Mulunda

Scandale des Bureaux de Vote fictifs et Désorientation déliberée des électeurs

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A part le scandale des bureaux de vote fictifs au Congo-Kinshasa, les électeurs se plaignent de ne pas trouver leurs noms sur les quelques listes des électeurs déjà affichées dans les bureaux de vote réels. Aussi, les internautes constatent que sur le site internet de la CENI: www.ceni.gouv.cd ( l’ancien site www.ceni_rdc.org est déjà désactivé), les listes des électeurs ne sont pas encore affichées. La CENI a-t-elle peur que le scandale des bureaux de vote fictifs couplé avec celui des listes des électeurs fictifs ne produisent un tsunami électoral ? Dans tous les cas, l’erreur est consommée. La CENI, avec son gros budget, vient de prouver qu’elle est de mauvaise foi.  

Mulunda

                Pasteur Ngoy Mulunda, Président de la CENI 

Si l’opposition avait audité le serveur électoral, on pouvait la soupçonner d’y avoir introduit un puce multiplicateur de bureaux de vote. Mais comme l’audit n’a jamais eu lieu, la CENI est seule coupable. On peut se demander si ces bureaux fictifs ne figurent pas dans le serveur électoral que la CENI protège jalousement comme la prunelle de son œil. Les observateurs avaient donc raison d’exiger l’audit du serveur électoral. La CENI avait déclaré son abandon en faveur du comptage manuel des bulletins de vote oubliant que le rôle du serveur ne se limite pas au comptage des bulletins de vote. La CENI est ainsi pris dans son propre piège. Elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Le peuple congolais par la voie de la coalition Etienne Tshisekedi se révèle déterminé à mettre hors d’état de nuire tous les imposteurs de la république. C’est dommage que même une institution dite citoyenne tombe dans les travers des politiciens véreux et corrompus. 

Le procès de la CENI commence ainsi avant le scrutin du 28 novembre 2011. Si la CENI dit qu’elle a repris les data de la défunte CEI de triste mémoire, elle confirmerait l’hypothèse généralement répandue que les élections de 2006 étaient aussi manipulées en faveur de Joseph Kabila. Si la CENI reconnait son erreur, elle confirmerait par le fait même qu’elle n’est pas prête à organiser les élections le 28 novembre prochain. Dans tous les cas de figure, elle doit faire son mea culpa public et dire au peuple congolais l’origine des bureaux fictifs. On se rappelle du discours du Pasteur Ngoy Mulunda qui disait avoir dispatché des équipes à travers les provinces pour répertorier les sites des bureaux de vote. Ses équipes étaient-elles fictives ou réelles ? 

L’opposition politique doit poursuivre son travail de vérification de la véracité de bureaux de vote dans les villes et villages de l’intérieur. Il n’est pas impossible que le mal soit plus profond que les 107 bureaux de vote découverts dans une seule commune de Kinshasa. Quelle est donc l’ampleur des dégâts dans les provinces, notamment la poudrière de l’Est du pays ?

Les fins limiers de Beni-Lubero Online viennent de découvrir que le bureau d’enrolement ne correspond pas au bureau de vote. La CENI avait voulu semble-t-il rapprocher les électeurs de leurs bureaux de vote. Ainsi sur base de l’adresse de l’électeur, la CENI assignait un bureau de vote réel proche de la résidence de l’électeur. Mais le mal est que la CENI ne s’est jamais donné la peine de le dire aux électeurs. Cette stratégie de décourager les électeurs a dernièrement été décriée au Cameroun. Les électeurs qui souvent se déplacent à pieds arrivaient au bureau de vote où ils croyaient figurer sur les listes d’électeurs pour se voir renvoyer 5 à 10 km plus loin. A cause de la fatigue, ils abandonnaient carrément le vote. Un journaliste de Beni-Lubero Online a fait l’expérience ce matin. Pour savoir où voter, jeter un coup d’oeil sur votre carte d’électeur, dans le coin droit, à haut. Votre bureau de vote réel est précédé de la mention S.V. Faites large diffusion de ce détail important qui risque de faire perdre des voix aux candidats patriotes.

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Depuis le début du processus électoral, les congolais n’avaient cessé de relever les irrégularités dans le travail la CENI. Tant que les faits reprochés à la CENI se passaient en Province, la CENI bénéficiait toujours d’un démenti sans vérification des autorités provinciales sur la radio Okapi et l’affaire était close. On se rappelle des irrégularités de l’enrôlement des mineurs, des militaires, des rwandais, burundais et ougandais, la vente des cartes d’électeurs, les doublons, etc. La révision du fichier électoral était ainsi devenue le cheval de bataille de la coalition Etienne Tshisekedi dans son duel avec la CENI. Malheureusement comme nous l’avions relevé en son temps, la coalition d’Etienne Tshisekedi n’était active qu’à Kinshasa. Ses Manifestations n’étaient organisées qu’à Kinshasa. Bien que ces manifestations aient forcé la CENI à opter pour le comptage manuel des bulletins de vote, on se demandait qui surveillerait la CENI dans les fins fonds des provinces où la coalition Etienne Tshisekedi n’est pas active. 

Il n’est pas surprenant que les bureaux de vote fictifs aient été découverts par la coalition Etienne Tshisekedi dans la capitale Kinshasa. La coalition d’Etienne Tshisekedi se confirme ainsi comme le seul vrai représentant de l’opposition politique congolaise. 

Les fins limiers de Beni-Lubero Online ont aussi découvert l’existence dans la circonscription électorale de Beni-Territoire de 4 bureaux de vote itinérants, un autre mot pour dire fictifs. Les candidats de cette inscription ainsi que les électeurs ne savent rien de ces bureaux de vote itinérants. Ceci veut dire que, qu’il y ait comptage manuel dans chaque bureau de vote réel, les PV des bureaux de vote fictifs donneront avantage au candidat de la CENI, Joseph Kabila. C’est ainsi que le processus électoral devrait être arrêté immédiatement par respect pour le peuple congolais, en attendant qu’un audit complet de la cartographie des bureaux de vote soit diligenté toutes affaires cessantes.

Pour se moquer du peuple, la CENI a fait un appel au peuple congolais de lui révéler ses bureaux fictifs. Qu’est-ce qu’on n’a pas demande au peuple congolais ? On lui demande de se sécuriser contre les forces d’occupation rwando-ougandaises, d’arrêter les bandits qui pillent ses biens et violent ses femmes. Aujourd’hui, elle doit sans support matériel et sans salaire dénicher les bureaux fictifs. Que font les milliers d’agents de la CENI qui se la coulent douce avec l’argent du contribuable congolais? 

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Mr. Jacques DJOLI de l’opposition politique a demandé à la population d’informer la CENI sur l’existence d’autres bureaux de vote fictifs. Il au moins reconnu que le peuple congolais devrait être dès le départ le premier expert de la CENI.  

Comme c’est la coalition d’Etienne Tshisekedi qui a découvert le pot aux roses des bureaux fictifs, pourquoi ne pas lui confier toute la mission de contre-expertise non seulement à Kinshasa mais aussi dans toutes les provinces ? Et pour que les congolais dans l’ensemble participent à cet exercice de salut public, il faut que la CENI sensibilise les électeurs car elle est payée pour cela. Transparence oblige, Mr le Pasteur Ngoy Mulunda.

Le scandale des bureaux de vote fictifs révèle aussi au grand jour que les autres partis politiques suivent le processus électoral sans se soucier de sa transparence. Le silence des autres partis politiques en lice pour les élections en cours signifie-t-il que ces partis politiques sont fictifs ou des doublons du PPRD ? Le scandale des bureaux fictifs devait provoquer un tollé dans la classe politique congolaise y compris la majorité au pouvoir.

Il en est de même du feuilleton de 3 millions de vote qui auraient été remplis dans l’usine en Afrique du Sud. Vidéo: Les combattants de Jobourg découvrent 3.000.000 de bulletins de vote cochés pour Joseph Kabila. 

Dans d’autres cieux, les membres de la CENI devraient démissionner en cascade pour l’honneur. La cour suprême de Justice devait ordonner une enquête immédiate et sans complaisance. Le processus électoral qui paraît de plus en plus fictif et irréaliste devrait être arrêté jusqu’à ce qu’un audit des bureaux de vote soit réalisé sur toute l’étendue du territoire national. 

Mais comme la justice congolaise est au service de l’empire, elle reste silencieuse quand le peuple congolais a besoin d’elle. Les Congolais qui avec des moyens de bord essaient de jouer leur rôle de contrôle du pouvoir sont déjà pointés du doigt par la CENI qui menace de les traduire en justice. Cela s’appelle dictature ! Mais qui traduira la CENI en justice? 

Edgar Kahindo

Butembo

©Beni-Lubero Online

Les citoyens (nes) exclu (es) des élections dites démocratiques 

Une élection peut-elle être dite démocratique dans un pays quand certains de ses fils et certaines de ses filles en sont exclus ? A notre avis, il y a des similitudes entre ce qui pourrait se passer chez nous le lundi 28 novembre 2011 et le vote censitaire. Le galvaudage des mots et des expressions semble être un point fort chez nous. 

« Sud-Kivu : 20.000 électeurs inscrits omis sur les listes affichées », à Watsa, dans la Provinces Orientale , le chiffre s’élèverait à 34.522.000 ; dans cette province, certains bureaux sont supprimés ; des listes d’électeurs non encore affichées à certains bureaux jusqu’à ce jour (elles devraient l’être au moins un mois à l’avance), des bureaux de vote très éloignés de certains villages ou centres de l’arrière-pays ; des bureaux des votes ambulants : telle est plus ou moins la situation que notre pays connaît à quelques deux jours de la fin de la campagne électorale. 

Et puis, qui a su plus ou moins aisément battre cette campagne ? Ceux et celles qui ont des moyens privés et/ou de l’Etat. En dehors des compatriotes discriminés au pays par leur omission sur les listes électorales ou par les difficultés liées à leur accès au bureau de vote, les Congolais et les Congolaises de la diaspora ont été purement et simplement ignorés. Tout ce beau monde ne peut donc pas exercer ses prérogatives citoyennes dans un pays dit « démocratique ». Il n’est pas libre dans l’exercice de ses droits fondamentaux dont celui de participer, « ne serait-ce que par l’élection, à la formation et à l’exercice du pouvoir ». 

Cette liberté de participation citoyenne est limitée par la modicité de ses moyens matériels, par le manque des infrastructures routières, par la distance, par le manque d’une bonne politique de proximité dans le chef des gouvernants et du pouvoir organisateur des élections, par des agendas cachés, etc. Cette exclusion et cette discrimination posent le problème » de l’égalité politique. Elle est inexistante entre cette portion de notre peuple et celle qui va exercer son droit citoyen de vote (dans un Etat manqué et sous tutelle) ! 

Dans ce contexte, faut-il parler de vote censitaire ou d’élections libres, transparentes et démocratiques ? Y a-t-il démocratie sans respect des valeurs fondamentales de liberté et d’égalité ? Prenons un exemple historique. En 1789 en France, le vote censitaire excluait « les citoyens passifs » et privilégiait « les citoyens actifs » capables de payer un cens variant entre 5 et 50 livres pour être éligibles. Les domestiques en étaient aussi exclus dans la mesure où ils étaient ravalés au rang des mineurs n’ayant pas une volonté propre. (Lire P. PERRINEAU et D. REYNIE, Dictionnaire de vote, Paris, PUF, 2001).

Les exclusions et les discriminations dont plusieurs de nos compatriotes souffrent au cours de cette période électorale attestent que le vote auquel une partie de notre pays pourrait participer le lundi (28 novembre 2011) s’apparente beaucoup plus à un vote censitaire qu’à une élection démocratique. Ce vote repose la question éternelle de l’usage des mots dans notre pays. (Mais aussi celle de l’égalité des citoyens et des citoyennes en dignité et en droits.)

Nous sommes pour la plupart plongés dans une ignorance crasse et nous nous livrons à un galvaudage des mots qui induit nos masses populaires en erreur même si elles ne sont pas toujours dupes. Il serait possible que ce galvaudage des mots soit le fruit du relativisme moral dans lequel la cupidité et l’inversion des valeurs nous ont plongés.

Les choses se compliquent dans la mesure où le système d’arbitrage des conflits liés à ces discriminations et exclusions est en panne : la justice et le droit ont été sacrifiés sur l’autel du « dieu Mammon » et/ou sont instrumentalisés par le réseau de prédation opérant dans notre pays.

Malgré toutes ces discriminations et ces exclusions, malgré les similitudes de ce qui va se passer chez nous et le vote censitaire, nous entendrons les médiamensonges et leurs alliés nous dire le lundi prochain : « Les élections en RD Congo ont été libres, transparentes et démocratiques. Cela en dépit de quelques insuffisances liées à toute œuvre humaine. » Le recours à cette formule consacrée ne changera rien à la nature de ces élections. 

Cela étant, la période pré-électorale, qui va bientôt toucher à sa fin, nous aura permis d’engranger quelques victoires du point de vue de l’évolution de la conscience nationale chez nous. Certains acteurs politiques ont battu en brèche les divisions artificielles que les partisans du « diviser pour régner » tiennent à entretenir dans notre pays : sa division politicienne en Est et Ouest, en Nord et Sud. Ces acteurs politiques ont prouvé que le Congo est un et indivisible.

A ce point nommé, le travail abattu par certains médias alternatifs a été d’une très grande qualité. Parfois, avec les moyens du bord, ils ont mis à la disposition de leurs lecteurs les images et les articles sur la campagne électorale et ses insuffisances. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ont permis, à plusieurs d’entre nous, d’avoir une bonne information à la source. Ces médias ont aussi souligné, avec force, les thèmes (tenant nos populations à cœur) abordés et/ou escamotés par les acteurs politiques.

Ils ont dévoilé les discours xénophobes de certains pécheurs en eau trouble et les velléités néocolonialistes d’une certaine communauté internationale donneuse de « leçons de démocratie » mais incapable de répondre aux attentes des « indignés » du monde entier.

Les mobilisations des Congolais(es) de la diaspora à travers le monde ont été un bon catalyseur dans la consolidation de la conscience nationale collective. Au pays, le regroupement des partis politiques en de grands ensembles y a aussi, tant soit peu, contribué.

Après le lundi 28 novembre 2011, ces acquis devront être davantage consolidés quels que soient les résultats du « vote censitaire ». Les difficultés rencontrées, les morts encaissées, les humiliations subies ne devraient pas avoir raison du courage, de l’esprit d’abnégation et de persévérance dans les têtes et les cœurs des compatriotes décidés à redorer le blason de notre beau et cher pays.

Nous ne luttons pas seulement contre « les puissances visibles » et « leurs nègres de service ». Nous luttons contre « les forces de la nuit et de la mort » d’un cynisme inqualifiable. Elles comptent sur notre fatigue mentale et intellectuelle pour donner le go à la balkanisation politique de notre pays. (L’économique a déjà eu lieu ?) Briser les ressorts psychologiques des « minorités agissantes et organisées » participe de la politique de leur guerre psychologique. Ces « forces de la nuit et de la mort » ne sont pas amnésiques. Elles n’oublient rien. Elles travaillent sur le court, le moyen et le long terme. Nous devrions les imiter en approfondissant leur modus operandi. Souvent, elles versent sur nos malheurs et nos misères des larmes de crocodile. Mais « face à la logique de l’impuissance et du renoncement, il est nécessaire de développer la culture de la résistance qui s’est exprimée avec les premiers mouvements de résistance à la colonisation (…) et qui s’est développé avec le temps au cours des luttes. Cette culture de la résistance   nous enseigne le refus de la renonciation et de la capitulation devant l’oppression malgré l’inégalité des forces en présence. »

L’Egypte nous donne, au quotidien, l’exemple d’un peuple déterminé à souffrir le martyre pour son droit à l’autodétermination. Ses dignes filles et fils sont revenus sur la place Tahrir.

Récupérer notre souveraineté économique et politique, vivre dans un Etat de droit démocratique et sans tutelle devraient être des objectifs   de nos luttes à court, moyen et long terme. Par-delà « le vote censitaire » d u lundi 28 novembre 2011. 

J.-P. Mbelu

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