victimes de massacre du 26/11/2018 à Kasese au palais Royal de Mwami Mumbere des Bakonzo

Révélation: Le massacre de Kasese (en Ouganda), fruit du montage du pouvoir de Kinshasa

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La date du 26 novembre 2016 est restée gravée dans la mémoire des Yira du District ougandais de Kasese comme un triste souvenir. C’est le jour où la Police du gouvernement ougandais fit irruption sur le palais royal des Rwenzururu à Kasese. Au moins 134 personnes furent massacrées. L’excès d’usage de force publique à cette occasion n’est que le reflet du degré d’intoxication qu’ont subi les autorités de Kampala. On a assisté à une opération folle de rage, ordonnée par le pouvoir contre une communauté calomniée et manipulée inconsciemment.

Quelle est la grande responsabilité de Kinshasa?

Le régime au pouvoir en RDC venait de lancer les massacres de Beni. Cependant, au termes de deux ans de tueries systématiques, la communauté Yira Nande visée par ce génocide s’est avérée irréductible. Kinshasa qui a la commande de cette tragédie a estimé nécessaire de trouver un correspondant à sa stratégie en Ouganda, afin de prendre le peuple Yira en étau de par et d’autre, en Ouganda tout comme en RDC. Alors Joseph Kabila disposa de moyens financiers nécessaires pour infiltrer à la fois le Kyanganda Yira, la base de la communauté en créant des Mai-mai corrompus et la Police et la sécurité ougandaises. Mais l’objectif principal consistait à parvenir à un scénario qui devait exciter le gouvernement ougandais à s’en prendre durement au peuple Yira, sans distinction entre les Nande de la RDC et les Konzo de l’Ouganda.


Au niveau de la communauté Yira, des personnalités de grande considération, dont des notables tels que le Mwami Kalemire III ainsi que des professeurs d’Université dont nous tairons les noms pour raison de sécurité, ont été sensibilisées pour se rapprocher du Mwami Mumbere des Rwenzururu en vue de machiner la création de la République Rwenzururu. Le régime de Kabila alloua de gros mayen pour recruter des combattants parmi des Mai-mai opportunistes, tel que dans le groupe dénommé Forces Oeucuméniques pour la Libération du Congo, FOLC en sigle, du commandant KAVA wa SELI. Le Gouverneur de province du Nord-Kivu, Julien Paluku n’est pas non plus innocent dans ce dossier, lui qui canalisait les instructions du président congolais et les moyens qu’il mettait à la disposition de ce plan. C’est dans cette aventure que Mwami Mumbere de Kasese a eu le courage de publier la maquette de ce qui serait la monnaie de la future République Rwenzururu. Il était en effet gagné par l’illusion de devenir le président d’un Etat qui s’étendrait des Districts ougandais de Kasese, Budibugyo et Kabarole jusqu’aux territoires congolais de Beni-Lubero. Ceci n’est qu’une illusion, parce que la communauté Yira du Congo a catégoriquement rejeté ce plan, convaincu qu’il relève d’un complot hautement conçu par le laboratoire de Joseph Kabila pour donner un nouveau coup de pouce au plan d’extermination du peuple Yira en RDC et en Ouganda. Les leaders de Kyaghanda ayant l’esprit éveillé qui dévoilaient le secret de ce plan criminel étaient voués à l’assassinat. Tel fut le cas du Révérend Père Vincent Machozi. Beaucoup d’autres leaders de la communauté à différents niveaux, dans la société civile, la classe politique, le milieu estudiantin, mêmes les ecclésiastique, ont pareillement fait l’objet de traque de la part des agents terroristes du gouvernement congolais. A cause d’eux, Joseph Kabila qualifie le Kyaghanda de têtu et de traitre.

Kampala est tombé dans le piège de Kabila

Ce jour-là chez le Mwama Mumbere à Kasese des personnes tuéees, d’autres ligotées tout nus, des maisons incendiées, des biens détruits…

Au même moment, Joseph Kabila fit infiltrer les services de sécurité ougandais, en l’occurrence la Police et le renseignement, par des agents devant converger les rapports de manière à exciter le président ougandais contre le peuple Yira de l’Ouganda, c’est les Konzo apparaissant comme l’extension de la même communauté Nande de la RDC en Ouganda, sous prétexte qu’ils sont de mèche dans un projet de l’érection d’une République autonome contre le régime de Kampala. L’ancien inspecteur général de Police Ougandaise, le général Kalle Kaihura, ainsi que plusieurs autres officiers de la Police ont collaboré dans ce coup sur fond de motivation du président congolais qui tenait à convaincre son homologue ougandais que les Yira-Konzo de Kasese sont dangereux pour son pouvoir autant que les Nande le seraient pour lui-même en RDC. Voilà le jeu qui a été savamment mené par le Joker congolais: il entête le Mwami Mumbere d’un côté en lui fournissant les moyens dont il a besoin à cet effet, tout en excitant le président ougandais à passer vite au besogne, c’est-à-dire à pulvériser ceux qu’il aurait souhaité décimer lui-même si une intervention trans-frontalière n’avait pas des conditions préalables. Mais cette tache devait être exécutée plus proprement encore par des agents gagnés au sein même des forces ougandaises. D’où, cette cruauté inattendue de forces qui ont immédiatement transformé une opération de maintien de l’ordre en un carnage, quand on se rappelle des incendies, des tortures et des humiliations de ce jour-là qui n’ont pas épargné même les femmes et les enfants; les rescapés ont été enchaînés et trainés publiquement tout nus.

Kampala a été doublement attrapé…

Joseph Kabila a ainsi trouvé une occasion précieuse pour se décharger doublement sur Yoweri Museveni. D’abord, il l’a entrainé à salir ses mains dans les massacres que lui, Kabila, a planifié pour affaiblir la souche Yira dans la région. En suite, cet événement de Kasese a marqué un accent très négatif dans le dossier du président ougandais et son régime dans le registre des observateurs des Droits de l’homme. La fête a été non-dissimulable dans le camp de Joseph Kabila qui a clamé tout haut “nous l’avons eu!”. En effet, le président congolais cherche toujours des occasions propices pour se venger d’un parrain qui a décidé de le lâcher juste au moment où il rêvait devenir le “roi” du Congo, à l’instar du Maréchal de la vieille époque du Zaïre. Ce n’est que plus tard que Museveni decouvrira que Kabila avait utilisé son propre entourage pour ternir son image devant le monde. C’est pourquoi le général Kalle Kaihura et d’autres complices seront sanctionnés durement. En fait, ces derniers ont été la colonne vertébrale de la gestation du noyau d’un groupe subversif autour du Mwami Mumbere en faisant de Kasese l’axe de transit des terroristes du M23 et alliés rwandais devant installer la désolation à Beni et à Kasese voisin en utilisant faussement le nom des rebelles ougandais de l’Alliance des Forces Démocratiques, ADF en sigle.


Reste à voir comment Kampala s’emploiera à réparer les dégâts d’un tel manque de prudence devant son peuple de Kasese, devant le peuple Yira de l’Ouganda et du Congo ainsi que devant le monde. Car il a inconsciemment exécuté l’ordre d’un diable qui a élevé ses cornes à Kinshasa, et qui voudrait pérenniser son pouvoir en instaurant le chaos dans la sous-région des grands lacs.

Jeanne d’Arc KAHINDO
Beni

©Beni-Lubero Online.

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