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"La naïveté des peuples conduit toujours à leur propre asservissement" a déclaré un jour Lénine. Si les congolais du Nord-Kivu veulent étouffer dans l’œuf le projet d’occupation de leur province dont les signes qui ne trompent pas se déchiffrent derrière les actions de Joseph Kabila, du gouvernement de la Troisième République, de la Monuc, ils doivent cesser d’être naifs. En effet, la gestion cavalière du cas Nkunda et de ses brigades mixées, le retour des refugiés dits congolais de Tanzanie, la multiplication des missions des ONG onusiennes et internationales sur terrain au Nord-Kivu, sont autant de signes qui ne peuvent laisser les congolais indifférents. Devant cette trahison flagrante de leurs leaders politiques, les congolais de partout doivent agir en conséquence car si l’occupation réussit au Nord-Kivu c’est tout le pays qui en ressentira le coup. Pour que toute action contre l’occupation du Nord-Kivu porte tous ses fruits escomptés, il faut démasquer les stratégies des planificateurs et des exécutants du plan machiavélique d’occupation. Dans cette dépêche nous nous proposons d’attirer l’attention des congolais sur des faits et gestes qui ne trompent pas.
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L’intérêt envers le Nord-Kivu que la communauté internationale semble avoir redécouvert ces derniers temps est l’autre nom de la préparation effective de l’occupation de la Province du Nord-Kivu. La bousculade des ONG internationales et des missions diplomatiques au portillon du Nord-Kivu et les gestes de grande portée sociale qui ne manquent pas de susciter des jaloux au niveau national comme dans le cas du centre de dépistage du Sida et de son traitement par antirétroviraux à Katwa –Butembo, laissent transparaitre une véritable stratégie de la carotte et du bâton. Cette stratégie qui caractérise depuis longtemps ce vaste plan de balkanisation de la R.D. Congo gagne par la diversion qu’elle entretient. Pendant que les populations du Nord-Kivu ont plus besoin de la sécurité des personnes et de leurs biens, les ONG internationales et les ambassadeurs accrédités à Kinshasa font, par exemple, de la lutte contre le Sida, leur priorité. Sachant que la pandémie du Sida fait aussi rage dans la région, ces ONG internationales arrivent à détourner l’attention des Nord-Kivutiens du danger de l’occupation en cours en orientant leurs efforts vers la lutte contre le Sida. Sachant que le Nord-Kivu est l’une des provinces congolaises ayant plus d’ONG locales au kilomètre carre, tenant compte du fait que ces ONG locales sont l’œuvre de la redoutable société civile qui veille sur le grain nuit et jour, les planificateurs du découpage du Nord-Kivu tentent aujourd’hui d’infiltrer le réseau des mouvements associatifs. Il ne se passe un jour dans les villes du Nord-Kivu sans qu’il y ait un séminaire de formation sur tous les sujets possibles tels la santé, les antirétroviraux, les enquêtes démographiques et scientifiques, les chefs coutumiers, les infrastructures routières dont les travaux progressent à pas des géants sur l’axe Butembo- Goma, etc. Ces séminaires de formation dont les séminaristes sont nourris aux frais des ONG organisatrices permettent ainsi d’occuper les forces vives de la province et de les faire rêver d’un changement sans risque dans les jours qui viennent. En effet, s’il y a une vérité que les planificateurs de la balkanisation ont caché jusqu’à nos jours aux congolais c’est qu’il n’y a pas de révolution sans sacrifice. C’est ainsi qu’ils veulent mettre fin à un conflit armé par l’amour de l’ennemi et la présentation de l’autre joue à l’ennemi comme dans la logique de Jésus ! La RDC serait ainsi le premier pays au monde à résoudre son conflit avec ses voisins de l’Est de cette manière. Ce qui est une chimère.
L’embargo sur les armes imposé aux autorités congolaises du Kivu –Ituri aux prises avec des rebelles soutenus par des pays qui ne sont pas sous embargo, est un signe qui ne trompe pas de la mise en contribution de l’ONU pour permettre aux agresseurs d’avancer sans rencontrer de résistance.
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Pendant que les Forces vives du Nord-Kivu sont distraites par les séminaires de formation, des tables rondes, des visites intempestives d’ambassadeurs diplomates accrédités à Kinshasa, les cerveaux de l’occupation poursuivent dans l’ombre leur bonhomme de chemin en infiltrant au Nord-Kivu des militaires rwandais , ougandais, et des mercenaires venant d’autres pays du monde pour préparer l’assaut final sans trop combattre. Les positions avancées des services des renseignements de ces forces d’occupation se chargent des exécutions sommaires des personnes faisant ombrage à l’exécution en douceur de leur plan ou celles appartenant à l’élite locale. Le cas de Mr Kibwana, chef de l’ANR Beni abattu à son domicile probablement par les escadrons de la mort de la Deuxième Brigade fait parler de lui à Beni. Selon des sources proches des services de renseignement en territoire de Beni, les commandants de la deuxième Brigade dont l’Etat Major se trouve a Butembo seraient en possession d’une liste rouge des anciens dignitaires du RCD-K-ML à éliminer pour accélérer l’occupation de l’espace Beni-Lubero. Mr Kibwana figurerait en tête de cette liste rouge en plus du fait qu’il était chargé de l’enquêté de l’assassinat du belge Claude Divignon assassiné à Beni il y a quelques mois et dont il était au point de conclure l’enquête…
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Au niveau du Gouvernement central, le plan machiavélique de balkanisation du Nord-Kivu tel que savamment ourdi par certaines grandes puissances, est mis en exécution par Joseph Kabila et son Gouvernement. L’ascension de Joseph Kabila au pouvoir n’aurait ainsi comme but que de faire aboutir ce plan de balkanisation. La stratégie de Joseph Kabila consiste à casser la résistance congolaise en promettant monts et merveilles aux politiciens dits leaders politiques de certains coins du pays. Ces leaders congolais lui livrent le secret de leur base électorale, narguent les résistants en les livrant à la Monuc, etc.. A son tour, Joseph Kabila livre toutes les informations qu’il tire de ses hommes de paille à ses frères rwandais qui les exploitent pour se frayer un chemin sûr. Les leaders locaux qui ont déjà fait alliance avec le diable ne sont plus libres. S’ils décident de tourner casaque, ils craignent d’être considérés comme traitres passibles de mort. Le cas de Julien Paluku, Gouverneur du Nord-Kivu qui avait beaucoup d’ambition pour gouverner la province du Nord-Kivu selon les principes de la démocratie électorale est parlant. Après ses premières déclarations sur son plan de pacification du Nord-Kivu et sa condamnation de la résidence des agents de l’Etat congolais du Nord-Kivu au Rwanda, il aurait reçu des menaces de mort, rappelé à Kinshasa pour remontrances, et à son retour, il ne termine un discours sans faire référence à Joseph Kabila et à ses cinq chantiers hypothétiques. Julien Paluku doit sa survie à ce modus vivendi mais pendant combien de temps pourra-t-il arboré ce costume d’emprunt ? Le gouverneur du Sud-Kivu serait dans la même situation d’otage. Ceci dit que les discours du gouverneur du Nord-Kivu comme ceux des hommes dits politiques qui tentent désespérément de couvrir le mal de l’occupation en cours sont à prendre avec des pincettes car ce n’est pas eux qui parlent mais d’autres personnes qui parlent en eux.
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Les analystes de la politique internationale voient dans la guerre du Kivu le spectre de Kosovo. En effet, certaines puissances qui sont sur le point de réussir l’indépendance de la province du Kosovo de la Serbie, voudraient balkaniser la R.D. Congo en « Kosovisant » le Kivu-Ituri. Et si la balkanisation du Kivu réussissait, d’autres provinces congolaises suivraient le même schéma. La province soudanaise du Darfour serait aussi hantée par les mêmes forces occultes à la différence qu’au Soudan on a un pouvoir qui s’oppose au déploiement de la force onusienne qui n’est qu’une caisse de résonnance des grandes puissances occidentales qui la soutiennent matériellement. Pour savoir quelle puissance utilise la Monuc à son profit, regarder la nationalité de ses commandants. Le Congo aurait pu apprendre de l’ONUC déployée au Congo entre 1960 et 1965 et dont la seule mission semble avoir été d’en finir avec le nationaliste Emery Patrice Lumumba pour installer le dictateur Mobutu au pouvoir sans partage. La Monuc actuelle n’est pas différente de l’ONUC. Sa mission est de protéger les occupants rwandais contre toute attaque venant des congolais et de casser toute initiative congolaise d’auto-défense par le dialogue ou les tables rondes… Cette stratégie permet aux agresseurs de gagner du temps et aux planificateurs de peaufiner d’autres stratégies. L’acharnement de la Monuc contre les Mai-Mai et sa complicité avec les rebelles rwandais occupants le Nord-Kivu est tellement flagrant que sa crédibilité est on ne peut plus érodée. Les survivants de Kaniola au Sud-Kivu l’ont bien démontré en refusant l’accès de la Monuc aux 29 cadavres de leurs massacres par des hommes en armes. Ainsi parmi les ennemis du Nord-Kivu se trouvent en bonne position les forces onusiennes de la Monuc. L’histoire des casques bleus pakistanais qui ont troqué les armes de l’ONU contre l’Or du Congo n’est qu’un arbre qui cache la forêt. Aussi la prorogation du mandat de la Monuc jusqu’en décembre 2007 signifie tout simplement que les planificateurs se donnent encore quelques mois pour parachever leur mission de balkanisation du Kivu-Ituri . Pendant que les brigades mixées tuent les congolais à Rutshuru et au Masisi, les casques bleus de la Monuc, au lieu de s’interposer entre les tueurs et la population, s’occupent du cantonnement des derniers mai-mai du Nord-Kivu à qui ils promettent le brassage. Dans le secteur de Beni-Lubero où il n’y a pas d’éléments assimilables aux FDLR, les planificateurs radicalisent et opposent deux clans mai-mai qui se battent et s’anéantissent, créant ainsi la voie aux brigades mixées.
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Les événements de l’après victoire de Joseph Kabila au second tour des élections de novembre 2006 ont permis aux congolais de démasquer ce plan diabolique dont chaque jour qui passe en dévoile une autre dimension.
La mascarade des élections qu’on attribuait aux mauvaises langues se révèle aujourd’hui comme une stratégie pour distraire les congolais en les détournant de la voie royale de la victoire militaire sur l’ennemi. En effet, quelques mois seulement après les élections, tout se passe comme s’il n’y avait pas eu d’élections en R.D. Congo. Le Gouvernement central censé être le moteur de la démocratisation du pouvoir en R.D. Congo se distingue sans honte ni remords dans la prise des décisions en lieu et place des institutions issues des élections. Le retour de Nkunda aux affaires au Nord-Kivu et la gestion de l’occupation des villages entiers de Bandundu par l’Angola sont deux exemples suffisants pour démontrer la mauvaise foi de Joseph Kabila et de son Gouvernement.
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Maintenant que le plan, dans l’entendement des planificateurs de cette occupation, est presque arrivé à son terme, on constate une nervosité dans le chef des hommes au pouvoir qui sont acculés entre agir ouvertement en dictateurs ou continuer à masquer le plan. Mais comme dit un adage, « Mentez, Mentez, il en restera toujours quelque chose « ! En d’autres termes, le mensonge qui avait permis d’avancer avec le plan de l’occupation est aujourd’hui découvert par la population et le planificateur semble à bout de force pour trouver un autre alibi. Dans cette situation grave, le risque est pour le planificateur d’ôter son masque et de poursuivre impunément par la force son plan machiavélique. C’est ainsi que le peuple nord-kivutien ne devra plus baisser sa garde en acceptant de nouveau un mensonge cousu du fil blanc. Les congolais d’autres provinces doivent tirer toutes les leçons a partir de l’expérience nord-Kivutienne. La province du Sud-Kivu est celle qui dans le collimateur de l’occupation après celle du Nord-Kivu. Sachant que les Sud-Kivutiens sont déjà allergiques aux politiciens de Kinshasa et a la Monuc, c’est maintenant le tour des ambassadeurs a offrir leurs missions des bons offices. La stratégie utilisée consiste à déplorer l’opération de mixage qui endeuille le Nord-Kivu. A la suite de cet échec du mixage, un ambassadeur dont le pays n’est pas idoine dans l’occupation du Kivu, propose que le brassage des troupes pour corriger le mixage se passe dans d’autres provinces et non au Kivu. Cette proposition n’est pas un cadeau mais une stratégie pour disséminer les soldats rwandais dans toutes les provinces du Congo maintenant que ces rwandais ont leur base arrière au Nord-Kivu. Jouissant de la complicité de Joseph Kabila, les soldats rwandais finiront par occuper des postes stratégiques dans toute l’armée pour mettre tout le pays en coupe réglée par une occupation rwandaise. Pour éviter ce désagrément, les élus du peuple congolais devraient exiger la tenue d’une conférence sur l’armée. La seule table ronde que le Ministre de l’Intérieur Kalume devrait organiser c’est celle sur le brassage des armées des ex-seigneurs de guerre avec celle qu’on appelle armée congolaise.
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Les journalistes doivent faire attention avec les nouvelles expressions que les complices de l’occupation sont entrain de lancer dans l’opinion pour préparer le coup fatal facile à vendre à l’opinion internationale. C’est ainsi que l’expression « conflit intercommunautaire » est très dangereuse. Cette expression prépare l’opinion tant nationale qu’internationale à l’acception du fait qu’il existe des conflits entre les tribus du Nord-Kivu qui d’un moment à l’autre peuvent déterrer leur hache de guerre et se battre à mort. L’expression « conflit intercommunautaire » est tellement dangereuse qu’elle peut préparer le terrain à un génocide commis par les agresseurs sur les populations locales, un génocide qui serait présenté comme une guerre interethnique. Face à cette expression que certains gouvernants commencent à utiliser, le Nord-Kivu doit utiliser tous ses réseaux nationaux et internationaux pour dire tout haut qu’au Nord-Kivu il n’y a pas de problème intercommunautaire mais bien un problème d’occupation militaire par les Rwandais sous le commandement de Nkunda grâce à la complicité de Joseph Kabila et de la Monuc.
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Ouvrir l’œil et le bon c’est de se rendre à l’évidence que le Nord-Kivu est en danger, acculer le gouvernement à fonctionner normalement selon les principes démocratiques ou alors à démissionner, être prudent de gober des messages concoctés à Kinshasa pour détourner l’attention du peuple congolais du vrai problème du Nord-Kivu. Les communautés nord-kivutiennes doivent resserrer leurs liens de fraternité et de solidarité et utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire échec à l’occupation de leur territoire par des forces étrangères. Maintenant que les députés du Nord-Kivu ont surmonté leur peur en dénonçant l’occupation, maintenant que l’archevêque de Bukavu a fustigé le silence coupable de la communauté internationale face au début d’une nouvelle guerre dont les morts se comptent déjà par centaines au Kivu, maintenant que les commerçants de Beni-Lubero réclament unanimement des conditions de sécurité pour leurs affaires, l’heure est à la collaboration de toutes les forces vives pour faire un front commun contre l’ennemi commun dont le visage a perdu le masque d’hier. La complicité de la communauté internationale dans l’occupation en cours du Nord-Kivu démontre de nouveau la sagesse de Mzee L.D.Kabila qui de son vivant ne cessait de rappeler que les congolais se libéreront eux-mêmes en s’organisant autour de l’idéal commun de paix, de sécurité, de justice, de prospérité, etc.
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Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online

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