Rutshuru : D

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A quelque chose malheur est bon, disent les sages ! C’est ce qu’on peut dire des habitants du Territoire de Rutshuru au Nord-Kivu qui jusqu’il n’y a pas très longtemps prenaient tout ce que disent les radios périphériques émettant chez eux comme vérité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ! La découverte de l’année est que les radios du monde diffusent aussi des mensonges !
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Il y a quelques temps aussi, les paysans des collines de Rubare et de Kikuku pensaient que l’homme blanc ne pouvait pas mentir, que les casques bleus et les humanitaires de l’occident qui sont très nombreux dans la région, n’avaient que des bonnes intentions pour aider le congolais. Aujourd’hui, ils ont découvert à leurs dépens qu’il y aussi des menteurs parmi les casques bleus et les humanitaires qui sont présents au Congo. Les louanges du Colonel indien Chand Saroha de la Monuc à son ami Nkunda du CNDP sont la dernière preuve pour les congolais du Territoire de Rutshuru que certains officiers de la Monuc sont bel et bien amis du criminel du Nord-Kivu.
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Que sa passe-t-il dans le Territoire de Rutshuru ? Les habitants de Rutshuru attendent parler de deux nouvelles milices qui se battent dans leurs villages et cités, notamment le Front Patriotique Congolais (FPC) crée le 27 janvier 2008 à Rubare et un autre mouvement appelé PARECO qui serait composé des Mai-Mai. Mais les membres de ces deux nouvelles milices sont connus des habitants de la place comme appartenant au CNDP de Nkunda. Dans plusieurs localités, les habitants du Territoire les voient ensemble comme par le passé. Mais à la Radio, ils entendent dire que ces amis qui boivent ensemble dans leurs Ganda se battent aussi à mort. Quand est-ce qu’ils sont devenus ennemis ?
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C’est ainsi que le mensonge des milices du Nord-Kivu est déjà découvert par les populations locales. Les milices déclarent être en guerre entre elles sur certaines radios mais elles dirigent leurs armes contre la population sans défense que les faux combats continuent de faire fuir vers les camps des déplacés. Après la fuite de la population, les miliciens de deux camps se rassemblent dans les villages abandonnés pour piller les maisons avant de les occuper. Ce qu’on appelle armée congolaise assiste à ces faux combats des miliciens sans prendre la défense de la population. D’où la conclusion des paysans de Rutshuru : Il n’y a ni rebelles ni milices au Nord-Kivu. Par définition, les rebelles en veulent au gouvernement établi. Mais dans le territoire de Rutshuru comme partout au Nord-Kivu, les rebelles, les miliciens, et les soldats dits du gouvernement mangent ensemble et s’en prennent tous à la population sans défense. Ce qui se passe au Nord-Kivu n’est donc pas une rébellion mais du terrorisme organisé.
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Au chef-lieu de la Province, c’est-à-dire Goma, les gouvernants, les politiciens, des dames et messieurs en cravate se la coulent douce dans des Hôtels Quatre Etoiles et font des rapports sur le programme Amani qui n’a jamais connu un début d’application par les signataires.
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Le CNDP de Nkunda et ses nouvelles branches armées (FPC, RUD, et Faux Pareco) continuent sa guerre d’occupation du Nord-Kivu, facilite les infiltrations des troupes alliées de l’étranger qui s’installent dans les fermes et maisons abandonnées par les déplacés, etc. On peut comprendre pourquoi aucun effort n’est fait pour que les déplacés rentrent dans leurs villages qui sont déjà occupés par des étrangers.
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La Monuc quant à elle, ne veut pas remplir sa promesse d’occuper les zones abandonnées par les milices qui choisissent le brassage jusqu’à l’avènement dans la province d’une armée nationale, républicaine, intégrée. Certaines zones abandonnées par les milices sont aujourd’hui occupées par le CNDP de Nkunda. Fidèle à sa mission d’observation, la Monuc arrive toujours tard sur le lieu des combats pour compter les morts, inventorier les dégâts matériels, désigner le coupable,etc. D’où la suspicion croissante que la Monuc prépare le terrain pour le CNDP de Nkunda.
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Pour ajouter une gifle à cette blessure de la population, le Gouverneur de Province et la Monuc se promènent à travers le Territoire de Rutshuru soit disant pour sensibiliser la population à la réussite du projet Amani. Ils savent bien que celui qui bloque le projet Amani ce n’est pas la population civile mais le CNDP de Nkunda. Il en est de même de la Paix au Nord-Kivu. La conférence de Goma devait s’occuper d’un seul point : Comment mettre définitivement hors d’état de nuire le CNDP de Nkunda. Mais hélas… Au lieu de s’attaquer à la racine de la violence au Nord-Kivu, les conférenciers s’étaient perdus dans les divers.
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 La voix des patriotes qui demandaient aux conférenciers de Goma d’exiger l’usage de la force contre le CNDP de Nkunda et de ne pas prendre la Monuc comme médiateur ou facilitateur avait été étouffée. Sept mois après, la situation sécuritaire est pire qu’avant la Conférence de Goma. La bonne volonté des congolais ne compte rien. Mais les congolais multiplient des actes de bonne volonté qui apparaissent comme des actes de faiblesse. La mauvaise volonté de Nkunda qui avait refusé de participer à la conférence de Goma et qui n’a jamais voulu appliquer une seule résolution de cette conférence, serait normalement suffisant pour que la partie congolaise cesse de lui faire des avances, change de méthode et de médiateur. On peut le dire sans peur de se tromper qu’avec la Monuc, le Nord-Kivu s’enfonce et s’enfoncera davantage dans la tourmente. On attendait de la Monuc de placer le conflit congolais sur l’orbite de la loi internationale qui régit les relations entre les nations. Mais sur terrain, on assiste du jour au lendemain à la « tribalisation » du conflit au Nord-Kivu, la mise sur un même pied d’égalité des rebelles et des dirigeants élus, etc.  Les analystes pensent que les commanditaires de la crise congolaise espèrent un jour reproduire au Congo le schéma Hutu-Tutsi du génocide rwandais de 1994 ou le schéma Kikuyu-Luo de la violence kenyane de janvier 2008. En effet, la violence dirigée contre la population est sélective, tribale. Les miliciens amis qui fomentent des faux combats entre eux sont en majorité rwandophones. Leur violence est très souvent dirigée contre les Nande, les Hunde, et les Nyanga.
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Le cas récent s’est passé dans le village de Kirimbi Tarika où des miliciens armés se disant membres du Pareco ont brûlé les maisons des Nande sur ordre de Mr Munyarubega Thomas Nguba. Ce dernier est rwandophone, propriétaire d’une plantation dans laquelle il cultive du haricot, du maïs et des arachides. La récolte de sa ferme sert à nourrir les miliciens rwandophones de tous bords. Selon les Nande qui ont tout perdu dans les attaques de Kirimbi Tarika, Monsieur Munyarubega Thomas Nguba est lui même milicien qui veut devenir l’unique grand propriétaire terrien du coin. C’est ainsi qu’un message qui émanerait de lui avait circulé avant l’attaque pour demander aux rwandophones de ne plus travailler pour les opérateurs économiques Nande.
Le drame des Nande de Kirimbi Tarika et de Rubare n’est qu’un cas. La question que l’on se pose est celle de savoir pourquoi le gouvernement provincial ne veut pas aborder ce problème et y chercher des solutions ? Prés de la moitié des électeurs du Nord-Kivu se trouve dans les camps des déplacés après avoir tout perdu… Où sont donc passés les élus de ce peuple à qui on avait cassé les tympans avec des promesses électorales de paix, de securité, de bien être ? Où est passé l’Etat Congolais pour arrêter ce génocide de son peuple congolais au nom duquel il se dit signer des contrats même léonins? Il est à peine croyable que ces élus annoncent des sessions extraordinaires au cours desquelles la situation de deux Millions de leurs électeurs déplacés n’est pas abordée comme une matière extraordinaire. La seule matière extraordinaire c’est l’amnistie d’un criminel mais pas le retour des déplacés dans leurs villages. Ces élus prennent des vacances, utilisent des avions pour survoler les camps des déplacés, véritables mouroirs des femmes et des enfants sans secours. Non. Le peuple congolais ne mérite pas pareille humiliation par une classe politique coupable de complicité avec l’ennemi. Trop c’est trop ! A Rutshuru, l’occupation par le CNDP de Nkunda est en route ! Le sort de deux millions des déplacés inquiète les observateurs. La population livrée à l’ennemi par ses leaders doit trouver un autre mécanisme d’auto-défense avant qu’elle ne soit anéantie par les faux combats des rebelles, milices, soldats, casques bleus amis à la solde d’une geopolitique machiavellique dans la région des Grands Lacs africains. 
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Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online
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