement à leurs pairs qui ont osé lever les petits doigts, servir de souffleur pour obtenir que ces derniers soient inquiétés ou anéantis, etc. L’on a eu de la peine à les rappeler à l’ordre et souvent en vain. Pour prouver la fidélité à leurs familles politiques, certains d’entre eux ont même manifesté une arrogance dangereuse. 

L’on regrette d’annoncer au public que les moins qualifiés en termes de niveau d’études ont trahi moins dans certaines circonstances. 

Les vyaghanda de la diaspora n’ont pas été en marge. Ils ont exercé leur pression en terme de critique en refusant toutes les justifications sur le fonctionnement de groupe parlementaire. « Nous ne vous avons pas vu parler ». Harcèlent-ils. 

Dans l’entre temps, ils n’encouragent pas la participation ou l’adhésion aux partis politiques devant un jour constituer le groupe parlementaire distribuant la parole. Eux au moins, comme les députés et d’autres, ont quelques moyens pour aider à conscientiser ceux qui sont loin dans l’arrière pays sans accès au média. Ils veulent rester apolitiques pour laisser la chance aux candidatures des indépendants. 

Comme autre fragment de la société civile, la composante Eglise a aussi avec raison formulé les mêmes critiques contre les députés, à savoir la défense insuffisante des intérêts de la base à travers un silence parlementaire qui a perduré. La réponse bien entendue est la même et entre temps, les églises, officiellement apolitiques, n’ont pas pu, en réponse aux questions de déception des électeurs, orienter ceux-ci pour soutenir les partis politiques devant constituer le groupe parlementaire solution de demain. Elles reçoivent les critiques, elles critiquent aussi et on approche la réécriture de la vie Beniluberoise pour un nouveau quinquennat dans le statuquo. 

Dans une certaine mesure, les membres de la société civile, fidèles des églises, désespérés et déçus par leurs leaders politiques, ont estimé qu’il faut tenter de remplacer les députés par leurs propres leaders spirituels apparemment plus crédibles. 

Malheureusement, sans qu’ils ne soient regroupés dans un groupe parlementaire capable de défendre l’espace Benilubero, eux aussi n’en pourront rien. 

D’ailleurs au parlement il n’y a pas d’espace pour la prière, c’est plutôt le combat pour lequel le groupe aurait pu être gêné d’aligner la bouche d’un homme de Dieu, notamment quand il s’est agi de dénoncer le montage de certaines ethnies au sein desquelles ils ont des fidèles parmi lesquels les uns participaient au montage des scenarios contre l’espace Benilubero. 

Dernièrement d’autres scenarios bien montés dans lesdites ethnies avec le concours de quelques Beniluberois hypocrites pour faire sauter un gouverneur à cause de sa qualité ethnique ont été déjoués. Les hommes de Dieu ne sont pas capables de tout. Ils doivent rester à l’écoute d’autres technicités pour ne pas trahir inconsciemment ou par naïveté, notamment en acceptant de faire seul ce qu’aurait dû faire le groupe parlementaire tout en s’attendant à faire porter le chapeau éventuel de l’échec à qui de droit, c’est-à-dire les députés nationaux qui n’ont pas de refuge. 

L’autre fragment très important de la société civile qui a aussi avec raison exploité son droit de critique contre les députés est bien entendue la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Sans ignorer la fierté qu’elle procure à la communauté et ses élus, elle a aussi joué un grand rôle pour compléter la fonction du député de porte-parole vers les institutions sans nécessairement une concertation préalable, ce qui a favorisé la cacophonie et la mise en quarantaine des députés dispersés qualifiés par les mauvaises langues d’extrémistes. Or ensemble, on paie le prix de l’insécurité qu’il sied de dénoncer à l’unisson en appui à ceux qui ont eu le mandat. 

Quant aux responsables Beniluberois des partis politiques, peut-être qu’après le déboire vécu, la situation pourrait s’améliorer et céder la place aux entraccusassions mutuelles, à l’effort personnel de devenir leader de l’autre. Pourtant chacun d’eux, avec sa minorité, est dilué dans son groupe d’appartenance. Peut-être pourront-ils accepter demain un leadership de rotation dans un même groupe qui intégrera leurs minorités pour l’intérêt commun. Le nouveau parti politique, U.DE.C.F (Union des Démocrates Chrétiens Fédéralistes) crée dit-on par des beniluberois pourra peut-être s’inscrire dans cette logique. A la société civile illuminée de prendre ses responsabilités quant à ce. 

Par rapport à la disparition beniluberoise dans le forum Nord-Kivu qui aurait pu faire valoir le poids de son existence à l’Assemblée nationale à travers ses 48 députés, soit environ un dixième dont la majorité est beniluberoise, l’on n’a pas non plus mieux joué. 

Le groupe parlementaire informel Nord-Kivu a été piloté par un élu de Rutshuru à cause du caractère dispersé de la partie communément appelée Grand Nord dont beaucoup de représentants refusent de participer à toute organisation du sous groupe en vue de mieux affronter le défi des voisins. 

Curieusement, lorsque l’invitation à une rencontre est signée par le doyen d’âge élu de Rutshuru, quelques députés du Grand Nord répondent cette fois-ci et constituent une minorité par rapport à ceux qui sont ethniquement mobilisés autour du doyen. Ce qui a étouffé le traitement de certaines questions liées notamment au caractère mono ethnique de l’armée au détriment du Grand Nord. Parmi ceux qui arrivaient, d’autres avaient peur d’aborder la question, quelques rares autres soutenaient curieusement l’autre camp en recommandant qu’on n’en parle pas, mêmes d’autres étaient désintéressés. 

Malmené par les plus courageux à qui le soutien des députés chefs coutumiers de Benilubero a été noté, le doyen des députés du Nord-Kivu a trouvé des astuces pour diluer le Grand Nord et le maintenir dans son silence habituel notamment en invitant dans la gestion des enjeux parlementaires les présidents des communautés dont celui de Kyaghanda et le sien, doyen d’âge toujours et ancien politicien, pour pouvoir changer la réalité politique de la suprématie numérique du Grand Nord et permettre de revoir les calculs politiques dans une nouvelle vision d’une communauté, une voix. 

Au vu des intérêts matériels de certaines missions provoquées par le doyen, certains chefs communautaires devenus magiquement répondants en lieu et place des députés ont bouché les oreilles à tout conseil et ont commis inconsciemment des imprudences, notamment par rapport à la question maintes fois réitérée par une ethnie de la province de diviser celle-ci en deux entités. 

Pour terminer ce rapport, sujet bien sûr à des critiques entendues et dont le complément pourra suivre après les réactions, l’on doit noter que l’élite beniluberoise devrait savoir que le destin d’un peuple se dessine à travers les élections auxquelles il participe. 

Eparpiller les forces c’est un choix qui a des effets, les regrouper c’est un autre qui a d’autres effets. La communauté reste libre et maitresse de sa destinée. Il faut éviter de demander aux gens de répéter les mêmes choses déjà dites. Les accusations selon lesquelles ceux qui n’écrivent plus auraient basculé, trouvent leurs réponses dans cette option. 

Enfin, il appartient à ladite communauté, inclus toutes les composantes ci-haut citées et celles non citées parmi lesquelles le corps des professeurs, des étudiants, les associations des fonctionnaires, les associations féminines, les agriculteurs, etc. de s’organiser pour interpeller leurs députés face à face afin d’opposer les expériences et de tirer la bonne pour mettre fin aux polémiques de tous les jours et mieux affronter l’avenir proche. 

Honorable LUSENGE K. BONANE J.

Député National

Kinshasa

©Beni-Lubero Online

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