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Révélations des envahisseurs rwandais au Sud de Lubero

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Depuis Janvier 2011, des rwandais envahissent par petits groupes les deux territoires de Beni-Lubero, notamment, le Sud du Territoire de Lubero, la zone minière de Manguredjipa-Etaitu-Biakatu, le pied du Mont Ruwenzori, la vallée de la Semuliki et le Parc des Virunga, Eringeti, et plusieurs localités de l’Ituri, etc. Si dans certains coins des territoires de Masisi et de Rutshuru, les envahisseurs rwandais sont facilement assimilables aux populations rwandophones qui y sont déjà, en Ituri, ils sont assimilables aux Hema avec qui ils ont une parenté historique. 

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En territoires de Beni et de Lubero où la population est dense et homogène (99,9% Nande), les envahisseurs rwandais n’ont aucune couverture et aucun alibi pouvant justifier ou couvrir leur invasion. C’est pourquoi les colonies de peuplement rwandais à Beni-Lubero n’ont jamais trouvé un subterfuge pouvant les «congoliser ». L’invention ex-nihilo de la tribu Hutu-Nande n’a convaincu personne. Devant cette aporie, l’occupant dans son extrémisme aurait résolu d’utiliser la force, la violence, le génocide des beniluberois. Le silence du gouvernement et de l’ONU représentée sur terrain par la Monusco vis-à-vis des massacres des beniluberois, le manque d’assistance aux victimes des attaques des soi-disant FDLR et aux déplacés congolais de Beni-Lubero livrés à eux-mêmes fait craindre le pire sur la suite de l’occupation en cours. 

Cet article essai de resituer l’occupation rwandaise en cours dans l’histoire récente de la région des Grands Lacs Africains pour démontrer que tous les motifs avancés pour justifier cette occupation sanglante sont mensongers et intenables, que le silence du gouvernement congolais et de la communauté internationale sur les aventures meurtrières du régime de Kigali est le meilleur complice de l’occupation rwandaise en cours. 

Après le génocide rwandais de 1994, l’Est de la RDC avaient accueilli près de 1,24 millions des refugiés rwandais sur demande de l’ONU. En 1996, ce qu’on appelle le plan français pour la mise en place d’une force internationale pour superviser le rapatriement volontaire des refugiés rwandais et organiser une conférence internationale pour la paix dans la région des Grands Lacs (Résolution 1078 du Conseil de Securité de l’ONU du 9 Novembre 1996) fut frappé du veto des USA qui soutenaient le régime de Kigali. En effet, pour Kigali, il n’y a pas de paix ni de partage de pouvoir avec les génocidaires Hutu. Les USA apportèrent plutôt leur soutien total à la proposition du Rwanda d’intervenir seul en RDC pour y superviser seul ou avec des alliés de son choix, le démantèlement des 35 camps des refugiés établis avec mandat onusien. Depuis lors, le régime de Kigali décide seul quand il veut intervenir en RDC. Il sait mieux que le gouvernement congolais et tous les congolais où se trouvent ses ennemis et leur nombre sur le territoire congolais, etc. La dernière déclaration unilatérale du Rwanda est que des rebelles rwandais qui menacent actuellement son régime se trouveraient dans le Parc des Virunga, c’est-à-dire à Beni-Lubero. Ce n’est pas une surprise compte tenu de la résistance de la population de Beni-Lubero à l’occupation rwandaise et à la balkanisation de la RDC. Depuis que cette annonce unilatérale a été faite à Kigali la semaine dernière, le gouvernement congolais est incapable d’opposer un démenti à cette nième fausse accusation que Kigali voudrait utiliser comme le casus belli pour la neutralisation de Beni-Lubero. 

Revenant sur la question des réfugiés, on peut dire qu’en vrai dire, il y avait des refugiés rwandais en RDC. Mais il n’y a pas d’évidence historique sur les refugiés congolais au Rwanda. Dans sa lettre du 15 novembre 1996 au Secrétaire Général de l’ONU, le Rwanda se dit satisfait de l’opération du rapatriement au Rwanda des refugiés rwandais et qu’une force multinationale n’était plus nécessaire (S/1996/941). A cet effet, le chercheur belge Filip Reyntjens, note que la question des refugiés rwandais au Congo était résolue au mois de novembre 1996 avec le démantèlement de 35 camps des refugiés rwandais au Kivu, celle des rebelles burundais au mois d’octobre 1996 avec le contrôle du Sud-Kivu par l’AFDL, et celle des rebelles ougandais ADF/NALU au mois de décembre 1996 avec la prise de Beni et de Bunia par l’AFDL(The New Geostrategic Situation in Central Africa. A Journal of Opinion, Vol. 26, N0.1, Central Africa in Crisis, (1998), p. 12). 

Les refugiés Hutu Rwandais qui avaient fui les 35 camps des refugiés rwandais au Kivu étaient poursuivis par les troupes de l’AFDL jusque dans la forêt de Tingi-Tingi où la plupart furent exterminés par les armes, le cholera, la famine, etc. Pour compléter le professeur Reyntjens, on peut dire que les refugiés Hutu Rwandais finirent d’être une menace réelle pour le Rwanda après les massacres de Tingi Tingi en Province Orientale, de Mbandaka et de Bokungu-Ikela dans la Province de l’Equateur en 1997. 

Pour s’éterniser en RDC après le succès du rapatriement et de l’extermination des refugiés Hutu rwandais dans les forêts de l’Est de la RDC, les cerveaux de l’occupation de la RDC avaient inventé rébellion après rébellion (RCD-Goma, Jules Mutebusi, CNDP), milice après milice (FDLR, RUDI, Pareco, Faux Mai-Mai, etc.). Un changement idéologique de l’occupation rwandaise de la RDC eu lieu avec la naissance de ces rebellions et milices instrumentalisées par Kigali. En effet, la nébuleuse de ces rebellions et milices souvent dites étrangères avait comme objectif non la conquête du pouvoir au Rwanda mais la prise du pouvoir à Kinshasa ou faute de mieux au Kivu. Le fait que les dirigeants congolais n’aient jamais voulu dénoncer cette contradiction notoire des rebellions rwandaises qui tuent les congolais et cherchent à prendre le pouvoir en RDC et non au Rwanda, explique l’avancée comme sur des roulettes de l’action rwandaise en RDC, en dépit de ses multiples contradictions.

Si les refugiés rwandais en RDC constituaient une vérité indéniable, les refugiés congolais au Rwanda dans les proportions débitées par le HCR, le PNUD est une aberration pure et simple. 

Le discours actuel du HCR et du PNUD fait remonter ces refugiés congolais au Rwanda en l’an 1992, 1993. Il est dit que ces derniers auraient fui les guerres de la MAGRIVI (Mutuelle des Agriculteurs des Virunga) au Nord-Kivu, le massacre du 20 mars 1993 au marché de NTOTO près de Walikale, etc. 

Si tel est le cas, les refugiés congolais au Rwanda depuis 1992 auraient résisté au génocide rwandais de 1994. Ils auraient choisi de rester au Rwanda pendant que tous les rwandais fuyaient vers le Congo au plus fort du génocide. Cette bravoure des refugiés congolais aurait déjà été documentée par les milliers des chercheurs sur le génocide rwandais et l’après génocide rwandais. 

En 2002, lors de l’éruption volcanique à Goma, les congolais qui avaient fui pendant quelques heures au Rwanda avaient refusé qu’on y installe un camp pour eux, préférant la chaleur brulante des laves à Goma que l’air frais des campements au Rwanda, le pays des mille collines. 

Depuis le génocide rwandais de 1994, les congolais authentiques ne se refugient pas au Rwanda. Ils vont en Ouganda, au Kenya, à Zambie, à Tanzanie, en Angola, etc. Et quand ceux-ci reviennent en RDC, ils n’ont pas besoin du HCR ou du PNUD pour être réinstaller. Ils rentrent dans leurs milieux d’origine où ils sont connus.  

Faire remonter le phénomène des refugiés congolais au Rwanda à l’avancée des troupes de l’AFDL au Zaïre, c’est aussi oublier qu’il n’y avait pas eu de mouvement des populations congolaises lors de cette avancée car les provinces congolaises tombaient les unes après les autres sans combat. Les forces armées zaïroises (FAZ) impayées et démotivées n’avaient pas le cœur à l’ouvrage de la défense nationale. Les populations congolaises fatiguées de 32 ans de dictature mobutienne accueillaient l’AFDL en libérateur. Et depuis la fondation de l’AFDL en 1996, l’Est de la RDC est sous influence du régime de Kigali qui utilisa sa main mise sur l’AFDL pour nettoyer la RDC de refugiés Hutu rwandais entre 1996-1997. Les chercheurs parlent ainsi du deuxième génocide rwandais, un terme que Kigali n’aime pas entendre. 

Ainsi donc, tout le discours concernant la menace des FDLR sur le régime de Kigali est une pure propagande pour expliquer l’occupation rwandaise de l’Est de la RDC. Les FDLR sont devenus plutôt, depuis longtemps, une menace pour les populations congolaises. Elles sont utilisées comme ce fut le cas jadis pour le RCD-Goma, le CNDP, pour expliquer à l’opinion internationale le contrôle unilatéral du Rwanda sur la RDC. 

Entre 2003-2011, l’occupation rwandaise de la RDC a connu une réelle avancée, notamment celle de l’intégration des rebelles et miliciens du RCD-Goma, CNDP, et FDLR dans l’armée congolaise, poussant les comiques congolais à parler des Forces Armées Rwandaises Déployées au Congo (FARDC en sigle). On peut donc dire que la phase de l’occupation militaire de la RDC est achevée. L’occupation politique est acquise aussi moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. L’occupation rwandaise de la RDC est actuellement dans sa phase la plus difficile, celle du transfert des populations rwandaises vers la RDC. Si on peut corrompre un leader politique, un chef coutumier, etc. on ne peut pas corrompre tout un peuple. Les révélations des premiers contingents rwandais au Sud de Lubero confirment cette vérité. Eux aussi sont victimes des mensonges des extrémistes de la région des Grands Lacs au même titre que les congolais. C’est pourquoi ils disent la vérité de leur origine, s’écartant des thèses véhiculées par les discours officiels des extrémistes au pouvoir dans les deux pays. La pacification du Rwanda et de la RDC viendra ainsi de l’isolement de ces extrémistes du Rwanda et de la RDC par la force conjuguée des populations civiles du Rwanda avec celles de la RDC. 

A partir de janvier 2011, les medias au service des extrémistes de la région et de la balkanisation de la RDC ont inventé de toutes pièces des nouvelles tribus et catégories des personnes au Nord-Kivu, notamment les Hutu-Nande, les Tutsi-Hunde, les retournés du Rwanda, des réfugiés congolais du Rwanda, de l’Ouganda, de Burundi, et Tanzanie, des déplacés congolais du Masisi, etc. Cette diversité des noms pour designer la même catégorie des personnes explique le montage difficile de toute l’opération. 

Les rwandais qui arrivent depuis janvier 2011 au Sud de Lubero étaient au début présentés comme des déplacés congolais venant du Masisi. Sachant que le Masisi a été le fief du CNDP, le théâtre des razzias de Nkunda pendant que Beni-Lubero était dans une paix relative, pourquoi les Nande de Beni-Lubero, ceux qui se disent Hutu-Nande, n’avaient-ils pas choisi de revenir chez eux pendant les ravages du CNDP au Masisi ? Pourquoi ont-ils choisi le moment pendant lequel les soi-disant FDLR massacrent les Nande au quotidien pour retourner à Beni-Lubero d’où ils seraient partis fuyant l’insécurité? Le timing de l’opération sent le roussis. 

Toutes ces questions commencent à trouver des réponses lors des entretiens avec les envahisseurs eux-mêmes dont la politisation a visiblement échoué.

Lors de notre enquête au Sud de Lubero, nous avons rencontré ces envahisseurs rwandais pour apprendre d’eux-mêmes leur histoire. Pour la plupart ils sont sans malices et s’expriment sans ambages. Ils disent pour la plupart qu’ils sont venus du Rwanda, qu’ils ont appris le Kinande et le Kiswahili au Rwanda, etc. Certains parmi eux sont des FDLR qui étaient rapatriés au Rwanda mais qui sont revenus au Congo à la tête de ceux qui ne connaissaient pas le Congo. Du Rwanda, ils ont transité au Masisi où ils ont reçu des attestations de perte pièces d’identité congolaises ou des cartes des membres du PPRD, etc. Tous se sont faits enrôlés sans problème au Sud de Lubero. Ceux qui n’avaient pas transité par le Masisi et qui n’avaient aucune une pièces d’identité congolaise sont partis de Luofu dans des camions FUSO pour se faire enrôler à Goma. Après l’enrôlement, ces camions les ont ramenés au Sud de Lubero. Les envahisseurs rwandais sont ainsi enrôlés à 100% contrairement aux congolais autochtones qui étaient privés des centres d’enrôlement. Ainsi quand la CENI brandit le chiffre des enrôlés, il faudrait lui demander l’identité de ces enrôlés (rwandais, mineurs, militaires, etc.). 

De quoi vivent-ils ? 

Ils ont beaucoup d’argent et achètent leur nourriture au marché. Les plus politisés d’entre eux feints d’être pauvres et vont chez les grands propriétaires terriens pour demander du travail manuel rémunéré. D’aucuns pensent que ces derniers cherchent à entrer en contact avec les agriculteurs influents du coin pour connaître leur force et leur faiblesse… 

Combien sont-ils? 

Difficile à dire car ils sont entassés dans les camps. Certains ne sortent pas. Ce qui surprend les congolais est que chacune des familles comprend en moyenne entre 70 et 80 membres, avec plusieurs d’entre eux qui ne se ressemblent pas, ou qui ont le même âge. Le nombre d’enfants entre 5 et 10 ans est très élevé. Selon les observateurs, ces enfants auraient reçu un lavage de cerveau avant de quitter le Rwanda. Avec des cartes falsifiées, ils auraient appris que le Kivu est une partie du Rwanda, et que leurs ancêtres y avaient laissé des vastes terres fertiles où ils pratiquaient l’élevage des vaches, etc.

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Quelle religion pratiquent-ils ? 

Les envahisseurs rwandais au Sud de Lubero sont majoritairement Adventistes du Septième Jour. Quelques-uns seulement sont chrétiens protestants ou catholiques. 

Comment sont-ils accueillis par les populations locales ? 

Les populations locales sont intimider par certains chefs coutumiers qui ne cessent de dire qu’une attaque des envahisseurs rwandais provoquerait un génocide des congolais. Ce qui fait dire aux congolais que ces envahisseurs sont armés ou qu’ils sont soutenus par une armée capable de faire un génocide. Mais ce qui empêche la confrontation est le fait que jusque-là, les envahisseurs n’ont pas touché aux terres des autochtones. C’est en effet la terre qui constitue la poudre au canon des guerres ethniques. Les occupants peuvent voler les minerais mais il ne faut pas qu’ils touchent à ce qui constitue la vie ou la survie des autochtones. Etre déposséder de sa terre est une déclaration de guerre qui ne laisse pas indifférent le dépossédé. Les terres que les envahisseurs rwandais occupent actuellement sont les concessions de l’Etat. D’après les envahisseurs rwandais eux-mêmes, une entreprise de construction est attendue au Sud de Lubero pour leur construire des maisons convenables. Ainsi donc, la cohabitation actuelle peut voler en éclats en tout moment. 

Peut-on parler de cohabitation pacifique ? 

Oui et Non.

Oui, parce qu’il n’y a pas de guerre entre les rwandais et les congolais. Ils se rencontrent au marché, dans les églises, et les enfants rwandais sortent des camps pour jouer avec les congolais, certaines ONG locales visitent les camps, etc. 

Non, parce que le traitement privilégié tel la facilitation de l’enrôlement, la prise en charge alimentaire dont jouissent les envahisseurs fait des aigris parmi les autochtones et fait déjà mépriser plus qu’avant les ONG internationales. Il était étonnant que le Gouverneur de Province choisisse ce moment pour offrir un diner de remerciement aux représentants de ces ONG internationales qui constituent selon la population locale la main séculière de l’occupation en cours. Dans une région qui se dit parent pauvre du programme de stabilisation et de reconstruction (STAREC), le défilé des camions de la CROIX Rouge pleins des biens pour les envahisseurs rwandais commencent à faire des jaloux. Sur place au Sud de Lubero, les radios ainsi que les prédicateurs dans les églises ne parlent pas beaucoup publiquement de cette invasion par peur des assassinats et d’autres exactions ciblés. Un grand feu couve donc sous la cendre !

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Ces camions font la navette entre Beni et le Sud de Lubero ( photo prise lors d’une escale à Butembo)

Qui gère cette implantation des rwandais au Sud de Lubero ? 

Tout est fait pour que les personnes et les associations qui gèrent cette invasion ne soient pas bien connues. Le HCR et le PNUD se font rares sur terrain au moins visiblement. Les camions qui assurent leur transport n’ont pas de labels d’ONG mis à part ceux de la CROIX Rouge qui font plusieurs navettes entre Beni et le Sud de Lubero. Les chauffeurs de ces camions sont apparemment des congolais qui ne s’exposent pas pour une conversation. Pour cacher les vrais bailleurs des fonds de cette invasion, une précaution aurait été prise de passer par certains commerçants originaires de la région. C’est ainsi que ces derniers font venir le matériel à leurs noms, achètent des terres à leurs noms, et utilisent leurs entrepôts pour le stockage des biens destinés aux envahisseurs. Plusieurs noms circulent déjà et leurs entrepôts sont déjà connus des observateurs sur terrain. Le gouvernement central, provincial, territorial, et local laisse faire. On sait qu’aucune occupation étrangère ne réussit sans la collaboration des fils du territoire occupé. Sur la liste des collabos congolais de l’occupation rwandaise en cours, on trouve ainsi les politiciens, les églises, les commerçants, les ONG, les chefs coutumiers, etc.

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Quel avenir pour cette implantation des rwandais au Sud de Lubero ? 

La population locale ne sait rien. Comme tout complot, le plan de l’occupation s’exécute sans concertation de la population civile congolaise qui en est la cible. A cause de cette opacité, il est difficile pour les hommes et les femmes épris de paix d’offrir leurs bons offices pour la résolution pacifique du conflit. Les exécutants semblent préféré l’usage de la force militaire qui mettra les congolais devant un fait accompli et sans retour  

Edgar Kahindo

Envoyé spécial du Racodit et de Beni-Lubero Online au Sud de Lubero.

© Beni-Lubero Online

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